DIVERSES DE
DOMAINES
dcnces de nos Souverains. Il est représenté dans les pl. 169 et 170, en plan par la fig. 773 et en vue à vol d'oiseau par la fig. 772.
Un bâtiment principal contient, sur une seule ligne, l'habitation et les logements des animaux ; deux autres constructions isolées et placées perpendiculairement à la direction du premier servent aux produits et aux instruments. L'ensemble se distingue par une élégance de forme extérieure qui était une des conditions nécessaires pour répondre au but de son établissement. Voici quelle est la composition du plan :
A, bâtiment principal, divisé en deux parties par l'entrée a. a, porche servant pour l'accès du domaine ; 6, vestibule pour le logement du fermier;
c, cuisine avec fourneau économique et pierre à laver ;
e, laiterie ; en traversant le porche, on y arrive de la vacherie ;
d, fournil ; le four est sous l'escalier du premier étage ;
f, cabinet du fermier ;
g, petit salon ;
h, salle à manger du fermier ;
i, chambre d'enfants ; k, chambre du fermier.
Au-dessus de toute cette partie des bâtiments sont des chambres mansardées pour les gens de la ferme ou pour les dépôts de grains.
/, bergerie pour cinquante à soixante bêtes à laine ;
m, grande vacherie pour trente vaches ;
n, écurie pour huit chevaux ; dessus celte écurie, comme sur la vacherie, s'étend un grand fenil ; on y accède par les lucarnes et par des trappes dans les planchers; une communication est encore établie avec le logement du fermier par la chambre qui surmonte le porche ; une porte en forte tôle doit y être adaptée pour prévenir les dangers d'incendie ;
o, fosse à purin dans laquelle les liquides de la vacherie et de l'écurie sont amenés en suivant les rigoles q, tracées sur le plan en lignes ponctuées ; dessus, pompe à purin ;
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pl. 108.
Fig. 771.
Constructions rurales. — Grandes exploitations.
rr, places pour le dépôt des fumiers de la bergerie ou de l'étable et de l'écurie.
B, grande remise de 25 mètres de long sur 10 de largeur, servant pour les véhicules et les instruments. Au-dessus est un vaste fenil qu'on remplit par uue lucarne percée dans le fronton et par des fenêtres dans le pignon; on y accède par un escalier tiguré au plan.
C, grange avec passage transversal pour voiture chargée : elle peut contenir environ 1,500 mètres cubes ou 15,000 gerbes de blé. Une machine à battre, que fait agir un moteur à vapeur, y a été installée.
D, emplacements pour meules de grain entre la grange et le jardin potager.
E, grand réservoir servant pour abreuver les animaux.
0, bassin de 10 mètres de diamètre au milieu de la cour; les eaux y sont amenées d'une source peu éloignée par des conduits souterrains.
xcc: sorties de la ferme vers les champs de l'exploitation, fermées par des barrières continuant les treillages qui closent la cour partout ailleurs que sur le jardin où des murs soutiennent des arbres taillés en espaliers. Nous répétons que ce domaine a été construit dans des conditions spéciales; cependant quelques-unes de ses dispositions pourraient être imitées avec avantage; il faut signaler celles d'une cour supplémentaire pour les fumiers éloignés ainsi de l'habitation.
— C'est à peu près dans des circonstances analogues qu'a été construit le domaine représenté dans les pl. 171 et 172, en vue pittoresque par la fig. 774 et en plan par la fig. 775, aussi sous la ferme d'équerre double discontinue (i). Nous ne recommanderons pas la disposition générale comme un modèle à imiter ; cependant si on l'examine en détail, elle présente quelque intérêt. On peut la
(1) Domaines impériaux du Camp de Chûlons-sur-Mame : fermes de Suippes et de Jonchery, bâties par les soins du Génie militaire (voir les notes
décomposer ainsi : un bâtiment principal comprenant tous les éléments de l'exploitation et deux bergeries. Le bâtiment principal est formé de trois parties réunies par deux toits couvrant des remises, savoir : au milieu l'habitation, à un bout les granges, à l'autre les logements d'animaux : les règles ordinaires de séparation de locaux sont donc observées, et on a ainsi un domaine complet sur une seule ligne.
