‹ Traité des constructions rurales et de leur disposition (volume 2)Chapitre 32 sur 38 · PL VU · texte numérisé non relu

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PASSERELLES, PONCEAUX, PONTS

verser nécessite une ouverture plus grande, 1m, 20 environ, et qui ont été établis sur un double canal avec pile au milieu.

Enfin lafig.690 est la coupe transversale d'une sorte de chausson établi en briques dans un fossé le long d'une route et destiné à supporter le pavage nécessaire au passage des voitures. On en fait de plus petits à l'aide de tubes en poterie.

Ponts. — La construction d'un pont est toujours une œuvre qui demande beaucoup de précautions, principalement pour l'assiette des fondations de chacune des culées. Aussi engagerons-nous les agriculteurs à s'appuyer des avis d'un ingénieur spécial, toutes les fois que les dimensions d'un pont à construire atteindront quelques mètres dans la largeur du débouché.

Pour construire un pont, il est très-économique de détourner l'eau pendant la durée des travaux ; ce qui s'opère à l'aide d'un canal de dérivation et de batardeaux établis en travers du lit. Lorsqu'on ne peut déranger le cours d'eau, il est utile de rejeter une partie des eaux de la rivière du côté opposé à celui où l'on travaille, en établissant un batardeau longitudinal au lit. Enfin, lorsque cette déviation n'est pas possible, on est obligé de construire dans l'eau, ce qui est très-difficile et exige l'emploi de toutes les ressources de l'art.

Les dimensions à donner au débouché d'un pont, ou au vide nécessaire au passage de l'eau, peuvent être déterminées par des règles résumées dans des formules pour lesquelles nous renverrons aux traités d'hydraulique ; nous conseillerons seulement, pour de petits ponts surtout, soit d'imiter les exemples construits à proximité sur le même cours d'eau, soit de conserver le débouché existant naturellement à l'endroit où l'on veut placer un pont, ou au moins à quelque distance ; il sera prudent de ne pas rétrécir le lit du cours d'eau, de ne pas exhausser le radier au-dessus du vif-fond et d'élever le tablier du pont au-dessus du niveau des plus hautes crues connues.

La largeur de la voie, pour le passage des voitures sur le pont, sera de 3 mètres à 3™, 50 s'il est construit sur un chemin perpendiculaire au cours d'eau, et de 4 mètres à 4"',50 si la route est oblique

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ou à peu près parallèle à sa direction ; car il faut plus de place lorsque les chevaux tournent en s'engageant sur le pont.

Des parapets ou garde-corps ne sont pas indispensables sur un pont, à moins qu'il ne soit étroit, ou que son élévation au-dessus de la rivière ne soit très-grande, ou enfin que cette rivière ne soit dangereuse par sa profondeur. Sur les petits ponts, des bornes aux extrémités suffiront pour indiquer aux charretiers la voie à suivre. Cependant nous conseillerons l'établissement de petits reliefs, hauts de O^jôO, comme les banquettes qui bordent les chemins et les routes dans les endroits escarpés; ils suffiront souvent pour arrêter la roue d'une voiture et pour empêcher un accident.

Les garde-corps en charpente sont généralement les plus économiques, quel que soit le mode de construction du pont; sur une voûte en maçonnerie on peut installer un parapet en pierres, mais alors toutes les parties seront reliées entre elles et avec le pont même par des redans et par des goujons et des crampons en fer; sans cela, les chocs occasionnés quelquefois par la malveillance jetteraient bas ce parapet

— Les ponts sur appuis en charpente sont aujourd'hui à peu près abandonnés; ce n'est que dans quelques terrains sans consistance, des sols tourbeux par exemple, qu'on y a recours. On enfonce, de chaque côté d'un cours d'eau, des pilotis en bois ; on en relie les têtes entre elles par des liens, des traverses et des assemblages moisés et boulonnés en fer, de manière à former des culées ou des piles : on y appuie les extrémités de poutres supportant des madriers qui forment le tablier ou la voie. Pour les fortifier on peut prendre les précautions que nous avons indiquées en parlant des passerelles. Nous avons donné le dessin d'un pont de ce genre ayant 3 mètres de large dans la fig. 694 (pl. 134).

