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NÉCESSAIRES A UNE EXPLOITATION AGRICOLE

RÉSERVOIRS

Les réservoirs sont des constructions destinées à rassembler ou à conserver l'eau, que l'on y met en réserve pour les besoins de l'homme, des animaux ou des cultures. Il existe des réservoirs naturels, ce sont les lacs et flaques d'eau : on les imite dans l'établissement des étangs.

Les réservoirs qui se rapprochent le plus de ces amas d'eau naturels sont les réservoirs sur terre ou découverts, comme les étangs, viviers, canaux, bassins, mares; viennent ensuite les réservoirs buttés, dont les côtés sont élevés à une certaine hauteur au-dessus du sol sur lequel ils s'appuient ; puis les réservoirs en l'air, qui sont supportés par des constructions, et qui, dans les exploitations rurales, sont formés par des cuves ou des coffres imperméables ;

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viennent enfin les réservoirs souterrains, couverts ou voûtés, qui constituent les citernes, où, dit-on, l'eau se conserve le mieux.

Nous passerons rapidement en revue leurs divers modes de construction.

Les meilleurs réservoirs artificiels sont les bassins et les viviers, surtout quand on peut les faire traverser par la dérivation d'un ruisseau ou y amener les eaux d'une fontaine ; ils peuvent être utilisés pour la conservation et même la multiplication du poisson, ce qui procure une ressource alimentaire qu'il ne faut pas dédaigner dans beaucoup de localités.

Lacs. — Les lacs sont de grandes étendues d'eau environnées par les terres et presque toujours sans écoulement; leurs rives sont, le plus souvent, marécageuses ou abruptes, et il faut y ménager des moyens d'accès ou en consolider les bords.

Les moyens d'accès sont des pentes pavées et établies ainsi que nous le dirons ci-après en parlant des abreuvoirs ; des escaliers en maçonnerie y sont nécessaires aussi pour qu'on y puise de l'eau.

La consolidation des rives s'obtient soit à l'aide de revêtements en pierres maçonnées, ou superposées seulement, ou reliées entre elles par de la mousse, soit à l'aide de pieux retenant des fascines en bois ou de9 planches : tels sont les moyens de s'opposer aux affouillements que produit le battage des flots contre les rives escarpées. Quand on veut restreindre la surface d'un lac à rives peu inclinées, on procède à l'endiguement en établissant, sur les côtés, des chaussées analogues à celles que nous allons décrire pour les étangs; il en résulte des terrassements très-considérables et trèscoûteux pour l'application desquels nous renverrons aux ouvrages spéciaux.

Flaques d'eau. — Les flaques d'eau sont de petits lacs dont une dépression du sol fournit le lit. Leur origine est souvent due à un travail de main d'homme, tel que l'effondrement d'anciennes carrières. Quand on ne peut procurer un écoulement à leurs eaux, on consolide leurs bords comme ceux d'un lac, et on les utilise comme réservoirs où l'on puise suivant les besoins.

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Étangs. — L'étang est un amas d'eau contenu dans une dépression du sol naturelle ou artificielle, et retenu par une digue faite par la main de l'homme. L'eau y est amenée soit par des fossés qui recueillent les pluies, soit par des rigoles conduisant des flux de sources, soit par la dérivation d'une rivière.

Deux moyens d'écoulement pour les eaux sont établis dans un étang : un déversoir pour empêcher que leur niveau soit trop élevé, et une vanne ou une bonde pour mettre l'étang à sec; audessous du déversoir et de la bonde sont creusées des rigoles de vidange.

Nous ne donnerons sur la construction des étangs que quelques indications applicables aux petites retenues d'eau. On trouvera des renseignements plus complets dans les ouvrages spéciaux (1).

— Lorsqu'on veut établir un étang, et c'est seulement au point de vue de l'irrigation des terres inférieures que cela peut être recommandable, il faut d'abord examiner la nature du sol et s'assurer qu'il pourra retenir l'eau : on réussit rarement dans des terrains crayeux ou sableux. Il y a, du reste, toujours un risque d'insuccès dont on doit tenir compte : la plupart du temps, il se forme une espèce de béton argileux qui recouvre le sol au bout de quelques années et le rend imperméable ; mais quelquefois aussi des fuites souterraines empêchent la conservation de l'eau dans l'étang.

