L.fl
Fig. 619
du côté de l'étang; les versants extérieurs des deux chaussées ont une pente de 45°.
Pour protéger la digue contre les vagues produites par le vent à la surface de l'eau, on couvre la partie qui y est exposée avec un revêtement en fascines placées en biais ou par une maçonnerie ; quand celle-ci est en matériaux hydrauliques, elle augmente considérablement la solidité de la jetée. On se contente quelquefois de revêtir de gazons ou de plantes aquatiques la surface d'amont de la digue; mais alors il faut que sa pente soit très-inclinée et moindre que 45° avec l'horizon. Le dessus d'une digue sera toujours garni
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d'un cailloutage plus ou moins résistant en raison des passages qu'elle devra supporter. Des plantations d'arbres ne seront jamais faites sur les chaussées d'un réservoir.
D'après Rozier et Puvis , la base d'une digue doit être au moins triple de sa hauteur, et la largeur du sommet égale à cette hauteur.
Enfin, derrière la chaussée, on creuse quelquefois une petite cavité dans laquelle s'ouvre le fossé de vidange : elle reçoit le poisson qui se laisse entraîner par le courant lorsqu'on lève là bonde.
Vannes {pales ou pelles). — On appelle ainsi des espèces de portes à coulisses verticales, que l'on hausse pour laisser aller l'eau et que l'on baisse pour la retenir; elles ont généralement la forme d'une grande pelle. Elles sont toujours placées à l'endroit le plus bas du réservoir, afin qu'on puisse le vider complètement par le canal de décharge qui s'ouvre au-dessous.
Quand la paroi dans laquelle se trouve une vanne est établie en maçonnerie, les coulisses de la vanne consistent en une rainure creusée dans des pierres de taille ou des pièces de bois encastrées dans la maçonnerie; la pierre est préférable, quand son grain est dur et ne se laisse pas détruire par la gelée. Avec la pierre comme avec le bois, le mode d'appui de la vanne dans une feuillure doit être rejeté, parce qu'il est trop difficile de l'y assujettir avec sûreté. Dans une paroi en terre, la vanne glissera toujours entre deux montants en charpente ; les figures ci-après montrent les dispositions de vannes les plus usitées.
Les fig. 620 à 622 représentent trois vannes, qui ne diffèrent que
Fig.620. Fig. 621. Fig. G22. Fig. G23. Fig. 624. Fig.625.
par le bras qui sert à les faire mouvoir. Dans la vanne, fig. 620, le bras est façonné en vis, et un écrou à poignées en bois, placé au-
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dessus de la traverse, la fait monter ou descendre à volonté. Des trous percés dans le montant de la pelle, fig. 621, reçoivent l'extrémité d'un levier qu'on appuie sur la traverse. Sur la vanne, fig. 622, sont attachés deux montants reliés par des barres comme ceux d'une échelle et sous lesquels on engage également l'extrémité d'un levier.
La fig. 623 représente une pelle analogue à celle de la fig. 62 1 , mais plus petite; ce qui permet de la faire mouvoir à la main en saisissant les deux poignées placées au haut du montant.
Un système de vanne différent est représenté dans la fig. 624. Elle consiste dans plusieurs planches superposées les unes aux autres dans les coulisses ; elles sont munies d'un anneau et peuvent être garnies d'une feuillure à recouvrement. L'écoulement de l'eau n'a plus lieu par le bas comme avec les vannes précédentes; mais il s'opère par la partie supérieure, à mesure qu'on enlève les planches. Cette pelle permet de faire varier le niveau de l'eau dans le réservoir.
Enfin la petite vanne, représentée par la fig. 625, analogue à celle de la fig. 623, mais encore plus petite, en diffère cependant parce que les montants où sont les coulisses n'ont plus besoin d'être reliés par une traverse; un anneau sert à la lever comme à la remettre en place.
— Devant une vanne et presque toujours en aval, doit se trouver un ponceau, ou une passerelle, ou une simple planche, où se place l'homme qui fait jouer l'appareil ; la digue y supplée lorsque le canal d'écoulement la traverse.
— La prudence veut qu'on assujettisse une vanne avec une chaîne et un cadenas pour qu'elle ne soit pas déplacée mal à propos.
Bonde. — Une bonde est une pièce de bois qui bouche le tuyau d'écoulement des eaux d'un réservoir; on préfère souvent une bonde à une vanne, surtout dans un grand étang, où il serait nécessaire de donner trop de hauteur à une vanne, celle-ci devant toujours être égale à la profondeur de l'eau, sinon plus grande. Plusieurs systèmes de bonde sont usités ; le plus simple consiste en un pilon
RÉSERVOIRS
arrondi qui glisse perpendiculairement entre deux montants fixes
nemenl la chaussée de l'étang.
Grilles. — Lorsque les réservoirs contiennent du poisson, on empêche qu'il s'échappe pendant le jeu des vannes ou des bondes, à l'aide de grillages placés devant les ouvertures qu'elles ferment. Ces grilles sont le plus souvent faites avec des baguettes en bois de chêne assemblées en losanges. Elles ont de 0m,01 à 0f",02 d'épaisseur, et l'espace vide doit être égal au plein. Quelquefois ces grillages sont formés de barreaux quadrangulaires placés diagonalement et espacés à 0m,0'l ou 0m,02 l'un de l'autre. On les monte sur des châssis que des piquets retiennent verticalement à quelques décimètres au devant dés vannes. On les dispose en carré ou mieux en hexagone, devant la bonde de l'étang ; le nom de cage est souvent donné au système de grillage ainsi disposé.
On en place aussi en amont du déversoir en les inclinant à 45° environ, de telle sorte que la partie haute soit la plus rapprochée de l'orifice. Des grillages semblables seront établis à tous les affluents d'un réservoir.
On emploie encore des grillages mobiles en barreaux de fer de 0m,01 de côté environ, ou en treillage de fil de fer à mailles de 0m,02 d'ouverture; on en forme des panneaux qu'on installe dans des rainures placées devant les vannes, lorsqu'on doit lever celles-ci. Le même résultat pourrait être obtenu avec des grilles mobiles en bois.
— Pour empêcher les grilles de s'obstruer par les corps légers que l'eau entraîne avec elle, lorsqu'elle s'écoule par les bondes ou par les déversoirs, on place en amont et à 2 ou 3 mètres de distance une fagotée à travers laquelle l'eau filtre et se débarrasse de tout ce
et ferme hermétiquement un œillard ou trou percé à la partie supérieure d'une pièce de bois creusée en forme de tuyau bouché par un bout.
Fig. 626.
La fig. 626 représente en coupe une bonde dans laquelle la pièce de bois creusée est remplacée par une auge couverte, formée de quatre madriers assemblés; elle sert de coursier à l'eau pour traverser souterrai-
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qui, en s'entassant sur la grille, pourrait la faire rompre par la force du poids de l'eau.
Déversoirs. — Les déversoirs sont des parties fixes de construction par-dessus lesquelles s'écoulent les eaux, après avoir atteint le niveau qu'on leur assigne ; ils sont indispensables dans toute retenue d'eau, à moins que des vannes n'obstruent les voies par lesquelles s'emplit le réservoir et permettent d'en détourner les eaux.
On les construit de plusieurs manières : en planches et en fascines, ou en maçonnerie maintenue par quelques pilotis, comme le déversoir représenté en coupe dans la fig. 627, ou en maçonnerie de pierres de taille, comme celui indiqué par la fig. 628 au milieu duquel est un corroi en terre glaise, ou comme celui que montre la fig. 629, dont la construction est prolongée horizontalement afin d'empêcher les affouillements qui se produisent sous la chute d'eau.
Fig. G27. Fig. 029. Fig. G28.
Les conditions à remplir pour l'établissement d'un déversoir sont : une arête supérieure bien horizontale, une construction assez solide pour résister à un courant d'eau rapide, la disposition à chaque extrémité de parois verticales également résistantes, des fondations assez profondes pour" qu'il ne se fasse pas d'affouillement ou de fuite d'eau par- dessous. Leur place est aux extrémités de la digue d'un étang, ou sur ses côtés auprès de cette digue (fig. 617, page 500).
Viviers. — Le vivier est une espèce de petit étang creusé de main d'homme; il est entouré de parois droites ou en talus, recouvertes de gazon ou de pierres sèches ou garnies de mousse, ou d'un revêtement en terre glaise retenu par des redans creusés dans le talus. Sur l'un des côtés du vivier est une bonde avec un petit dé-
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versoir ou une vanne qui fait office de déversoir, les eaux surabondantes ayant la facilité de couler par-dessus la vanne.
Un vivier dans lequel on peut introduire la dérivation d'une eau courante convient beaucoup au poisson. Dans ce cas, les canaux d'introduction et de sortie des eaux seront établis en maçonnerie hydraulique, quel que soit le mode de recouvrement des bords du vivier (1).
La pente des bords facilite la multiplication des poissons ; mais elle augmente l'évaporation de l'eau contenue dans le réservoir : on remédie à cet inconvénient tout en conservant le premier avantage ; si l'on établit en talus quelques portions seulement.
Canaux. — Un canal ne diffère d'un vivier qu'en ce que sa forme est ordinairement rectangulaire et très-allongée. Sur le bord d'un canal, comme sur celui d'un vivier, il faut établir des pentes d'accès cailloutées et des escaliers en pierre, s'il est possible.
Lorsque les bords en sont un peu escarpés, on préviendrait des accidents en les entourant de balustrades ou garde-corps, même de petits murs à hauteur d'appui. On remplace ceux-ci avec avantage par une petite haie en aubépine ou en charmille que l'on taille à \ mètre de hauteur.