On a eu besoin d'y joindre des bergeries, on en a construit deux vis-à-vis l'une de l'autre, et on a formé ainsi une cour, au milieu de laquelle on a ménagé un parc pour laisser quelques poulains en liberté.
Puis on a établi en dehors un emplacement pour les fumiers et un abreuvoir : le domaine était complété.
Voici la description détaillée du plan : A, bâtiment d'habitation, contenant d'abord le logement du régisseur
composé de :
«, cuisine et salle générale ;
b, chambre à coucher ;
c, salle à manger particulière ;
d, chambre de servante ;
e, bureau;
puis les logements des employés et les pièces de service :
f, trois chambres pour le berger-chef ;
g, deux pièces pour le vacher-chef ;
h, buanderie et four ; ij laverie et pétrin;
l II l, trois chambres d'élèves et salle de travail ;
A-, dessous de porte où se trouvent : le four, deux cabinets d'aisances, un escalier donnant sur la maison, un autre conduisant au comble sur les étables ;
page 679). On peut reprocher au mode de construction les croupes multipliées sur les toitures, qui ont eu pour effet de donner un peu d'élégance aux bâtiments en augmentant la capacité des greniers : il eût mieux valu élever les murs de façade et établir un toit à deux pentes seulement.
m, passage ou dessous de porte analogue à k formant une petite remise.
B, bâtiment à la suite contenant :
nn} granges.
C, bâtiment de l'autre côté :
o, étable pour 36 vaches ;
pp, quatre compartiments de service pour veaux à l'engrais, outils, lit de vacher surveillant.
D, bâtiment des chevaux et des bêtes à laine :
q q, deux écuries, chacune pour 5 chevaux ; rr, boxes pour deux juments poulinières ; s s, grande bergerie pour 300 bêtes à laine ; t, infirmerie des bêtes à laine.
D', parc derrière la bergerie.
E, bâtiment symétrique à D pour les porcs et les bêtes à laine :
u, porcherie de 8 loges avec couloir central ; v, bergeries pour 175 moutons ; œ sc, compartiments de service ; ?/, bergeries pour 175 moutons ; z, boxes des béliers.
E', parc des moutons derrière la bergerie E.
F, parc central, pelouse, avec clôture.
G, abri circulaire, couvert en paille, au milieu de la pelouse pour les chevaux.
H H, auges d'abreuvoirs.
En face du bâtiment d'habitation s'étendent les prairies où l'on élève les poulains, les pâturages où paissent les bêtes à laine ; on peut les voir de l'habitation ; c'est une justification de la forme du domaine.
— Tous les perfectionnements modernes ont dû être réunis (on a, du moins, tenté de le faire comme dans la ferme de Ghistelles, pl. 770 et 771), dans le domaine représenté dans les pl. 173 et 174, en perspective par la fig. 776 et en plan par la fig. 777.
La forme générale est encore une double équerre, avec un bâti-
ment en arrière où est la grange, et un autre en avant qui contient l'habitation.
Ce plan doit être recommandé pour ses dispositions nouvelles dont le but est l'économie bien entendue (1).
Une machine à vapeur placée au centre des bâtiments permet, avec les mêmes forces et les mêmes frais, soit de cuire les aliments nécessaires à l'entretien journalier des animaux, soit de battre les grains dans une grange placée près des enclos destinés aux meules de grains ; un chemin de fer, laissant circuler dans un corridor central un petit chariot, facilite le transport des aliments puisés dans fies cuves occupant le centre du bâtiment principal près de la machine à vapeur ; toutes les pièces ont accès sur ce corridor dans lequel des mangeoires sont disposées de manière à permettre la distribution des rations sans qu'on entre dans les différentes étables. A, maison d'habitation dont voici la composition :
a, cuisine et salle à manger générale, surmontant une cave
voûtée servant de laiterie et de garde-manger ; 6, escaliei conduisant, d'une part, aux premier et second étages où se trouvent des chambres à coucher ; d'autre part à la laiterie souterraine ; c, petit salon ou salle à manger particulière ; <{, cabinet de travail; d\ salle des couturières;
e, grande chambre à coucher ;
f, entrée particulière du côté extérieur à la cour ;
g, passage conduisant à la chambre des servantes h ; i, fournil et laverie proche la cuisine ;
j, four avec étuve s' ouvrant sur le côté ; k, dépôt de combustible ; /, cabinets d'aisances ;
(1) La Société centrale d'agriculture de Belgique avait mis au concours, en 1854, des projets de constructions pour un grand domaine. Le prix fut décerné à M. E'Kint, auteur du plan que nous reproduisons après y avoir fait quelques légères modifications, et d'après lequel nous avons dessiné la vue qui l'accompagne.
