CONSTRUCTIONS ACCESSOIRES
BARRIÈRES
Les barrières sont des appareils semi-mobiles qui ferment les passages; on les établit soit à l'entrée des cours, soit à celle des champs d'exploitation, soit sur les chemins. « Les conditions d'une bonne barrière, ditDavid Low (1), sont de réunir la légèreté à la force, afin qu'une quantité égale de matériaux produise la barrière la plus solide ; elle serait certainement plus forte si elle était faite pleine comme une porte, mais alors elle ne remplirait pas l'autre condition, la légèreté. Au lieu d'une porte solide, une série de barres horizontales remplira le but qu'on se propose ; la distance entre ces barres doit être telle qu'elle empêche le passage des animaux. »
— Les barrières constituent des ouvrages de charpente plus ou
(1) Éléments d'agriculture pratique, par David Low, traduits par Lainé. Paris, Mme Huzard, 1839, 2 vol. in-8, avec 200 figures.
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moins rustiques ; elles se composent de deux parties, l'une fixe, l'autre mobile, c'est-à-dire des poteaux qui soutiennent la barrière et de cette barrière elle-même.
Soutiens. — Les poteaux sont généralement en bois dur ; leur grosseur est proportionnée à la force de la barrière ; ils doivent être bien enfoncés en terre, de manière à résister aux mouvements de la partie mobile. On emploie avec plus d'avantage des pierres en granit lorsqu'on peut s'en procurer d'assez hautes. Les poteaux et les pierres sont percés de part en part pour recevoir la tige des gonds, qu'on arrête au moyen d'un écrou ou d'une goupille du côté opposé à leur mamelon.
Quand on appuie les barrières sur des piliers en maçonnerie, il faut que les pierres soient liées ensemble par des crampons ou par des goujons en fer, et que le mortier employé soit très-résistant.
On fixe encore quelquefois les barrières sur les encoignures des murs ; il faut que ceux-ci soient très-solidement maçonnés, sinon les pierres supportant les gonds risquent d'être arrachées. On préfère souvent mettre un poteau à côté du bout de la muraille.
Ferrures. — On emploie pour la suspension des barrières les pentures et les gonds ; la tige de ceux-ci est faite soit à équerre qu'on visse sur les montants, soit à boulon qu'on fait pénétrer à travers le bois et qu'on arrête avec un écrou ou une goupille, soit enfin à double mâchoire ou à étrier avec plaque et écrou enserrant entre elles ces montants.
Pour des barrières ayant peu de portée, on emploie de simples pommelles à vis, tandis que, pour les barrières très-lourdes, un pivot tournant sur une crapaudine à la partie inférieure et un gond renversé avec une penture dans le haut sont les ferrures les plus solides.
Les barrières étant sujettes à baisser par le côté opposé aux poteaux de soutien, il faut, en les posant, faire tenir la partie battante plutôt au-dessus qu'au-dessous de la ligne de niveau.
Lorsqu'on veut que la barrière retombe d'elle-même, les gonds ne
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doivent pas être posés verticalement, mais dirigés sur la même ligne de manière à former un même axe de mouvement, et le gond supérieur doit être plus long de 0m,04 à 0m,05 que celui du bas.
— Le système de fermeture consiste le plus souvent dans un loquet ou une clanche avec traîneau, ou dans un verrou horizontal, ou clans une chaîne qu'on accroche à un piton.
On y ajoute, pour empêcher d'ouvrir la barrière, et suivant les circonstances, ou une serrure, ou un cadenas.
Le loquet se fait de plusieurs manières : le plus souvent c'est un morceau de fer qui passe à travers le battant de la barrière et qui glisse sur un traîneau double avec entaille au milieu : tantôt le loquet est maintenu par un ressort et s'appuie verticalement sur le traîneau, comme dans la fig. 650 en c; tantôt il est libre, et alors satête glisse horizontalement sur le traîneau.
Quand les barrières sont à deux vantaux, on les ferme à l'aide d'un collier fixé au battant de meneau de l'un de ces vantaux, et basculant autour d'un boulon qui lui sert de pivot pour aller embrasser la tête du battant de meneau de l'autre vantail (voir fig. 663, pl. 130). Le battant qui ne porte pas ce collier est garni d'un verrou long à poignée dont le bout entre dans une pierre percée d'un trou et enterrée dans le sol ; un anneau et un piton permettent de retenir le verrou levé quand on ouvre la barrière.
On ne saurait apporter trop de précautions dans la disposition des ferrures servant à la suspension, si l'on veut assurer la durée des barrières. On. consolide encore, à cet effet, leurs principaux assemblages avec des équerres en fer entaillées, assujetties avec des vis et bien recouvertes de peinture.
— Les Anglais disposent quelquefois leurs barrières de manière qu'elles s'ouvrent des deux côtés à volonté et qu'elles se referment d'elles-mêmes après avoir été ouvertes.
Voici la description donnée par David Low de la ferrure usitée à cet effet :
« La penture supérieure se trouve fixée à la barre horizontale d'en haut et rentre dans un trou fait dans le gond, ainsi qu'on le
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voit en b (fig. 649); les avantages qui résultent de cette manière de
Fig. 648. Fig. 649. Fig. 650.
faire tourner la penture supérieure dans un creux sont que, en donnant ainsi plus d'espace pour tourner, le gond est fortement soutenu à sa place et qu'on a plus de moyens de le faire tourner facilement en mettant un peu d'huile dans le creux. Le gond inférieur est fait de manière à donner deux pivots ou points de support à la partie inférieure de la barrière. Il consiste en deux plaques de fer mises horizontalement l'une un peu au-dessus de l'autre, celle de dessus étant fixée au poteau et celle de dessous à la barrière. Du bas de la plaque supérieure, avancent deux petits morceaux de fer cylindriques mis perpendiculairement, ainsi qu'on le voit en a (fig. 648), et qui entrent dans deux entailles qui se trouvent dans la plaque inférieure, de sorte que la barrière pose sur les deux morceaux de fer droits comme pivots. Ainsi, lorsqu'elle est fermée, elle a trois points de support, savoir : le creux du gond supérieur et les deux pivots du bas, le premier se trouvant le sommet, et les deux derniers la base d'un triangle isocèle. Il résulte de cette construction que la barrière se trouve en équilibre lorsqu'elle est fermée seulement, et qu'elle repose alors sur les deux points ; aussi, lorsqu'on l'ouvre, elle cherche toujours à reprendre sa première position. »
On remplace parfois la penture inférieure que nous venons de décrire par une autre portant, au lieu d'œil, une espèce de C parallèle au sol et dont chaque branche est terminée par un autre c ou crochet double. Les deux c jouent sur un gond à double point d'ap-
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pui ; ils portent sur ces deux supports quand ils sont au repos, mais quittent l'un d'eux dans les mouvements d'ouverture.
— Les fig. 651 et 652 représentent deux barrières de 3 mètres de largeur, s'ouvrantdes deux côtés d'après le système anglais, mais avec des ferrures différentes de celles que nous venons d'indiquer. La barrière représentée dans la fig. 651 tourne sur un pivot porté par un dé en pierre B et sur un gond C à sa partie supé- \ rieure. Cette clôture consiste en cinq * barres horizontales réunies ensemble
par une traverse diagonale de la barre la plus basse à la plus haute, par deux lames en bois verticales divisant la barrière en parties égales, et par deux montants placés aux extrémités auxquelles les joignent des tenons et des mortaises : les deux autres barres verticales et la traverse sont seulement clouées sur les lames horizontales. Celles-ci doivent aller en diminuant sur le devant, afin d'y être plus légères et diminuer ainsi la tendance à tomber en avant ; « car, dit l'auteur anglais que nous venons de citer, on peut considérer une barrière qui tombe ainsi sur le devant comme un levier courbé dont le point d'appui est à B, la force à C et le poids le centre de gravité de la barrière qui, quand elle est faite de matériaux égaux, se trouve à la barre d'en bas A. Si l'on augmente la longueur de BC en proportion de BA, on augmente la force du gond C pour supporter la barrière, et cette force est encore augmentée lorsqu'on fait la barrière plus lourde à la partie de derrière, de manière à porter le centre de gravité plus près de B. Il faut donc, en pratique, éloigner, autant que possible, les gonds l'un de l'autre, et faire la barrière plus légère sur le devant. »
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La fig. 652 représente une barrière dont la construction est ana-
un gond ordinaire, ou mieux par le système qui est désigné ci-dessus dans la fig. 648, qui donne à la barrière fermée trois points d'appui distincts.