Bassins. — Les bassins sont de petits réservoirs creusés parla main de l'homme, généralement peu profonds, et dont les côtés sont revêtus en maçonnerie. Le fond l'est quelquefois aussi , à moins que, pour éviter la dépense, on ne le couvre d'une couche de terre franche, foulée et battue, ou d'un lit d'argile fortement corroyée, ou mieux, d'une couche de mortier de chaux et d'argile. Dans un terrain perméable, il faut souvent battre un lit d'argile entre le sol et la maçonnerie, et revêtir celle-ci, à l'intérieur du bassin, par une couche de ciment. Quelle que soit la forme du bassin, les angles
(I) Le mot de vivier ne veut pas dire réservoir d'eau vive; son utilisation pour la conservation des poissons vivants lui a fait donner ce nom ; il dérive du mot latin vivarium, qui signifiait parc, endroit où l'on conservait vivants et en liberté des animaux sauvages, des mammifères ou des oiseaux aussi bien que des poissons.
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seront arrondis pour empêcher des infiltrations ; le fond sera un peu concave et en pente pour faciliter l'écoulement de l'eau vers le conduit de vidange fermé par une vannette. Des rigoles à l'air libre, ou des tuyaux souterrains en métal ou en poterie, servent à diriger l'eau vers un bassin.
Lorsque des bassins sont établis dans des jardins ou des endroits très-fréquentés, il ne faut pas leur donner plus de 4 mètre de profondeur, pour éviter des accidents, ou bien il faut les entourer de treillages, de haies, comme nous l'avons dit pour les canaux. On fera de même pour les tonneaux d'arrosage, sortes de petits bassins formés d'une futaille enfoncée dans le sol, qu'on remplace aujourd'hui par une maçonnerie en briques sur champ bien cimentées.
Tuyaux de conduite. — Les trois sortes de réservoirs que nous venons de décrire, les viviers, canaux et bassins sont souvent remplis à l'aide de tuyaux. Nous parlerons plus loin de la confection des tuyaux en ciment, que l'on peut employer dans les portions du trajet de la conduite qu'on recouvre avec delà terre.
Dans ces mêmes parties on se sert encore de tubes en bois, principalement en aune, qui se conserve assez bien sous terre; la maind'œuvre qu'exige leur percement rend ces tuyaux assez chers : les pièces de bois employées ne doivent point avoir de nœuds ni de gerçures ; on amincit l'un des bouts pour le faire pénétrer dans le tuyau suivant, que l'on a élargi intérieurement et qu'on fortifie d'une frette ou lien circulaire en fer, pour qu'il ne s'éclate pas ; les joints sont garnis en filasse enduite d'un mastic gras.
On a encore employé sous terre les tuyaux en grès, en pierre forée, mais ils sont difficiles à réunir avec du ciment et assez peu résistants ; ceux en tôle et papier bitumé durent peu de temps sans réparations. Ceux en poterie ordinaire, dont les joints se font assez facilement en ciment, peuvent être substitués aux tuyaux en ciment lorsque leur dimension ne dépasse pas 10 centimètres de diamètre. On les remplace souvent par des tuiles creuses que l'on couvre avec des tuiles plates, les unes et les autres étant bien scellées avec du mortier hydraulique.
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Sous terre encore on emploie les tuyaux en métal, malgré leurs inconvénients, qui sont : pour le plomb une altération parfois sérieuse de l'eau lorsqu'elle n'est pas fréquemment renouvelée, et pour la fonte une destruction assez rapide et des engorgements fréquents.
Mais hors de terre il n'y a que ces deux sottes de tuyaux en fonte ou en plomb qui puissent être employés, si l'on ne veut pas s'exposer à de fréquents accidents : il faut excepter les tuyaux de trop-plein, qui n'ont pas besoin d'une résistance aussi grande que les tuyaux d'amenage, et qu'on peut faire en poterie dans les endroits où ils sont à l'abri des chocs extérieurs.
Les conduites d'eau sont sujettes à des accidents de rupture, qu'on doit essayer de prévoir. « 11 faut, dit M. Saint-Félix de Mauremont, se mettre en garde contre le mouvement de l'air qui, chassé par l'eau, s'amasse dans les coudes et parties irrégulières, se dilate trop souvent, fait effort contre ces tuyaux, y produit des tissures et des crevasses, ou s'insinue dans les joints et produit ainsi des déviations et des pertes d'eau. On prévient ces inconvénients en plaçant dans les lieux les plus scabreux des robinets qui laissent échapper l'air et qui peuvent même, en cas de nécessité, évacuer l'eau d'une partie de la conduite : cependant on se sert ordinairement de ventouse^oxx. de tuyau vertical, de loin en loin, enté sur la conduite, appuyé sur une pierre à demeure, sur un arbre ou autre objet ferme et stable, et garni d'une soupape qui s'élève d'elle-même lorsque l'air devient trop comprimé et fait ainsi l'effet d'une soupape de sûreté. On laisse de distance en distance des regards ou petits puits, pour reconnaître les joints qui perdent ou les réparations que les tuyaux peuvent exiger. » Ajoutons qu'on obtient le même résultat par des chambres en maçonnerie en pierre de taille, dites chambres à air, placées principalement aux endroits où se rencontre un changement brusque de pente ou de direction.
On fabrique aujourd'hui des tubes en métal surmontés d'une boule; un les place verticalement sur les conduites, l'air s'y comprime de manière à empêcher les vibrations que cause l'écoulement ou
RÉSER YOIRS.
l'arrêt subit de l'eau, et à prévenir ainsi des ruptures qui en résultent.
— Lorsqu'on a besoin d'évaluer la quantité de liquide que peut donner un filet d'eau pour le conduire à un réservoir, on se rend compte de sa vitesse en plaçant dessus un corps léger qui flotte à la surface, une boule de cire par exemple. Avec une montre à secondes, on voit le temps que cette boule met à parcourir une longueur donnée; en multipliant cette longueur parla section verticale du filet d'eau (sa largeur par sa profondeur), on obtient le cube de la masse d'eau fournie pendant le temps que la boule a parcouru cette distance ; on se rend compte ainsi de la quantité que le cours d'eau donnera pendant un temps déterminé.
Mares. — Les mares sont des bassins creusés dans la terre, ou plutôt de simples trous que viennent remplir les eaux pluviales amenées par des fossés. Généralement les mares ne sont pas assez profondes relativement à leur surface, il serait bon de les disposer comme de petits viviers avec une bonde de décharge, d'en paver le fond au moins en cailloutis, de rendre leurs côtés presque verticaux et d'entourer ceux-ci de garde-corps ou de haies vives plantées à environ 1 mètre des bords.
Les mares, comme tous les réservoirs à l'air libre, seront protégées par des arbres contre les rayons du soleil ; on en éloignera avec le plus grand soin les eaux chargées de matières en décomposition, comme les urines des étables.
On sait que Ton peut remplir les mares comme les autres réservoirs en y amenant les eaux provenant des tubes de drainage ou d'assèchement des terres.
Réservoirs ruttés. — Ces réservoirs, dont les côtés sont élevés à une certaine hauteur au-dessus du sol sur lequel ils s'appuient, sont très-utiles pour la distribution des eaux dans les divers bâtiments d'une exploitation; mais leur construction est parfois difficile et toujours très-coûteuse.
Elle consiste en un revêtement horizontal du sol et en des parois verticales en maçonnerie hydraulique parfaitement étanche. La ré-
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sistance des côtés doit être calculée de manière à supporter l'effort des eaux qui tend à les faire glisser: on les consolide en les buttant à l'aide d'une levée en terre disposée en talus.
On dirige les eaux vers ces réservoirs par des tuyaux ou des rigoles en poterie que supportent des murs ou des levées en terre.
Il faut y établir un déversoir pour le trop-plein des eaux, et une vanne avec canal de vidange pour les nettoyer. La gelée occasionne souvent des fuites dans ces réservoirs.
Réservoirs en l'air. — Les seuls réservoirs en l'air usités à la campagne sont des cuves en bois, ou des caisses métalliques, placées à la partie supérieure des constructions, le plus souvent dans les combles. On y dirige par des tuyaux les eaux provenant soit des gouttières des bâtiments, soit d'une pompe élévatoire. Les conduits en plomb et ceux en fonte sont à préférer. Il est indispensable de disposer un tuyau de trop-plein à chacun de ces réservoirs, et un autre de vidange; celui-ci sera garni d'un robinet et l'autre laissé toujours ouvert.
Les réservoirs en l'air permettent de distribuer de l'eau dans les diverses parties des bâtiments. Comme leur poids est très-lourd, on calculera avec soin la résistance des planchers qui les supporteront; quand ils atteindront en capacité 4 ou 5 hectolitres, la prudence veut qu'ils ne reposent que sur des pieds-droits ou sur des voûtes en maçonnerie.
Les cuves en bois servant à cet usage seront cerclées en fer, et les caisses en plomb ou en zinc doublées extérieurement en bois. Les unes et les autres doivent être protégées contre la gelée, qui les brise quelquefois complètement.
Si la dépense n'était pas un obstacle , on pourrait revêtir le plancher de la pièce où se trouvent ces réservoirs avec une feuille de plomb ou de zinc ayant une légère pente vers une ouverture de décharge; on n'aurait plus à redouter l'inondation des locaux placés au-dessous et la détérioration des planchers, par suite d'une rupture ou d'une fuite.
