I. Thèse de Paris
PHARYNX ET ŒSOPHAGE
proportion d’exceptions, et, à ce titre comme à d’autres, les statistiques d’Adelman sont défectueuses.
Forme. Ces corps sont réguliers ou irréguliers. Ce sont là des variétés dont l’importance est grande au point de vue des symptômes et surtout au point de vue thérapeutique. Les uns, comme les aiguilles, les épingles, les hameçons, sont arrêtés parce qu’une de leurs extrémités s’engage dans la muqueuse. D’autres, comme les fruits parfaitement réguliers (pommes, châtaignes, oignons), sont arrêtés par leur volume. Aussi faut-il s’attendre à voiries corps les plus petits, être les plus irréguliers; du reste toutes les formes sont représentées, mais les objets aplatis
Fi". 1. — Spécimens de fragments d’os irréguliers arrêtés dans l’œsophage (grandeur naturelle).
Musée du Val-de-Gràce.
dominent. Ce sont des fragments osseux, des pièces de monnaie, des lames de toutes espèces, des fourchettes, cuillers, etc.
Si l’on n’a pas observé, comme dans le rectum, des chopes, des hâtons, de grandes bouteilles, cependant la série œsophagienne est déjà riche en objets volumineux. Témoin les vingt-trois cas de fourchettes, les couteaux ouverts, les clefs, dont le volume est déjà très-grand comparé aux dimensions du conduit. On a dit avec juste raison que l’imagination des personnes qui s’introduisent des corps étrangers n’avait pour limites <pie l’élasticité des conduits; ici, la limite est promptement atteinte, et il y a sous ce rapport une grande dissemblance entre les deux extrémités du tube digestif.
Consistance. Les objets qui se rencontrent dans l’œsophage présentent des variétés infinies au point de vue de la consistance. En général, beaucoup d’entre eux, tels que tendons, fragments de viande, de poumons de bœuf, couennes de lard, qui sont d’origine alimentaire, ont une consistance molle ou demi-molle. 11 en résulte des conséquences intéressantes pour le chirurgien, qui devra s’attendre avoir ces corps fortement impressionnés par les contractions de l’œsophage, remplir uniformément tout le conduit, empêcher toute déglutition, mémo celle des liquides, et déterminer des symptômes de compression. Les fruits, les pommes, châtaignes, oignons, agissent de même à un moindre degré. Mais les choses ne se passent plus ainsi s’il s’agit d’un corps irrégulier. S’il présente des aspérités, la contraction spasmodique du conduit aura pour effet de déterminer uneéraillure de la muqueuse, une perforation même dans certains cas. C’est ainsi que les aiguilles, les os; les poissons, les portions de râteliers se trouvent arrêtés.
Convient-il de parler de la solubilité, de la densité, de la fragilité, etc. de tous ces corps? Ce sont là des considérations peu importantes qui m’entraîneraient hors des limites de cette étude. Tout corps soluble n’est par ce fait que momentanément corps étranger (sucre, dragées, sels, gomme) parce qu’il est lentement dissous par la salive. Quant à la densité et à la pesanteur, elles jouent un rôle très-faible, en tout cas trèssecondaire dans cette question, car la densité est bien peu active à côté de la puissance de contraction de l’œsophage. Cependant quelques auteurs lui attribuent un rôle qu’il est assez difficile de préciser.
Nombre. Le plus souvent, il n’existe qu’un corps arrêté, et cela se comprend en raison des symptômes que provoque la présence d’un seul obstacle. Cependant, on a vu des individus avaler plusieurs corps en même temps ou successivement. Je rappellerai, comme exemples, ces faits malheureux de personnes qui avalent un second corps en faisant des -efforts pour retirer un premier. Quelquefois un grand nombre d aiguilles ont été avalées en même temps, mais, en général, elles déterminent des accidents au delà de l’œsophage, et on les retrouvera dans les portions plus éloignées de l’intestin.
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