TABLEAU DES CORPS ÉTRANGERS DU PHARYNX ET DE L’ŒSOPHAGE
Corps
animés
Corps
étrangers
Corps
inanimés
Z Sangsues.
I Poissons.
1 Salamandres.
j Chauve-souris.
I Anguilles.
\ Grenouilles.
I Os.
Arêtes de poisson.
1 Morceaux de viande, j Fruits et noyaux.
Organiques / Fragments de bois. — Épis de graminées.
j Poumon. — Œuf. — Liège. — Fuseau.
I Jeu de dominos. — Cheville de violon.
I Dragées.
' Gâteau. — Flûte. — Bouchons. — Dents.
' Epingles. — Aiguilles.
Pièces de monnaie, Corps plats et ronds (soucoupe d’enfant. Médailles. Médaille de Mangin). Râteliers ou portions de râteliers,
Couteaux ; ciseaux ; compas ; rasoirs ; lames. Fourchettes; cuillers; anneaux; boucles ; bou- I tons.
Inorganiques / Cailloux; Verre; Fiole de Verre; fragments de verre, de grès, de brique. — Thermomètres. Balles; Barres; Pieds de marmite; Lunettes. Affiloir de charcutier. Plumes, Fil de fer. Chaînons d’airain. — Cachet de plomb; pipes et tuyaux ; diamants; roulette de table.
Biberon ; chapelet; sondes; plâtre; cadenas; i hameçons.
Corps animés. — L’histoire (le ce groupe est aujourd’hui assez complète. La sangsue qui se rencontre accidentellement dans les premières voies à la suite de l’ingestion de l’eau des pays chauds, appartient à l’espèce dite sangsue de cheval, « h«- ». Tous les riverains
de la Méditerranée, dans l’antiquité comme de nos jours, connaissaient la possibilité de semblables accidents, et les recueils périodiques sont riches en curiosités de ce genre. Après les sangsues, viennent les poissons vivants qui ont été observés à plusieurs reprises par des auteurs étrangers. Je n’ai pu recueillir un seul fait en Europe de poisson vivant arrêté dans le gosier, et encore les quelques faits d’origine exotique se rapportent-ils tous à une espèce de poisson qui aüecterait les allures les plus singulières. Ce poisson, auquel les auteurs s’accordent pour donner le nom d’ « anabas scaiitiens », et qui habite les Indes, vivrait également sur terre et dans l’eau. Ce genre de vie amphibie lui permet ainsi de changer de résidence, et, pour faciliter ses pérégrinations, la nature a mis à sa disposition une série de nageoires très-aiguës qui sont ses seuls moyens de locomotion. C’est cet animal bizarre qu’on retrouve dans plusieurs observations, sautant d’un bond dans le pharynx de pécheurs, au moment où ceux-ci voulaient le tuer ou le tenir entre leurs dents.
Quant aux lombries, leur présence dans ces régions n’a rien de trèsinsolite et se comprend beaucoup plus facilement que celle des chauvessouris, anguilles, couleuvres, serpents, salamandres, etc., dont on trouve des exemples rapportés dans divers auteurs anciens et consignés par Mignon l.
Corps iiiitaiimcs. — Les corps organiques dont 1a liste assez longue a été dressée comme la suivante par ordre de fréquence appartiennent en grande majorité à l’ alimentation, et par conséquent ont été introduits involontairement. Les os et les arêtes tonnent a eux seuls un contingent très-considérable.
Mais pour l’importance et la gravité des accidents, ils cèdent le pas aux corps inorganiques qui sont les plus frequents. Quelques-uns étonnent pai leur volume et leurs irrégularités, et ce ne sont pas les moins fiequents. Ainsi Adelman a pu réunir dix-sept cas de fourchettes avalées, et à ce nombre il serait facile d’ajouter quelques autres. D ailleurs, il suffit de jeter les yeux sur ce tableau pour avoir une idée suffisamment précise de l’infinie variété des corps étrangers. Je me suis abstenu de donnci des chiffres, me bornant a indiquer la fréquence relative. Qu il me suffise de dire que cette étude repose sur 1 analyse de près de mille cas de corps étrangers de l’œsophage. Plus d’un tiers d entre eux se signalent à l’attention par quelque particularité bizarre, étiologique ou thérapeutique. On ne peut pas faire de statistique sérieuse avec une aussi lorte