— On fait aujourd'hui des réservoirs en l'air, qu'on isole des bâ-
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timents en les plaçant sur des massifs en maçonnerie ou de petites constructions spéciales : toutes les gares de chemins de fer contiennent de ces sortes de réservoirs. Ce sont, la plupart du temps, des cuves en forte tôle, de forme rhomboïdale ou cylindrique, posées au-dessus de petits magasins ou de cabinets, dont les parois sont solidement établies. On y dispose un flotteur pour connaître le niveau intérieur de l'eau; on les couvre d'un toit léger.
Une utilisation assez élégante d'appareils de ce genre dans un domaine consiste à établir deux cuves cylindriques en métal sur deux massifs de même forme, à quelques décimètres l'un de l'autre : en surmontant les deux réservoirs de toits pointus et avec quelques détails d'ornementation, qui n'augmentent pas considérablement la dépense, on peut arriver à donner à l'ensemble l'aspect de ces tours géminées, si communes dans les constructions du moyen âge, et si élégantes au milieu de certains paysages. On peut encore faire servir ces réservoirs de support pour des arbustes grimpants, de la vigne, etc.
Citernes. — Les citernes sont des réservoirs souterrains dans lesquels on emmagasine les eaux provenant de la pluie : elles y sont amenées par des conduits, par des ruisseaux, ou par les tuyaux de descente où se terminent les gouttières des bâtiments.
Les meilleures surfaces d'alimentation pour les citernes sont les toitures en pierre, en ardoises ou en tuiles; puis les toits couverts en paille. Viennent ensuite les aires gazonnées ou sablées, comme des parties de jardin disposées en pente. Quant aux toits couverts en zinc ou en plomb, les eaux qui en proviennent peuvent être chargées de parties métalliques dangereuses pour les usages alimentaires.
. La construction des citernes a pour conditions de bon établissement : des parois parfaitement étanches, une couverture suffisamment épaisse pour protéger l'eau contre la gelée ou contre réchauffement, des rigoles propres pour l'aménage, une autre de décharge ou dégorgeoir, un orifice commode pour le puisement et un autre
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pour le nettoyage, enfin une cavité préliminaire d'introduction où se dépose la plus grande partie des impuretés qu'amènent les eaux.
Les moyens d'obtenir des parois étanches ont été déjà plusieurs fois indiqués dans ce travail (pages 437, 481 , 500) : le béton et une maçonnerie en ciment hydraulique présentent les meilleures garanties d'imperméabilité. L'épaisseur suffisante de la couverture est assurée par une bonne voûte en pierres ; à défaut, on pourrait employer un plancher en bois sur lequel on déposera de la terre; mais ce revêtement dure peu, et, quand le bois vient à pourrir, il peut être cause d'accidents.
Lorsque l'on a construit une citerne, on attendra, pour la remplir d'eau, que la maçonnerie soit bien séchée , quelques mois ne sont pas un intervalle de temps trop grand.
Les eaux qui coulent dans des caniveaux en pierres creusées, en briques ou en tuiles arrondies sont ordinairement moins chargées de matières étrangères que celles qu'amènent des ruisseaux en pavés de grès, en cailloutis ou en béton; il en est de même de celles provenant des toits voisins par les tuyaux de descente. Ces conduits doivent être disposés de manière à ce qu'on puisse détourner les eaux de la citerne, lorsque celle-ci est remplie ou que les eaux sont de mauvaise nature, comme, dit-on, celles qui tombent après une longue sécheresse ou pendant un orage, à cause de la grande quantité de substances hétérogènes qu'elles apportent alors avec elles ; à cet effet, une petite vanne pourra être posée devant l'entrée de la citerne. On établit encore quelquefois un tuyau de trop-plein dans la cavité même à quelques décimètres au-dessous de la clef de la voûte : ce dégorgeoir correspond à un fossé d'écoulement ou à un puits perdu, et prévient les inondations et les dégâts, si on n'a pas eu le temps ou la précaution de détourner les eaux: lorsque la citerne est pleine.
Si l'on veut puiser l'eau à l'aide d'une pompe (fig. 630), un trou de 0m,20 de diamètre donnera passage au tuyau à travers la voûte de la citerne. A côté, un orifice, couvert par une dalle et dont les
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dimensions varient de 0m,80 à \ mètre en côté, donnera passage à un ouvrier chargé du nettoyage. On puise encore dans la citerne par une ouverture établie à l'instar de celle d'un puits (fig. 632), entourée d'une margelle et surmontée par un appareil de suspension pour une poulie, ou par un treuil sur lequel s'enroule une corde ; cet orifice sera couvert par deux volets ou par un grillage.
Une petite cavité ou citerneau doit précéder la grande et lui servir de vestibule pour l'introduction de l'eau, qui peut y déposer quelques impuretés tenues en suspension. On augmente l'efficacité de cette précaution en coupant le citerneau par une dalle verticale qui ne touche pas le fond, et forme une sorte de siphon renversé, que l'eau est obligée de suivre (fig. 630). Quand cette disposition est appliquée, on remplit le citerneau avec de gros graviers ou de petits cailloux siliceux, à travers lesquels l'eau se filtre en se rendant à la citerne. La profondeur du citerneau est d'environ \ mètre ; sa surface est au moins de \ mètre carré, et peut atteindre la moitié de celle de la citerne. On couvre le citerneau par une dalle en fonte ou en pierre percée de trous, pour laisser passer l'eau ; cette dalle sera facilement mobile, afin qu'on nettoie souvent le citerneau.
La forme des citernes repose sur une base circulaire, ou carrée, ou rectangulaire ; celle-ci est plus ou moins allongée, suivant la capacité dont on a besoin. Généralement, il est préférable d'augmenter leur profondeur et de ne leur donner qu'une surface assez restreinte.
L'emplacement de la citerne sera rapproché, autant que possible, des bâtiments dont les toits lui fourniront l'eau qui la remplira ; il sera éloigné des fumières, des fosses de latrines, des puits même ou des puisards. Près de sources dont le débit n'est assuré que pendant quelques mois de l'année, on creuse quelquefois des citernes destinées à emmagasiner leurs eaux : les parois en sont alors formées en maçonnerie hourdée en terre glaise.
Les diverses indications que nous venons de donner sont appliquées dans les deux citernes représentées dans la pl. 1 26. La première, dont la fig. 630 montre une coupe verticale et la fig. 631
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le plan, a ses parois latérales formées par deux murs parallèles entre lesquels une couche de terre glaisea été fortement pilonée. Un fossé A reçôitles eaux et sert de premier lieu de repos, d'où elles se rendent dans le citerneau B à travers la grille qui le surmonte ; après avoir passé par-dessous la dalle de refend que nous avons indiquée, elles tombent dans la citerne G, d'où on les extrait à l'aide d'une pompe. Lorsque le tuyau d'aspiration de la pompe est fixé aux parois comme dans cet exemple, il faut avoir soin de sceller les fers qui le soutiendront dans la maçonnerie au fur et à mesure qu'on l'établit, pour ne pas être exposé à des fissures ; ce qui pourrait avoir lieu si on fixait ces armatures après l'achèvement des murs. Un orifice 0 est pratiqué à la partie supérieure de la voûte pour le nettoyage ; son emplacement est indiqué au plan(fig. 631) par un rectangle ponctué.
Une autre citerne, représentée en coupe verticale par la fig. 632 et en plan par la fig. 633, est précédée de deux citerneaux A et B ; le premier reçoit les eaux du dehors. Les parois de la citerne C sont en maçonnerie hydraulique revêtue extérieurement d'un glaisage bien pressé. L'orifice 0 est analogue à celui d'un puits ; il est indiqué au plan par deux lignes concentriques ponctuées. Une poulie est suspendue à une potence qui surmonte la margelle ; on extrait l'eau à l'aide de seaux et de baquets.
Dimensions. — La capacité d'une citerne peut être calculée d'après la donnée approximative qu'il tombe annuellement sur terre, dans notre climat, une quantité d'eau égale à une colonne de 0,n,50 de hauteur. Ainsi, une surface d'alimentation de 1 mètre carré fournirait au réservoir 4/2 mètre cube d'eau. Mais, comme il y a des saisons pluvieuses et des temps de sécheresse dont la durée variable est connue pour diverses localités, et que d'ailleurs on puise de l'eau pour les besoins quotidiens, la construction serait trop considérable si on déterminait ses dimensions d'après ce chiffre : on adopte généralement la moitié et même le tiers pour la capacité de la citerne.
Si l'on veut calculer la grandeur de la citerne en raison du nombre d'habitants de l'exploitation, on peut se baser sur une consomma-
Pages 514 et 515.
pl. 126.
Fig. 031. Fig. 633.
Fig. 636.
Constructions rurales. — Citernes.
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tion de 10 litres par jour et par habitant, soit 36 hectolitres par an, ou bien pour 3 mois 9 hectolitres ou à peu près 1 mètre cube.
On a encore indiqué une surface de 10 mètres de toiture pour fournir l'eau nécessaire à la consommation annuelle d'un homme.
On trouvera plus loin (voy. Abreuvoirs) les quantités d'eau que consomment les différents animaux, et sur lesquelles sera basé le calcul lorsque la citerne devra servir à désaltérer les bestiaux.
11 faudrait un compte particulier pour établir la capacité à donner à la citerne si on devait employer les eaux à l'arrosage d'un jardin potager : les bases de ce calcul varient considérablement, suivant les sortes de cultures et les espèces de légumes cultivés : on sait que pour cet emploi les eaux tirées d'une citerne doivent être laissées pendant quelque temps dans une cuve, un baquet, un ton- ' neau, où elles restent en contact avec l'air extérieur et se mettent au même degré de température que lui.
