‹ Traité des corps étrangers en chirurgieChapitre 146 sur 304 · I. Ilo’incs. Principles ofSurgery, t. II, p.5G · texte numérisé non relu

I. Ilo’incs. Principles ofSurgery, t. II, p.5G

question, et il cite à l’appui l’exemple de Brunei; mais les autres méthodes de traitement ne sont pas moins dangereuses et il n’en est aucune qui ne provoque, à un moment donné, les spasmes glottiques Je ne saurais en aucune manière partager l’opinion de ce chirurgien qui proscrit ces manœuvres comme dangereuses et peu utiles. Assurément, la prétention d’en faire une méthode de traitement applicable à tous les cas serait exagérée; mais si on se borne à les conseiller comme adjuvant, avant l’arrivée d’un médecin, elles doivent être recommandées, parce qu’elles ne sont pas aussi dangereuses que le dit Guyon, puisqu’il n’a pu citer un seul cas dans lequel elles aient entraîné des suites funestes, tandis qu’il existe dans la science huit ou dix cas de succès. l)e plus, les personnes qui entourent un enfant, un malade, ne peuvent pas les abandonner aux seules ressources de la nature et souvent à une asphyxie rapide, sans essayer quelque chose, et de toutes ces tentatives la position et la percussion sont les plus faciles et les plus efficaces.

Cette opposition un "peu systématique faite à ces manœuvres a pour base la dix-septième conclusion de Jobert, dans laquelle il est dit que même sur le cadavre les corps étrangers poussés avec un soufflet fournissant une volumineuse colonne d’air ont peine h franchir la glotte. La science actuelle ne peut tirer des conclusions sérieuses de semblables expériences, qui ne reproduisent en aucune façon les conditions normales. Sans doute le spasme de la glotte joue un rôle très important dans l’arrêt des corps étrangers ; mais il faut aussi tenir un compte important de la disposition du larynx, qui est telle qu’un corps étranger peut difficilement en sortir. Qu’on me permette de comparer la lente glottiquc à la vulgaire tire-lire, et l’on comprendra qu’un objet venu du dehors puisse pénétrer aisément tandis que l’issue en est beaucoup plus difficile. Et, ce qui me pousse encore plus vers cette manière de voir, c est que l’asphyxie silencieuse n’existe presque jamais pour les corps étrangers des voies aériennes situés au-dessous de la glotte ; il y a issue d’air à chaque instant, ce qui prouve que la glotte n’est, pas fermée. Si l’expulsion est difficile, c’est parce qu’il y a un spasme glottiquc qui en rétrécit l’orifice, fort mal disposé pour permettre le passage. Aussi un auteur moderne, écrivant sur ce sujet, a-t-ilpu dire que les corps etrangers qui ont plus de quatre lignes ne laissent aucun espoir d’être expulsés par les seuls efforts de la nature, attendu qu’ils surpassent alors par

leurs dimensions le plus petit diamètre de la glotte.

A côté du traitement par la position il convient de ranger les secousses brusques et les chutes sur les pieds. Je ne les mentionne que pour etic

complet ; ces moyens ont donné quelque succès; Graëfe a vu une chute provoquer le déplacement du corps étranger, qui retomba dans la bronche du côté opposé. En résumé, tous les procédés palliatifs sont bons à conserver comme moyens provisoires, et doivent être essayés en attendant l’arrivée d’un médecin.

Je tiens encore à citer la conduite qui fut tenue par un chirurgien anglais, Chiffort Albutt, dans un cas où une pilule était tombée dans une bronche; ce fait, qui a beaucoup d’analogie avec celui de Donatus, est plus singulier encore, en raison de l’anesthésie par le chloroforme qui fut, à dessein, prolongée pendant cinq heures. En voici l’exposé succinct.

Observation de Chiffort. — Pilule dans les voies respiratoires. — Anesthésie pendant cinq heures. — Expulsion de la pilule en fragments. — Un malade avala de travers une pilule d’aconit administrée contre des accès d’asthme. Chiffort Albutt, appelé à donner ses soins ’a cette personne, trouva une suppression de la respiration dans la partie supérieure du poumon ; spasme glottique violent. On administra le chloroforme pendant cinq heures, et au bout de ce temps la moitié de la pilule fut rejetée par l’expectoration et le reste suivit en fragments. Grâce à l'interposition d’un bouchon entre les dents, on avait pu se servir du laryngoscope pendant la narcose, et on avait pu voir les cordes vocales largement ouvertes. ( British . Med. Ass. Yorkshire branche , 27 mars 1878.)

De l’extraction. — Assurément, l’extraction par les voies naturelles est la méthode la plus rationnelle ; mais elle est rarement possible, et elle exige toujours de la part du chirurgien une dextérité assez grande. Elle suppose le maniement du laryngoscope assez familier pour permettre d’aller agir sur le larynx en se servant de l’éclairage artificiel. Aussi les premiers succès obtenus par cette méthode sont-ils assez récents. Déjà en 1864, Gibs avait pu voir une épingle placée au-dessus de la glotte, piquant le cartilage aryténoïde, et en débarrassa le patient l. J’ai rappelé au chapitre du diagnostic le cas de Moritz Schmidt, qui réussit à retirer ainsi un corps étranger de la trachée. Mackenzie, Walker, W histier, ont extrait à l’aide du laryngoscope des corps étrangers du larynx. Walker a retiré à l’aide de la pince coudée de Mackenzie un clou à vis engagé dans la glotte d’un enfant de trois mois ; le spasme de la glotte était tel qu’il fallut faire passer la tète du clou à travers la fente glottique, comme un bouton à travers une boutonnière; le malade irué-

rit 2.

Dans le cas de Whistler il s’agissait d’un os très volumineux, avec spasme glottique, qui séjournait depuis cinq semaines. En raison de l’enclavement du corps étranger, il fallut faire un grand nombre de tentatives en s éclairant avec le laryngoscope, et se servir d’une petite

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