‹ Traité des corps étrangers en chirurgieChapitre 157 sur 304 · Lancet · texte numérisé non relu

Lancet

employait des petits crochets recourbés attachés à des fils; ces moyens sont bons, à condition qu’on prenne la précaution de bien garantir

Fig. 39^ — Tubes à trachéotomie de Collin.

par une gaze l’ouverture de la plaie et de placer l’opéré dans un lieu convenablement chaud et humide. Si après quelques jours le corps étranger ne donne aucun signe de mobilité, il faudra, si les accidents respiratoires sont calmés, et si rien ne fait soupçonner la mobilité, enlever les fds, placer une canule ordinaire pendant quelque temps, et ne la retirer qu’autant que le spasme glottiquc n’existera plus. Il n’est pas très rare de voir, la cicatrisation achevée, les accidents reparaître plus tard et obliger à faire une seconde lois la trachéotomie. Eùt-il mieux valu ne pas laisser la plaie se fermer? La réponse est bien dillicile, parce que rien ne peut faire supposer l’issue future du corps étranger et elle n’eut pas toujours été possible a travers la canule. Je rapporterai brièvement un cas de ce genre auquel on pourrait joindre celui de Corbet et Poulet, déjà mentionne.

Observation. Trachéotomie pratiquée deux fois. Expulsion. Guérison— « l'aget a observé à l’hôpital Saint-Barthélemy, à Londres, une jeune fille de 11 ans, qui, le 2 septembre 1858 avait avalé de travers un noyau de prune. Le lendemain, la trachéotomie fut pratiquée et elle ne fut suivie d’aucun résultat. Le 8 octobre, 1 enfant eut une hémoptysie. Le 16, on eut de nouveau recours à la trachéotomie, en ayant soin de iaire l’incision très grande. Le noyau fut expulsé dans une quinte de toux, et huit jours plus tard, l’enfant sortait en pleine guérison. (Médical Times and Gazelle, 1858.)

llésultati» de la trachéotomie. Accidents qu'elle peut produire.

Fig. 40. — Canule à trachéotomie.

Los îésultats fournis par la trachéotomie sont assez nombreux pour qu’on puisse en tirer quelques conclusions pratiques, et l’utilité de cette opération apparaît avec une évidence complète. Sur les 554 faits réunis par Durham, quand on n’a pas opéré la mort est survenue 42 fois sur 100 cas, tandis que la proportion baisse à 24 p. 100 dans ceux où on a fait l’opération. Pour traduire autrement cette différence fondamentale, je dirai que sur 107 cas de trachéotomie partiquée pour des corps étrangers

des voies aériennes, la guérison a eu lieu dans 150 cas et la mort dans 57 seulement.

Que l’on compare la gravité de la situation dans laquelle se trouvent les personnes qui ont un corps étranger dans les voies respiratoires avec 1 excellence du résultat obtenu par la trachéotomie, et on comprendra que cette opération est et restera le traitement le plus sur et le plus efficace qu’on puisse leur opposer.

Mais, malgré ses avantages incontestables , la trachéotomie n’est pas à l’abri de tout reproche, exempte d’accidents, et sur les 57 cas de mort de la statistique de Durham, il y en a qui sont dus à l’opération et d autres qui sont le lait du séjour du corps étranger dans les bronches ou le larynx. En effet, celui-ci détermine par sa présence des lésions de nature inflammatoire qui peuvent être également la conséquence de la trachéotomie, de telle sorte qu’on ne pourra jamais préciser la part de mortalité qui revient à la trachéotomie seule • tout porte à croire qu’elle est assez faible. Plus les symptômes antérieurs à 1 opération, la suffocation, la dyspnée, ont été intenses et prolongés, plus la trachéotomie a de chances de produire des accidents et d’avoir une terminaison funeste, malgré l’expulsion et l’extraction. Ces conditions ne sont pas indifférentes à la production de l’hémorrhagie, au développement d’une bronchite 1 ou de pneumonie qui ont été quelquefois observées. Dans certains cas l’autopsie révèle des lésions multiples; ainsi on a vu en même temps une trachéite suppurée et un œdème de la glotte; le malade mourut au septième jour 2. L’hémorrhagie a été la cause de la mort de plusieurs malades, tant par elle-même que par l’application éminemment nocive de perchlorure de fer 5 pour l’arrêter

Ou a quelquefois attribué à l’action de l’air seui ce qui n était que le fait d imprudence. 1

L’emphysème peut aussi se produire surtout si la plaie est trop petite

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