Barrières à coulisses. — Les coulisses sont bonnes pour empêcher la circulation des voitures ou des gros animaux, mais elles n'arrêtent pas généralement les animaux de petite taille. Elles se composent de trois poteaux méplats dans lesquels on perce des mortaises ; celles-ci reçoivent deux ou plusieurs traverses horizontales qu'on y fait glisser séparément et qu'on arrête par des chevilles en bois ou en fer, quand on n'y adapte pas une serrure. La fig. 653 (pl. 128) montre une barrière à coulisses fermée ; les lignes ponctuées indiquent la place que prennent les traverses lorsqu'on ouvre la barrière.
Pour s'opposer au passage des petits animaux, M. Trochu, de Belle-Isle en mer(1), a imaginé la barrière représentée dans la fig. 654 (pl. 1€8). Les deux traverses sont réunies par des barres verticales qui se prolongent jusqu'à 3 ou 4 décimètres au-dessus du sol. L'un des poteaux est percé dans toute son épaisseur par deux mortaises un peu plus larges que les traverses ; l'autre porte deux mortaises qui n'ont, en profondeur, que la moitié de l'épaisseur du poteau. Pour ouvrir le passage, il suffit d'enlever une cheville qui s'oppose au recul, de pousser les barres du côté où était cette che-
Fig. 652.
logue à la précédente, mais dont le mode de suspension est différent; le pivot de la partie inférieure est remplacé par une penture et
(1) Création de la ferme et des bois de Bruté sur un terrain de landes, par M. Trochu. Paris, veuve Bouchard-Huzard, 1847, 1 vol. in-8 et atlas in-4.
pl. 128.
mruclions rurales. — Barrières.
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ville, de les dégager ainsi des mortaises de l'autre poteau et de tirer la barrière de ce côté un peu obliquement. L'inconvénient de cette clôture est qu'il faut la porter pour l'ouvrir ou la fermer.
Barrières à un vantail. — Ces barrières sont les plus faciles à faire manœuvrer ; mais le poteau d'appui supporte seul une charge assez grande lorsque l'ouverture est large.
La fig. 655 (pl. 428) représente la barrière la plus simple qui soit utilisée pour la clôture de chemins ; son ouverture est de 2"', 80, sa hauteur 4 mètre ; elle est composée d'un montant, d'une traverse et d'une écharpe ou lien ; elle est suspendue par deux pommelles. Cette barre ne s'oppose pas au passage des petits animaux.
La fig. 656 (pl. 428) est celle d'une barrière en charpente composée de deux montants inégaux, de trois barres horizontales (on en met jusqu'à cinq, voir barrières anglaises, fig. 651 et 652) réunies ensemble par deux lames verticales et par une écharpe diagonale partant du montant le plus élevé au bas du montant opposé, afin de donner à l'assemblage la plus grande solidité possible. Les extrémités des barres horizontales sont assemblées dans des mortaises aux deux montants extérieurs, tandis que les deux barres verticales sont clouées d'un côté et l'écharpe de l'autre. Quelquefois l'écharpe est entaillée à mi-bois pour recevoir les barres ; il vaut mieux assembler ces pièces avec de petits boulons à tète et à écrou logés dans de petites encoches ; alors on pratique seulement un petit embrèvement. La hauteur de cette barrière est de 1m,10 etson ouverture de 3 mètres.
De chaque côté, un échellier (échalier) en charpente, aussi à trois barres horizontales assemblées dans des mortaises, sert au passage des hommes ; il a 4m,20 de hauteur et 4m,50 de largeur. Les échelliers s'opposent très-bien au passage des animaux tout en permettant celui des piétons ; ils sont, il est vrai, assez incommodes à franchir, mais ils n'ont pas l'inconvénient des petites portes qu'on laisse souvent ouvertes par négligence. Un échellier doit être établi près de la barrière de tout enclos destiné au bétail ; c'est pour cette raison que nous présentons plusieurs exemples.
— Les fig. 657 et 658 (pl. 128) montrent deux barrières d'aspect
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plus rustique; elles sont exécutées en bois en grume et sans aucune ferrure. La barrière (fig. 657) est formée de deux montants, de deux traverses horizontales et de barres verticales assemblées à la façon des barreaux d'une échelle. La suspension est faite par deux colliers en corde de houblon ou d'écorce ; et, en outre, le montant principal est appuyé sur une pierre plate sur laquelle il pivote. La fermeture a lieu aussi à l'aide d'un anneau en corde qu'on enlève pour ouvrir la clôture. La largeur de cette barrière est encore de 3 mètres. A côté est un petit échellier à barres verticales dont une grosse pierre facilite le passage.
La barrière (fig. 658) est construite de la même manière ; elle n'a que 2 mètres d'ouverture, et un petit piquet sert à l'arrêter à l'aide d'un anneau en corde. A côté est une barrière semblable pour les piétons, de 1 mètre de large ; les deux peuvent s'ouvrir en même temps; on enlève à cet effet le piquet qui est enfoncé dans le sol soit directement, soit dans un morceau de bois creusé qui lui sert de gaine.
— Quoique nous ayons dit que les portes sont trop lourdes pour former des clôtures mobiles à grandes dimensions, cependant, en employant des bois blancs, on peut encore y avoir recours. Tel est l'exemple représenté dans la fig. 659 (pl. 129). La barrière de 4 mètres d'ouverture est formée de montants et de deux traverses en bois dur, sur lesquels sont clouées une série de planches en sapin, soigneusement recouvertes de peinture. Le montant principal est terminé par deux parties arrondies : l'une, en bas, forme pivot tournant sur une pierre un peu creusée ; l'autre, en haut, s'engage dans un collier en bois attaché sur le pilier fixe. Un loquet en bois tient la barrière fermée ; comme celle-ci a une grande portée, on a, par précaution, adapté à la traverse inférieure une roue de brouette qui roule sur le sol quand la barrière est poussée pour s'ouvrir ou se fermer.
A côté est un échellier formé par des planches sur champ engagées dans les coulisses des deux montants verticaux ; deux pierres servent de seuil pour en faciliter le passage. On peut, au besoin, modifier sa hauteur par l'enlèvement ou l'addition de planches.
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— La barrière représentée par la fig. 660 (pl. 129) n'a point de ferrements : son système de suspension est dit à bascule. Elle consiste en une pièce de bois horizontale à laquelle sont fixées desbarres formant la clôture ; la pièce de bois pivote sur un poteau muni d'un goujon qui s'insère dans un trou qu'on y perce ; à cet effet, on choisit un arbre tout entier dont la souche peut former contre-poids avec la longueur ; lorsque cela est nécessaire, on équilibre l'appareil en augmentant le poids de la souche à l'aide de pierres qu'on y fait tenir par des chevilles. Pour manœuvrer la barrière quand elle est bien équilibrée, le moindre effort suffit : soit en appuyant sur la souche, soit en soulevant l'extrémité opposée, on fait sortir celle-ci de l'encoche où elle est arrêtée et qui est faite à la partie supérieure du poteau placé à l'opposé du pivot. L'intervalle au-dessous du contre-poids est rempli par des barres horizontales placées de manière à laisser libre son mouvement. A chaque extrémité de la barrière, dont l'ouverture a 4 mètres, sont deux échelliers analogues à ceux que nous avons déjà indiqués, mais à quatre barres.
— La barrière représentée par la fig. 661 (pl. 129) ne diffère de celle déjà indiquée dans la fig. 656 (pl. 128) que par la forme re~ courbée d'un des montants et par une écharpe à complications de doubles T, dont le dessin montre suffisamment la disposition. Sa forme, assez bizarre et élégante à la fois, peut s'utiliser dans un emplacement auquel convient un peu de décoration. A côté, une petite porte, élevée comme la grande à lm,60, sert au passage des piétons.
Barrières à deux vantaux. — Lorsque le débouché d'ouverture dépasse 3m,50, il y a souvent avantage à établir des barrières à deux vantaux, égaux le plus généralement, mais aussi parfois inégaux, comme dans l'exemple déjà décrit (fig. 658, pl. 128). Le mode de construction de ces barrières varie beaucoup ; les usages locaux indiqueront souvent les systèmes à préférer, surtout à cause de l'habitude d'exécution qu'ont acquise les ouvriers de la campagne. Nous ne pouvons donner que quelques exemples comme addition à ceux figurés pour les barrières à un seul vantail.
