CHAPITRE VIH
TRAITEMENT
Deux grandes méthodes comprennent Ions les procédés particuliers qui ont été mis en usage pour extraire les corps étrangers de l’urètre et de la vessie. Ce sont : l’extraction par les voies naturelles; l’extraction par les voies artificielles. Grâce à la dilatation facile de l’urètre, à sa brièveté, la méthode d’extraction naturelle tend tous les jours à se généraliser, et les indications de l’extraction par la taille tendent de plus en plus à se restreindre. Comme un grand nombre des procédés sont à peu près les mêmes que pour l’homme, je ne ferai qu’indiquer leur mode d’emploi.
§ J. Extraction par les vuies naturelles.
Après avoir déterminé avec soin la position du corps étranger, il est nécessaire, avant de pratiquer l’extraction, défaire un certain nombre de
manœuvres préparatoires indispensables, qui sont : la dilatation du canal, le déplacement du corps étranger s’il est fixe, des injections, etc.
La dilatation est de toutes la plus, importante, et, à vrai dire, constitue une méthode particulière. Elle est fondée sur l’élasticité de l’urètre, qui se laisse facilement dilater, lentement ou brusquement, au point de pouvoir livrer passage à des corps même assez volumineux. Qu’il suffise de
Fig. 77. — Dilatateur pour l’urètre de la femme.
rappeler ici l’exemple de cette femme observée par Mayer, chez laquelle l’urètre était devenu assez large pour que le coït se fit dans cet organe
en l’absence du vagin. La dilatation appliquée au traitement des corps étrangers de la vessie de la femme était déjà employée par Franco en 1075; Molinelli s’en est servi pour extraire une aiguille d’os; Laclièze, en 1 751, pour retirer un cure-oreille. Plus récemment, elle a été vantée et periectionnée par Tolet, A. Cooper et, de nos jours, la dilatation
compte de nombreux partisans, parmi lesquels en Angleterre Bryant est un des plus fervents.
Fig. 78. — Dilatateur urétral de Mathieu, à quatre branches.
Il y a deux manières de faire la dilatation de l’urètre, lentement ou brusquement. Toutes deux ont leurs indications suivant les cas, mais la majorité parait donner aujourd’hui la préférence à la dilatation lente. Quand on veut l’employer, on introduit dans le méat de l’éponge préparée, une tige de laminaire, de la racine de gentiane, ou bien on fait une dilatation successive au moyeu de sondes de plus en plus volumineuses.
La dilatation rapide s’obtient à l’aide d’instruments ou du doigt ; les instruments employés de préférence sont les spéculums divers, surtout ceux du nez et de l’oreille, de l’anus, les dilatateurs de tous genres. Le dilatateur de Dolbeau rendrait certainement de grands services; il ne faut pas pousser la dilatation au delà cl e trois centimètres. En Angle-
terre on se sert beaucoup de la pince dilatante de Weiss ( T/iree pronged B eiss's forceps). En Allemagne et à l’étranger, on fait usage à cet effet, du dilatateur gradué de Simon d’Heidelberg qui permet d’obtenir une dilatation de 0m,02. En Amérique cette méthode est très employée. Jewett obtint, par le seul fait de l’introduction du doigt1, une rupture de l’orifice vésical qui lui permit d’extraire de la vessie d’une tille de quinze ans une aiguille à crochet profondément fixée dans les parois.
Le doigt est presque toujours suffisant, surtout si on commence par introduire le petit doigt, préalablement graissé, qu’on fait tourner en vrille, lentement, et auquel, au bout d’un certain temps, on substitue l’indicateur.