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BOIS

Les bois utilisés dans les constructions rurales sont généralement ceux que fournit la localité où elles sont situées, soit qu'on les achète, soit qu'on utilise ceux qu'on fait abattre sur l'exploitation. Cette dernière ressource, quand elle est possible, procure aux propriétaires une économie sur laquelle nous n'avons pas besoin d'insister; elle a pour résultat, toutefois, de faire employer des essences de bois à des destinations autres que celles qu'indiquent les différents ouvrages d'architecture. Aussi, après avoir donné quelques indications générales sur leur exploitation, nous bornerons-nous à rappeler les principales propriétés des différents bois, nous réservant de dire, plus loin, quelle espèce peut être employée dans chacune des diverses parties des bâtiments ruraux, pour compléter ce que nous avons déjà écrit à ce sujet.

Choix des bois. — Si l'on achète des bois, il faut avoir soin de spécifier le rejet de toute pièce vicieuse, c'est-à-dire se présentant comme bois rebours ou tordu, roulé ou fendu, gélif, gercé, sur le retour, mort sur pied, échauffé, vermoulu, carié. Tons ces défauts sont suffisamment connus pour que nous nous abstenions de leô

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définir; ajoutons que, dans les bois durs, toutes les parties où il reste de l'aubier doivent être retranchées.

Le franc bois se reconnaît facilement ; en frappant une pièce, le son rendu est d'autant plus clair qu'elle est plus saine et plus dure ; si le son est sourd ou étouffé, le bois doit être réputé atteint de roulure ou d'un commencement d'altération.

Pour quelques pièces de charpente, le bois dit de brin, ou non refendu, présente plus de résistance que celui dont souvent la scie a séparé les fibres longitudinales contiguës.

Abatage. — Si l'on fait abattre des arbres pour ses constructions, il faut d'abord marquer et désigner les sujets, après un examen minutieux des défauts appréciables, tandis qu'ils sont sur pied. Un propriétaire doit d'abord se préoccuper des principales pièces de charpente, des plus grosses comme des plus longues ; citons les poutres, les arbalétriers, les entraits, les faîtages, les poteaux de soutènement, les solives d'enchevêtrure et autres; quant aux pièces accessoires, comme les liens et les jambes de force, il est rare qu'on ne les trouve pas dans les branches, dans les parties courbes, ou les rognures des arbres trop longs.

Les bois doivent être abattus de préférence lorsqu'ils sont privés de séve, c'est-à-dire pendant l'hiver.

Toutes les fois que l'arbre sera de dimensions assez fortes pour qu'on n'espère pas que la souche puisse pousser des rejets, ou qu'on ne désire pas lui en faire produire, il faut faire arracher l'arbre en entier, et ouvrir tout autour, avec la pioche, une tranchée suffisante pour que l'arbre déraciné tombe sur le sol : on gagne généralement ainsi dans la souche une partie de bois qui est très-résistante, et qui peut atteindre 0m,30 à 0m,40 de longueur.

Si l'arbre est jeune et qu'on ait lieu de désirer sa reproduction par rejets, comme dans un taillis, par exemple, il faut le faire scier à sa base et non entamer à la cognée ; à cet effet, on le déchausse légèrement, on le maintient avec des cordes, et on donne un trait de scie horizontal le plus près possible de la racine, en introduisant un coin dans la fente à mesure que la scie avance ; l'arbre tombé,

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il ne reste plus qu'à receper la souche par la cognée, et à la renchausser avec la terre relevée au commencement de l'opération. Lorsque les ouvriers ont acquis un peu d'habitude dans ce mode d'abatage, ils peuvent laisser les pièces de bois un peu plus longues que lorsqu'on a recours à la cognée, et éviter les fentes qui se produisent souvent par son emploi.