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La barrière (fig. 662, pl. 130) est formée pardeux châssis pectan gulaires en charpente sur lesquels sont rapportées des lames verticales de 0m,04 à G"", 05 de large et de 4 '",50 de hauteur. Une écharpe en fer rond, terminée en bas par un écrou et en haut par un anneau, traverse les côtés de chaque vantail ; elle est destinée à soutenir l'assemblage, et tourne sur un piton ou sur un gond fixé au pilier de soutien : celui-ci est, à cet effet, prolongé à 2m,50 audessus du sol et solidement maintenu à sa base par des arcs-boutants en charpente. L'un des vantaux de la barrière est arrêté par un verrou long, et l'autre vantail s'y rattache par un collier (voir page 541).
La barrière (fig. 663, pl. 430) est encore formée par deux châssis en charpente consolidés chacun par une écharpe assemblée soit avec tenons et mortaises, soit à mi-bois. Dessus sont rapportées des lames de 0m,10 de large. Les poteaux n'ont qu'une hauteur un peu plus grande que la barrière : ils supportent des gonds sur lesquels tournent les vantaux. Le système de fermeture est le même que dans le cas précédent ; mais la tête du verrou long est à bec-decorbin et tourne sur elle-même, de manière à pouvoir être maintenue en l'air par un piton quand on ouvre la barrière. D'un côté du passage est un échellier analogue à ceux que nous avons déjà décrits; de l'autre est un guichet ayant 0m,90 d'ouverture seulement : il est construit sur le même modèle que la grande barrière.
L'exemple représenté ensuite (fig. 664, pl. 130) diffère du précédent par le mode d'assemblage des barres et des traverses dont le dessin montre la forme. Les châssis tournent sur un pivot et sont maintenus, à la partie supérieure, par une penturc et un gond attaché sur le poteau de soutien. Le système de fermeture est celui déjà indiqué. A 2 mètres de distance de cette ouverture est une petite barrière pour piétons ; le dessin en indique la disposition.
— Les trois portes-barrières représentées dans la pl. 131 conviennent à la décoration d'une avenue ou de rentrée d'un domaine, Ce sont des ouvrages de charpente assez soignés, mais qui cepen-
Page 548.
pl. 130.
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dant ne le sont pas trop pour que les ouvriers de la campagne ne puissent les exécuter.
. La barrière (fig. 665, pl. 131) est formée, au milieu, d'une porte charretière à deux vantaux, d'une porte cavalière à côté, d'une autre symétrique à celle-ci niais ne s'ouvrant pas, enfin de deux parties fixes qui relient la barrière ou mur de clôture. L'ensemble est soutenu par quatre piliers de forme octogonale, dont deux surmontés par des boules rapportées. Nous avons fait établir cette barrière sans trop de difficultés par un charron-tourneur de village auquel nous en avions remis -un calibre.
Des dimensions plus grandes ont été données à la barrière suivante (fig. 666, pl. 131); le dessin en montre suffisamment la disposition : au milieu, une partie charretière dont le haut est" en arc de cercle; de chaque côté, une partie cavalière terminée parle haut en arc de cercle tourné inversement au premier; des poteaux surmontés par deux blocs ovoïdes en bois. Les deux battants sont soutenus par une écharpe en fer rond analogue à celle que nous avons décrite (fig. 662, pl. 130), mais dont la boucle est remplacée par une tête aplatie.
La dernière barrière (fig. 667, pl. 131) a reçu une forme un peu différente, ainsi que le fait voir le dessin ; elle a beaucoup plus de hauteur parce qu'elle était destinée à un enclos où l'on renfermait des chevaux. Comme il n'y a pas d'écharpe pour maintenir les vantaux, on a consolidé toutes leurs parties avec des équerres en fer entaillées dans le bois. Une porte latérale pour piétons fonctionne à la manière ordinaire ; elle est encastrée solidement dans la clôture et disposée de manière même à ne guère s'apercevoir, au moins pour les animaux, qui n'ont pas la tentation d'essayer à la franchir pour s'échapper.
Conservation des barrières. — L'humidité provenant du sol ou de la pluie détruit promptement les barrières, si on ne prend soin de les en garantir autant que possible. Pour les isoler du sol, on les suspend de manière à ce qu'elles n'y touchent pas : quand elles pivotent sur un montant, celui-ci doit être porté sur une pointe à
CLOTURES FIXES.
mâchoires en fer et élevé au moins à 0m, 10. Pour les protéger contre la pluie, il faut veiller à ce qu'il n'y ait point de mortaise ou de trous à la partie supérieure; s'il s'en trouve, on les remplit avec du mastic de vitrier : on couvre ensuite les bois avec plusieurs couches de peinture ou de goudron, qu'il faut renouveler tous les quatre ou cinq ans. Les moyens utilisés pour la conservation des bois, tels que l'immersion dans un bain de sulfate de cuivre (1), sont applicables aux barrières.
CLOTURES FIXES.
Les principales clôtures destinées à renfermer et à protéger les diverses parties d'un domaine sont les murs, les palissades ou claires-voies, les haies sèches et les haies vives ; leur efficacité varie beaucoup : les unes ne servent que pour arrêter les bestiaux, les autres doivent empêcher le passage des hommes.
Murailles. — Les murs constituent la clôture la plus sérieuse qu'on puisse établir pour les jardins etpour les cours des domaines: le prix de revient est le seul obstacle qu'on rencontre pour leur adoption ; aussi a-t-on recours à tous les modes de maçonnerie les plus économiques. Ces murs n'ont d'ailleurs rien à supporter ; il suffit donc qu'ils aient assez de solidité pour se maintenir debout.
Quel que soit le mode de construction adopté, il faut d'abord établir une fondation en pierres, profonde seulement de 0m,50 à 0m,80, présentant une épaisseur plus grande de 0m,10 à 0m,15 que celle du mur, et s'élevant à 0m,15 au-dessus du sol. Lorsque le terrain est incliné perpendiculairement aux faces du mur, la fondation doit monter au niveau le plus haut du sol ; si le terrain est incliné dans
(1) Solution de 2 kilog. de sulfate de cuivre dans 100 litres d'eau chaude.
CLOTURES FIXES.
le sens de la longueur du mur, on fait la fondation par gradins hori zontaux.
On élève ensuite le mur suivant le mode adopté, bauge, pisé, pierres hourdées en terre, en plâtre, en chaux, etc. ; on le termine par un chaperon. Suivant les emplacements, on donne au mur 2 à 3 mètres et même 4 mètres de hauteur (les règlements de police exigent 3m,25 de hauteur, y compris le chaperon, dans les localités habitées par 50,000 âmes, et 2m,60 dans les autres).
La figure ci-dessous représente, en coupe et à l'échelle de 0m,01 pour mètre, 'un mur construit dans une excavation, de manière à ne
pas empêcher devoir à l'intérieur. L'enceinte de la ville de Bruxelles (Belgique) était autrefois ainsi établie. Il est regrettable que la fouille nécessaire à ce mode de clôture n'en rende les frais trop considérables, car elle réunit de bonnes conditions d'isolement des parties que le mur enclôt.
— Le chaperon est destiné à protéger le mur contre la pluie, aussi bien sur la crête que sur les parements ; à cet effet, on lui donne une saillie de 0m,10 à 0m,20 sur les aplombs des murs.
On y établit deux égouts, excepté lorsque le voisinage d'une propriété voisine oblige à construire un mur non mitoyen. On sait que, dans ce cas, la muraille peut être fondée tout au bord du terrain que l'on veut clore, et qu'il faut que la sommité du mur soit droite et à plomb du côté extérieur, qu'il n'y ait point de corbeaux ou pierres d'attente de ce même côté, enfin que le chaperon et son filet ou larmier soient inclinés du côté de la propriété que l'on enclôt.
CLOTURES FIXES.
Pour l'exécution du chaperon, on emploie soit des tuiles ordinaires ou des ardoises scellées à bain de mortier et recouvertes par une tuile faîtière, soit des tuiles creuses, soit des tuiles à recouvrement, soit même des pailles, bruyères, fougères, etc., suivant les éléments de construction de la muraille. On établit aujourd'hui des tuiles spéciales, imitées des tuiles romaines, dont l'usage est très-recommandable.
Pour les murs en maçonnerie, on fait d'assez bons chaperons en pierres factices de ciment romain appliquées soit en pente à un ou à deux égouts, soit en forme de dôme.
