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Traite de l'affection ealculeuse, p

l’attendait à la porte sommer un chirurgien de la débarasser, séance tenante, d’un étui qu’elle s’était quelque temps auparavant introduit dans ses habitudes solitaires. Le plus souvent, les commémoratifs ne servent qu’à égarer le médecin. Mais il faut tenir compte des histoires imaginaires que débitent les parents et les filles avec une prolixité intarissable.

Comme pour l’homme, on doit tout accepter et n’avoir en vuè que deux choses : le corps étranger et les accidents. Tout le reste n’est que futilité; d’ailleurs le médecin peut sans crainte d’erreur trancher à part lui la question d’origine, qui est presque toujours la même. Quelquefois les symptômes, la nature des douleurs, l’état des urines amènent sur la voie du diagnostic, font découvrir l’origine réelle et cachée des accidents.

Il faut ensuite explorer avec soin les organes génito-urinaires, palper et percuter l’abdomen, s’informer des troubles de la menstruation, pratiquer le toucher vaginal, le toucher urétral, au besoin le toucher rectal. Quand le doigt-pénètre facilement dans l’urètre, il y a beaucoup de chances pour qu’on se trouve en présence d’une fille adonnée à la masturbation mécanique. Enfin le chirurgien devra encore sonder, en se servant d’une sonde en argent. Si le corps étranger est en métal, on pourra avoir, comme cela est arrivé à Bouchacourt, un son métallique; en tous cas, l’instrument donne la sensation bien marquée d’un corps étranger. Le toucher simultané du vagin et l’exploration de la vessie à l’aide de la sonde et de la palpation abdominale, peuvent rendre quelquefois d’utiles services.

L’emploi de la sonde n’est pas toujours suffisant et ne donne pas sur le siège, la position, etc. du corps étranger des renseignements aussi précis que le doigt ; aussi est-il recommandé, quand la chose est possible, d’explorer la vessie avec l’indicateur ; et pour cela, on fait une dilatation préalable à l’aide d’un spéculum auris (Passaquay, Monteil) ou à l’aide du doigt auriculaire auquel succède l'indicateur.

En utilisant la grande dilatabilité de l’urètre on peut assez facilement, surtout chez les personnes qui ont déjà le canal élargi par leurs manœuvres, examiner la vessie, reconnaître la position, le siège, la situation du corps et baser sur ces données précieuses une thérapeutique rationnelle et sûre.

En résumé, il faut se servir des commémoratifs, quand ils existent, du récit des symptômes et surtout de l’exploration médiate et immédiate.

Malgré cela, des erreurs ont été commises ; mais elles ne peuvent longtemps en imposer à un chirurgien qui examine avec soin les organes. L observation suivante est peut-être unique dans son genre.

Observation. Confusion avec une grossesse. Corps étrangers clans la vessie , par Thomas Whitéside.— Une jeune fille de dix-sept ans, non réglée depuis le S février et renvoyée de sa place au mois de juin, comme étant enceinte, est admise à The hospital for Women. L’aspect général était bon, l’abdomen plus développé qu’il ne l’est chez Ils jeunes filles , les seins étaient volumineux cl les mamelons durs étaient entourés par une auréole sombre, bien marquée ctparseméede follicules hypertrophiés. La glande mammaire ne fournissait pas de lait.

t Depuis la cessation des règles, il y avait eu, à certains moments, de l’incontinence d’urine, et celle-ci n’était jamais rendue que par petite quantité; du reste la miction n était pas douloureuse. Il y avait eu des vomissements répétés à certaines époques. Uiine tiouble, coloiéc, épaisse, aicaline, albumineuse et exhalant une très mauvaise

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Fig. 76. — Manche de brosse à dents recouvert de dépôts calculeux trouvé dans la vessie d’une

jeune lille. ( The Lancet , 1874.)

odeur. Densité 1055. La malade n’avait jamais rendu de graviers. La palpation et la percussion, malgré les signes de grossesse mentionnés plus haut, firent constater que l’utérus n’avait pas augmenté de volume. Mais l'introduction d’un cathéter dans la vessie fit reconnaître l’existence d’un calcul volumineux. Le doigt pouvait ctre introduit pat 1 urètre jusque dans la vessie, dont les parois fortement contractées empêchaient de contourner le calcul. La malade étant chloroformée, le calcul fut saisi avec un brisepierre, mais les couches superficielles seules purent être broyées. Elles entouraient un corps étranger très dur dont une des extrémités était engagée dans un cul-de-sac qui répondait approximativement au tiers interne du ligament de Poupart. Ce corps étranger ne put être extrait qu’avec beaucoup de peine par l’urètre : c’était un manche de brosse à dents dont le dessin grandeur naturelle accompagne l’observation. La jeune fille ne voulut donner aucune explication au premier moment. Plus tard, elle prétendit qu elle s’était plusieurs fois servie de cet instrument pour faire cesser une rétention d urine et qu’un jour il avait été entraîné dans la vessie.

Les suites de l’opération furent simples : les règles revinrent au bout de vingt-cinq jours pour la première fois depuis sept mois. Depuis elles sont venues régulièrement.

Le calcul renfermait de Purate d’ammoniaque, de la xantliine, du phosphate de chaux et du phosphate ammoniaco-magnésien. The Lancet, 24 janvier 1874 C I, p. 427. (Fig. 76.) ' •

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