Conservation. — En attendant leur mise en œuvre (1), les bois doivent être placés de manière à ce que leur dessiccation soit facilitée sans qu'ils puissent perdre quelques-unes de leurs qualités. On les protège contre une trop grande humidité, contre une trop grande chaleur, en les empilant sous des hangars, à l'ombre, de manière à ce que l'air puisse circuler autour; à cet effet, on pose les premiers rangs sur des chantiers, on en place d'autres au-dessus, en interposant des tasseaux ou épingles en bois de rebut, ou des pierres, en nombre suffisant pour que les bois ne se courbent pas sous leur propre poids ; si Ton manque de hangar, on empile les pièces de même, en les recouvrant de paille ou de paillassons. On ne saurait trop répéter que ce sont les alternatives d'humidité et de sécheresse qui concourent à la décomposition des bois ; ils ont peutêtre plus alors à redouter l'influence du soleil que celle de la pluie, la chaleur faisant fendre les pièces et l'humidité atmosphérique s'introduisant ensuite dans les gerces produites.

Immersion. — L'immersion a été recommandée comme moyen de conservation, principalement pour les bois durs ; il est certain qu'elle hâte singulièrement l'époque où les bois verts pourront être mis en œuvre. Nous avons jeté, dans des mares, dans des courants d'eau, des bois abattus pendant l'hiver ; après une immersion de 3 mois environ, et une exposition à l'air de 3 à 4 semaines, les pièces de charpente ont pu être disposées sans qu'il se soit produit aucun des inconvénients qui résultent de l'emploi des bois verts, c'est-à-dire la flexion et le retrait des assemblages.

(1) D'anciens devis exigent que les bois du charpente aient été abattus depuis trois ans, et ceux de menuiserie depuis cinq ans. Voyez l'article Immersion.

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Les bois ne doivent jamais être plongés dans l'eau de mer, sous peine de les voir devenir hygrométriques et, par suite, pourrir rapidement.

On a prétendu que l'immersion ôtait aux bois une partie de leur force. Le lavage a pour effet d'enlever des cellules du bois la gomme séveuse qu'elles contiennent et que l'eau dissout : si on eût laissé la pièce à l'air libre, cette gomme se fût solidifiée et eût donné au bois une cohésion dont l'eau enlève une partie ; nous croyons cette perte insignifiante pour leur emploi dans les constructions rurales.

Injection des bois tendres. — La substitution d'un sel métallique à la place de la séve dans les bois tendres les durcit et les rend analogues aux bois durs ; l'opération qui consiste à injecter ces bois, à remplir leurs pores avec du sulfate de cuivre, soit par immersion, soit par aspiration, soit par compression, a pour effet de les protéger contre la pourriture et les attaques des insectes. Elle est principalement applicable aux bois soumis aux alternatives de sécheresse et d'humidité, tels que des pièces de charpente, comme les poteaux de hangars, le faîtage des couvertures, même les pannes et chevrons en bois blanc, peut-être encore aux auges d'écurie, à leurs planchers en bois, aux clôtures exposées aux intempéries. Pour presque tous les autres usages, son application deviendrait trop onéreuse pour que nous puissions la conseiller.

Le liquide employé pour l'injection est une dissolution de sulfate de cuivre à raison de 2 kilogrammes par hectolitre d'eau ; le sel cuivreux doit être choisi aussi pur que possible.

Le procédé par compression dû au docteur Boucherie consiste à laisser le liquide s'infiltrer de lui-même dans les pores du bois par sa propre pesanteur en chassant devant lui la séve ; à cet effet, on le fait tomber, par un tube sortant d'un récipient assez élevé, sur le bout de la pièce de bois ou dans une fente pratiquée vers le milieu, et en quelques jours il finit par remplir toutes les veines du bois, en sorte que c'est lui qui coule par l'extrémité opposée à celle par laquelle il entre au lieu de la séve qui sortait d'abord. On traite

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ainsi les arbres en atelier après qu'on les a coupés et avant qu'ils soient tout à fait secs.

Le procédé par aspiration consiste à poser le pied de pièces de bois encore vertes et garnies de quelques rameaux à la partie supérieure dans une cuve pleine du liquide à injecter, qui monte par l'effet des phénomènes caractérisant la végétation des plantes.

