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Gaz. des hôpitaux, 1854, p

CORPS ÉTRANGERS DE l/OREII.LE.

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UJAPJiRE III

nature DES CORPS ÉTRANGERS DE L'OREILLE.

Le tableau vivant basé sur les propriétés physiques les plus rssenlielles, donnera une idee de la variété des corps étrangers de l’oreille.

Animés.

Corps

■étrangers. \

Durs et inaltérables!

Réguliers.

Cassants.

Inanimés /

[Organiques

altérables.

Perce-oreille.

Mouche.

Puces.

Punaises.

Grillon .

Coccinelles.

Yule (mille-pal tes).

Dents.

Cylindres de graphite.

Roule d’étain, de cuivre.

Petit plomb, balles de plomb.

Boulons de nacre.

Billes,

Grain de corail, etc.

Verre .

Perles de verre.

Coquillages.

Bouton de porcelaine.

Tête de poupée.

Haricots, l’ois secs.

Grains de café.

Roulettes de papier, de pain.

Noyaux de cerises, de prunes.

Graines d’Amérique.

Grains de chapelet.

Sucre.

Pépins de fruits.

Moelle de sureau.

Chatons de hêtre.

Grains d’avoine.

Mous, peu-] — de blé.

vent être ( Epis d’orge, coupés. / de blé.

Irréguliers.)

. Epingle, aiguilles.

Rigides S Virole de porte-plume en fer

Plomb fondu.

Mllel de corset, etc., etc.

Cette classification, basée sur les propriétés physiques, répond aux idées émises par Tillaux, Duplay, d’après des vues un peu différentes.

L’importance de la division des corps étrangers en animés ou inanimés n’échappera à personne; mais elle intéresse beaucoup moins le praticien que les subdivisions qui sont fondées sur les propriétés physiques de la substance. C’est surtout au point de vue thérapeutique que ces distinctions ont une réelle valeur, car l'intervention diffère suivant que le corps est régulier, ou non. Même parmi ceux qui affectent une forme géométrique plus ou moins nette, il faut encore établir des catégories basées sur la consistance, l’altérabilité, la dureté, etc., parce qu’elles donneront lieu plus tard à des indications spéciales qu’il importe au chirurgien de connaître.

Je passerai en revue quelques-unes de ces propriétés physiques des corps étrangers, dans le but de mieux faire comprendre leur mode d’action, leur évolution ultérieure, les accidents qu’ils provoquent et jusqu’à un certain point de faire entrevoir la thérapeutique rationnelle qui convient à chaque classe.

Les corps étrangers animés sont assez rarement observés, et on compterait facilement le nombre des observations éparses dans les auteurs. Il y a lieu de penser que beaucoup de ces faits restent ignorés, en raison de leur simplicité et de l’efficacité des plus simples traitements. Malgré cette rareté relative, je ne crois pas qu’on puisse, comme Sockeel 1 . affirmer qu'il n’existe dans les auteurs aucune observation de celte nature : ordinairement les insectes sont assez petits, comme les mouches, les punaises; dans quelques exemples, leur volume mérite d être signalé. Ainsi la yule (mille pattes) qu’une mère retira de 1 oreille de son enfant, mesurait plus de deux centimètres de longueur et 1 humble grillon n’en est pas moins, eu égard aux dimensions du conduit auditif, un corps étranger volumineux.

Ces insectes agissent de plusieurs manières, non seulement comme corps irritants, mais encore par les mouvements de leurs pattes el de leurs ailes qui produisent une irritation excessivement vive de la membrane du tympan et, du conduit auditif. Tantôt ils meurent promptement, tantôt au contraire, ils continuent de vivre dans ce milieu et leurs efforts accroissent les accidents.

Les corps inanimés irréguliers se divisent eux-mêmes en trois classes suivant qu’ils sont durs et inaltérables, cassants et friables, enfin orga-

1, Thèse de Paris, 1868,

niques et altérables. 11 est évident que les premiers se trouvent dans des conditions beaucoup plus favorables que les autres pour être bien tolères, parce qu ils 11e changent pas de volume. De plus il est rare qu’ils remplissent complètement la lumière du conduit, car celui-ci n est pas régulier, et sa coupe présente la forme d’une ellipse. Ce fait n’est pu?' indilfér eut, car le médecin pourra passer entre la paroi inférieure ou supérieure et le corps étranger un instrument extracteur. Les petites balles de plomb, les dents, les grains de corail, etc., appartiennent à cette catégorie.

tait necessane de lan^ci dans une classe particulière les corps friables parce qu’il faut leur appliquer un traitement approprié qui ne convient qu’à eux seuls et qui permet de les extraire sans les briser, ou en assurant la protection des parois. A celte classe appartiennent les objets en verre, en porcelaine, les coquillages, etc.

Le groupe des corps d’origine organique et altérable est très intéressant en raison des changements qui surviennent dans leur volume et leur consistance. Ce sont surtout des graines susceptibles d’absorber les humidités du canal auditif et qui en s’imbibant augmentent de volume au point de remplir complètement toute la lumière du conduit et de provoquer des accidents de compression. Les haricots, les pois, les grains de cale, sont les types les plus parfaits de ce genre. Non seulement ce phénomène est intéressant au point de vue de l’aggravation des accidents produits, mais encore il crée des indications thérapeutiques nouvelles; il 11e reste plus en effet de pertuis inférieur ou supérieur pour le passage des instruments extracteurs et pour faire pénétrer l’eau des injections.

