BITUMES
Les bitumes ou asphaltes sont employés, depuis quelques années seulement dans les constructions rurales, pour des revêtements de toits, des terrasses, des trottoirs, des pavages d'écuries, de porcheries, de laiteries, des enduits de bassins, de réservoirs, etc. ; ils s'opposent très-bien à la pénétration de l'humidité.
On trouve, dans le commerce, le bitume sous forme de gros pains ou pavés. Pour le mettre en œuvre, il suffit de le faire fondre dans une chaudière, à la température de l'eau bouillante ; on le verse ensuite, et pendant qu'il est encore chaud, sur les surfaces destinées à le recevoir, par petites portions de 1m «rré environ, encadrées par des règles en bois qui servent à fixer l'épaisseur. On unit sa surface avec un rabot et on le saupoudre de suite avec du sable fin.
L'aire que l'on recouvre en bitume est préparée à l'avance : si elle doit supporter seulement le passage des piétons, comme celle d'une laiterie, après l'avoir dressée on y tasse fortement une couche de sable de 0U1,1 5 d'épaisseur et on coule dessus le bitume, qui forme un revêtement de 0m,01 ; si elle doit supporter le passage des animaux, comme les pavages d'écurie, on couvre le terrain dressé par une couche de béton de 0m,10 d'épaisseur, puis par une légère couche de mortier mêlé à du sable fin, sur laquelle on étend le bitume à l'épaisseur de 0m,04 5, lorsque le béton est bien sec (24 kilogr. de bitume suffisent pour 1m' carré); si enfin le sol doit supporter le passage des voitures, on emploie le même procédé, en augmentant l'épaisseur de la couche de ciment, ou, mieux encore, on pave l'aire en moellons, on les recouvre d'un peu de sable et on y
MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION
applique une couche de bitume de 0m,012 à 0m,015 d'épaisseur.
Dans les endroits où l'on a besoin d'une certaine résistance, on augmente la dureté du bitume en le mélangeant avec un quart de son volume de sable quartzeux, et en outre on en recouvre sa surface. On insère aussi des cailloux dans sa masse avant qu'il soit refroidi ; mais ce procédé est moins bon que le mélange avec du gros sable.
— On hourde quelquefois en bitume les portions de murailles qui ont besoin d'une certaine élasticité ou qui sont exposées à des chocs, à des vibrations ; ainsi on pourrait en faire l'application aux supports en maçonnerie des manèges des machines rurales et des parois que traversent les arbres de transmission du mouvement.