Le procédé par immersion est le plus applicable aux usages ruraux : on installe des cuves, soit en briques et ciment, soit en planches bien jointes et consolidées par des liens en fer comme des auges ; on les remplit de liquide et on y plonge les bois, planches, madriers, chevrons, soliveaux, etc. Au bout d'un temps qui varie de 24 à 72 heures, suivant la grosseur des pièces, les bois sont injectés suffisamment pour leur conservation : on peut attendre que les bois soient secs ; mais il est préférable qu'ils ne le soient pas complètement.

Section. — Les bois abattus et écorcés, il faut d'abord vérifier s'ils peuvent donner les pièces dont on a besoin, et ensuite les couper à la longueur voulue, en leur laissant quelques centimètres de plus, crainte d'erreur ou de fausse coupe; ce qui n'est que trop fréquent chez les ouvriers de la campagne et nécessite toute l'attention du constructeur.

Équarrissage. — De même que nous avons conseillé d'abattre les arbres avec la scie de préférence à la cognée, nous recommanderons de les faire équarrir avec la scie à refendre : les croûtes qu'on enlève ainsi forment des morceaux de bois que l'on trouve toujours à utiliser à la campagne, dans une multitude de circonstances; l'équarrissage à la cognée n'eût donné que des copeaux bons à brûler.

Pour utiliser comme pièces de grosse charpente, sommiers, poutres ou linteaux, des bois inégaux dont l'équarrissage diminuerait trop la force, on les refend en deux par un trait de scie et on met les deux moitiés dos à dos et sur champ, en les réunissant par des boulons ou des frettes en fer ; les deux faces latérales donnent alors à la pièce l'aspect résultant d'un équarrissage à vive arête.

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Débit. — De l'habileté avec laquelle est opéré le débit du bois peut résulter une économie quelquefois considérable.

Pour la charpente, l'art consiste à débiter les troncs de manière à leur faire fournir toutes les pièces dont on a besoin ; c'est donc d'après les circonstances qu'on déterminera les traits de refend qu'il faut opérer.

Quant aux bois pour la menuiserie, on se contente, le plus souvent, de les débiter en planches ou madriers parallèles (fig. 818), leur épaisseur varie ordinairement ainsi :

0m,013 (6 lignes).

0m,027 fi pouce).

0m,040 (18 lignes).

0m,054 (2 pouces).

0m,080 (3 pouces).

Leur longueur est aussi déterminée par les habitudes du commerce ; mais le propriétaire qui fait exploiter pour son usage doit se baser sur la longueur des pièces dont il a besoin, ou sur celle que comportent les troncs qu'il a à sa disposition.

Lorsque les planches sont débitées ainsi que le montre la fig. 818,

Fig. 818. Fig. 819. Fig. 820. Fig. 821.

les mailles situées sur la face la plus rapprochée du centre, étant plus serrées que celles qui se présentent sur l'autre face, sont sujettes à se gonfler plus ou moins régulièrement par l'humidité : les planches se gondolent alors, ou prennent du gauche (fig. 819) ; pour y remédier, on débite les bois ou suivant la manière présentée dans la fig. 820, qui est adoptée en Hollande, ou d'après celle représentée

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dans la fig. 821 due à Moreau. Ces deux méthodes ont cependant l'inconvénient d'augmenter un peu les frais de débit.

Qualités et emploi des bois. — Gomme on trouve différentes espèces d'arbres sur les terres qui dépendent d'un domaine rural, nous allons passer en revue leurs diverses qualités et indiquer l'emploi qu'on en pourra faire dans les constructions rurales.

On les distingue ordinairement, en architecture, sous les catégories de bois durs, bois semi-durs, bois tendres ou blancs, et bois résineux.

Bois durs. — Le chêne est le meilleur de tous les bois pour la résistance et pour la durée ; il n'a que son poids comme inconvénient dans quelques circonstances rares. On doit l'employer plutôt que tous autres, quand son prix de revient ne s'y oppose pas.

Les variétés de chênes dont les fruits ont un long pédoncule, soit à gros glands, soit à petits glands réunis par bouquet de 3, 4 ou 5 ensemble, sont celles qui sont préférées pour les constructions, mais toutes les autres peuvent être utilisées de la même manière.