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pl. 172.
m, pièce aux outils ;
n, poulailler des couveuses ; o, poulaillers avec petite cour. Le bâtiment d'exploitation comprend :
B, remise ou charreterie.
C G, étables pour 30 bêtes bovines.
D, petite étable pour 4 vaches à lait. E E, chambres de vachers et escalier des combles. F, écurie pour 6 chevaux.
GG, grande bergerie pour 200 bêtes à laine avec couloir central pour la distribution de la nourriture.
G', parc attenant à la bergerie.
II, salles pour l'engraissement de jeunes porcs.
I, cuisine à fourrages en communication avec toutes les étables, granges, etc., à l'aide du chemin de fer, et où se trouvent des chaudières pour la préparation des aliments par la vapeur, une pompe à eau et un escalier conduisant dans les combles.
K, machine à vapeur.
L, dépôts de racines.
M, dépôt de fèves, lins, tourteaux, farines, etc. N, ustensiles et voitures.
0 0' oo', grange avec machine à battre : un passage couvert à l'extrémité donnant accès de P en R, peut, au besoin, servir d'aire à battre.
P, emplacement des meules.
Q Q', cours supplémentaires pour fourrages et provisions. R,R'R", abreuvoir, cour ordinaire et cour de réserve pour les porcs. S, puits avec pompe pour l'habitation.
s s', entrées ordinaires.
T, entrées possibles (non figurées dans la vue, fig. 776). V V, parcs réservés.
— C'est encore sous une forme qui se rapproche de celle d'une double équerre, mais avec des ailes doubles et avec l'addition de bâtiments d'habitation en avant, qu'on a construit le domaine de Saint- Germain, représenté en vue cavalière dans la pl. 175, fig. 779, et en
plan, dans la planche 176, fie,. 780. On y peut remarquer une bonne disposition générale et d'excellents détails d'exécution (1).
L'habitation A (6m X 8m,80), destinée au régisseur, devait être élégamment construite. Son plan comprend, au rez-de-chaussée, une cuisine, une salle à manger, un cabinet et des lieux d'aisances; au premier étage, trois chambres à coucher avec balcon, d'où l'on peut surveiller au dehors et assez loin.
Les maisons d'ouvriers B B' sont divisées chacune en quatre parties : deux pour ouvriers mariés, et deux pour ouvriers célibataires, contenant deux lits chacun. Un vestibule où est installée une petite cuisine précède chacun de ces quatre logements indépendants les uns des autres. La cheminée commune est au centre du pavillon. Des cabinets d'aisances sont à côté.
Le bâtiment de gauche G (36m,25 X*13'n) contient : a et b, écuries pour dix chevaux chacune; c, sellerie ; et e, vacherie pour 20 bêtes à cornes avec couloir d'alimentation et passage derrière les animaux ;
f, pièce pour préparation de nourriture et escalier du comble ;
g, laiterie.
Ce bâtiment est construit d'une manière inusitée, mais qu'on peut indiquer comme économie de fortes pièces dans la charpente du toit; il est vrai que le comble est d'une contenance assez petite. Au lieu d'établir un toit comme à l'ordinaire, on l'a coupé en deux parties en faisant reposer le milieu sur des piliers en fonte creuse : ceux-ci reçoivent à leur intérieur et servent à descendre les eaux provenant du chéneau placé entre les deux parties du toit. Une cloison qu'ils soutiennent sépare en deux le bâtiment dans sa longueur.