Depuis quelque temps, la compagnie des ardoisières d'Angers fabrique des laines d'ardoises à usage de chaperon, dressées en dessus, brutes en dessous, épaisses de 0m,02 sur les rives, avec moulure ronde au bas et rainure en dessous au bord du larmier ; on forme leurs joints avec du ciment.
Quand les murs de clôture ne sont pas élevés à plus de 1m,25, on les couvre par des dalles ou des schistes, avec une faible inclinaison et en forme d'appui.
Auvents pour espaliers. — Lorsqu'on possède un mur de clôture, il est presque toujours profitable d'y adosser des arbres fruitiers en espaliers, quand même on serait obligé de les protéger contre les bestiaux par une barrière en treillage fixée à 1 mètre environ de distance du mur; il faut seulement planter des espèces d'arbres, convenables suivant les diverses expositions solaires.
Une des conditions de prospérité des arbres en espalier est l'abri qu'ils trouvent dans un auvent placé au-dessus ; nous conseillons donc d'en établir en construisant les murs, au moins à l'intérieur de l'enclos. Voici les différentes formes qu'on peut leur donner :
— Un auvent fixe est formé par le prolongement du chaperon à 0m,30 environ ; suivant la nature des éléments de la muraille, il est soutenu par une espèce de corniche en briques ou en moellons, et recouvert par des tuiles à scellement. On emploie encore des planches en pente, attachées avec des crampons et soutenues par de
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petites écharpes; leur saillie peut être portée à 0m,50; c'est presque partout le système le plus économique.
On fait encore des auvents en ardoises épaisses de 0m,02 environ et larges de 0m,40 ; la moitié à peu près est scellée dans le mur sous le chaperon, de manière à former une saillie de 0m,20 à 0m,25 en avant. Le prolongement des lames en ardoises, qu'on emploie pour les chaperons, peut encore servir d'auvent.
— Toutes les saillies construites en matières dures, quand elles atteignent 0m,20, s'opposent assez bien au passage des animaux nuisibles, fouines, loirs, etc.
— Pour former des auvents mobiles, on scelle dans le mur des . barres de bois ou de fer avec crochet au bout, ayant 0m,50 à 0m,60
de longueur, un peu inclinées et espacées à \ mètre les unes des autres ; on pose des planches ou des paillassons dessus et en avant, dans les moments où l'on croit qu'il faut abriter les arbres contre les gelées blanches et les pluies glacées.
Les auvents à demeure sont préférables, parce qu'ils n'exigent pas du jardinier une surveillance assidue.
— La fig. 668 montre en coupe un mur avec chaperon formant abri pour espalier; d'un côté est une barre ^ scellée, de l'autre uné console mobile pour 4pffl^
placer des paillassons devant les arbres. Afin -BU
d'attacher les treillages à espaliers sur les côtés, on scelle quelquefois des os de mouton dans la maçonnerie au fur et à mesure qu'on l'élève. Ce moyen est assez bon; mais il faut avoir soin d'éloigner les chiens, qui cassent les os dans les premiers temps de la con- an struction. 1 um
Palissades ou claires-voies. — Les palis-
. Fig. 668.
sades sont ordinairement formées par des poteaux sur lesquels on attache des traverses horizontales en bois soutenant des barres plus ou moins rapprochées les unes des autres. Ces clôtures sont généralement très -coûteuses et leur durée est
CLOTURES FIXES.
courte : les procédés d'injection des bois par les compositions chimiques prolongent bien celles-ci, mais n'empêchent pas l'altération du bois produite par les alternatives d'humidité, de sécheresse, d'ombrage et d'exposition au soleil.
Les poteaux sont faits, soit en pierres debout d'un seul morceau, soit en maçonnerie, soit en pièces de bois équarries, soit en pièces de bois brut, comme celles que fournissent les têtards de nos haies. Les traverses et les barres sont également en bois travaillé ou en bois en grume; nous en avons indiqué plusieurs dispositions à côté des barrières représentées dans les planches ci-dessus, et principalement dans les fig. 655, 656 (pl. 128), 659, 661 (pl. 129), 662, 663, 664 (pl. 130), et fig. 666 (pl. 131).
Toutes ces palissades ne conviennent que pour des petites portions de clôture, à cause de leur prix de revient.
Les treillages fabriqués, ou mécaniquement, ou à la main, et liés avec du fil de fer, donnent des clôtures assez bonnes, mais qui ne résistent pas à des chocs violents : pour qu'ils aient quelque durée, il ne faut employer que le cœur de bois de chêne ou le châtaignier ; le fil de fer doit être bien recuit ; il vaudrait mieux qu'il fût galvanisé (étamé ou zingué).
Les treillages les plus solides sont formés par des barreaux élevés de 1 mètre à 1m,30, espacés entre eux de 0m,10 environ, placés verticalement sur le terrain, reliés entre eux par trois ou quatre traverses de même force que les barreaux, et auxquelles on les attache soit par des clous, soit par des fils de fer ; des piquets ou poteaux enfoncés en terre et espacés de 2 mètres les assujettissent suffisamment.
Palissades en fil de fer. — Depuis quelque temps on emploie, pour clôtures, des lignes de fil de fer soutenues par des poteaux; nous en avons indiqué plusieurs exemples pour les cours de boxes destinées aux bestiaux.
Ces clôtures sont formées à l'aide de fils de fer (ncs 14 à 20) placés parallèlement au sol ; le premier à 0m,50 de terre, les autres espacés à 0m,50 de distance. Ils sont soutenus par des piquets en
CLOTURES FIXES.
rondins bruts de 0m,20 à 0m,25 de circonférence (0,n, 08 de diamètre), et 1m,50 à 1m,75 de hauteur. Ces poteaux sont éloignés entre eux sur le terrain de 5 à 6 mètres. Les fils de fer passent soit dans des trous percés à la vrille à travers les piquets, soit dans des pitons à pointe ou à vis, soit dans de petits coulants en fer qu'on applique sur leur côté ; on fabrique ces coulants avec de grandes pointes recourbées, ou avec des fragments de gros fil de fer que l'on replie et dont on aiguise les bouts.
On tend le fil de fer de deux manières différentes : tantôt on le fixe aux extrémités et on le tend à l'aide d'un petit appareil à vis et à levier appelé roidisseur ou extenseur ; tantôt , comme chez M. Dailly, maître de poste de la ville de Paris, on fixe une des extrémités du fil de fer en le passant dans les pitons du poteau extrême et en le repliant sur lui-même ; puis on attache à l'autre extrémité une chaînette de 0ra,30 à 0m,40 de long que l'on fait passer dans un piton placé sur le poteau d'angle opposé à celui où le fil a été attaché fixement ; on maintient le fil tendu en passant dans la chaînette un clou de fer à cheval devant se trouver pressé le long de la face verticale du piton opposé à l'effort de torsion du fil. On double le nombre des pitons afin d'engager la chaînette dans deux pitons. On tend facilement les fils de fer à l'aide d'un bâton qui porte un bout de chaîne terminé par un crochet ; on introduit le crochet dans un des maillons de la chaînette qui termine les fils de fer, et on fait former levier au bâton de manière à tendre le fil ; on introduit alors le clou formant arrêt.
Les poteaux d'angle, ou ceux qui terminent les lignes, sont un peu plus forts que les autres , ils ont environ 0m,15 de côté ; on les maintient avec des arcs-boutants, ou avec des fils de fer attachés à une pierre qu'on enfonce dans le sol.
Les clôtures sont faites avec deux ou trois lignes de fil ; on en met parfois quatre et même un plus grand nombre, suivant les circonstances.
« Ces clôtures, dit M. Dailly, sont d'un établissement économique, mais elles demandent une certaine surveillance pour rattacher les
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fils en les maillant les uns sur les autres, quand ils viennent à être rompus par un accident, ou pour opérer la tension des fils, lorsqu'ils viennent à s'allonger par suite des effets de la dilatation. »
Haies sèches. — Les haies sèches sont des palissades grossières dont rétablissement n'a qu'une courte durée et ne peut avoir pour but qu'une clôture momentanée ou la protection d'une haie vive nouvellement plantée.
Les haies sèches les plus solides sont assujetties par des piquets de 1"', 50 enfoncés en terre, sur lesquels on cloue une tringle de
Fig. GG9. Fig. 670.
bois ; les branches d'arbres ou les broussailles dont on forme la haie sont pressées ensemble et entrelacées sur les piquets et les traverses ; leur partie inférieure est enfoncée dans le sol et on les incline un peu pour leur donner plus de solidité, ainsi qu'on le voit dans la fig. 670. Les haies non maintenues par des traverses (fig. 669) sont facilement renversées par les animaux.