Le chêne convient à tous les usages de construction ; seul, il doit être employé dans les endroits où se produit une humidité même temporaire : comme les faîtages de bâtiments couverts en tuiles, les chevrons de rive, quelques parties des logements d'animaux, les auges, les planchers ou parquets au rez-de-chaussée, les châssis de fenêtre, etc. On l'associe assez bien avec des bois légers, dont il forme l'encadrement, pour des portes, des panneaux, etc.

Les têtards de chêne fournissent des poitrails, des poutrelles et des poteaux, mais il faut les laisser dans leur entier sans les refendre.

Le châtaignier s'emploie à défaut de chêne, et durcit comme lui sous l'eau; mais à l'air il se creuse souvent intérieurement, et se laisse piquer des vers; il résiste moins bien aux alternatives de l'humidité.

Son emploi est meilleur en charpente qu'en menuiserie. L'orme dure moins que le chêne, est sujet à se tortiller, est plus dur à travailler, et presque partout le prix élevé que lui procure

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son emploi dans la charronnerie empêche de l'employer dans les constructions.

Il fournit des poutres, des pièces de charpente, des poitrails de remises ; la variété d'orme tortillard doit être choisie pour les supports d'appareils mécaniques.

Le charme est moins dur que le chêne et pourrit plus facilement que lui; il est assez difficile à travailler et la dessiccation diminue de beaucoup son volume.

On l'emploie pour les petites pièces de charpente.

Le frêne est fort et élastique, mais sujet à la vermoulure ; son prix le fait réserver pour les travaux de charronnerie.

Il fournit de bonnes pièces de charpente et de menuiserie.

Vailante (faux vernis du Japon), dont le bois a beaucoup d'analogie avec celui du frêne, peut être employé aux mêmes usages.

Le noyer est fort, liant et flexible, mais sujet à pourrir à l'eau; il pourrait être employé en menuiserie, mais il doit être réservé pour la fabrication des meubles.

Le robinier (faux acacia) est excessivement dur et fort; mais il faut le débiter avant qu'il soit sec, car alors il devient trop dur, et est sujet à se courber et à se tortiller dans tous les sens.

On en tire des solives, des barrelets, des bardeaux, des poteaux et de la latte, de bon usage dans les constructions.

Le gleditzia triacanthos s'emploie de même que l'acacia.

Le cytise (faux ébénier) est un bois dur se rapprochant de l'acacia : il doit être travaillé en vert.

Ses faibles dimensions ne permettent de l'utiliser que pour des bardeaux, des barrelets, et quelques petits poteaux ou liens de charpente.

Bois demi-durs. — Le hêtre est assez résistant, mais il se fend, se retire beaucoup et est très-sujet à la vermoulure et à la pourriture, lorsqu'il est atteint par l'eau.

Aussi ne l'emploie-t-on guère en charpente ; ce n'est qu'en menuiserie qu'il peut être utilisé.

Le platane, Y érable, le sycomore ont des bois analogues à celui

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du hêtre pour l'usage qu'on en peut faire dans les constructions, et s'emploient de même.

L'aune est un bois précieux à cause de sa conservation dans les terres humides et dans l'eau; mais il ne faut pas qu'il soit exposé à des alternatives d'humidité et de sécheresse ; il pourrit alors trèsvite.

On en fait d'excellents pilotis, des corps de pompe, des tuyaux de dessèchement, des séparations d'écuries. En charpente, il ne vaut absolument rien.

Le pommier et le poirier sont des bois mauvais à cause de leur retrait; ils sont sujets à la pourriture et à la vermoulure. Le poirier est meilleur que le pommier. Les sauvageons sont plus durs que les variétés cultivées.

On en forme cependant des panneaux pour portes, dont l'usage est assez bon.

Le prunier, Yalizier, le cormier sont trop durs pour être employés autrement qu'en ébénisterie; on les utilise dans les constructions pour les supports de machines.

Le cerisier, le merisier, dont le bois, analogue à celui du pommier, peut prendre un beau poli, doivent être réservés pour l'ébénisterie; cependant on peut en faire des panneaux de portes ou de1 lambris; on les a aussi quelquefois employés en charpente.