— Enfin M. de Gasparin a donné une formule que nous nous bornerons à indiquer, et pour l'adoption de laquelle il admet que l'eau de la citerne se renouvelle tous les deux mois. Dans cette formule de capacité
p est le nombre de personnes adultes, c celui des chevaux, b celui des bœufs ou des vaches, m celui des moutons, et v celui des porcs.
Citerne- filtre. — Les citernes que nous venons de décrire emmagasinent les eaux telles qu'elles leur arrivent ou à peu près : lors d'un orage, par exemple, les eaux venant au réservoir sont souvent troubles et ne deviennent claires qu'après un temps plus ou moins long pendant lequel se déposent les parties terreuses qu'elles ont amenées ; pour y remédier on a imaginé divers systèmes de filtres, celui qui nous a semblé devoir atteindre le mieux au but proposé est la citerne qu'on emploie à Venise et dont nous allons parler ciaprès.
La plupart du temps c'est en passant à travers des couches de
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sable, ou de charbon concassé, que les eaux s'épurent et sont filtrées. Nous avons indiqué, fig. 613, 614, 615, page 494, une construction servant à enlever aux eaux d'égout l'odeur infecte qu'elles emportent presque toujours avec elles, afin qu'on puisse s'en servir pour l'irrigation des terres et des prairies; un système analogue pourrait être utilisé pour les eaux potables.
Un autre filtre a été indiqué ensuite (fig. 616, page 495) ; il vaudrait mieux que le précédent; seulement, au lieu d'être à l'air libre, il serait préférable que chacun des compartiments fût soustrait à l'influence de l'air atmosphérique et couvert par une dalle en pierre, ou au moins un plancher en bois. C'est une construction analogue
qui est représentée suivant une coupe à l'échelle de 0m,005 dans la fig. 634. L'eau arrivant de l'extérieur traverse successivement de haut en bas et de bas en haut deux sortes de caisses en maçonnerie, contenant du sable bien lavé, et une troisième caisse remplie de charbon de bois en morceaux : dans ces compartiments l'eau est épurée et désinfectée ; elle pénètre ensuite dans une cavité en forme de puits, d'où on l'extrait par les moyens ordinaires.
Citerne vénitienne. — Cette construction a été l'objet de plusieurs communications faites à l'Académie des sciences par un savant écrivain qui a bien voulu nous guider pour l'établissement des dessins ci-après : nous les avons tracés d'après la description qu'il a donnée et que nous lui empruntons (1).
« On creuse le sol jusqu'à 3 mètres de profondeur et plus. On donne à l'excavation la forme d'une pyramide tronquée dont la base regarde le ciel.
« On maintient le terrain environnant à l'aide d'un bâti en bon
(l) Des eaux publiques et de leur application aux besoins des grandes ■villes, des communes et des habitations rurales; principes fondamentaux concernant la recherche et l'aménagement de l'eau dans tous les pays, la détermination de ses qualités, sa conservation et sa distribution, par G. Grimaud, de Caux. Paris, 1863, in-8, 16 et 348 pages (voir page 224 et suiv.).
RÉSERVOIRS
bois de chêne ou de larix (pin-laricio ou de Corse), s'appliquant sur le sommet tronqué aussi bien que sur les quatre côtés de la pyramide.
« Sur le bâti en bois, on dispose une couche d'argile pure, bien compacte et bien liée, et dont on unit la surface avec un grand soin.
« L'épaisseur de cette couche est en rapport avec la dimension de la citerne : dans les plus grandes, elle n'a pas plus de 30 centimètres. Cette épaisseur est suffisante pour résister à la pression de l'eau qui sera en contact avec elle, et aussi pour opposer un obstacle invincible aux. racines des végétaux qui peuvent croître dans le sol ambiant. On regarde comme très-important de n'y point laisser de cavités où l'eau puisse se loger.
« Au fond de l'excavation, dans l'intérieur du sommet tronqué de la pyramide, on place une pierre circulaire creusée au milieu en cul de chaudron, et on élève sur cette pierre un cylindre creux du diamètre d'un puits ordinaire construit avec des briques bien ajustées, celles du fond seulement étant percées de trous coniques. On prolonge ce cylindre jusqu'au-dessus du niveau du sol, en le terminant par une margelle de puits.
« Il y a ainsi un grand espace vide entre le cylindre qui se dresse au milieu de l'excavation pyramidale et les parois de la pyramide revêtues d'une couche d'argile reposant sur le bâti en bois. On remplit cet espace avec du sable de mer ou de rivière bien lavé, dont la surface vient affleurer l'argile.
« Avant de couvrir le tout avec le pavé, on dispose, à chacun des quatre angles de la base de la pyramide, une espèce de boîte en pierre, fermée par un couvercle également en pierre et percé de. trous. Ces boîtes, appelées cassettoni, se lient entre elles par un petit canal en briques sèches reposant sur le sable. Le tout est recouvert enfin par le pavé ordinaire, qu'on incline dans le sens des quatre orifices des angles, des cassettoni. L'eau recueillie par les toits entre par les cassettoni, pénètre dans le sable, à travers les jointures des briques des petits canaux, et vient se rassembler, en prenant son niveau, au centre du cylindre creux, dans lequel elle s'introduit par les petits trous coniques pratiqués au fond.
RÉSERVOIRS
" Une citerne ainsi construite et bien entretenue donne une eau très-limpide, d'une grande fraîcheur, et la conserve parfaitement jusqu'à la dernière goutte. »
Dans la pl. 126, la fîg. 635 montre un plan ou plutôt une coupe horizontale d'une citerne vénitienne, et la fig. 636 une coupe verticale. La première coupe est faite à la hauteur des quatre ouvertures des cassettes recevant les eaux du dehors ; on y voit le puits par où l'on puise l'eau et l'indication de la pierre creusée qui est la base de ce puits.
La fig. 636 est une coupe verticale suivant une ligne a b du plan fig. 635 montrant les éléments de la construction et la manière dont ils sont placés.
« Voici maintenant, ajoute M. Grimaud de Caux, le procédé technique , le modus faciendi mis en usage pour que toutes les conditions soient exactement observées. On commence par préparer la pierre du fond, qui doit servir de base au cylindre : elle ne doit pas être en calcaire. On dispose à proximité l'argile et le sable nécessaires, l'argile bien travaillée et bien liée, et le sable bien lavé. On creuse le terrain en forme de pyramide renversée. La troncature du sommet de la pyramide doit être égale à la grandeur de la pierre du fond. Les côtés, en talus, sont ordinairement inclinés à 45°. A Venise, on creuse à 3 mètres; en terre ferme, rien n'empêche d'aller plus profondément. On régale bien les parois et l'on applique le bâti en bois. Ce qui reste à faire exige de la précision. On commence par tapisser le fond, la troncature de la pyramide avec une couche d'argile, de l'épaisseur que l'on a déterminée et qui doit être en rapport avec la grandeur adoptée. L'ouvrier vénitien prend l'argile dans ses mains, la manie bien, en forme une grosse boule et la jette avec force à l'endroit indiqué. Il jette ainsi boules sur boules, les lisse bien sur place, mettant un grand soin à ce qu'il n'y ait point de vide, et par conséquent point d'air interposé. Quand cette couche du fond est terminée, il pose la pierre dessus bien d'aplomb et bien nivelée. Gela fait, on commence à tapisser les parois tout autour avec de l'argile. Pendant qu'on fait
RÉSERVOIRS
ainsi un pied en hauteur, toujours en jetant boules sur boules et en lissant, un ouvrier ad hoc élevé le cylindre de la même hauteur; puis l'on tasse une couche égale de sable dans l'intervalle. On continue ainsi jusqu'à environ 0m,30 au-dessous du niveau du sol, en maintenant le cylindre, le sable et la couche d'argile à des hauteurs toujours égales; l'intervalle restant est occupé par le pavé. A la fin de chaque journée, on recouvre l'argile de linges mouillés, afin de la retrouver, le lendemain, en l'état d'humidité où on l'a laissée. On recouvre le tout en dalles, en briques ou en asphalte, en conservant de légères inclinaisons de la superficie vers les quatre angles où sont les orifices des cassettoni. »
M. Grimaud de Gaux a proposé de rendre la citerne vénitienne plus efficace pour la conservation de l'eau, en remplissant de charbon les récipients (cassettoni) et les petits canaux qui se trouvent à la surface (1); il suffirait, lors de la construction, de rendre mobile à l'aide de dalles la partie supérieure de ces petits canaux, afin qu'on pût renouveler le charbon de temps à autre.
Il est presque inutile d'ajouter que les parois de la citerne vénitienne pourraient être établies en maçonnerie hydraulique au lieu de l'être en bois et en argile.
Cette construction peut servir de sorte de vestibule à une citerne ordinaire placée à côté, à un niveau un peu plus bas; on établirait alors un tuyau de communication entre celle-ci et le fond du puits de la citerne vénitienne; on fermerait complètement ce puits à sa partie supérieure et on puiserait l'eau par l'ouverture de la citerne ordinaire ou à l'aide d'une pompe. La nécessité de grands approvisionnements d'eau limpide rendrait ces installations précieuses dans un domaine rural.
(1) 1 kilogramme de charbon suffît pour dépurer 1 mètre cube d'eau.
