Simon, Thèse de Strasbourg
il y a lieu de croire que cette catégorie de causes est plus rare que certains l’ont prétendu.
5° Affections de la paroi. Cette dernière remarque s’applique également aux lésions de la paroi, si l’on en excepte les rétrécissements qui même à un degré très-léger favorisent singulièrement l’arrêt des matières alimentaires ou autres. Dans quelques cas, on a noté la dégénérescence cartilagineuse et osseuse de l’œsophage *. Les paralysies de l’œsophage beaucoup moins bien étudiées et peu connues, apportent dans la progression des matières des troubles graves. Gilson a noté un cas de dysphagie paralytique2.
4° Dan*» l'intérieur du conduit. 11 laut aux causes precedentes ajouter celles qui résultent des altérations aiguës ou chroniques de la muqueuse. On conçoit facilement que des polypes ou autres tumeurs faisant saillie à l’intérieur de l’œsophage en altèrent les fonctions et en réduisent notablement les dimensions. Aussi l’obstruction a-t-elle été , observée et l’on en trouve des exemples dans les auteurs français 1 2 3 4 5 et dans les ouvrages allemands (Môsetig, Billroth). Chez un des malades de Môsetig4, l’obstruction fut produite par des noyaux de fruits accumulés dans un œsophage rétréci. Ce malade mourut d’inanition. Le sort de l’autre ne fut guère plus enviable, puisque la corde à boyau introduite au niveau du pépin de citron arrêté, produisit une perforation du médiastin qui emporta le malheureux vingt heures après. Je citerai encore 1 exemple de Billroth5 qui pratiqua l’œsophagotomie à un enfant qui avait un bouton métallique arrêté au niveau d’un rétrécissement consecutif à l’ingestion, un an auparavant, d’une solution de potasse. Le même auteur dit encore qu’un noyau de cerise, une perle de verre produisirent des accidents semblables dans les mêmes conditions. L’un des enfants chez lequel la cause resta inconnue mourut d’une pleurésie tandis que l’autre ne dut la vie qu’à l’œsophagotomie. On voit par ces exemples multiples quelle fâcheuse influence les affections des parties exercent sur l’arrêt des corps étrangers.
1. Mondière (Arch. gcn. de Med., t. III, 1853. Journal de Gorvisart, t. IV.