— Tous les bois demi-durs peuvent être débités en planches utilisables dans beaucoup de parties des constructions rurales, comme tablettes, planchers de combles, etc.

Bois blancs. — Les diverses espèces de peupliers fournissent un bois très-facile à travailler, mais de peu de résistance et très-sujet à la pourriture, dès que l'humidité l'attaque; nous avons vu des pièces portant 0m, 25 d'équarrissage perdues dans l'intervalle de trois mois. Au sec, ce bois se conserve assez bien. Le peuplier-tremble, les variétés dites de Hollande, ypréau, grisard, sont d'un emploi bien supérieur à celui des peupliers d'Italie, noir, pyramidal, suisse.

Le bois de peuplier est d'un assez bon usage dans les constructions rurales. En menuiserie, il sert à presque toutes les parties

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abritées de l'humidité, portes, tablettes, parquets d'étages supérieurs. En charpente on l'utilise pour les combles (les faîtages exceptés). S'il est bien abrité, qu'il ne touche point les murs (on le fait porter sur des semelles en métal ou en chêne), il peut durer autant que la latte qui soutient les tuiles et que la volige qui porte l'ardoise; cette volige est elle-même généralement en peuplier. Ce bois nedoit point être utilisé dans les planchers, pour des barrelets, des solives ou poutrelles; on s'exposerait à les voir casser au moment où on s'y attendrait le moins.

Le saule a un bois analogue à celui du peuplier pyramidal, mais un peu plus dur et moins pourrissant.

Ses usages sont les mêmes que ceux des peupliers; il est presque uniquement utilisé pour les barrelets des planchers dans beaucoup de localités.

Le bouleau donne un bois de qualité très-médiocre, et n'est guère utilisé que pour quelques chevrons.

Le tilleul est très-tendre, et il ne peut être employé en menuiserie pour les constructions. Duhamel du Monceau dit avoir vu un château dont les portes étaient en tilleul ; nous croyons néanmoins qu'il ne peut être utilisé qu'en chevronnage.

Le marronnier d'Inde, dont le bois est très-léger, ne peut donner que des tablettes ou des châssis légers. Varennes de Fenille le recommande pour les étagères de fruiterie, à cause de sa porosité : il absorbe l'humidité que les fruits transpirent, et les garantit ainsi de la pourriture.

Bois résineux. — Tous les sapins (picéa, de Normandie, baumier, argenté, etc.) donnent un bois très-facile à travailler; mais il est sujet à réchauffement comme à la vermoulure. Les sapins dits du Nord ont une réputation méritée, probablement parce qu'ils ne sont pas privés de leur résine, ce qui est un avantage pour la charpente, mais un inconvénient grave pour les ouvrages de menuiserie, car la résine ressort quelquefois à travers la peinture dont on couvre les planches.

Les sapins donnent des pièces de fort grande dimension, ce qui

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les fait rechercher pour la charpente comme pour la menuiserie. Poutres, solives, arbalétriers, pannes, chevrons, planches, montants de châssis, presque tous les ouvrages en bois sont les utilisations très-satisfaisantes des sapins. Il faut observer, pour la conservation des ouvrages en bois résineux, et principalement des planchers, qu'une de leurs faces doit être à découvert.

Les pins (silvestre, maritime, laricio, etc.), dont le bois est à peu près analogue, mais généralement inférieur à celui des sapins, surtout pour la menuiserie, s'emploient dans les mêmes circonstances que ceux-ci ; les espèces qui ont peu de développement, comme le pin maritime, ne fournissent que des chevrons et quelques pièces de charpente.

Le mélèze (larix europœa) passe pour le meilleur des bois de construction : on dit qu'il réunit toutes les qualités du chêne, en y joignant plus de légèreté, plus de facilité à être travaillé et, prétend-on, une incombustibilité assez grande. Ses emplois sont les mêmes que ceux des sapins.

Il en est ainsi des bois de cèdre du Liban, de cyprès, de thuya, d'if, qui passent pour incorruptibles : on les réserve ordinairement pour l'ébénisterie.

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