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NATURE DES CORPS ÉTRANGERS

Les habitudes des femmes, leurs professions sédentaires expliquent pourquoi la plupart des corps qui ont été extraits de leurs organes uri-

noires sontdes objets dont elles se servent ordinairement pour la toilette, leur métier; tandis que chez 1 homme la liste en est beaucoup plus vaîiée, elle i este plus unilorme chez la femme, avec cette légère différence, cependant, a savoir que les objets sont un peu plus volumineux que ceux de 1 homme. Le type des corps étrangers chez lui sera par exemple un ciayon, une tige de plante, et celui delà femme sera un étui à aiguilles. Les dimensions un peu différentes du canal rendent bien compte de ces divergences légères. Il suffira d’ailleurs, pour s’en convaincre, de jeter un coup d’œil sur le tableau suivant :

Corps étrangers des organes urinaires de la femme.

Corps étrangers venus du dehors par les voies naturelles.

d’origine érotique.

d’origines diverses.

d’origine théra- i „ , , „

peulique. } Sondes de femme diverses.

Étuis, sifflet d’ivoire.

Épingles à cheveux, pomme d’api.

Epingles à tête, cure-oreilles.

Épingles ordinaires , bâton de de cire à cacheter.

Aiguilles, paille de seigle. Passe-lacet, chandelle de cire.

Crayons, porte-plumes, petiL fuseau d’ivoire.

Morceaux de bois, etc.

Manche de moutardier, etc.

Manche de brosse à dents, fourchette, etc.

Aiguilles.

Paquet de fils de fer.

Cailloux.

Fragments de brique.

Corps étrangers ( r . .

venus du dehors) ''ommunications anormales avec l’utérus, l’intestin, par voies acci- j ou.des produits pathologiques; traumatismes : os, dentelles. ( Poils’ balles, noyaux, etc.

Ce qui caractérise tous ces corps étrangers, surtout ceux qui ont été introduits dans un but lubrique, c est la prédominance d’un des diamètres sur l’autre. Presque tous sont longs, peu larges, réguliers, lisses et polis à leur surface pour éviter toute lésion des organes. On ne les rencontre jamais bien volumineux, et les petits et ovoïdes résultent pour la plupart de communications accidentelles entre la vessie et les organes voisins, comme les os informes ou les débris fœtaux. Les premiers seront l’objet d’une étude toute spéciale, tandis que les derniers n’intéressent le sujet qu’indireclement. D’ailleurs ils ont les mêmes symptômes, les mêmes modes de traitement.

D’une façon générale, leur longueur n’est pas très considérable et,

sous ce rapport, ils diffèrent de ceux du canal de l’homme. Les plus longs sont des crayons de dix on douze centimètres, des aiguilles d’ivoire, des tiges de bois, etc., dans le groupe d’origine érotique. Les sondes de femme ne mesurent pas moins de dix à douze centimètres et il en existe plusieurs exemples.

Au point de vue de la forme et de la régularité, il y a entre eux des différences très grandes ; mais presque tous présentent une de leurs extrémités mousse ou polie qui était introduite la première dans le canal. Certains porte-plumes métalliques réalisent bien ce type. Quelques-uns sont pointus à l’un de leurs bouts, sans qu’on puisse s’expliquer autrement cette précaution que par l’intention de provoquer une irritation plus grande. Ailleurs, et ces faits ne sont pas très rares, certaines biles attachent à la partie moyenne ou à une des extrémités de l’objet de leur passion un fil dont l’usage est loin d’être difficile à devenir. Ainsi Steel a retiré de la vessie d’une femme un étui en ivoire avec un bout de fil lié autour de son milieu b Une jeune mère se servait d'un bâton pointu attaché à un fil, etc. Cette disposition existait déjà pour quelques corps étrangers de l’homme, et je crois qu’il faut voir là l’effet d’une précaution, ou de la crainte, ou peut-être d’une expérience antérieure.

Les corps étrangers les plus irréguliers sont assurément les épingles à cheveux doubles qui, introduites par leur portion convexe, passent en entier dans le canal ou la vessie. Elles présentent deux pointes irritantes très dangereuses qui s’implantent un peu partout et contribuent beaucoup au développement de complications sérieuses. A un degré moindre, les aiguilles ordinaires présentent les mêmes caractères.

Parmi les nombreuses considérations auxquelles pourrait donner lieu l’étude des propriétés de ces corps étrangers, il faut encore noter leur flexibilité ou leur rigidité surtout intéressantes au point de vue thérapeutique. Les uns, en effet, se laissent facilement ployer, comme les épingles ; d’autres se cassent immédiatement, comme les aiguilles, la cire à cacheter; d’autres enfin par leur rigidité (fer, ivoire) s’opposent à toute action. Ceux qui sont en bois, comme les crayons, ou d’origine végétale (tiges de plantes, pailles), peuvent être facilement coupés : de là l’idée d’un mode de traitement particulier adopté par quelques chirurgiens.

Quant au nombre, il est assez rare de se trouver en présence de corps étrangers multiples ; et ces cas appartiennent presque exclusivement aux

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