‹ Traité des corps étrangers en chirurgieChapitre 166 sur 304 · U CD · texte numérisé non relu

U CD

Cailloux.

Chaîne de montre.

Anneau de cuivre.

Haricots.

Pois, etc.

iB ( s

Épingles.

Projectiles, etc.

Ci • —* J — O <

Bois, etc.

« es |

Drap, etc.

Épingles, aiguilles,

de pèche, gros b

de fruit, de prune,

Formés dans l’économie.

Dents.

Poils.

Vers.

Os.

Débris divers.

COUPS ÉTH V 5 GERS DES ORGANES GÉNITO-l'RINAIRES.

En raison des dimensions du canal de l’urètre, de son étroitesse et de sa longueur, il faut s’attendre à rencontrer surtout des corps étrangers allongés, peu volumineux. En effet, c’est une forme qui domine dans le tableau précédent. D’un côté, ce sont les instruments de chirurgie qui présentent cette disposition, de l’autre les instruments de la manie érotique qui s’en rapprochent plus ou moins.

i>e la forme. — Au point de vue de leur forme, les corps étrangers se divisent en réguliers et en irréguliers : ces deux groupes se rencontrent à peu près en proportions égales; mais il s’en faut de beaucoup qu’ils subissent la même évolution. La plus grande partie des corps arrêtés dans l’urètre offrent des irrégularités qui les y fixent tandis que les fragments de sonde, obéissant assez facilement aux forces qui les sollicitent dans un sens ou dans l’autre conservent leur mobilité et peuvent avoir un sort bien différent des premiers. Parmi eux, on doit ranger tous les fragments de sonde en gomme ou en métal qui sont en général abandonnés dans les parties profondes de l’urètre. Au contraire, les corps irréguliers occupent de préférence les parties antérieures et ont été enloncés à la suite de manœuvres honteuses : tels sont les épingles, les aiguilles, les agrafes, les épis, les poinçons, les tiges de bois avec leurs nœuds, etc. Quelques particularités méritent d’attirer l’attention sur ces divers objets : ils sont en général introduits par l'extrémité régulière ou mousse, tandis que l’extrémité antérieure présente les irrégularités; c est ce qui arrive pour les épingles à tête en verre ou autres substances, les épingles «à cheveux doubles, les poinçons et les épis. En réalité, ils ne sont irréguliers qu’autant qu’ils cheminent dans un sens, et parce que les dimensions et la forme du canal sont incompatibles avec leur mouvement rétrograde. J’ai déjà eu 1 occasion d’insister ailleurs sur cette singularité spéciale aux aiguilles, épingles, épis et épillets.

La forme extérieure n’intéresse pas seule le chirurgien, car il y a des conditions physiques qui expliquent quelques anomalies pathologiques. Ainsi les corps creux peuvent, comme on le verra, être beaucoup mieux et plus longtemps supportés que les corps étrangers pleins. Cela tient à ce que, dans une certaine mesure, ils n’empêchent pas le passage de l’urine et partant rendent les accidents moins intenses. Cependant, cette disposition n’a pas autant d’action qu’on pourrait le croire au premier abord, bien qu’elle soit manifeste dans quelques cas.

Volume des corps étrangers. — Après ce que j’ai dit en commençant ce chapitre, si le lecteur a présentes à l’esprit les dimensions oi di-

r>06 TRAITÉ DES CORPS ÉTRANGERS EN CHIRURGIE.

naires du canal de l’urètre, il comprendra que le volume des corps étrangers introduits ou venus de la vessie ne saurait en aucun cas être considérable. Il est presque impossible chez l’homme de dépasser sans déchirure la dilatation obtenue avec les plus grosses sondes deMayor ou Béniqué, et le maximum de la dilatation ne s’obtient pas iacilcment de prime abord, car ce n’est qu’après une longue série de dilatations progressives que ces numéros volumineux, dont le diamètre n atteint pas moins de dix à douze millimètres peuvent être tolérés. Encore faut-il souvent débrider le méat beaucoup moins extensible et qui supporte moins bien cette dilatation anormale. Ce que le chirurgien obtient si difficilement quand il le désire, le masturbateur le provoque insensiblement parles attouchements répétés avec les corps les plus bizarres. Peu a peu, il semble que toute tonicité des tissus disparaisse, et le méat étant agrandi et large, forme chez eux avec la fosse naviculaire une sorte d’entonnoir dans lequel s’engouffrent des corps tels que des fèves, des haricots, une pomme d’api, une fourchette de quatre pouces de long et

six lignes de diamètre.

Observation. - Fourchette dans le canal de l’urètre. - Extraction par la boutonnière. — « En 1785, un homme de 22 ans s’introduisit dans l’uretre une fourchette de la forme de celles que les paysans ont dans le manche de leur couteau de 4 pouces 9 lignes de long et G lignes entre les pointes. Le manche en corne, pyramidal en avait o. Ce corps y était depuis 2 jours. La verge était tendue, enflammée, triple* de volume. On dut la retirer par une incision au périnée. Le malade urina 2 heures apies. Lucrison en 6 jours. ( Journal de médecine, 1786.)

C’est encore à un type de ce genre qu’appartenaient les corps étrangers

de cet individu qui s’était introduit une gousse d’ail et un ressort de montre 1

Quoi qu’il en soit, en dehors de ces exceptions, le type du corps étranger des organes génito-urinaires de l’homme n en reste pas moins un corps long et mince, comme un crayon, un manche de pinceau, un tube de thermomètre, une tige de glaïeul, de saule, etc.