L imbibition agit encore d’une autre façon sur les corps plus durs ou plus mous, comme les noyaux de fruits, les grains de chapelet, les boules de papier, de mie de pain. Tous se gonllcnt sous J’influence de ce phénomène; tandis que les noyaux augmentent de volume en conservant leur dureté, les derniers se ramollissent en même temps qu’ils s’imbibent. D’ailleurs, il ne faut pas oublier que ce phénomène est essentiellement lent, car le conduit auditif ne contient pas primitivement d humidités et ce n’est qu’au moment où l’inflammation et l’exsudation surviennent (pie ce gonflement devient très sensible. Toutes choses égales, sa marche est beaucoup plus lente pour les noyaux de fruits, etc., que pour les graines sèches. Jamais celte imbibition 11e va jusqu'à la désagrégation comme pour les corps étrangers des voies aériennes, et il est facile de comprendre (pie, dans les conditions actueWes. le corps est moins bien placé pour subir celte évolution.

Enfin les corps irréguliers, organiques ou inorganiques, agissent surtout par leurs aspérités qui, en blessant les parois du conduit, peuvent s’implanter solidement ; les épingles, les aiguilles, les grains d’ivoire etc., appartiennent à cette catégorie. J’ai cru utile d’établir une distinction entre eux, fondée sur leur rigidité et sur la possibilité de les fragmenter, parce que cette solution est une des plus naturelles qui seprésente à l’esprit du chirurgien. En parlant du traitement, l’utilité de cette division sera encore mieux justifiée, et je me bornerai ici à constater que quelques uns de ces corps sont assez longs, eu égard aux dimensions du conduit, (épingles, aiguilles, épis), que d’autres affectent des formes très, irrégulières, comme par exemple le plomb fondu, le plâtre durci.

Enfin, il faut ajouter que quelques uns de ces corps sont susceptibles d’ètre brûlés, car on verra que cette propriété a été utilisée par quelques chirurgiens, pour débarrasser l’économie de certains corps étrangers de l’oreille (Yoltolini).

Siège, mobilité, fixité. — La plupart des corps siègent dans le conduit auditif externe; quelques uns agissant à la façon des corps par effraction, pénètrent d’emblée dans l’oreille moyenne. Rien n’est plus facile à comprendre que du plomb fondu puisse ainsi traverser immédiatement la membrane du tympan. Mais ce sont là des exceptions que je signale chemin faisant, et j’ajoute que les autres corps ne pénètrent que secondairement dans la caisse, soit par l’effet d’un travail d’ulcération par pression, soit par rupture mécanique, soit enfin par suite de l’inflammation.

Au moment où les malades se présentent au médecin, le siège occupé par le corps introduit est toujours assez profond; plusieurs raisons rendent compte de ce fait. D’abord les personnes, au début, portent instinctivement la main à l’oreille, et l’effet fatal de cette manœuvre est de pousser plus avant un corps qui n’était qu’au méat. Quand le doigt ne peut plus rien pour leur permettre de faire des essais d’extraction, il n’est pas rare de les voir s’adresser à des cure-oreilles, à des allumettes, des épingles à cheveux. Ce dernier instrument est surtout employé par les mères quand ce genre d’accidents arrive à leurs enfants. Quel que soit le moyen employé, le résultat est trop souvent le meme, et ces manœuvres inconsidérées aboutissent à l’enfoncement du corps, s’il est mobile et régulier. Quand des malades, des personnes étrangères ou même des médecins s’obstinent à vouloir extraire sans précautions suffisantes, les corps étrangers qui exigent des indications spéciales, ceux-ci ont pu crever la membrane du tympan, s’enchasser dans son épaisseur ou même

lomber dans la caisse. Ces faits sont assez fréquents, et tons les auteurs qui ont écrit sur la matière en rapportent des exemples sur lesquels je reviendrai en parlant du diagnostic.

Parmi les corps qui siègent dans le conduit, les uns sont fixes, les autres mobiles ou doués d’une certaine mobilité. Tous les corps volumineux, en meme temps un peu irréguliers sont immobiles ; mais la fixité s’observe surtout pour les corps pointus et durs comme les épingles, les épines, les aiguilles, les groins d’avoine, dont les pointes s enfoncent en des points opposés de la paroi; les rebords tranchants de coquillages, de dents etc., favorisent encore l’enclavement d’un certain nombre ; enfin, les graines ou noyaux susceptibles de se gonfler par 1 humidité, par la pression qu’ils exercent sur la paroi ne jouissent d’aucune mobilité. Cependant, avant celte imbibition certains corps peuvent encore être déplacés dans un sens ou dans l’autre, et l’esprit conçoit que la mobilité et la fixité doivent varier suivant le volume, la tonne, la consistance, les manœuvres qui ont été entreprises.

Ouel est le degré de mobilité ou de fixité des insectes? en général ils sont assez mobiles en dehors des mouvements qu’ils peuvent exécuter avec leurs pattes et leurs ailes pendant leur vie. Quelques uns d'entre eux agglutinés par le cérumen n’ont pu être extraits entiers, mais il y a tout lieu de croire que l’animal ne se fixe pas solidement à la paroi.

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