ABREUVOIRS
ABREUVOIRS
Dans tout endroit où vivent des animaux:, il est indispensable de leur fournir de l'eau pour se désaltérer. Les abreuvoirs sont les constructions qui servent à cet usage pour nos animaux domestiques; ceux qui vivent à l'état sauvage s'approchent des étangs, des flaques d'eau, des rivières, dans lesquels ils périssent souvent en allant boire.
Plusieurs sortes d'abreuvoirs sont établis, principalement en raison des localités ; les uns sont des abreuvoirs artificiels, comme les auges à abreuver, et les autres des abreuvoirs naturels, dans lesquels les animaux se désaltèrent, soit à une source d'eau courante, soit à un réservoir d'eau stagnante. Les auges ne servent qu'à faire boire les bestiaux, tandis que l'on peut disposer les autres abreuvoirs de manière à ce qu'ils s'y baignent au besoin.
Auges d'abreuvoirs. — Les auges à abreuver sont formées d'une manière analogue à celles qui sont dans les écuries et les étables, et qui servent à donner à manger aux animaux, et quelquefois même aussi à boire; ce sont des pierres creusées, des rigoles en briques revêtues de ciment, ou des coffres en bois recouvert en métal, plomb ou zinc, qui trouvent place dans les cours des domaines ; ils sont solidement soutenus par des piliers ou des massifs en pierre, ou par des chevalets en bois enfoncés en terre, suivant la nature de l'auge. Le fond sera légèrement incliné et en pente vers un trou fermé par un bouchon ou un robinet qui permettront de vider et de nettoyer l'auge. Les dimensions sont généralement les suivantes : la largeur à l'ouverture est de 0m,60, et se rétrécit de manière à n'être plus que de 0m,50 au fond; la profondeur est de 0n,,30 à 0m,40, et mieux 0m,50. Quant à la hauteur du bord supérieur au-dessus du sol, elle est analogue à celle que nous avons indiquée pour les auges d'écurie et d'étable,et on peut même la laisser un peu plus petite, 0m,80 si l'auge est destinée à des chevaux, 0m,60 pour des bêtes à cornes. Si on veut y faire désaltérer des bêtes à laine ou à soies, l'auge sera
ABREUVOIRS
posée sur le sol ou au moins elle ne sera élevée que de 0m,1 0 audessus ; mais alors il n'est pas nécessaire de lui donner plus de 0m,25 de profondeur, de telle sorte que le bord supérieur sera élevé à 0m,35 seulement au-dessus du sol de la cour. La longueur à donner aux auges peut se calculer à raison de 0m,60 par chacune des têtes de gros bétail que l'on veut abreuver à la fois ; pour porcs et moutons, une longueur de 0m,30 par tête peut être regardée comme suffisante.
On remplit d'eau les auges, soit à l'aide d'un robinet qui termine un tuyau de conduite s'ouvrant dans un réservoir supérieur placé à une distance plus ou moins grande, soit à l'aide d'une pompe (ou même de seaux) plongeant dans un puits, une citerne, un réservoir quelconque placé au-dessous du sol.
On consolide quelquefois les auges par des bandes de fer, princi- • paiement celles qui sont formées en briques et ciment ; mais il ne faut jamais y sceller d'anneaux pour attacher les chevaux : les secousses qu'ils donneraient au système d'auge, si solide qu'il fût, finiraient par l'ébranler et le détruire. Les parties anguleuses des supports et du dessous de l'auge doivent être arrondies, afin que les chevaux ne s'abîment pas les genoux en buvant (voyez p. 96).
L'aire qui se trouve devant les auges sera solidement pavée ou cailloutée ; sans cette précaution, elle deviendrait impraticable dans les mauvais temps, et les animaux seraient exposés à s'y blesser.
Les auges sont isolées ou adossées à des bâtiments : si les premières sont d'un accès plus commode, les secondes présentent plus de solidité. Les auges isolées sont quelquefois doubles ; mais il n'y a guère que les bêtes à laine qu'on puisse désaltérer en les plaçant visà-vis les unes des autres ; des auges simples sont préférables pour les chevaux et les bêtes à cornes.
— On a encore besoin, dans les exploitations rurales, de quelques auges mobiles en bois qu'on transporte où l'on en a besoin ; elles sont formées par des planches assemblées avec soin, et on les place sur des tasseaux ou sur des chevalets, selon l'espèce d'animaux qui en font usage.
ABREUVOIRS
Abreuvoirs d'eau courante. — Ce sont clos portions de cours d'eau où l'on dispose des pentes d'accès pavées ou cailloutées. L'inclinaison de ces rampes ne sera pas supérieure à 0m,10 par mètre; leur largeur devra suffire au moins à trois chevaux, quantité dont les règlements de police permettent la conduite à un seul homme dans presque tous les départements. La rampe pourra donc n'avoir que 3m,50 environ dans le haut; mais, pour que les animaux tournent sur eux-mêmes lorsqu'il s'agit de remonter, il faut que la rampe ait au moins 6 mètres de largeur dans sa partie inférieure; elle ira donc en s'élargissant par le bas.
Une profondeur de 1 mètre serait très-suffisante pour un abreuvoir, même si l'on désire y baigner les bestiaux ; mais, à cause des variations du niveau du cours d'eau, il faut réserver une partie plus creuse au bas de la rampe; la profondeur de im,50 (basses eaux) conviendra pour les chevaux.
Lorsque l'abreuvoir est pris dans un ruisseau, la seule précaution nécessaire à la sûreté des bestiaux est le pavage du fond, surtout si le cours d'eau est fangeux et bourbeux ; ce serait inutile si le fond était du sable ou du gravier. On peut limiter l'abreuvoir, en haut et en bas de la portion du ruisseau qui lui est destinée, par des traverses ou des gaules placées horizontalement; elles empêchent les animaux de se promener le long du cours d'eau.
Mais, si l'abreuvoir est pris dans une rivière ou un fleuve, il est nécessaire de l'enclore, afin que les animaux ne soient pas entraînés et noyés. La clôture consiste en petits pilotis ou pieux en charpente enfoncés verticalement, espacés de 0m,30 environ, et dont les tètes, élevées au-dessus du niveau des plus hautes eaux, sont reliées entre elles par des traverses. Dans quelques fleuves, on limite les abreuvoirs par des pièces de bois flottantes attachées les unes au bout des autres, maintenues à la place qu'on leur a fixée par quelques piquets. Ce moyen est défectueux, parce que les animaux, entraînés par le courant, peuvent passer par-dessous les flotteurs. Une cloison verticale comme celle que nous venons d'indiquer est préférable, au point de vue de la sécurité.
ABREUVOIRS
On doit veiller à ce que, lors des débordements du cours d'eau, il ne se fasse pas d'excavation dans la partie réservée à l'abreuvoir; si ce dégât arrivait, il faudrait réparer de suite le pavage, afin de prévenir des accidents très-sérieux.
Au lieu de prendre l'abreuvoir dans une rivière, on creuse souvent une cavité à côté de son lit : l'eau y arrive alors, soit par une large ouverture au milieu, soit par deux plus petites, l'une à la partie la plus haute, l'autre à la partie inférieure; ces ouvertures peuvent être closes par des pièces de bois. On y ménage quelquefois deux rampes, l'une pour l'accès, l'autre pour la sortie des animaux; elles n'ont pas alors besoin d'être aussi larges : 4 mètres suffiraient pour trois chevaux ; mais il est assez difficile de fixer une profondeur convenable à cause des niveaux qu'atteint le cours d'eau. Il est préférable de n'avoir qu'une large rampe sur laquelle « on fait descendre plus ou moins les animaux.
Lorsqu'on veut abreuver à la fois tout un troupeau de gros bétail, il faut calculer la largeur de l'abreuvoir à raison de \ mètre par tète. Dans ce casr il est économique de donner à l'abreuvoir une forme demi-circulaire et d'en disposer tout le pourtour en glacis pavé.
Abreuvoirs d'eau stagnante. — Lorsqu'on n'a ni cours d'eau ni source-d^eau amenée dans des auges, on abreuve les bestiaux dans des réservoirs naturels ou artificiels. La disposition de l'abreuvoir' consiste toujours dans une ou plusieurs pentes d'accès à un étang, un vivier, un bassin, une mare, un réservoir quelconque analogue à ceux que nous avons décrits.
Un abreuvoir pris dans un étang demandera les mêmes précautions que celles indiquées pour un grand cours d'eau; mais la clôture est moins nécessaire, parce qu'il n'y a point de courant pour entraîner les animaux; des limites y seront néanmoins indiquées par quelques piquets, afin d'éviter que les palefreniers ne dirigent les chevaux dans des endroits vaseux, des trous bourbeux, comme il s'en trouve presque toujours dans les étangs. Le pavage des pentes et du fond de l'abreuvoir est nécessaire.
ABREUVOIRS
L'abreuvoir sera ouvert dans un vivier d'après les mêmes principes. Si l'eau n'y comporte pas une profondeur de plus de 1m,50, il sera inutile de faire un enclos et d'indiquer des limites pour l'abreuvage.
Enfin, dans une mare, il n'y a d'autres précautions à prendre que le pavage des bords ou des pentes d'accès ; car il est rare qu'une mare dépasse la profondeur que nous venons d'indiquer.
Il serait utile, dans une exploitation, lorsqu'on n'a que des abreuvoirs d'eau stagnante, d'en établir deux : l'un servirait à faire boire les animaux, et l'autre, pouvant être plus petit, à les baigner; avec cette disposition, ils ne seraient pas exposés à boire de l'eau bourbeuse, comme il arrive toujours dans les réservoirs où l'on baigne et abreuve en même temps les chevaux, et où leurs piétinements mettent en agitation toute la vase qui repose au fond.