On fait des haies sèches suffisantes pour arrêter les bestiaux en attachanthorizontalement des gaules sur des piquets et en appuyant dessus des fagots que l'on place debout à côté les uns des autres. On attache par un brin d'osier les fagots avec la traverse, ou seulement un sur deux ou même sur trois.
Voici encore un mode de haie sèche indiqué par Marshall dans son Agriculture anglaise pour les enclos de cours à meules : « On place de simples fagots d'ajonc marin le plus près possible les uns des autres, debout dans une tranchée de 0m,50 de large et de 0m,<l5 en profondeur. On recouvre la partie enterrée avec la terre qu'on a retirée de la tranchée ; on y ajoute celle de deux autres petites tranchées de la largeur d'un fer de bêche faites de chaque côté ; la
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base de la haie est ainsi consolidée :on unit les tranchées, ainsi que les bords, avec la pelle. Cette haie peut durer deux ans et est peu chère... Une clôture *en ajonc marin, ajoute-t-il, est une bonne défense contre toute espèce de bétail, même contre les lièvres et les cochons. »
Haies vives. — Les haies vives protègent mieux que les haies sèches et ont beaucoup plus de durée que les palissades ; on les utilise pour les jardins principalement, quoiqu'elles aient, dans certains endroits, principalement dans les potagers, l'inconvénient de receler les insectes. L'aubépine {Cratœgus oxyacantha) et le pommier sauvage (Pirus malus communis) , entremêlés, constituent les meilleures haies. On a indiqué plusieurs modes pour les disposer ; nous rappellerons celui qu'a recommandé un écrivain silvicole qu'on distingue pour l'exactitude de ses observations.
« Tracez au cordeau, dit Varennes de Fenille (1), un fossé de 2m,30 d'ouverture ; faites mettre à part la première tranche de terre végétale, peut-être en aura-t-on besoin ; creusez le fossé à la profondeur de \ mètre mesuré verticalement ; donnez 0,n,30 de largeur au fond de cuve, les deux parements du fossé auront juste 45 degrés d'inclinaison. Ne faites pas de douve, mais, à l'exception de ce que j'ai conseillé de mettre en réserve , transportez la terre, quelle qu'elle soit, qui aura été extraite du fossé ; déposez-la par tas sur le milieu de l'enclos, ou rehaussez-en les parties trop basses. Ces tas mûriront pendant l'hiver, et leur mélange avec la terre végétale, loin d'être nuisible, l'améliorera.
« A 0m,30 de distance du bord intérieur du fossé, creusez à la bêche une tranchée de 0m,50 de largeur sur autant de profondeur ; ameublissez-en bien la terre, et si, au fond de la tranchée, elle était de mauvaise qualité, substituez-lui celle qui a été réservée.
« Au milieu de la tranchée, plantez un seld rang d'aubépines fraîchement arrachées et bien enracinées; placez les brins à la dis-
(l) Mémoires sur l'administration forestière el les qualités des bois indigènes ou acclimatés en France, 2° édit., 1807, 2 vol. in-8.
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tance de 0m,30 à 0m,40 les uns des autres (faites votre plantation en automne, le succès des plantations du printempsn'enapprochepas); ne laissez dépasser la tête de vos plançons que de 0m,05 hors de terre ; sarclez votre tranchée tous les ans deux ou trois fois, suivant le besoin ; avant la fin de la quatrième année, la haie pourra s'en passer.
« Au printemps de la seconde année, supprimez les branches chiffonnes; ne laissez que six rejetons au plus à chaque plant d'aubépine ; pliez ces jeunes branches des deux côtés ; entrelacez-les à droite et à gauche avec les branches de l'aubépine voisine ; faites-
quelque plançon avait manqué à la reprise, pliez une branche et faites-en une marcotte (fig. 671).
« Recommencez l'nnération au printemps suivant ; il n'y aura à celle-ci d'autre différence, sinon que vous aurez un faisceau d'un plus grand nombre de brins à attacher; après quoi, vous n'aurez plus besoin que du croissant pour raccourcir les branches extravagantes et faire épaissir la haie. Par là vous épargnez le recepage qu'on faisait ordinairement au bout de deux ou trois ans pour renforcer la haie, vous épargnez au moins la moitié des plançons, et vous jouissez de meilleure heure. Les aubépines plantées de cette sorte ne s'affament pas l'une et l'autre, et les branches pliées deviennent, par la suite, les tiges principales d'une haie qui, en peu d'années, est impénétrable aux hommes comme aux animaux. »-
L'auteur écossais, que nous avons tant de fois cité dans ce chapitre, donne pour la plantation de haies d'épine blanche des indications presque analogues (les phases diverses de cette opération sont esquissées dans la pl. 132, fig. 672 à 677) ; mais il admet une butte derrière la plantation. Suivant lui, « il faut commencer par planter les aubépines à 0m,20 de distance les unes des autres et sur une seule ligne, au fur et à mesure que l'on commence le fossé
Fig. 671.
leur faire une couple de tours l'une sur l'autre; attachez-les avec un brin d'osier ou d'écorce; réunies de la sorte, elles auront la figure d'un arc très-surbaissé. Si
Page 558.
pl. 132.
~ 3. m êtres.
bonsimcUom rurales. — Clôtures fixes. I ' 1 i
CLOTURES FIXES.
(fig. 672), pour laisser les plants le moins longtemps possible hors de terre, en ayant soin de mettre sur les tiges la terre qui a été détachée de la surface. On termine ensuite le travail (fig. 673) en jetant la terre du fond du fossé sur la butte, qu'on arrondit par-dessus en la frappant avec la bûche. 11 y a quelque avantage à laisser une petite berge ou espace entre le fossé et les plants, car elle empêche la terre de s'ébouler dans le fossé : celui-ci doit être tracé de manière à permettre l'écoulement de l'eau.
« Les plants exigeront peu de binage et pas de taille pendant la première année ; cependant, s'il poussait de mauvaises herbes en trop grande quantité, il faudrait les sarcler une fois au moins et généralement deux fois dans l'année. Pendant les premières années on n'a pas besoin de tailler, mais on peut commencer à la seconde après la chute des feuilles ; on ne doit tailler que légèrement en coupant du bas en haut, ayant soin de couper aussi une partie de la pousse supérieure ; on recommence cette opération tous les ans en ayant soin de tenir le haut plus étroit que le bas, ainsi qu'on le voit dans la fig. 677.
« Lorsque, ainsi taillée annuellement, la haie atteint 1m,30 à 1m,50 de hauteur, on peut adopter deux méthodes de la soigner : on peut la laisser pousser à la hauteur naturelle de l'arbre, ne coupant que les branches de côté qui couvrent trop celles du dessous, ou bien continuer à la tailler tous les ans afin de maintenir la haie à une bonne hauteur , de 4m,30 à 1m,60. » Nous préférons cette seconde méthode qui s'oppose au dégarnissement de la haie par le bas.
« Si la haie devenait claire par le bas, on renouvelle l'épine par un moyen très-simple ; on coupe toutes les tiges à 0m,10 de terre, avec la serpe ou la hache, toujours en ayant soin de couper de bas en haut (fig. 674) ; on cure alors le fossé et on remet autour des plantes la terre qu'on en avait ôtée en sarclant (fig. 675). Peu de temps après cette opération, les tiges recommenceront à pousser vigoureusement et la haie se trouvera rétablie ainsi qu'on le voit (fig. 676). »
Si la tige ne repoussait pas, on enlèverait la terre qui l'environne,
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on la remplacerait par de nouvelle terre qu'on fumerait, et on substituerait un nouveau pied d'aubépine à l'ancien, mais il vaudrait mieux y planter un jeune pommier sauvage. On pourrait aussi, dans ce terrain neuf, faire une marcotte à l'aide d'une branche d'un pied voisin.
Dans le pays de Caux, on plante des haies composées de deux lignes à 0m,30 de distance dont les plants sont à 0m,10 les uns des autres et en échiquier avec ceux de l'autre rang ; au bout de deux ans, on recèpe à 0m,30 de hauteur et on tresse les brins aussi bas que leur flexibilité le permet. Les fig. 678 et 679 représentent deux couteaux excellents pour tailler ces haies d'aubépine.
Fig. G78. Fig. 679.
— Au bout de six à sept ans, une haie d'épines, dont on a eu soin d'assortir le plant non par la grosseur des tiges ou la grandeur de la tète, mais d'après la force des racines, peut former une défense sûre contre le bétail ordinaire.