(1) Domaines de la Couronne : ferme des Tirés de Saint-Germain, bâtie dans la forêtde ce nom, près Paris, en 1868, sous la direction de M. Eugène Tisserand, directeur des domaines ruraux de la Couronne. Pendant la construction on a opéré diverses modifications de détails; les bergeries latérales n'ont point encore été établies au moment où nous écrivons ces lignes, non plus que les logements d'ouvriers et l'habitation; celle-ci a été provisoirement remplacée par Visbah, habitation russe qui a figuré à l'Exposition universelle de liH'H et qu'on a transportée à Suint-Germain.
Le bâtiment de droite D (36m, 25 X 13m) est symétrique et construit de même que le précédent G ; il contient : h, porcherie à 6 loges avec auges à l'extérieur; i1 poulailler ; Je, bûcher ; /, dépôt d'outils ; m, infirmerie à trois boxes pour les bestiaux ; n, bergerie des agneaux à l'engrais; o, grande bergerie. Le bâtiment du fond E (76m X 8'") élevé d'un demi-étage (hauteur de 6m jusqu'au larmier) formant en partie grenier, contient : p, pièce pour service de bergerie (5m, 40 X 7m) I q} petite remise ouvrant à l'extérieur (4m,40 X ^j; r, dépôt de menus outils et escalier du grenier; s, six travées de remise ayant ensemble 20m,80 de long et des magasins à grains au-dessus ; Puis un passage E pour voitures (3'", 60 de large) surmonté d'un élégant campanile et fermé par des portes de manière à former une remise ;
t, grange de 1 5m de long avec machine à battre au premier et
chambre à grains au rez-de-chaussée ; u, grange à paille de 20m de long sans grenier au-dessus.
Un petit bâtiment F (\0m X 7m^à angle droit avec la grange, contient l'aire des gerbes sans grenier au-dessus ; on y accède par le côté (passage E) et l'on peut y faire entrer une voiture chargée de gerbes.
Des meules de blé peuvent être placées dans les enclos F' et F".
Enfin deux hangars G G (44m,25 X 6m), avec cours larges de 30m, sont destinés à servir le troupeau de 500 têtes.
Tous les services sont rapprochés les uns des autres de manière à faciliter le travail.
Dispositions circulaire et demi-circulaire. — Plusieurs écrivains agricoles et plusieurs architectes ont publié des projets de domaines dont les bâtiments sont disposés circulairement, autour de la maison d'habitation qui se trouve au centre (quelques auteurs ont proposé la forme elliptique ; il y a peu de différence entre les avantages et les inconvénients des deux courbes). Au seul point de vue de l'exercice de la surveillance par le chef de l'exploitation, la
forme circulaire serait assez bonne ; mais elle a deux inconvénients qui doivent la faire rejeter toutes les fois qu'on ne voudra pas faire du domaine rural un motif d'ornementation pour un paysage ou pour un parc. Le premier est l'impossibilité absolue de modifier la disposition et les bâtiments eux-mêmes, si ce n'est dans leur hauteur, lorsqu'on a besoin d'y ajouter des annexes et des constructions nouvelles ; le second est la difficulté de construire en cercle, ou au moins l'augmentation de prix qui en résulte pour presque toutes les parties de l'exécution. Nous n'avons rencontré nulle part de disposition générale de domaine, sous l'une des formes circulaires ou elliptiques indiquées par les écrivains; nous n'avons vu que quelques bâtiments circulaires et isolés, s'appliquant assez bien à des étables, tels que celui que nous avons décrit dans la première partie (pl. 48, page 144).
La forme demi-circulaire a reçu une application que nous devons indiquer (1). Le domaine se compose d'une partie de bâtiments construits en demi-cercle et d'un bâtiment droit placé parallèlement à la ligne qui eût formé le diamètre de ce cercle ; la portion courbe comprend les logements d'animaux, la portion droite contient 1! habitation et les granges. A cause de la contiguïté entre les
granges et l'habitation , nous croyons qu'il eût été préférable d'adopter la disposition indiquée dans la figure 781. En voici les détails :
A, habitation avec petit jardin.
B et C, grange et hangar.
D, écuries et étables à bœufs.
E, vacherie circulaire ( voir pl. 48, page 144).
