Schmidt' s Jahrbücher, 1868, p. 732. V. 1j
au laryngoscope et au perfectionnement des instruments. Quant à la seconde, quoique de date beaucoup plus récente, elle rend tous les jours de si grands services, qu’elle peut à juste titre être considérée comme la principale méthode de traitement des corps étrangers des voies aériennes. J’exposerai d’abord les divers procédés de chaque méthode, et les résultats qu’ils fournissent dans la pratique, me réservant d’en développer les indications plus tard.
§ 1. — Expulsion et extraction par les voies naturelles.
1° Expulsion. — Les procédés qui ont pour but de faire sortir par la bouche les corps étrangers introduits n’ont tous qu’une action indirecte et sont beaucoup moins précis que les autres. Les uns cherchent à provoquer une expulsion violente, imitant en cela la nature; les autres utilisent l’action de la pesanteur, en même temps qu’ils provoquent la mobilité et les déplacements du corps introduit. D’autres, comme les vomitifs, déterminent des mouvements désordonnés du pharynx et du larynx et ont été également employés.
1° Toux et éternuement — Autrefois les sternutatoires jouaient un grand rôle dans la thérapeutique des corps étrangers, et on ne manquait pas d insuffler dans les narines des substances astringentes ou des poudres qui provoquaient la toux et l'éternuement. La violente secousse imprimée par ces moyens a pu être utile dans quelques cas, mais ils n’ont plus aujourd’hui qu’un intérêt historique.
2° Lubréficints. Huile. — Depuis Fabrice de Ililden, l’administration d’infusions de guimauve et d’huile avait remplacé en grande partie les moyens précédents, et elles n’agissent plus comme eux; leur but est de lénifier les parties, d’adoucir le contact du corps étranger quand il se trouve placé dans le pharynx, et en tous cas de diminuer, sans qu’il soit facile de se rendre compte de quelle façon, l’irritation et le spasme glottique qu’il détermine. Ce moyen, quoique tombé en désuétude, a pu même de nos jours rendre des services, et le fait suivant en est une preuve assez frappante.
Observation. Haricot dans les voies aériennes. Utilité de l'huile d'olives. Las-
serre Lagen rapporte une observation d'un haricot qui avait été introduit dans le larynx où il déterminait des accidents. La suffocation était calmée comme par enchantement par 1 administration d’une cuillerée d’huile d’olives. Chaque fois que les accidents reparaissaient, le meme moyen réussissait. Cependant à un moment donné la trachéotomie lut décidée; mais les chirurgiens s’arrêtèrent devant cette considération, et on continua
l’administration de l'huile d’olives. Au bout de quarante jours le corps étranger fut rejeté par fragments. Guérison.
5° Vomitifs. — Les vomitifs sont administrés sans réflexion toutes les fois qu’une personne a avalé un corps étranger, qu’il siège dans l’œsophage ou dans les voies aériennes. Ils sont presque toujours inutiles pour favoriser l’expulsion des corps arrêtés dans ces dernières, et pourraient même dans quelques cas aggraver la situation, enclaver plus profondément des corps étrangers du larynx. Cependant ces moyens ont réussi quelquefois, et on ne saurait blâmer les personnes étrangères à la médecine qui, dans 1 impossibilité de mieux taire, titillent la luette en introduisant le doigt dans la gorge. D’ailleurs ces petits procédés sont plutôt des moyens provisoires à l’usage des gens du monde et des pharmaciens que des procédés chirurgicaux.
A ces moyens, il faudrait encore ajouter ceux qui ont pour objet d utiliser la pesanteur et la .plus grande chance d’expulsion des corps étrangers mobiles; c’est le traitement par la position et la percussion, qui sont presque toujours associés et dont les résultats ont été assez souvent favorables, surtout dans les cas légers. Est-il besoin de rappeler que chaque fois qu’une personne avale de travers, on a coutume de lui frapper fortement dans le dos et que les bons eflcts de cette pratique sont fréquents? L’application raisonnée de ce moyen à la thérapeutique chirurgicale constitue une méthode utile, bonne a connaître et qu on pourra toujours essayer sans inconvénients. Quelques exemples de réussite sont devenus classiques ; les plus célèbres sont ceux de 1 ingénieur anglais Brunei, de Lenoir, Duncan, Resieyès et Hansford. B. Brodie nous a transmis l’Ivistoire du demi-souverain avalé par Brunei, et j’emprunte au journal de Malgaigne l’extrait suivant de cette intéressante
observation.