— On fait encore des haies avec le houx [Ilex aquifolium) ; dans un bon terrain, le houx vient rapidement, si on le plante au printemps ; il périt souvent lorsqu'on le transplante à racines nues pendant l'hiver : il vaut quelquefois mieux l'élever de graine à l'endroit même où on veut le mettre.
Le sureau (Sambucus nigrà), planté par boutures, pousse vigoureusement ; il fournit de bonnes haies, surtout si on le plante en entrelaçant les tiges : les bestiaux ne broutent pas ces haies.
Avec l'aune [Alnus glutinosa) et le saule (Salix alba), on fait d'assez bonnes haies dans les endroits humides, où l'aubépine ne pousserait pas; la flexibilité de leurs branches permet de les croiser entre elles.
Enfin l'ajonc épineux (Ulex europœus) fournit des haies peu dispendieuses et formant une bonne clôture dans les pays où la gelée
CLOTURES FIXES.
n'est pas trop à redouter. Voici la manière usitée en Normandie et en Angleterre (d'après David Low) : on élève, comme dans la fig. 680, une butte de terre ayant 2 mètres de haut, 2 mètres de largeur à la base et 0m,50 au sommet; on bâtit fortement chaque côté avec des mottes de gazon, on remplit le milieu en terre et on arrondit le dessus : on creuse un fossé peu profond de chaque côté de la haie, en laissant un petit intervalle de 0m,25 à 0m,30 entre le fossé et le mur
Fig. 680.
de gazon ; on sème l'ajonc sur le sommet de la butte pendant que la terre est encore nouvellement remuée et humide, au printemps : \ kilogramme de graine suffit pour semer 400 mètres. Au bout de deux ans, la haie est bonne, et les racines de l'ajonc, en pénétrant partout dans la terre formant la butte, l'empêcheront de s'écrouler. On pourrait encore obtenir une clôture suffisante en ne donnant à la levée que 1 mètre de hauteur et 1 mètre de base.
Les essences d'arbres que nous venons d'indiquer sont trèspropres à former des clôtures dans le nord et le centre de la France, on pourrait encore ajouter (1) quelques espèces d'arbres verts, telles que l'épicéa (Abies excelsa), la sapinette (Abies cœrulea), le genévrier ou cèdre de Virginie (Juniperus virginiana), et dans les
(1) Nous devons les indications suivantes sur les arbres qu'on peut employer pour les haies, à notre collègue et ami, M. Pépin, jardinier en chef du Muséum d'histoire naturelle, et l'un des vice-présidents de la Société impériale et centrale d'horticulture de France : il s'occupe depuis longtemps d'un travail sur la taille et la conduite des arbres forestiers,
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mauvaises terres le genévrier commun [Juniperus communis).
Tous ces arbres s'accommodent parfaitement de la taille et de la tonture des branches; les têtes ou flèches se reproduisent facilement et se multiplient en plus grand nombre, après avoir été coupées.
Dans les sols crayeux, tels que ceux de la Champagne et de la Picardie, il est très-peu d'arbres susceptibles de former de bonnes clôtures ; cependant nous conseillerons d'y planter le nerprun cathartique (Rhamnus cathartica) qui réussit très-bien dans ces sortes de terre ; ses jeunes rameaux roides et souvent acérés par le bout forment des haies d'une grande solidité.
Les espèces qu'il convient de planter dans le midi de la France sont le porte-chapeau ou argalou (Paliurns acoleutus) , le micocoulier de Provence {Celtis australis), le mûrier blanc (Morus alba), le mûrier des Osages (Maclura aurantiaca), les trois derniers arbres originaires des États-Unis sont propres aux climats chauds. Leurs rameaux, garnis d'aiguillons, se développent avec vigueur et n'ont pas, comme ceux de l'acacia blanc (Robinia), le désagrément de s'emporter vers leurs extrémités et de se dégarnir à leur base.
Le cyprès pyramidal [Ciipressas fastigiata) joue aussi un trèsgrand rôle dans ces contrées, comme clôture, palissade ou brisevent. On pourrait encore employer le cyprès à gros fruits {Cupressus macrocarpa) et le cyprès de la Chine (Cupressus funêbris), arbres vigoureux, bien garnis de branches, propres aux mêmes usages.
Clôtures mixtes. — Ces clôtures sont formées à la fois par un mur
Fig. C81. Fig. 682.
en pierres sèches et par une haie vive ; les fig. C81 et 682 en in-
CLOTURES FIXES.
cliquent deux formes assez usitées : la plus ordinaire est formée par un fossé, par une butte composée de la terre extraite de ce fossé et adossée à une muraille en pierres sèches de /lm,50 de hauteur (fig. 681). Une haie d'épines est plantée entre le fossé et le talus de la butte. Cette clôture est très-bonne pour quelques parties des cours des domaines, le mur étant du côté de l'intérieur.
Un autre système (fig. 682) consiste à creuser un fossé sur le côté duquel on élève un mur de 4m,50, soutenant les terres provenant du fossé, dont on forme une butte ; quand le mur est monté à 1 mètre, on plante horizontalement des brins d'aubépine et on bâtit de manière à laisser entre les pierres un espace suffisant pour chaque arbuste, on les place à 0m,20 de distance environ les unes des autres. Cette clôture est appliquée pour les cours dans le sens inverse de la précédente, le fossé etle mur étant à l'intérieur (1).
Bornes. — Pour fixer les limites des propriétés rurales contiguës on est dans l'habitude de planter des bornes, termes ou devises, qui les indiquent exactement; ces bornes peuvent être immobiles comme des rochers ou des édifices, ou mobiles comme des pierres, ou péris* sables par les intempéries ordinaires, comme des troncs d'arbres. Ces derniers, que la loi n'admet que dans quelques cas, sont en général des arbres d'essence dure dits pieds corniers, que l'on frappe d'un coup de hache pour marquer la ligne séparative. Les roches ou les bâtiments portent sur cette même ligne une croix entaillée au ciseau ou quelquefois peinte. Quant aux bornes mobiles, on les établit de plusieurs manières; mais, pour faire reconnaître leur position, dans le cas où elles seraient déplacées par accident ou par malveillance, il est d'usage, au moment de l'abornement, d'enterrer, audessous et en assez grande quantité pour que la présence n'en soit point attribuée au hasard, des substances réfractaires, morceaux de
(1) On trouvera de bons modèles de différentes clôtures, murs, baies, abris, etc., dans le Cours de culture contenant la grande et la petite culture des terres, celle des jardins, la conduite des arbres fruitiers, forestiers et d'agrément, etc., par André Thouin, professeur au Jardin du roi, publié par Oscar Leci.erc, professeur au Conservatoire des arts et métiers. Paris? Mm° Ve Bouchard-Huzard, 3 vol. in-8°, avec atlas in-4° de 65 planches.
CHEMINS
tuile, de verre, de mâchefer ou de charbon: ces corps, qu'on appelle témoins ou garants, se mêlent à la terre, la colorent ou laissent des fragments qu'il est bien difficile d'enlever et qui peuvent faire retrouver l'endroit où une borne déplacée était située. La borneellemôme est presque toujours une grosse pierre enterrée au milieu de ces corps réfractaires et qu'on marque parfois d'une croix; au-dessus on grave des raies indiquant la direction des lignes séparatives: tantôt cette pierre est enfoncée en terre de 0m,50, de manière à ce que la charrue ne la heurte point, et on laisse dessus un petit vide ou creux qui indique sa place ; tantôt elle est à fleur de terre; tantôt elle s'élève au-dessus du sol, et on la protège par un talus en terre de chaque côté : tantôt on la surmonte par un petit monticule; tantôt on place dans le sol une pierre que la charrue ne peut attraper et on en met au-dessus une seconde sortant du sol ; tantôt on enterre une pierre coupée en deux morceaux, ou une grosse brique fendue, dont la coupure marque la limite des héritages voisins (1).
CHEMINS
Pour accéder dans les diverses parties des exploitations rurales, on est souvent obligé d'établir des chemins ou de mettre ceux qui existent en état de viabilité.
Quand on établit un chemin, il faut d'abord le tracer, puis régler les pentes, ouvrir les fossés et pierrer la voie. Quand on répare un chemin, il faut souvent l'élargir avant de régler les pentes par des déblais ou des remblais et de s'occuper de l'empierrement.