Fig. 781. F, bergeries et menus services
à la suite, cuisine rurale, buanderie, fournil, poulailler, etc.
(1) Ferme de Juvisy (Seine-et-Oise), appartenant à M. le comte de Montessuy.
G et II, deux enclos pour le dépôt des fumiers n'encombrant point la cour principale : ils ont chacun une sortie particulière pour l'enlèvement des engrais; des portes donnent communication entre les étables et les cours G et H.
En résumé, ces formes circulaires et demi-circulaires pourront être adoptées dans des cas particuliers qui justifieront la mention que nous en avons dû faire.
Dispositions extensibles. — Lorsque l'on a construit un domaine, si un accroissement survient dans l'étendue des terres en culture, si la fertilité du sol est augmentée par les soins d'un cultivateur intelligent, les produits de l'exploitation et les animaux qui y sont entretenus deviennent plus nombreux ; les bâtiments qui leur sont nécessaires doivent être accrus proportionnellement à l'augmentation de territoire ou de production. Alors les constructions du domaine étant trop exiguës, il faut en élever d'autres ; mais, si l'on a choisi la forme carrée ou l'une de celles que nous avons examinées précédemment, on ne peut ajouter des bâtiments au domaine sans apporter des modifications considérables dans sa disposition, ou bien sans leur trouver un emplacemcntàcôté des constructions existantes, mais en dehors de leur ensemble.
Dans le premier cas, une perturbation générale est apportée à l'ordre établi, à la forme de la cour, aux moyens d'accès dans les bâtiments existants, aux conditions de positions relatives entre ceux-ci, c'est-à-dire leur proximité pour les besoins du service et leur éloignement contre les chances d'incendie, à la surveillance, à la facilité de circulation dans la cour.
Dans le second cas, les bâtiments que l'on ajoute, placés en dehors du domaine, échappent à la surveillance générale du chef ; il faut leur créer un enclos spécial, ce qui comporte toutes sortes d'inconvénients, principalement lorsque ces bâtiments nouveaux sont destinés à loger des bestiaux; l'apport de la nourriture et l'enlèvement des fumiers occasionnent des lenteurs qu'on ne doit point souffrir dans une exploitation rurale bien entendue.
Pour éviter aux constructeurs de rencontrer ces inconvénients
dans leurs domaines, nous avons dressé les trois principaux projets représentés dans les pl. 177 à 182 ; nous les proposons aussi bien au point de vue de l'extension possible à donner aux bâtiments qu'à celui de la surveillance qui s'exerce de la maison d'habitation, non pas dans toutes les portions du domaine, mais au moins dans la plus grande partie possible de son étendue.
Le principe de la disposition de ces plans est le parallélisme
Fig. 782. * Fig. 783.
entre les bâtiments d'exploitation, placés soit 'perpendiculairement à l'une des faces de la maison d'habitation A, comme l'indique le plan (fig. 782), soit sur chacun des côtés de ce logis A, comme le montre le plan (fig. 783). L'examen de ces deux dessins fait voir que rien n'est plus facile que de doubler les constructions par une disposition symétrique à la première, ainsi que l'indiquent les lignes ponctuées.
Dans l'intervalle des bâtiments parallèles entre eux, des cours particulières servent soit de parc pour les différentes espèces de bestiaux, soit de dépôt pour les fumiers ; ces cours pourraient être couvertes au besoin, sans autres frais que ceux de charpente , de couverture et d'établissement de gouttières ou de chéneaux pour recevoir les eaux pluviales.
L'accès usuel des bâtiments doit avoir lieu par le pignon des constructions. Peut-être est-ce le seul inconvénient que comporte ce genre de disposition ; mais il est peu important et devient presque un avantage lorsque les bâtiments sont doubles dans leur largeur, ainsi qu'une économie bien entendue les fera presque toujours établir.