Ces abreuvoirs peuvent être entourés de plantations d'arbres; on évitera d'y mettre des frênes, à cause des cantharides que ces arbres nourrissent et qui peuvent nuire à la santé des animaux.
— Les abreuvoirs les plus salubres et les plus sûrs généralement sont les viviers dans lesquels l'eau est renouvelée par une dérivation provenant d'un ruisseau. Si l'eau n'y est pas tout à fait courante, elle ne peut pas non plus être considérée comme stagnante ; c'est une sorte d'abreuvoir mixte très-convenable.
— Lorsque le sol ne permet pas d'établir un abreuvoir à proximité des bâtiments d'exploitation ou lorsqu'on n'a pas une place assez grande, il faut se contenter de construire, avec toutes les conditions nécessaires pour la conservation des liquides, un petit magasin d'eau avec pente d'accès assez large pour quelques bestiaux, 4 à 5 mètres par exemple; on fait communiquer cet abreuvoir avec une pièce d'eau plus éloignée à l'aide de tuyaux en ciment enfoncés dans le sol, de manière à ce que l'eau s'y maintienne au niveau convenable.
Capacité. — Il est assez difficile de déterminer la quantité d'eau nécessaire à un abreuvoir. Ce n'est que par l'étude très-approfondie de la localité, des dépôts d'eau qui y existent, des pluies qui y tom-
SOURCES
bent, des vents qui régnent, que l'on parviendra à obtenir une appréciation suffisante et à ne pas être exposé à créer un abreuvoir qui reste à sec une partie de l'année et qui ne puisse suffire aux bestiaux. En exagérant considérablement la capacité nécessaire, on réussira sans doute ; mais alors on augmente les frais de construction. Cependant l'inconvénient du manque d'eau pour les animaux, dans les années de sécheresse, est tellement grave, qu'il vaut toujours mieux être prodigue qu'avare dans son calcul.
On est dans l'usage de compter sur une durée de deux mois sans que l'eau pluviale remplisse les abreuvoirs. Si donc on apprécie la quantité d'eau nécessaire par jour,
pour un cheval à 50 litres, on aura 30 hectolitres,
— une bête à cornes .30 — 18 —
— une bête à laine. . 2 — 4 1/4 — • — une bête à soies. .5 — 3 —
pour lesquels les réservoirs d'alimentation devront fournir une capacité suffisante.
Cette appréciation suffira, le plus souvent, si le réservoir est une citerne; mais si l'eau est conservée dans un vivier, dans une mare, où se produise une grande évaporation, on fera bien de quadrupler, de sextupler et même de décupler les nombres ci-dessus.
Il faut cependant avoir égard à la faculté de donner à boire aux animaux, pendant la sécheresse, à l'aide des eaux d'un puits.
SOURCES
Les sources sont les endroits d'où sortent les eaux renfermées dans le sol ; lorsque l'écoulement s'opère naturellement sur la surface de la terre, il constitue une fontaine; lorsqu'il faut l'aller chercher à une profondeur plus ou moins grande, la source devient un puits. Les fontaines ne demandent que quelques légers travaux
SOURCES
de protection, mais les puits sont de véritables constructions, quelquefois très-difficiles à établir.
Fontaines. — Les fontaines doivent être protégées contre l'invasion des eaux étrangères, contre l'approche des bestiaux, et contre les éboulements de la terre ou du sable qui environne leur bassin. Les travaux qu'on y opère, à cet effet, commencent par le nettoyage et un léger creusage de la fontaine ; opération qu'il faut conduire avec les plus grandes précautions, et en employant seulement la bêche, la curette et la drague, sans se servir jamais de pioche; car on peut percer la couche imperméable du terrain sur lequel coule la veine liquide, et atteindre une couche de sable ou autre qui absorbe l'eau et fasse disparaître la source.
Après ce nettoyage, on revêt les parois verticales de la fontaine, dans la partie inférieure avec des pierres non cimentées, et au-dessus, jusqu'au niveau du sol, avec une maçonnerie solide, hydraulique parfois, suivant la nature du terrain environnant.
11 ne faut pas élever le niveau de l'eau trop au-dessus du sol, car alors, en augmentant la pression causée par le poids de l'eau sur le fond inférieur, on risquerait de voir cette eau s'échapper par une fissure du terrain, et on pourrait perdre la source.
On exhausse ensuite la muraille à hauteur d'appui, en laissant un trou d'écoulement pour les eaux au niveau du sol extérieur, et en ménageant une espèce de porte par où l'on peut puiser de l'eau; dans cette ouverture on place soit des barres de fer horizontales, soit une pierre en schiste mince haute de 0m,60 environ, pour empêcher qu'on tombe dans la fontaine en puisant.
Le haut de la muraille est recouvert par une margelle ou continué en forme de bâtiment avec toiture, comme nous allons en donner des exemples pour les puits. Si la toiture protège la fontaine contre les pluies qui en troubleraient l'eau, elle retarde aussi l'aération du liquide et la modification de sa température.
On emploie quelquefois des planches ou un clayonnage pour le revêtement intérieur de la fontaine; on y enfonce aussi une barrique dont on a enlevé les deux fonds; on l'entoure enfin par une barrière.
SOURCES
Un fossé doit être creusé autour dè la fontaine, afin d'en éloigner les eaux pluviales ou sauvages.
— Lorsque les sources sont peu abondantes, proportionnellement aux besoins d'eau que l'on a dans une exploitation, au lieu de les laisser couler au loin, on les emmagasine soit dans une citerne, que l'on construit à proximité, soit dans un réservoir construit d'une manière analogue à celui qui a été représenté dans la fig. 616 (page 495), mais en ayant soin d'en couvrir la partie supérieure par des dalles en pierre qu'on couvre de terre : nous indiquerons encore, comme servant au même usage, la construction indiquée comme citerne-filtre, fig. 634 (page 516).
Fontaines artificielles. — Dans les terrains inclinés, lorsque le sous-sol est argileux, ce qui est assez fréquent, on peut parfois ' créer une fontaine artificielle. Pour cela, on barre la pente transversalement à la pente par un mur bien étanche enfoncé dans le sol et formé de deux parties disposées en forme de V très-ouvert; au point d'intersection des deux branches du V on laisse un vide où viennent se réunir les eaux qui, glissant sur la pente du soussol, sont arrêtées par le mur et conduites à cet endroit, où elles forment une source parfois assez abondante.
Puits. — L'établissement d'un puits comporte diverses opérations; la première est la recherche d'un endroit convenable et l'appréciation de la profondeur que l'on sera obligé de donner à la fouille ; viennent ensuite le creusage presque toujours compliqué par l'étayement, puis le revêtement des parois intérieures, et enfin soit la construction d'un garde-corps surmonté d'une margelle et d'un appareil de puisement, soit le bouchement de l'orifice sur lequel on fixe une pompe.
Il n'est pas besoin d'insister sur l'utilité d'un puits : quand le domaine n'est pas auprès d'une fontaine, d'une rivière ou d'un ruisseau, un puits est indispensable pour fournir de l'eau aux habitants et même aux bestiaux, quand les mares et les viviers sont desséchés.
Emplacement. — Si l'on était maître de choisir l'emplacement où
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l'on creusera un puits, il faudrait le rapprocher, autant que possible, de l'habitation ou des auges d'abreuvoirs qu'il est destiné à alimenter: mais les dispositions du terrain ne le permettent pas toujours; il faut alors avoir recours aux indications hydroscopiques, et creuser le puits dans l'endroit le plus proche de l'exploitation où ces données semblent le mieux assurer le succès; nous rappellerons quelques notions à ce sujet, en parlant de la profondeur à donner à la fouille. C'est ici le lieu de dire que, lorsqu'un puits ne sera pas renfermé dans l'enceinte des constructions du domaine, il est indispensable qu'une fermeture très-solide le recouvre, et que la clef en soit déposée à la maison.
Le puits, placé dans la cour de l'exploitation et hors du passage habituel des voitures, sera éloigné des dépôts de fumier, des latrines, même des celliers, de tout ce qui pourrait donner lieu à des infiltrations dont l'effet altérerait l'eau du puits. Il est inutile de dire que, si l'eau est destinée seulement aux arrosages du jardin potager, c'est dans l'intérieur de celui-ci qu'il sera creusé.
En général, l'emplacement le plus utile pour l'usage d'un puits est à égale distance de la maison d'habitation, des étables et du jardin.
Profondeur. — On trouve de l'eau presque partout sur notre globe, mais elle est parfois à une si grande profondeur, que les difficultés et les frais de creusage et ceux de puisement rendent impossible le percement d'un puits. Il est donc de la plus haute importance de chercher à quelle profondeur on trouvera de l'eau, afin d'évaluer la dépense et de la comparer aux services que le puits doit rendre.
Lorsqu'il existe des puits à proximité de l'endroit où l'on veut en creuser un, rien de plus facile que d'apprécier approximativement la profondeur qu'on sera obligé de lui donner ; nous disons approximativement, parce que la direction des couches géologiques peut varier et être cause d'erreur, ce qui est assez rare du reste. Lorsque le terrain est plat ou peu incliné, la profondeur des puits existants, augmentée ou diminuée de la différence de niveau entre
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leur orifice et le point choisi, donnera la longueur de la fouille à opérer.
