CHAPITRE TROISIEME
FRAIS D'EXÉCUTION
L'exécution des bâtiments ruraux doit avoir pour règle l'observation de l'économie bien entendue, c'est-à-dire l'emploi des matériaux qui donneront lieu à la moindre dépense possible, tout en réunissant une durée et une solidité suffisantes pour la destination des locaux dont ils fourniront les éléments.
Les conditions de durée et de solidité sont généralement connues, et nous avons énuméré les principales dans les chapitres précédents ; mais ce qui ne peut être présenté dans un travail général, ce sont les frais d'acquisition et d'emploi de ces matériaux, parce qu'ils varient dans les diverses localités de notre pays ; de grandes différences de prix existent, surtout pour les matières premières, suivant les difficultés de production et leur éloignement du lieu d'emploi, car la préparation, la manipulation, les transports sont plus ou moins longs, plus ou moins difficiles.
Quant aux frais de la main-d'œuvre, quoiqu'ils donnent lieu à des
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évaluations très-différentes les unes des autres, ils varient moins qu'on pourrait le croire au premier examen, car ils sont toujours proportionnels au temps employé par lesouvriers ; or, un ouvrier habile et actif, quoique payé très-cher, coûte souvent moins à celui qui l'emploie qu'un ouvrier lent et inexpérimenté, si peu rétribué qu'il soit. On regarde souvent les frais de la main-d'œuvre dans les constructions comme à peu près équivalents dans beaucoup de pays ; cependant il faut tenir compte de quelques variations parfois importantes, causées principalement par le prix des denrées alimentaires dans les localités et par le mode de travail.
Quant aux frais de transport, ils sont très-variables à cause des distances à franchir entre le lieu de production et celui d'utilisation, des voies plus ou moins faciles à parcourir et des moyens à employer pour ce transport ; aussi leur examen est-il toujours trèsimportant pour le choix, des matériaux à employer.
Il est encore un élément de variation dans le prix des matériaux comme dans celui de la main-d'oeuvre, c'est celui de l'abondance ou du défaut d'emploi à un instant donné; on sait que le prix de tout objet s'accroit en môme temps que la demande, lorsqu'il n'y a pas à la fois augmentation dans la production ou dans la quantité disponible, tandis que ce prix diminue avec la rareté de la demande et lorsqu'on redoute encombrement ou accumulation.
Tous ces motifs réunis rendent donc très difficile, sinon impossible, l'appréciation en termes généraux des frais d'exécution des constructions rurales (I) : on ne peut les évaluer que pour des cas tout particuliers dont la variété peut être infinie. Nous avons essayé d'établir un devis, en supposant que l'on construit suivant une des conditions dans lesquelles nous nous sommes trouvé : nous le présentons ici, en priant celui qui l'examinera d'avoir égard à toutes les restrictions que nous venons d'énumérer. C'est un essai donné à titre de renseignement, et que l'on devra modifier suivant les circonstances spéciales où l'on se trouvera.
(1) Nous les avons éhuméréa dans la préface (page 21).
FRAIS D'EXÉCUTION
Nous devons faire observer que nous n'avons porté, dans ce devis, aucun bénéfice pour le constructeur, aucuns frais de surveillance des travaux, parce que nous avons supposé que le propriétaire ou le fermier faisait bâtir pour lui-même ; c'est ce qui justifiera quelques prix qu'on trouvera peu élevés, par exemple celui du bois que nous avons considéré comme abattu sur le terrain appartenant au même propriétaire (I).
Le domaine, dont le détail de construction est ci-après, a été décrit (page 643) et figuré dans la pl. 1 46 (fig. 739 et 740) ; la maison d'habitation est l'une de celles que nous avons fait élever, elle est décrite (page 48) et figurée dans les pl. 8 et 9 (fig. 29 à 36). On a compris dans le devis les frais d'établissement d'un petit caveau sous la chambre pour provisions de ménage.