Le système d'extension des domaines représentés dans les
pl. 177 à 182 est basé sur trois moyens principaux. Le premier est le prolongement qu'on peut donner à un bâtiment quelconque en démolissant le pignon extérieur et en y ajoutant une ou plusieurs travées : on modifiera. bien ainsi l'aspect de l'ensemble, mais on ne dérangera aucun des aménagements intérieurs ; ce mode d'accroissement des bâtiments est applicable lorsqu'il n'y a lieu qu'à une extension peu considérable. Le second moyen convient lorsqu'on a besoin d'une plus grande augmentation des constructions existantes ou de locaux nouveaux à usage spécial ; il consiste dans l'établissement de bâtiments parallèles aux premiers, ce qui ne dérangera nullement l'ensemble et ne fera que le compléter. Le troisième moyen d'extension, applicable seulement en cas d'augmentation considérable, est celui que nous avons déjà indiqué (flg. 782 et 783) ; c'est-à-dire la disposition de nouveaux bâtiments symétriquement au logis, soit que l'on en construise un nombre égal à ceux déjà établis, soit que l'on n'en construise qu'un nombre moindre. Nous allons maintenant décrire chacun de ces trois projets : — - Le premier est représenté à vol d'oiseau par la pl. 1 77, fig. 784, et en. plan par la pl. 178, fig. 785. De chaque côté de l'habitation sont trois bâtiments parallèles entre eux. Un autre est placé au fond de la cour, vis-à-vis du logis.
Voici leur distribution :
À, maison d'habitation : elle est précédée par un petit parterre clos par un treillage sur les côtés et par une grille à l'extérieur ; de chaque côté de ce logis est une entrée de la cour, l'une d'elles seulement étant d'usage continuel .
Le logis se divise ainsi :
a, grande salle ou réfectoire ;
b, garde-manger et petite laiterie ;
c, cabinet du maître : des fenêtres dans trois directions permettent à ses regards de se diriger vers presque toutes les parties de la cour ;
d, cuisine précédée par un vestibule.
Au premier étage sont les chambres du chef de l'exploitation ;
un cabinet attenant à sa chambre à coucher, au-dessus de celui du rez-de-chaussée c, lui donne les mêmes facilités de surveillance : il l'exerce ainsi, le soir et le matin aussi bien que dans la journée, c'est-à-dire constamment, sans que les employés du domaine puissent guetter sa présence.
B, bâtiment à usage de grange : il contient la machine à battre, mue par un manège e, attenant au pignon et placé en face du logis, d'où on peut le surveiller. Ce manège fait encore mouvoir d'autres appareils placés dans la grange, et une pompe plongée dans un puits qui est en avant ; il pourrait être remplacé par une machine à vapeur, dont l'emplacement serait le même. La grange est traversée par un passage pour voiture ; sa longueur peut être prolongée au dehors, sans apporter d'interruption dans l'harmonie générale des constructions.
ff, six hangars ou remises de chaque côté de la grange ; leur nombre peut également être augmenté, suivant les besoins ; à chaque bout sont deux emplacements pour meules ; des barrières mobiles en formeront deux cours où ne pénétreront pas les animaux ; les portes extérieures indiquées au plan ne seront utilisées qu'à l'époque de la moisson ou du battage.
C, étable à couloir longitudinal pour 20 bêtes bovines; l'accès en a lieu par le pignon ; d'un côté de l'entrée est un cabinet pour dépôt de nourriture, et un escalier communiquant avec le fenil supérieur ; de l'autre côté est un cabinet pour coucher deux bouviers chargés de la surveillance de l'établc.
g} fosse à fumier avec citerne et pompe à purin ; latrines audessus de la citerne ; elle reçoit les litières de la bouverie par une porte latérale de celle-ci ; les fumiers de l'écurie y sont conduits par la porte servant aux chevaux; mais il serait facile de pratiquer des ouvertures spéciales dans l'écurie, en plaçant les râteliers du côté opposé à celui où ils sont figurés dans le plan. Une porte extérieure peut servir à l'enlèvement des fumiers hors de la cour.
D, écurie longitudinale pour 12 chevaux, avec cabinet pour deux palefreniers ; fenil dessus.
E, bâtiment divisé en deux parties, dont la première est élevée de deux étages :
h, atelier et forge ;
î, cuisine rurale ; sur cette cuisine et sur l'atelier s'étendent
une sécherie et une chambre à fromages ; /r, porcherie à couloir contenant 6 loges avec petites cours ; les
urines se rendent à la fosse à purin dans une rigole indiquée
au plan par une ligne ponctuée.