(I) Voir Traité complet de droit rural appliqué, par Aug. Bourguignat. Paris, Mme V Bouchard-Huzard, 1852, in-8.
Traité du lever des plans et de l'arpentage, par P. Breton do Champ, ingénieur des ponts et chaussées. Paris, Mm0 Ve Bouchard-Huzard, 1865, i:i-8, fig.
CHEMINS
Tracé. — On trace le chemin suivant une ligne droite, toutes les fois qu'il n'y a point d'obstacles ; dans tout autre cas, on choisit la direction la plus courte et le sol le plus favorable.
Pentes. — La plus grande pente qu'on donne à un chemin est de 0m,07 à 0m,08 par mètre ; quelques portions ne dépassant pas une dizaine de mètres en longueur peuvent atteindre 0m,10 par mètre, mais cette inclinaison est trop rapide pour les chevaux et ne doit pas se continuer. La plus petite pente est de 0m,01 par mètre afin que les eaux -puissent s'écouler dans le sens de la longueur. Quand le chemin est horizontal, les eaux ne peuvent trouver d'écoulement que dans le sens transversal. Les talus latéraux ont une inclinaison variable suivant la nature des terrains ; dans les sols dits meubles, elle est de 45 degrés pour les talus de déblai ; elle est de 1 1/2 de base pour 1 de hauteur, dans les talus de remblai. C'est d'après ces indications que doivent être exécutés les terrassements nécessaires à l'établissement du chemin.
Largeur .—-La largeur des chemins devrait donner passage à deux voitures se rencontrant ; mais, pour les voies d'exploitation, il suffit qu'une seule voiture y circule sûrement, et que des gares établies de distance en distance permettent la rencontre de deux voitures ; ainsi une chaussée large de 3,n,50, augmentée de 0m, 50 d'accotement par chaque côté, donne un chemin de 4m,50 en largeur, mesure prise entre les fossés. Pour deux voitures, 1 chaussée doit avoir 4m,50, soit un chemin large de 5m,50. On sait que la largeur des chemins vicinaux est fixée à 6 mètres.
Fossés. — Les fossés sont creusés en raison de la nature du terrain plus ou moins humide, de manière à opérer l'assèchement de la route ; leur forme est un prisme à base de trapèze ; dans les parties très-inclinées, ils n'ont besoin que d'une faible profondeur ; leur ouverture varie de 0m,50 à 1 mètre, et leur profondeur est, comme leur fond, égale au tiers de cette ouverture. Les dimensions des fossés devraient être proportionnelles à la largeur du chemin, afin de mieux contribuer à son assèchement.
Sur les chemins en forte pente, on construit, de distance en dis-
CHEMINS
tance, des espèces de bourrelets obliques en terre appelés écharpes, qui dirigent les eaux vers les fossés et les empêchent de raviner la voie ; dans l'intérieur des fossés, on établit de petits barrages en fascines et par échelons, pour parer aux détériorations que la vitesse des eaux pourrait y occasionner.
Quand l'inclinaison du terrain oblige à faire traverser le chemin par les eaux provenant accidentellement des fossés ou d'un vallon et qu'on ne veut pas construire un ponceau, on établit un cassis : c'est une dépression du sol en forme de ruisseau, dont la direction est perpendiculaire ou oblique à celle de la voie ; elle doit être fortement pavée en gros ou en petits matériaux, jusqu'au-dessus du niveau que peuvent atteindre les eaux.
Banquette. — Dans les parties en remblai élevé, il est bon d'augmenter un peu la largeur du chemin pour y établir une banquette ou bourrelet en terre de 0m,50 d'épaisseur et de hauteur, et mieux, de planter sur le talus une haie vive conservée à la hauteur de 1 à 2 mètres par la taille, afin de prévenir des accidents. On ménage dans la banquette des trous ou des tranchées pour l'écoulement de l'eau.
Forme de la voie. — La voie qui supporte le passage des voitures doit présenter latéralement des pentes nécessaires pour que les eaux pluviales n'y séjournent pas et ne coulent pas dans le sens de sa longueur. La meilleure forme est celle bombée au milieu, c'est-à-dire à deux pentes extérieures raccordées entre elles par une courbe (fig. 683). La convexité est de 0m,02 à 0,u,03 par mètre de largeur
Fig. 683.
de voie. C'est cette forme que l'on doit adopter pour les chemins au niveau du sol, en creusant un fossé de chaque côté. Il en est de même pour les chemins exhaussés ou sur remblai, dont les talus laissent écouler les eaux. Pour les chemins en déblai ou enfoncés
CHEMINS
dans le sol, la même forme bombée doit être adoptée, en creusant de chaque côté les fossés assez grands pour recevoir les eaux provenant des talus de déblai ; cependant, comme dans ce cas il serait souvent nécessaire d'opérer de grands travaux de terrassement, alors il est plus économique d'établir des ruisseaux pavés, surtout lorsque la pente est rapide. Mais pour les chemins pratiqués sur le flanc d'un coteau et qui sont partie en déblai et partie en remblai, on rejette la forme bombée (adoptée cependant parfois) : on incline la voie vers la partie la plus haute du coteau, c'est-à-dire en allant du remblai vers le déblai, afin de prévenir quelques accidents; alors on dispose un ruisseau du côté du déblai et une banquette de l'autre côté.
Chemins empierrés. — Quand les chemins d'exploitation ne servent que rarement et dans la belle saison, on obtient parfois une voie suffisamment résistante en dressant le terrain en forme trèsbombée, en le battant, en l'asséchant par une ligne de tuyaux de drainage et en creusant un fossé de chaque côté : certains sols se prêtent à cette disposition de chemin. Pour plus de solidité, on y ajoute une couche de sable ou de gravier, ou même de cailloux, de 0m,Q5 d'épaisseur.
Quand les voies subissent des passages fréquents, il faut procéder à la construction d'une chaussée proprement dite. Autrefois on creusait un encaissement au fond duquel on posait des pierres plates, puis, par-dessus, des pierres de toutes grosseurs, dont les interstices étaient remplis par des cailloux de petite dimension, en ayant soin d'établir une bordure avec les plus fortes pierres. Dans les terrains résistants, on se dispensait de la couche de pierres plates ; dans les sols mous, on consolidait le dessous de cette chaussée par deux lits de fascines posées en croix. L'épaisseur de l'empierrement était de 0m,30 à 0m,40.
Mais on obtient une meilleure viabilité en composant la chaussée avec de petits matériaux dont le diamètre moyen ne dépasse pas 0m,06 (système Mac-Adam) , et dont on forme une couche de 0m,15 à 0m,30 d'épaisseur, suivant le poids des voitures qu'elle doit supporter.
CHEMINS
Les meilleurs matériaux à employer à cet effet sont des silex concassés, auxquels on donne une liaison très-intime en y ajoutant un peu de sable lin ou, mieux, de pierres calcaires très-tendres, de marnes même, qu'on a préalablement écrasées. On forme ainsi une espèce de banc de pierres d'une dureté moyenne qui n'a besoin d'aucune fondation et ne se laisse pas pénétrer par les roues, si ce n'est dans le commencement, lorsque les matériaux ne sont pas encore bien liés : il suffit alors de réparer les ornières faites par les premières voitures, en y jetant quelques cailloux.
On obtient encore une chaussée assez bonne, quoique moins résistante, par l'emploi de matériaux de médiocre qualité, par exemple avec des pierres calcaires concassées, auxquelles on ajoute soit du sable fin, soit des silex en très-petits morceaux, de manière à recouvrir la couche inférieure.
L'usage de rouleaux compresseurs pesant de 5 à 6,000 kilog. qu'on fait passer sur ces empierrements accélère beaucoup l'agrégation de leurs diverses parties, lorsqu'on a soin d'arroser la voie à grande eau : le chemin est ainsi rendu praticable presque immédiatement. Lorsque les moyens de compression dont on dispose ne sont pas aussi énergiques, leur effet est souvent illusoire.
Chaussées pavées. — Enfin la voie peut être garnie en pierres de grandes dimensions assemblées régulièrement, en grès, granit, etc. Nous décrivons plus loin (3e partie) les divers modes de pavage. Ces revêtements très-coûteux ne peuvent être appliqués pour de longues distances que dans le voisinage des carrières ; partout ailleurs ils ne sont utilisés que pour de petites portions de chemins, des entrées de cours, des cassis, etc.