Mais, lorsque le terrain est très-incliné et qu'il n'y a point de puits creusé dans les environs, il est plus difficile de savoir à quoi s'en tenir, et l'on est exposé à se tromper dans son appréciation. Cependant, toutes les fois que le point choisi est sur le versant d'un coteau ou d'une montagne, ou vers le fond d'une vallée, il y a de grandes chances de réussite , à moins que le sol ne soit très-poreux comme les sables ou plusieurs calcaires ; cependant, au-dessous de ceux-ci, se trouve souvent une couche imperméable sur laquelle coulent des eaux pouvant alimenter un puits. Il faut encore prendre çarde que des observations très-suivies ont montré que, si le versant du coteau sur lequel on veut creuser un puits ne présente point de sources visibles et qu'au contraire le versant opposé en montre d'apparentes, on ne trouvera l'eau qu'à un niveau très-bas. Sur le sommet d'un plateau, il en sera souvent de même.
M. de Perthuis a donné, pour la connaissance de la profondeur à donner aux puits, la formule ci-après : elle ne peut, toutefois, s'appliquer que lorsque l'on connaît une source d'eau, mais son exactitude est suffisante pour la plupart des cas.
Fig. C37.
« Supposons le pendant A de la montagne (fig. 637) coupé par un plan vertical passant par le point C où la source est visible, et par le point B, lieu choisi pour le puits projeté.
« Ce plan rencontrera le banc de roche ou d'argile qui sert de lit à la source aux points C et E, et la ligne C E en sera la projection horizontale dans le plan vertical C E B G. Tour fixer la position de
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la ligne C E sur ce plan, il suffira d'en connaître deux points, dont le premier C est donné de position. Pour en déterminer un second, je choisis sur le terrain, au-dessus du point C et dans la direction des points C et B, un autre point D ; j'y fais enfoncer la tarière du mineur autant qu'il est nécessaire pour atteindre le lit de la source, et la profondeur D H à laquelle on aura été obligé de l'enfoncer donnera la position du point H qu'il fallait trouver dans la ligne G H E, pour déterminer l'inclinaison de la couche de terre qui sert de lit à cette source. Après avoir tracé cette ligne sur le plan, j'abaisse les verticales D H etB E, et je tire les horizontales H L, DF, E K et B G.
« Gela posé, la profondeur qu'il faudra donner au puits projeté pour y obtenir constamment de l'eau, ou B E — G G — C K. En nommant x la longueur B E, et y celle C K qui est la différence inconnue du niveau entre la position des poinls G et E, on aura
x = CG — y.
« Mais, par la théorie des triangles semblables, on a : G K ou y : E K : : G L : L H.
D'où :
EKX C L n pr rr E K X C L y = — t-tï * Donc x ou B E = C G — •
L n L xi
« Or on connaît la distance du point choisi B au point C de la source visible, car ces deux points sont donnés de position, et cette distance B G = E K. On connaît également et par la même raison la distance horizontale du point G au point D, et cette distance D F = L H. Enfin, par le nivellement du terrain et la combinaison de son opération avec la profondeur D H donnée par la sonde, on trouvera les différences de niveau qui existent entre le point C et les points H et B, ou les valeurs de C L et de C G. »
Si, au lieu d'une source visible au point C, il y avait un puits, on pourrait supposer la source au niveau du terrain en faisant abstraction de la profondeur du puits pour établir le calcul ; on aug-
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mériterait ensuite le résultat de cette profondeur négligée d'abord. La somme de ces deux quantités serait la hauteur de la fouille à effectuer.
Construction. — Le creusage d'un puits s'opère par des ouvriers spéciaux appelés puisatiers, et dont les procédés varient suivant les localités, et surtout suivant la nature du terrain. Généralement, un ouvrier ou deux au plus creusent le puits, tandis que deux autres retirent les résidus de la fouille à l'aide d'un treuil provisoire sur lequel s'enroule une corde terminée par un baquet. ^ Quand le terrain est assez persistant, ils creusent jusqu'à ce qu'ils trouvent l'eau ; ils descendent même un peu au-dessous de cet en droit, à moins qu'ils ne rencontrent une couche de glaise ou de roc qu'il serait dangereux de percer.
Mais, quand le terrain offre peu de consistance, il faut étayer au fur et à mesure du creusement, quelquefois dans toute la profondeur du puits, quelquefois seulement pendant la traversée de certaines couches de terrain. L'expérience locale est l'un des meilleurs guides qu'on puisse consulter à cet égard, sans négliger l'observation des circonstances qui se produisent pendant le travail.
On étaye, soit avec des palplanches étrésillonnées par des arcsboutants en bois, et dans ce cas la forme de la fouille est carrée ou octogonale, soit avec des cercles analogues à ceux des tonneaux, et maintenus aussi par quelques gaulis arc-boutés, et alors la fouille est de forme cylindrique. Si le terrain est très-coulant, comme dans les sables, on garnit les intervalles entre les planches ou les cercles avec des bruyères, des fougères, des paillis même.
Lorsqu'on est arrivé à la couche aquifère, on cesse la fouille et on pose sur le fond un cercle en charpente, appelé rouet dans quelques pays. On installe dessus une maçonnerie circulaire, d'abord en pierres sèches, puis en bon mortier, hydraulique de préférence, dont toutes les pierres sont taillées en forme de clef de voûte ; on emploie aussi des briques de forme spéciale ; une couche de béton moulée en cylindre avec des panneaux en bois mobiles peut encore être utilisée. On remplit avec soin l'intervalle entre le revêtement
SOURCES
et le terrain, et l'on monte ainsi la muraille jusqu'au niveau du sol, en ôtant les étais au fur et à mesure.
Lorsque le revêtement intérieur doit être en bois, on installe les étais en palplanches d'une manière définitive en creusant le puits, généralement sous la forme hexagonale ou octogonale. Ce revêtement dure peu et ne doit point être recommandé.
11 est presque inutile de dire que, lorsque le puits traverse des couches rocheuses, on n'y applique point de revêtement; celles-ci servent de support à la muraille qu'on établit au-dessus.
Si l'on était obligé d'établir un puits dans des endroits où se trouvent des eaux mauvaises, soit à la surface, soit à quelque profondeur, il faudrait isoler la construction du terrain environnant, en l'entourant d'une sorte d'enveloppe imperméable soit en terre glaise, soit en matériaux hydrauliques.
Le sol qui environne le puits sera pavé jusqu'à une distance de 2 mètres au moins de son orifice; une pente conduira les eaux dans un ruisseau d'écoulement. On éloigne ainsi les eaux que l'on répand en puisant et on les empêche de s'infiltrer dans la source avec les éléments solubles qu'ils pourraient prendre à la surface du terrain.
— Au-dessus du sol, le mode de construction varie avec la forme que l'on veut donner au puits ou avec le mode d'élévation de l'eau.
Si le puits reste découvert, le revêtement intérieur est prolongé par une muraille analogue, mais à laquelle on donne deux parements jusqu'à environ 0m,75 au-dessus du sol. Le plus souvent, on y place une margelle formée par une pierre dure percée dans son milieu, ou par des portions de pierres solidement assemblées entre elles avec des crampons en fer bien scellés, ou par des briques sur champ maintenues avec un cercle en fer. La solidité de la margelle est nécessitée par les chocs qu'elle reçoit presque constamment, par le support qu'elle présente à l'appareil élévatoire et par la résistance qu'elle doit offrir aux intempéries des saisons. On creuse quelquefois une petite rigole dans la margelle, et on pratique une espèce de bec en saillie, afin de recueillir et de conduire dans une auge les eaux échappant des seaux de puisement (pl. 127, fig. 638).
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pl 127.
SOURCES
Sur la margelle on installe un appareil pour tirer la corde qui soutient les seaux. Deux moyens principaux sont en usage : l'un est la poulie, l'autre le treuil. La poulie est suspendue soit à une traverse horizontale en bois soutenue par deux poteaux en charpente ou par deux piliers en maçonnerie , soit à une potence en fer dont la base est incrustée dans la margelle et descend jusqu'au sol dans l'intérieur de la maçonnerie (fig. 638), soit à deux ou trois potences en fer accouplées à leur sommet (fig. 639), et qui présentent plus de solidité qu'une seule.
Le treuil est porté par deux montants à fourche en fer scellés dans la margelle : ses tourillons roulent, à chaque extrémité, sur deux galets, ce qui rend le tirage moins pénible ; un encliquetage y est établi pour empêcher le seau de retomber, si la manivelle échappait à la main de l'ouvrier ; le cylindre en bois a au moins 0m,30 de diamètre; il est protégé par un petit abri en zinc; enfin, lorsque le puits a plus de 20 mètres de profondeur, on met une manivelle à chaque extrémité du treuil, disposition qui, dans tous les cas, permet à deux personnes de faire monter à la fois une quantité d'eau plus considérable. Un exemple en est représenté dans la fig. 640.
La bouche du puits doit être fermée par deux volets, afin d'éviter quelques accidents ; ces volets seront à claire-voie ou en treillage, parce que les vapeurs qui montent s'évaporent plus facilement et que l'air en circulant librement rend l'eau meilleure. La fig. 641 représente un puits dont la margelle en bois est recouverte par un to;t en planches avec ouverture pour le passage des seaux. Il existe encore d'autres systèmes pour tirer l'eau à l'aide des bras ; le seul à signaler, comme appareil rustique, est l'addition d'une roue à l'extrémité du treuil ; elle forme volant et facilite le mouvement.