Quelques autres propriétés de ces corps méritent une mention ; entie autres, je citerai la fragilité plus ou moins grande qu’ils présentent, ou leur rigidité absolue. Au point de vue du traitement et de l’évolution ultérieure du corps étranger, il est important de connaître ces particularités. Ainsi, un tuyau de pipe peut se diviser en un grand nombre de fragments, par le seul fait des efforts tentés par le malade pour le retirer, tandis que ces manœuvres n’auront pas le même effet sur un corps souple comme une mèche de coton, un cordon de soulier en cuir ou une sonde

en gomme. 11 est rare qu’un corps étranger fragile par lui-même ne se trouve pas divise dans le canal de l’urètre en plusieurs morceaux, et les tuyaux de pipe ne sont pas les seuls corps de ce genre : à côté d’eux se placent les tubes de verre, les bâtons de cire à cacheter, certaines sondes, etc.

La longueur exerce une grande inlïuence sur cette fragilité et tel corps qui se brise, parce que ses dimensions ne lui permettent pas de redresser les courbures du canal de l’urètre, resterait entier s’il était plus petit. Cette considération de la longueur a une réelle importance, et met sur la voie de certains accidents qu’on ne saurait expliquer que par elle. 11 n’est pas absolument rare de rencontrer dans les organes génito-urinaires des corps étrangers qui ont quinze, vingt, trente centimètres. Les sondes avalées par le canal sont dans ce cas, mais elles ne pourraient pas disparaître entièrement dans la vessie si elles n’étaient souples, flexibles et capables de se pelotonner sur elles-mêmes. Au contraire, un porte-plume dedix-sept centimètres (Bourdon), une branche de bois, etc., ne peuvent pas se comporter de la même manière, et si une partie de leur longueur se trouve dans la vessie, l’autre ne saurait y pénétrer, reste dans le canal de l’urètre et la prostate. De là une évolution ultérieure bien différente. Ces quelques considérations suffisent pour montrer combien la variété des corps étrangers introduits entraîne après elle de conséquences pathologiques. Il faudrait donner à cette partie du travail de trop grands développements pour passer en revue toutes les pai ticularités de la pratique. Je me bornerai à en citer quelques-unes parmi les plus curieuses

Quelques corps étrangers prennent dans la vessie ou l’urètre, surtout dans celle-là, une disposition différente de celle qu’ils avaient primitivement. Ainsi on a vu un crayon en bois formé de deux parties soudées, se diviser en deux fragments; ailleurs il s’agissait d’un petit rouleau de cuir verni qui, introduit roulé, s’était déplié dans la vessie. En connaissant les propriétés physiques du corps étranger, on n’a pas de peine à se rendre compte des altérations de forme qu’il peut subir. Il ne viendra à l’idée de personne qu’un crayon de nitrate d’argent abandonné dans le canal reste intact et on n’en a plus trouvé que des traces au milieu d’une eschare comprenant toute la muqueuse dans un cas rapporté par Dieffenbach.

Outre les fragments qui peuvent résulter de leur division accidentelle, il existe encore des cas de corps étrangers multiples, soit que des individus, malgré les douleurs et les souffrances que provoque la présence

d’un premier corps, n’aient pas été corrigés de leur honteuse passion, soit qu’ils aient fait des tentatives malheureuses. N’a-t-on pas vu plus haut l’histoire de cet homme endurci qui, après l’extraction de deux fragments de ressort de sa vessie, avouait qu’on devait encore y trouver une gousse d’ail. Chose curieuse, il est lort rare que ces individus tassent l’aveu complet de leur turpitude et ils s’exposent par le fait à conserver l’un des corps dans la vessie. C’est ce qui faillit arriver à un malade de Bouisson1 chez lequel on venait de retirer un fragment de bois incrusté de matière calcaire. Le chirurgien, après avoir fait les lavages d’usage, eut la sage précaution d’inspecter la vessie avec le doigt, et en lui faisant décrire quelques mouvements, il se piqua assez fort. Son attention éveillée, il parvint à découvrir et à extraire une forte épingle de laiton. Je connais cinq ou six faits analogues, qui démontrent combien chez certaines natures la passion domine jusqu à la souffrance, car elle peisiste chez eux, alors qu’ils sont à bout de force, dans le marasme, bien qu ils soient arrivés au dernier degré de la cachexie urinaire.

Mais en dehors de cette source, il existe dans la science un assez bon nombre de cas de corps étrangers multiples dans les organes génitourinaires. Tantôt des enfants sans se douter de la gravité de leurs actes, s’introduisent de petits cailloux; tantôt, des adultes, par une abeiration inexplicable, enfoncent eux-mêmes plusieurs corps. Un jeune homme dont il est fait mention dans le mémoire de Morand2, dans un but thérapeutique s’était introduit trois fèves de haricot pour élargir son canal. Elles passèrent dans la vessie où elles devinrent le noyau de trois calculs du volume d’un œuf de pigeon; on dut lui pratiquer la taille. — Enfin, quand les corps étrangers entrent dans les voies urinaires à la suite d’une communication pathologique avec le tube digestif, il n’est pas rare d’y trouver un assez grand nombre de substances alimentaires ou autres, ordinairement peu volumineuses, mais parfois assez giosses, comme des noyaux de pêche, un calcul à noyau, etc. Velpeau en a observé un exemple curieux :

Observation. — Migration d'un corps étranger de l'intestin dans la vessie. — « Un homme âgé d’une trentaine d’années, mourut à l’hôpital de la Pitié d un rétrécisse ment considérable du rectum. A l’ouverture du cadavre, nous constatâmes dans le bassin, l’existence d’une induration sous-péritonéale qui fermait presque > complètement le rectum; une traînée purulente s’étendait au delà jusque auprès du foie. Un calcul du volume du pouce, ayant une épingle pour noyau existait entre l’uretère et le co on ascendant, à 2 pouces au-dessous du rein. L’épingle était située de telle sorte que sa

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