— Nous devons indiquer un mode de disposition adopté dans quelques pays : deux voies sont établies parallèlement sur un chemin ; l'une pierrée en matériaux très-résistants est destinée aux voitures chargées, l'autre pierrée moins solidement est réservée aux voitures vides. Ce système serait applicable aux chemins d'exploitation dépendants d'un seul et même domaine ; car il est bien rare que deux voitures chargées s'y rencontrent.
PASSERELLES, PONCEAUX, PONTS
— Toutes les opérations relatives aux voies empierrées, à l'exception des terrassements, doivent être faites au printemps ou dans l'été. Les chaussées, surtout celles d'empierrement, ne se maintiennent en bon état qu'autant que l'on a le soin de réparer chaque dégradation, dès qu'elle se produit, sans attendre que le mal s'aggraVe. Les réparations s'opèrent en recouvrant les parties usées avec une couche de cailloux et de marne mélangés et par un temps pluvieux, ou en arrosant, comme pour une chaussée neuve. On a soin de maintenir le bombement et d'entretenir les fossés en bon état.
PASSERELLES, PONCEAUX, PONTS
Pour accéder dans les champs, dans les prairies ou dans la cour même d'une exploitation rurale, il faut souvent traverser les fossés d'une route, ou franchir un ravin ou un petit cours d'eau ; on construit à cet effet des ponceaux, des passerelles, ou enfin des ponts. Nous n'avons pas la prétention de décrire tous les genres de construction que comporte leur établissement ; nous donnerons seulement quelques indications sur des dispositions fréquemment adoptées.
Passerelles. — Les passerelles sont de deux sortes, les unes destinées aux piétons seuls, les autres à un cavalier et à sa monture ; elles ne diffèrent entre elles que par leur largeur et par une plus grande force dans le tablier : pour le premier cas, 0m,75 à \ mètre de largeur peuvent suffire ; pour le second, il faut au moins 4m,25 ou 1m,50 de passage. On les établit rarement en maçonnerie : alors leur construction serait analogue à celle des ponts. Le plus souvent, la charpente seule estemployée : on enfonce, sur chaque rive du ruisseau, deux poteaux assemblés par une traverse à la partie supé-
PASSERELLES, PONCEAUX, PONTS
Heure et maintenus par des éperons tant en amont qu'en aval. Sur ces traverses on appuie des poutrelles qui supportent un plancher en madriers ; des liens, ou jambes de force, soutiennent la portée des pièces de bois, et des garde-corps ou parapets en charpente sont placés sur les deux côtés pour prévenir les accidents. Dans ce genre de construction, on doit recommander l'emploi des poutrelles moisées et reliées entre elles par des boulons ou par des liens en fer.
On obtient plus de solidité et de durée en établissant des appuis latéraux ou culées en maçonnerie plus ou moins soignée ; les deux passerelles indiquées fig. 691 et 692 (pl. 133) s'appuient sur deux montants inclinés, en blocage suffisamment résistant pour maintenir la poussée des terres : des murs, en retour d'équerre sur chaque rive, consolident chaque culée. La portée de l'une des passerelles (fig. 692) est soutenue par deux arcs-boutants appuyés sur la maçonnerie. On pourrait, dans le cas d'une grande portée, de 5 à 6 mètres par exemple, renforcer la pièce de bois horizontale par une sous- -poutre qui serait soutenue elle-même par deux pièces inclinées à 45° environ et reportant la pression sur les culées. (Ce mode de soutènement pour la charpente a été indiqué dans la planche 92, page 254, et appliqué au poitrail d'un hangar.) Pour plus grande solidité, on protège quelquefois les extrémités des arcs-boutants par des chapeaux en fonte, qui les relient avec les poutrelles.
Dans la fig. 693 (pl. 133) nous avons représenté une passerelle ayant 8 mètres de long, dont la coupe est indiquée dans la figure ci-contre ; elle est construite tout en bois avec des arcs-boutants de même matière et suffit au passage des piétons.
' Tous les bois qui servent aux passerelles seront peints ou goudronnés tous les ans avant l'hiver, si on veut en assurer la conservation.
Le tablier d'une passerelle doit être élevé au-dessus non-seulement des crues ordinaires, mais encore des plus hautes eaux connues ; on ménage, de chaque côté, des pentes d'accès.
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— Pour empêcher que les animaux ne s'engagent sur une passerelle, on adapte souvent une porte à l'une de ses extrémités : il faut choisir celle extérieure; on met une barre mobile en bois du côté intérieur ; quelquefois même on est obligé d'établir une porte à chaque bout. Quand on place une barrière au milieu, on empêche seulement le passage des hommes ; mais on n'arrête pas un cheval ou un bœuf qui, en s'avançant sur la passerelle, peut être cause d'un accident. Lorsque la passerelle est destinée aux piétons seuls, on peut mettre des échelliers (voir fig. 656, pl. 128) pour remplacer les portes.
— Dans quelques prairies, les passerelles ne sont plus que des planches pour les piétons ; on y établit un garde-corps d'un seul côté (en aval du cours d'eau, de préférence) ; on les exhausse à 'I mètre ou 1m,50 au-dessus du sol ; on y accède alors de chaque côté par une échelle à peu près droite, afin que les animaux n'essayent pas de s'y introduire. L'exhaussement de la passerelle a lieu ordinairement à chaque extrémité par un petit mur ou par un chevalet en charpente assujetti par des arcs-boutants enfoncés dans le sol.
Ponceaux. — Nous désignerons sous le nom de ponceaux les constructions servant au passage des voitures, et dont les dimensions du débouché ne dépasseront guère 1 mètre, soit en hauteur, soit entre les côtés (1) ; leur dimension en largeur atteindra 2m,50 et 3 mètres ; ils sont établis le plus souvent sur des fossés ou de trèspetits ruisseaux dont les crues ne sont pas à craindre.
On se borne souvent à placer en travers de la cavité à franchir deux ou trois poutrelles, sur lesquelles on pose de fortes planches
(1) En architecture, on désigne ordinairement sous le nom de ponceau toute construction qui ne dépasse pas 4 mètres d'ouverture : nous avons restreint cette appellation, pour la conformer au langage rural. On nomme quelquefois chalières et chausses ou chaussons les ponceaux établis sur les fossés d'une route; cette dernière expression s'applique plutôt à des tuyaux en briques, en poterie, en fonte, ou en bois creusé, que l'on met au fond d'un fossé et que l'on recouvre de terre et d'un pavage pour supporter le passage des voitures (fig. 690).
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assemblées avec des clous, après avoir consolidé les berges par quelques piquets, avec fascines. 11 est presque toujours plus économique (en ayant égard à la durée) de construire deux petits murs verticaux, sur lesquels on appuie des madriers dont la longueur est alors moindre que dans le premier cas. La fondation de ces murs doit reposer sur un sol ferme ; s'il est difficile ou trop onéreux d'y atteindre, on obtient presque toujours un résultat satisfaisant en faisant porter les murs sur des couchis en bois de peu de valeur, d'aune par exemple, qui, étant complètement enterrés et à l'abri du contact de l'air, se conservent très-longtemps : le hêtre, le chêne et la plupart des bois durs ou demi-durs peuvent être employés à cet usage.
La durée de la construction sera encore plus grande si, au lieu de madriers, on recouvre le canal avec des pierres. La pl. 133 représente divers exemples de ponceaux dessinés à l'échelle de 0m,01 pour mètre. La fig. 684 montre le profil d'un ponceau, dont les piedsdroits sont formés par des pierres brutes posées les unes sur les autres : le tablier supportant la route se compose d'une seule pierre posée à plat ; elle est protégée contre le choc des voitures par une couche de cailloutage ; le radier, base de la construction au-dessous du sol sur lequel coule l'eau, est recouvert par un pavage léger, qui empêche les affouillements sous les pieds-droits : un pareil pavage limité par un seuil à chaque bout doit toujours être établi sous un ponceau, comme sous un pont. La fig. 685 est celle d'un ponceau qui ne diffère du précédent que parce que chacun de ses appuis est formé par des pierres posées debout ou sur champ. Le ponceau indiqué dans la fig. 686 a ses pieds-droits construits en maçonnerie régulière, ainsi que son pavage ; mais il est recouvert encore de longues pierres posées à plat, tandis que celui qui est représenté dans la fig. 687 est surmonté par une véritable voûte en trois morceaux.
Les fig. 688 et 689 représentent deux ponceaux construits d'une manière analogue aux précédents, le premier en pierres brutes, le second en maçonnerie, mais auxquels la largeur du ruisseau à tra-
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Constructions rurales. — Ponceaux et passerelles.