Au lieu d'établir un garde-corps, on préfère quelquefois couvrir l'orifice, ce qui empêche l'eau de pluie de troubler celle du puits. La fig. 642 représente une tourelle que nous avons fait élever en maçonnerie. Le treuil avec double manivelle en fer est introduit par deux petites ouvertures opposées l'une à l'autre, et ses tourillons sont scellés sur les appuis de ces fenêtres ; une porte à claire-voie
SOURCES
sert au passage des baquets. A 2 mètres au-dessus du sol, la maçonnerie se termine par une petite voûte surmontée d'un cône en pierres cimentées et que l'on pourrait couvrir en tuiles ou en ardoises. La plus grande solidité est nécessaire dans cette construction à cause de l'ébranlement dont le mouvement du treuil est la cause.
La fig. 643 représente un puits également recouvert, mais dont la construction est formée en charpente par quatre montants avec traverses et lattes clouées dessus ; un toit surmonte le tout.
— Il est presque toujours plus économique, au point de vue de la main-d'œuvre, d'installer une pompe sur un puits ; alors la maçonnerie s'arrête au niveau du sol : pour faciliter le nettoyage et les réparations du puits et de la pompe, on ferme l'orifice par une dalle mobile avec anneau ou, mieux encore, par un grillage en fonte.
Une grande quantité de systèmes de pompes à peu près également bonnes rendent assez difficile le choix de ces appareils; les plus simples sont généralement les meilleurs. Comme leur construction sort du domaine de l'industrie rurale, nous nous bornerons à renvoyer aux indications que nous avons données relativement aux fosses à purin (page 443), en ajoutant que des instruments plus puissants doivent être employés pour des puits profonds.
— On établit encore, sur des sources où l'on a beaucoup à puiser, des appareils plus compliqués, des norias, des chaînes à godet, mus généralement par un manège; leur construction appartient à la mécanique, comme celle des pompes que l'on fait mouvoir par la vapeur. Indiquons seulement la possibilité d'adapter à une pompe ordinaire un petit engrenage et un volant, auquel le mouvement sera donné par l'une de ces locomobiles à vapeur qui commencent à se répandre dans nos exploitations rurales.
— Enfin, pour se procurer de l'eau, une ressource beaucoup plus applicable qu'on ne le croit communément est le percement d'un puits foré. Si l'on n'obtient pas d'eau jaillissant au niveau du sol, au moins peut-on en faire monter à une hauteur qui permet de la puiser par les moyens ordinaires. On emploie aussi ce moyen pour augmenter le débit d'un puits : on fait donner un coup de sonde au
PUISARDS
fond de sa cavité. Nous ne pouvons qu'indiquer ces opérations en renvoyant, pour leur étude, aux ouvrages spéciaux (1).
PUISARDS
CLOAQUES ET BOITOUTS.
Lorsque des eaux surabondantes peuvent gêner dans une localité, on cherche à s'en débarrasser ; le puisard est un puits pratiqué pour leur absorption. On comprend sous ce nom deux sortes de constructions : l'une, le cloaque, est un endroit où on les emmagasine et d'où on est obligé de les extraire en temps convenable ; l'autre, le hoitoui, est destinée à les faire disparaître en les conduisant dans l'intérieur de la terre. Disons tout d'abord que l'usage des puisards doit être évité dans une exploitation rurale, toutes les fois que cela sera possible : les eaux ménagères seront mêlées avec les purins, et les eaux pluviales seront conduites dans des réservoirs ou sur des endroits où elles puissent servir à l'irrigation. Nous avons indiqué ci-dessus des filtres (pages 494 et 51 5) destinés à faciliter ces emplois des liquides infects et surabondants. Ce n'est que dans quelques casjrès-rares qu'on devra recourir aux puisards.
Cloaques. — Le cloaque est un souterrain dans lequel se rendent les eaux d'égout. Sa construction est généralement analogue à celle d'une citerne plus ou moins creuse, plus ou moins allongée ; comme la citerne, elle doit être solidement couverte et garnie d'une dalle mobile sur un trou d'homme, par où l'on puisse s'introduire pour la
(1) Traité sur les puils artésiens ou sur les différentes espèces de terrains dans lesquels on doit rechercher les eaux souterraines, par F. Garnier, 2e édit., 1826. Paris, Huzard-Courcier, in-4, 25 planches.
Guide du sondeur, ou Traité théorique et pratique des sondages, par J. Degousée. Paris, 1847. In-8, 34 planches.
PUISARDS
nettoyer; quelquefois on y pratique une ou deux cheminées d'aération, pour empêcher la propagation des mauvaises odeurs qui ne tardent pas à se produire dans une fosse de ce genre, quand elle reçoit des eaux où se trouvent des matières en putréfaction. Pour cette même cause, il est indispensable d'établir à l'orifice d'accès dans le cloaque un coupe-air hydraulique, comme celui représenté en coupe par la fig. 644 : c'est une cuvette en pierre creusée A, de 0m,50 de côté environ, avec dalle de refend placée verticalement dans deux, entailles faites à la cuvette, de manière à ce qu'elle plonge de 0m,05 dans l'eau quand la cuvette est remplie et bouche ainsi toute communication de l'air du dedans avec celui du dehors. L'eau qui survient chasse dans le cloaque et renouvelle continuellement celle qui se trouve dans la cuvette. En y jetant quelques seaux d'eau propre , on peut empêcher la propagation de toute espèce de mauvaise odeur. Plusieurs exemples de ces coupe-air hydrauliques, dus à M. de Parcieux, ont déjà été indiqués (fig. 492 et 493, page 378; fig. 630 et 632, pl. 126, page 514).
Quant aux parois des cloaques, on les établit tantôt d'une manière étanche comme pour les citernes, tantôt, au contraire, de manière à ce qu'une partie des liquides qui y sont amenés puissent s'infiltrer dans le sol et être absorbés. Dans le premier cas, il faut vider assez fréquemment les cloaques comme des fosses d'aisances ; dans le second, cette opération n'a pas besoin d'être faite aussi souvent, car il ne reste dans le cloaque qu'une boue épaisse qu'on enlève à l'aide d'écopes et de seaux. Les inconvénients de ce second genre de cloaque sont nombreux ; le principal est l'infection du terrain environnant, qui finit par se manifester au dehors ; le sol se graisse pour ainsi dire, et bientôt ne laisse plus passer l'eau ; l'appareil ne fonctionne plus. On comprend facilement que l'emplacement de pareilles constructions doit être autant éloigné que possible des lieux habités; aussi souvent y conduit-on les eaux par un petit
PUISARDS
aqueduc souterrain : alors la cuvette hydraulique (fig. 644) est disposée à l'origine de ce conduit.
— Le boitout (puits perdu, puits absorbant) est destiné à conduire les eaux jusqu'à une couche de terre qui les absorbe. La plupart du temps, le boitout est un puits creusé à la manière ordinaire ; les eaux qui s'y précipitent vont se mêler à la source souterraine que le travail avait mise au jour et s'écoulent avec elle ; l'expérience prouve qu'un puits absorbe une quantité d'eau égale à celle qu'il peut produire. Les puits spécialement percés comme boitouts ne sont pas toujours creusés jusqu'à une couche aquifère ; il suffit d'en rencontrer une absorbante, comme les sables, certains calcaires, etc. , que l'on trouve souvent au-dessous de la couche solide qui arrête les eaux. Des carrières abandonnées, des excavations peu profondes qu'on remplit de cailloux, deviennent des boitouts suffisants.
On obtient un résultat plus économique que celui du creusage d'un puits en faisant forer un tube à l'aide de la tarière ou de la sonde du mineur. Les travaux de drainage ont mis cet instrument dans les mains de beaucoup d'agriculteurs, et son maniement si facile est devenu usuel. Lorsqu'on a percé ce trou, on le revêt d'un tube en bois, au moins à son orifice. Pour empêcher un engorgement rapide, il faut adopter la disposition qui est représentée ci-contre à l'échelle de 0m,01 pour mètre, en coupe par la fig. 645 et en plan par la figure 646.
Elle consiste en une cavité creusée à l'entour de l'orifice, et dont. les parois verticales sont garnies en maçonnerie légère ou en planches, comme dans la figure, et surmontées d'un garde-corps. Au milieu on élève une maçonnerie hydraulique entourant le tube et se prolongeant à environ \ mètre au-dessus de son ouverture, et on remplit la partie cylindrique ainsi formée avec de gros cailloux. L'eau, arrivant dans la cavité, tombe entre les parois et la maçonnerie, dépose la vase qu'elle peut contenir, et ne s'écoule dans le boitout que lorsqu'elle atteint le haut de son
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prolongement, à travers lequel elle se filtre encore. On nettoie de temps en temps la cavité intermédiaire. Pour surcroît de précautions, on fait encore traverser au courant d'eau une petite fosse qui précède le boitout.
On pourrait prolonger le tube du boitout et le revêtir d'une calotte métallique percée de trous; mais les engorgements sont plus fréquents avec ce système qu'avec la première disposition. On se contente enfin, quelquefois, de remplir les trous de sonde avec des espèces de fascines en épines ou en broussailles, que l'on retire et que l'on change de temps en temps.
Les puits, soit ordinaires, soit forés, destinés à l'absorption des eaux, sont encore souvent, après leur percement, remplis, tout simplement, d'abord de grosses pierres, puis de plus petites, jusqu'à 0m,50 au-dessous du niveau du sol ; on recouvre le tout avec la terre ordinaire du champ, sur laquelle on laboure comme sur le reste du terrain : ces pierriers, ainsi qu'on les nomme dans plusieurs parties de la France, sont utiles dans quelques positions spéciales ; on y conduit les eaux provenant des tuyaux de drainage ou d'assèchement du sol.