DÉFINITION. — DÉLIMITATION DU SUJET
sera souvent difficile de limiter cette etude. Je dirai donc c[iie :
Par corps étrangers en chirurgie il faut entendre les substances anormales , solides ou liquides venues du dehors , qui pénètrent dans V organisme ou se fixent à la surface et qui par action de présence ou mécanique modifient les conditions d'existence des parties.
Un grand nombre de substances solides ou liquides de l’économie peuvent dans des conditions anormales jouer le rôle de corps étrangers, mais doivent être éliminées de cette étude. Parmi elles les esquilles osseuses sont celles qui se rapprochent le plus des corps étrangers proprementj dits, et, en raison de l’habitude invétérée de les considérer comme tels, elles méritent une mention spéciale, comme corps étrangers d’origine traumatique.
11 ne saurait en être de même des corps organiques articulaires auxquels il est beaucoup plus juste de donner le nom d ’ artroplujtes ; il n’en sera nullement question dans ce travail.
La division des corps entrois grandes classes, suivant qu’ils pénètrent par les voies naturelles, par effraction ou sont seulement fixés à la surface des téguments apparaît déjà dans la définition. Enfin, les divers auteurs ne semblent admettre comme corps étrangers que ceux qui nuisent à la santé; c’est à mon sens une erreur parce qu’il y en a qui ne causent pas d’accidents. Est-ce qu’une balle qui est tolérée par le cerveau pendant nombre d’années n’est pas un corps étranger au même titre que cette autre qui retarde la cicatrisation d’une plaie? Tout ce qu’il est permis d’avancer c’est que par leur présence ou par action mécanique, ils modifient les conditions d’existence des parties, tantôt en leur nuisant, tantôt sans en compromettre les fonctions.
En résumé, cette étude n’intéresse que les corps de volume moyen, et elle laisse aussi bien de côté les affections produites par les poussières, les vapeurs de tous genres, que les grands traumatismes qu’un corps étranger volumineux comme une grosse pierre, un boulet, etc., peuvent produire. En outre, je ne ferai rentrer dans le cadre que je me suis tracé que les animaux qui pénètrent dans l’économie complètement développés, comme les sangsues, les poissons, etc. Ce n’est pas à dire que ceux qui, comme les lombrics, ténias, etc., évoluent dans l’économie ne puissent jouer le rôle de corps étrangers, mais ce n’est pas à ce titre qu’ils appartiennent à la pathologie humaine et ils agissent beaucoup plus par action vitale que par action mécanique.