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CHAPITRE V

DU DIAGNOSTIC

Le diagnostic des corps étrangers de l'urètre ne présente pas le plus souvent do difficultés, parce que les malades mettent le chirurgien sur la voie en racontant la vérité ou une histoire plus ou moins fantaisiste sur la nature et l’origine de leur accident. Aussi l’existence d'un corps etranger n’est pas douteuse, mais il n’en est pas de même du Siégé précis, de la nature de l’objet, des conditions d’introduction et souvent meme du temps qui s’est écoulé depuis l’accident. Dans les cas c nrurgicaux, la chose est simple, et presque toujours le fragment de sonce, etc., occupe la portion membraneuse. S’il y a lieu, il faudra toujours se faire représenter par le malade l’autre portion de la sonde

C3SSee : ’ T a ,,une souree de renseignements précieux qui servent pour connaître la longueur du fragment, le mode de cassure et qui, dans le traitement, rend des services en permettant de s’assurer que la totalité

Pour S’éclairer sur la nature des objets divers introduits dans un but u jh que, le médecin doit user d’une grande sagacité, ajoutant foi sans chercher a dementir les supercheries imaginées par les clients pour voiler leur honte. 11 faut qu'il sache sacrifier les renseignements sûr le c de pénétration trop souvent identique pour s’éclairer sur la forme CO! ps C langer, sur ses dimensions, sa composition, sa fragilité. Il meme bien de se faire représenter un objet semblable, parce que d utiles indications pourront résulter de sa connaissance exacte. Cette 1> ecaulion est d autant plus nécessaire que quelquefois les malades ne peuvent pas expliquer d’une façon compréhensible quelle est la forme exacte de 1 objet de leur souffrance. Dans un cas de ce genre, relaté par llergott, un individu s’était introduit une agrafe dans le canal de l’u-

' ; mal.Sre les questions les plus claires, cet homme ne pouvait dire

cou» lient était faite l’agrafe. Le chirurgien eut l'heureuse idée de lui en a ne présenter de diverses sortes, et le malade le tira d’embarras en Ut désignant celle dont il s’était servi.

cathétérïm1011’ lBt ,t0UCher reCta‘ Ct 1,exPloralion ^ canal au -moyen du ■ etc, .SU, e sont les moyens qui suffisent ordinairement pour recon-

'Wit, a présence, !e siege et, jusqu’à un certain point, les propriétés

TRAITE DES CORPS ETRANGERS EN CHIRURGIE. rt

du corps étranger. En raison de la position assez superficielle des deux premières portions du canal, la palpation fournit d’utiles données pour le diagnostic; mais il serait inexact de ne pas signaler son efficacité bien supérieure pour la région pénienne, parce cpie là l’urètre est sous la peau et qu’en passant le doigt de la racine des bourses au gland, celui-ci a la sensation très nette des corps étrangers quand il en existe. Un peu plus bas, elle commence à devenir obscure, surtout si le périnée, déjà tendu et gonflé par la présence du corps étranger depuis un certain temps, ou naturellement par l’existence d’un panicule adipeux exceptionnel (Dieffenbach), ne se laisse pas facilement déprimer. Est-il besoin d’ajouter qu’on ne doit exercer cette manœuvre qu’avec la plus grande prudence, de peur de mobiliser un corps étranger arrêté ou de l’enfoncer dans les parois du canal s’il présente des pointes aiguës.

Si la palpation donne des résultats négatifs, il y a lieu de penser que la portion membraneuse est le siège du corps ; et, pour s’en assurer, il faut pratiquer le toucher rectal. 11 est rare que ce moyen d’exploration ne donne pas de très utiles indications, surtout si on combine avec lui la palpation du périnée, parce que l’un des doigts peut faire saillir par pression l’une des extrémités que 1 autre doigt perçoit mieux.

Enfin, s’il reste quelque doute, ce qui arrive quand le corps étranger

est peu volumineux, assez court, comme une épingle ou une aiguille, on doit explorer le canal au moyen du cathétérisme. A cet effet, on se sert de sondes métalliques d’un moyen calibre, qui transmettent des sensations plus précises. Mais ici la plus grande prudence est de rigueur et

il ne faut jamais perdre de vue ce précepte capital, à savoir qu’on 11e

doit faire l’exploration du canal que si l’autre doigt est dans le rectum, pour surveiller les mouvements du corps étranger et surtout empêcher que poussé par la sonde, il ne vienne à tomber dans la vessie. Et ce n’est pas là une précaution théorique : car pour l’avoir un instant oubliée, des chirurgiens ont vu le corps étranger tomber dans la vessie.

Observation . - Épingle à cheveux poussée dans la vessie. Extraction h V aide d'un Utkotriteu r. - «un homme avait une épingle à cheveux «ta

a,.,;, a’abord neu distante du méat, puis elle passa au pennee. lhompson appelé ue c la à faite l’opération de la boutonnière. 11 introduisit une sonde dans le cana et s ancrent alors qu’il avait précipité le corps étranger dans la cavité vestale. U put 1» retirer avec un lithotriteur : après avoir saisi une des pointes, en tirant J*Ue-ci. l’épingle se redressa, et l’extraction ne présenta pas d autres difficultés. Gucr . (Thompson, The Lancet , nov., 1805.)

Cet exemple fait voir combien le simple oubli d'une précaution en

apparence bien mesquine peut avoir de graves conséquences : car, comme on le verra plus tard, la présence d’une épingle à cheveux dans la vessie est un des accidents les plus sérieux en ce genre ; et le lecteur, en suivant 1 epmgle dans son mouvement de redressement comme dans le cas precedent, se lera une idée des dangers, des incertitudes graves qu’une semblable manœuvre fait courir à la vessie et au canal de l’urètre Jusqu ici j ai suppose que le malade avait avoué l’introduction: mais il en est qui n accusent qu'une dysurie intense sans en faire connaître la somee II faut alors beaucoup de perspicacité, tâcher d’étudier le malade, faire des explorations très prudentes, afin d’éviter des accidents et provoquer les aveux.

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