— Les ponts mixtes, à tablier en charpente avec culées ou piles en maçonnerie, sont les plus généralement employés. Les culées établies sur les rives seront assez épaisses pour résister à la pression des terres, et des murs en retour d'équerre, ou des éperons en maçonnerie un peu obliques, les consolideront en amont et en aval. Nous

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Fig. 696.

en avons représenté trois exemples : le premier, fig. 695 (pl. 134), n'a que 1m,50 de débouché; ses culées sont établies en pierres meulières supportées sur un massif en béton servant de radier général ; le second (fig. 696 ci-contre), dont la largeur est de 2,a,50, est construit M à peu près de même, mais en pierre |j| dure. Dans ces deux exemples, des poutrelles sont posées sur les pieds- % droits, à la distance de 0m,50 environ les unes des autres ; des étrésillons en bois et des boulons en fer maintiennent leur écartement; des madriers épais de 0m,05 à 0m,06 sont placés transversalement et forment le tablier ; on les surmonte d'un faux plancher en bois de 0m,03 d'épaisseur, qui empêche l'usure des madriers par les roues et que l'on remplace lorsqu'il est nécessaire.

Quand les ponts approchent de 4 mètres en largeur de débouché et toujours quand ils dépassent cette mesure, il faut établir une pile au milieu, comme dans le pont représenté dans la fig. 697 (pl. 134), dont la disposition ne diffère point autrement des précédentes. La pile doit présenter au courant de l'eau une face arrondie, la gelée et le chocdes glaçons ayant pour effet d'entamer les arêtes des pierres.

Les lignes ponctuées qui se trouvent sur les figures des pl. 133 et 134 indiquent le niveau des eaux moyennes, des hautes eaux et des grandes crues; le tablier sera toujours au-dessus de celles-ci.

— En remplaçant, dans les exemples que nous venons de décrire, les poutrelles de soutien par des solives en métal, on obtient une construction beaucoup plus solide, plus durable et plus économique dans les localités où le bois est cher. On emploie des solives en fer ou en tôle, dites à T, à double T, à A, des rails de chemin de fer, ou même de simples barres en fer laminé placées sur champ et assemblées deux à deux à l'aide de colliers qui les maintiennent espacées de 0m,10 à 0m,20; quand le pont est large, on peut relier les solives métalliques par des boulons ou des croisillons ou entre-

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toises en fer forgé. Sur le tout on place des madriers en bois formant tablier et un faux plancher par-dessus. Pour l'établissement de ces sortes de pont, il sera nécessaire de consulter les tables de résistance des métaux dressées par les auteurs spéciaux.

— Les ponts en pierre sont généralement plus coûteux, mais aussi plus durables que les précédents, quand ils sont bien établis. Les ponts en briques peuvent être considérés comme analogues. Un exemple ayant 3 mètres de largeur est représenté dans la fig. 698 (pl. 134), la courbe de la voûte est un peu surbaissée. Pour les ponts en pierre, la courbe de voûte la plus avantageuse est celle qui est indiquée par des lignes ponctuées dans les fig. 699 et 700 (pl. 4 34) et qui est tracée avec un rayon égal à la distance entre la naissance delà voûte et le milieu du radier. La naissance de la voûte doit être élevée au-dessus des plus hautes eaux connues. Les pierres qui la composent sont en nombre impair ; la largeur est la même pour toutes, à l'exception de celle du milieu ou clef, qui est généralement plus forte. Nous en avons dessiné deir; exemples dans la pl. 134. La fig. 699 représente un pont à une seule arche, de 3 mètres de largeur (1).La fig. 700 montre un pont dont le débouché de 5 mètres a été divisé en deux parties par une pile, de manière à former deux arches de 2m,50 chacune : ce qu'il faut faire, toutes les fois que la largeur du lit dépasse 4 mètres. De pareilles constructions réclament, ainsi que nous l'avons dit, toute l'attention d'un ingénieur; elles dépassent le cadre que nous nous sommes tracé en parlant des constructions rurales.

(1) Construit en 1835 par mon père, sur le ruisseau de la Serpente ou de la Chèvre, affluent de l'Erré, à Saint-Hilaire-sur-Erre (Orne).

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