Observation de Brunei. Demi-souverain avalé. — Brunei, le 5 avril 1845, jouant avec quelques enfants, avala un demi-souverain qu’il avait uns dans sa bouche, et un violent accès de toux dans lequel il parut être sur le point d cire suffoque en fut a conséquence. Vomissement violent après cet accès, suivi de nouveaux efforts ; dans a soirée la toux revint par intervalles, mais sans violence. Un sentiment de douleur et de tension à la gorge persista pendant vingt-quatre heures. Les deux jours suivants il n’éprouva que peu ou point d’incommodité. Le G avril la toux reparut; elle s aggrava le 7 à la suite d’un refroidissement; il crachait du mucus légèrement teint de sang et de petits lambeaux membraneux. Douleur au côté droit de la poitrine, en un point correspondant à la partie inférieure de la bronche gauche. En vomissant le 9, il sentit un déplacement dans sa poitrine, et à la suite pendant un certain temps la toux se trouva fort apaisée et la douleur calmée. — La toux persiste, et au 18 avril les médecins dia gnostiquèrenl le corps étranger dans la bronche droite. Le 19 celte opinion fut confirmée
Pai’ une expérience très simple que Brunei avait faite lui-même dans l’intervalle. 11 s était placé sur le ventre, le sternum appuyé sur une chaise, la tète et le cou inclinés en bas, et dans cette position il avait immédiatement eu la perception distincte d’un coips flottant qui glissait en avant le long de la trachée. Il s’ensuivit une toux convulsive violente. En se remettant debout il eut de nouveau la sensation d’un corps Bottant qui se mouvait dans la trachée, mais dans la direction opposée, c'est-à-dire du côté de la poitrine. Le 26 on ne trouve aucun signe respiratoire particulier. On voulut recommencer l’expérience de Brunei, mais elle n'aboutit qu'à de violents accès de toux. On fit le 27 la trachéotomie sous-thyroïdienne. Quelques tentatives d’extraction ne permirent pas de sentir la pièce ; l’introduction des instruments provoqua une toux convulsive. Nouveaux essais le 2 mai, nouvelles quintes de toux. — Le 15 mai on revient à la position qu’il avait employée, et on frappe sur le dos avec la main. Deux ou trois efforts de toux s en suivent et à 1 instant il sentit la pièce quitter la bronche, toucher presque immédiatement après contre la dent incisive et s’échapper hors de la bouche. Expulsion d’un peu de sang. Guérison rapide.
A la même époque, Lenoir obtenait en France un succès encore plus étonnant pat ce procédé, et, faute de meilleur moyen, on devrait imiter la conduite de ce chirurgien.
Obseï ration. Expulsion d'une pièce de 50 centimes au moyen de la position. — « Un homme était entré à la Charité disant qu’il avait avalé une pièce de 50 centimes, et qu il la sentait dans le dos au-dessous de l’omoplate droite. Lenoir le fit coucher sur e ventre, la tète en bas, frappa de la main sur la région où le malade accusait la présence du corps étranger et en même temps l’engagea à tousser. Immédiatement la pièce se dégagea, franchit la trachée et la glotte et sortit par la bouche; de telle sorte qu’on se relevant le malade se trouva guéri. » ( Journal de Malgaigne, 1845, t. III, p. 55.)
, Observation de Duncan. Expulsion d'un shilling par la position. — « Un individu s amusait a jeter en 1 air un shilling et à le recevoir dans la bouche, quand tout à coup a pièce glissa dans la gorge et passa à. travers la glotte. L’accident ne donna lieu qu a es symptômes comparativement fort légers. Le malade croyait sentir la pièce fixée ans t c.ntilage ciicoïde et il lui semblait qu il parviendrait à le déplacer en se metant sur la tôle. Cette idée s’accordant avec les vues de Duncan, on lui appliqua les epau es mi un coussinet, on tint les jambes élevées. Après une secousse ou deux, Simpson portant en même temps rapidement le larynx d’un côté à l’autre, le shilling passa dans la bouche et tomba sur le plancher. Il n’v cul aucun accès de toux, nul indice de
dyspnée, le patient se releva immédiatement enchanté du résultat. Guérison. (The Lancet, 1845.)
Halford, cité par Holmes S réussit parle même moyen à faire sortir un shilling. Beneys pense aussi qu’on eût réussi h extraire facilement la halle de son malade, si on l’eût suspendu la tête en bas.
J ai tenu à reproduire ces quelques exemples pour montrer de quelle laçon on devrait procéder pour tirer de ces manœuvres spéciales un part, utile. V a-til du danger à les tenter, et ne doivent-elles l'être que par un homme de l’art? Guyon répond affirmativement à la première