F, grande bergerie pour 200 moutons.. Fenil au-dessus.
G, petite bergerie à trois compartiments pour 80 bétes à laine, avec chambre de berger et atelier de tonte. Fenil sur le tout.
g\ fumière pour les deux bergeries avec porte de sortie extérieure; un trottoir est établi autour.
H, bâtiment symétrique à celui E, élevé aussi de deux étages dans une portion et contenant :
/, boulangerie et pétrin ;
m, petite féculcrie, râpe et cuve ; au-dessus est une sécherie,
dont les parois sont fermées par des lames de persienne ; n, emplacement du manège nécessaire à la féculerie m avec laquelle il est en communication : une partie seulement du manège est abritée par un toit, son développement s'étend à l'extérieur de la construction ; o, pressoir à cidre et moulage ou concasseur qui reçoit l'impulsion du manège. Tous ces bâtiments peuvent être agrandis par un prolongement au dehors ; ils limitent entre eux de petites cours que l'on ferme par des barrières ou des claies mobiles, pour y laisser vaquer en liberté quelques animaux, si on le juge à propos, ou pour en empêcher l'accès à tout ce qu'on jugera convenable d'en éloigner.
— Le second projet est représenté, à vol d'oiseau, par lafig. 786, pl. 179, et en plan par la fig. 787, pl. 180. La disposition de ses principales constructions est une série de cinq bâtiments parallèles
entre eux et perpendiculaires à la face de la maison d'habitation, ainsi que nous l'avons dit pag. 696, fig. 782. On y a réuni deux autres bâtiments de chaque côté du logis, pour fermer la cour. Voici quelle est la distribution du plan fig. 787 :
A, maison d'habitation placée comme celle du domaine que nous venons d'examiner. Le premier et le second étage étant destinés à la famille du chef et à ses serviteurs, le rez-de-chaussée contient :
a, salon ou salle à manger ;
b, boudoir ou garde-manger, dépense, office ;
c, cabinet présentant les avantages énumérés dans l'explication du plan précédent ;
d, cuisine avec vestibule d'accès ; e, laiterie.
B, bâtiment de la grange avec passage transversal pour voiture.
f, machine à battre dans la grange ;
g, manège moteur sous un appentis.
C, bâtiment latéral comprenant :
î, poulailler à deux compartiments avec cour en avant; celle-ci
est exposée à l'est et couverte ; A, fournil et buanderie avec chambre à fromage au-dessus.
D, bâtiment symétrique à la grange, contenant des hangars ouverts du côté de la cour, avec un passage transversal pour voitures, utile, en cas de pluie, pour abriter une voiture chargée de gerbes.
/, emplacement du pressoir à l'extrémité du hangar. Ë, bâtiment en retour d'équerre où sont établis :
m m, deux remises pour voitures, avec escalier d'accès aux chambres à grain placées au-dessus du hangar et des remises ; n, forge et atelier ;
o, petit magasin, atelier, outils, etc. ; sécherie au-dessus. F, bergerie pour 100 bétes à laine, divisée en trois compartiments; deux cabinets de bergers de chaque côté du passage d'accès ; vaste fenil dessus.
p, parc ou dépôt de fumier.
G, grande bergerie triple pour 200 moutons, surmontée par un fenil.
fumière avec fosse à purin, recevant les fumiers des bergeries et d'une partie de l'écurie.
H, écurie double pour 22 chevaux ; deux cabinets pour charretiers et une chambre commune à trois valets d'écurie. A côté de la porte, escalier pour l'accès du fenil.
r, fumière avec fosse à purin pour les fumiers de l'écurie, de
l'étable et de la porcherie ; s, fumière avec pompe et latrines.
I, grande étable à couloir longitudinal pour 23 vaches ou bœufs ; cabinet de bouvier et fenil dessus avec escalier d'accès, sous lequel est un réduit pour le dépôt d'aliments.
