PHÉNOMÈNES CONSÉCUTIFS. — TERMINAISONS. — COMPLICATIONS
Incrustation . Formation de calculs. — La plupart lies corps étrangers qui séjournent dans la vessie de la femme ou dans l’urètre se recouvrent au bout de peu de temps d’incrustations calcaires, dont les dépôts successifs et lents aboutissent à Ja formation de calculs à noyaux.
Le mécanisme d’après lequel se produisent ces concrétions est en tous points le même que pour les corps étrangers des organes urinaires de l’homme, et je ne reviendrai sur ce qui a été dit à leur sujet que pour faire connaître quelques petites différences dans la forme et dans l’évolution de ces calculs. Ainsi les concrétions ovoïdes sont assez rares, parce que la plupart des coip> étrangers sont allonges et que les dépôts se forment de préférence au milieu de la longueur, surtout si les deux extré-
”2. — Calcul formé à l’extrémité d’un crayon qui a longtemps séjourné dans la vessie d’une femme. ( Bulletin de thérapeutique , 185u, p. 261.)
mités appuient contre les parois ou les traversent en partie ; presque tous appartiennent au type fusiforme et sont embrochés par l’aiguille, le porte-plume, etc. Les ligures de quelques spécimens de ce genre donnent une juste idée de leur volume et de leur forme. Quelquefois ils affectent une disposition assez curieuse également signalée sur les calculs sans noyau : il s’agit d’une dépression circulaire qui correspond au point où le col de la vessie vient presser sur le calcul, quand le corps étranger est en partie dans l’urètre. Cette disposition existait dans un cas observé par Passaquay.
Le volume des calculs fusiformes peut être assez considérable; Patis*
sicr1 a retiré de l’urètre d’une fille de cinquante ans un calcul du poids de plus d’une once, formé dans le canal autour d’une épingle double qui y avait été introduite trois ans auparavant. Dans un autre fait rapporté par Jobert, un crayon avait pénétré dans la vessie, et un énorme calcul s’était formé à l’iine de ses extrémités, tandis que l’autre, qui était naturelle, avait perforé la vessie et le vagin. Le corps étranger ne mesurait pas moins de 9 centimètres. Une fille dont l’histoire est relatée dans la thèse d’IIybord avait depuis longtemps une épingle à cheveux qui devint calculeuse. Au moment de son extraction, les deux extrémités pointues de l’épingle double faisaient seules saillies au dehors de la masse lithique, comme les deux cornes d’un escargot. Les exemples de corps étrangers pelotonnés sont beaucoup plus rares chez la femme que chez l’homme, ce qui tient à leur peu de longueur; mais cependant il eu
existe quelques-uns qui concernent des cheveux ou poils, provenant de kystes ovariques vidés dans la vessie et qui sont devenus les noyaux de calculs.
La forme fusiforme, analogue au calcul retiré par Bouisson (fig. 7o) est la plus commune ; on voit aussi la disposition en massue, surtout quand il y a eu perforation de la vessie par une de ses extrémités.
Observation. — Calcul fusiforme autour d'une aiguille d'ivoire. — On trouve dans les Actes de Leipsig (1700) l’histoire d’une aiguille d’ivoire qui avait été introduite dans la vessie d’une femme. Insensiblement une des extrémités avait perforé les parois et était venue faire une saillie anormale sous les parois de 1 abdomen, a 1 hypogastre. On lit une section sus-pubienne neuf semaines après son introduction et on retira un calcul vésical en massue ; l’autre extrémité était lisse et polie.
On a vu les deux extrémités d’un brin de paille retiré de la vessie d’une femme recouvertes de concrétions calculeuses. Quand le calcul est devenu un peu volumineux, il est assez fréquent de voir se former à côté de lui d’autres petites concrétions secondaires, qui séjour-