On égalise ensuite le terrain et on en forme, autant que possible, deux plans un peu inclinés l'un vers l'autre : à leur rencontre on creuse un fossé, biez ou bief) de 2 mètres de large et de 0m,50 de profondeur ; la pente du fossé vient aboutir à une petite cavité un peu plus basse que lui et creusée en avant de la chaussée : elle sert à conserver un peu d'eau lorsqu'on vide l'étang ; comme le poisson vient s'y rassembler alors, on l'appelle pêcherie ou poêle. La grandeur de la pêcherie est proportionnée à celle de l'étang : elle doit

(1) Des élangs et de leur construction, par Puvis. Paris, Mmc Huzard, 1844. In-8, 222 pages. — Manuel des élangs ou Traité de l'art d'en construire avec économie et solidité, par Rougïer de la Bergerie. Paris, Audot, 1819. In-12, 200 pages et 2 planches. — Voir aussi Cours complet d'agriculture, par Rozier. 12 vol. in-4, t. IV, 1786.

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être entretenue très- propre et bien curée, parce que les poissons s'y retirent pendant les froids ; Varennes de Fenille rapporte un dicton à ce sujet : Pêcherie neuve fait sûreté d'étang. A l'extrémité du bief et de la pêcherie se trouve le canal destiné à l'évacuation de l'étang : il traverse la chaussée et est bouché en amont de celle-ci par une porte mobile (vanne ou bonde). Ce canal est construit en bois ou en pierres, et son toit ou partie supérieure doit être au niveau du fond du bief, afin que celui-ci se vide en entier. Les dimensions de ce conduit seront calculées à l'aide des formules d'hydraulique, de manière que toute l'eau le franchisse dans un espace de temps assez court et que, lorsque l'étang est à sec, les eaux adventices puissent s'écouler rapidement sans se répandre sur le

sol de l'étang. La figure 617 montre la coupe longitudinale d'un étang; A est la rigole d'arrivée de l'eau, C est la digue, D le déversoir, D' un déversoir supplémentaire, V la vanne de vidange.

L'établissement d'un fossé de ceinture avec vannes pour ouvrir ou interrompre les communications avec l'étang est une bonne précaution contre les accidents qui surviennent aux retenues d'eau.

Digne ou chaussée. — La digue qui retient les eaux doit être élevée au moins à 0ra,75 au-dessus du niveau du réservoir rempli ; on a conseillé de l'élever un peu plus dans les parties qui avoisinent le bief, afin que, si les eaux étaient surabondantes, elles passent pardessus les portions les plus basses, sans endommager la bonde, et qu'il reste de l'eau dans l'étang en cas de rupture. Voici les conseils que donne M. Puvis pour la construction de la digue :

« On creuse d'abord dans le milieu de l'espace que doit occuper la chaussée, jusqu'à ce qu'on rencontre le terrain ferme, un fossé de 1in,30 de largeur. Ce fossé est rempli avec une terre argileuse qu'on y place en lits peu épais, et qu'à l'aide d'un peu d'eau on pétrit et

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corroie avec soin en la divisant à la bêche, l'arrosant et la broyant avec des sabots ou des dames pour qu'elle ne forme qu'une seule masse ramollie; on fait en sorte, à l'aide de la bêche, qu'elle se lie et fasse corps avec la terre du fond et des bords du fossé. C'est le premier lit surtout qui doit être bien battu, corroyé et lié avec la terre du fond. Quand le fossé est plein, on élève la chaussée en continuant de travailler de la même manière la terre sur toute la largeur du fossé primitif et en plaçant à droite et à gauche les terres qui doivent en former le surplus. Cette largeur de terre, travaillée à pisé, porte le nom de corroi, clef ou clave. »

Les figures ci-contre, 618 et 619, montrent les coupes transversales de deux digues ainsi établies, mais dont les parois de la clef sont établies avec redans pour faciliter la liaison avec les autres terres de la digue.

L'une (fig. 618) est toute en terre; le talus du côté de l'eau est incliné à 30°, au milieu est un corroi en terre glaise ; la seconde (fig. 619) n'en diffère que par un revêtement en pierres incliné à 70°

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