K, bâtiment contenant 6 stalles pour bêtes à l'engrais et 6 loges à porcs, les unes et les autres desservies par un couloir longitudinal ; chacune des loges est accompagnée d'une cour pour la promenade des porcs, dont les urines sont conduites par une rigole à la fosse à purin s.
— Enfin le troisième projet est représenté, à vol d'oiseau, dans la fig. 788, pl. 181, et en plan par la fig. 789, pl. 182. Sa disposition participe, pour partie, de chacun des deux domaines que nous venons d'examiner. En effet, si l'on prend la maison d'habitation comme point central, de chaque côté se trouve un bâtiment établi clans le môme sens et sur la même ligne qu'elle, et, en outre, quatre autres bâtiments parallèles entre eux sont placés perpendiculairement à la face de cette habitation ; enfin quelques petites constructions annexes sont intercalées dans le plan général ou servent à clore la cour. Nous ne répéterons pas ce que nous avons dit des aménagements intérieurs, nous bornant à donner le détail suivant de la distribution du plan.
A, bâtiment d'habitation presque analogue à ceux que nous avons décrits dans les deux plans précédents. Le rez-de-chaussée contient :
a, grande cuisine précédée d'un vestibule d'accès, à côté est un petit garde-manger ;
6, laiterie ou office ;
c, cabinet du maître, d'où la surveillance s'exerce ainsi que nous l'avons dit précédemment ;
d, chambre ou petit salon ;
e, chambre pour des provisions, etc.
Le premier étage renferme le logement du directeur du domaine et de sa famille ; les combles sont utilisés de la même manière pour les services domestiques.
B, écurie double pour 18 chevaux, avec entrées par la face du bâtiment. Dans la partie la plus rapprochée du logis sont une sellerie, puis une chambre de valets d'écurie, une autre de maître valet, un escalier d'accès au fenil placé à l'étage supérieur.
A l'autre extrémité, un petit bâtiment est destiné aux volailles: elles y sont enfermées dans un enclos où se trouvent des latrines et une fosse à purin recevant les liquides de l'écurie et de la cuisine (les lignes ponctuées indiquent la trace des rigoles).
C, bâtiment contenant :
/", fournil, buanderie, cuisine rurale, etc. ;
g, étable à veaux, à couloir transversal, 12 loges ;
h, vacherie double, à couloir central, pour 12 bêtes;
i, petit bâtiment précédé d'une cour où se trouvent un atelier et une forge.
D, grande étable double, à couloir longitudinal, pour 42 bêtes à cornes, précédée d'un cabinet pour un bouvier et d'un autre pour dépôt de provisions. Dessus, grand fenil.
k, fumière recevant les liquides de la vacherie, de l'étable à veaux, de la bouverie, de la porcherie et des bergeries : une fosse à purin, avec pompe, y est établie ;
l, porcherie à couloir comprenant 6 loges avec cour.
E, bergerie à compartiments pouvant renfermer 175 bêtes à laine, précédée par une chambre de tonte et deux cabinets de bergers.
Entre cette bergerie et la suivante est un enclos pouvant servir de parc, ayant même une porte d'accès avec le dehors, pour s'ouvrir dans quelques circonstances.
F, grande bergerie pour 220 moutons avec portes d'accès sur la cour latérale.
m, hangar en appentis, à 6 travées, pour remiser les voitures ; n, hangar pour les instruments de labour, etc.
G, bâtiment contenant la grange, à travers laquelle est un passage pour voitures.
o, manège moteur de la batteuse et des coupe-racines, etc. ;
p, machine à battre dans la grange ;
q, coupe-racine, hache-paille, etc., mus par le manège o ;
q', dépôt de fourrages, de racines, etc. ;
r, pressoir et moulage à concasser les pommes, etc. Un chemin pavé est ménagé le long de chaque bâtiment, afin qu'on puisse en approcher les voitures et remplir facilement les fenils placés dans les combles.
— Tels sont les divers exemples de dispositions qui nous semblent le mieux répondre aux exigences de nos exploitations rurales; pour les appliquer utilement, il n'y aura guère qu'à modifier la destination de quelques bâtiments suivant la production principale de chacune d'elles et suivant le genre de spéculation auquel le cultivateur veut se livrer.