ACCIDENTS CONSÉCUTIFS, — COMPLICATIONS
Quand ils existent, les accidents consécutifs succèdent aux précédents, ou bien apparaissent d’emblée après une période d’indolence plus ou moins longue. Les uns ne sont que l’exagération des symptômes primitifs dus a la présence ou à l’action mécanique des corps introduits; d’autres, d’origine inflammatoire, amènent des otites, et des otorrhées qui ne restent pas toujours limitées ; enfin, les troubles de compression peuvent s’étendre aux organes voisins et des accidents cérébraux graves ont été quelquefois la conséquence du séjour prolongé. Dans un paragraphe spécial j étudirai les lésions et les accidents produits par les corps piquants ou poussés avec force et qui déterminent des perforations de la muqueuse du conduit, du tympan et séjournent dans la caisse.
Les troubles fonctionnels du début persistent, mais les symptômes subjectifs sont souvent modifiés. Tantôt, après une période de douleur qui varie entre quelques heures et quelques jours, la souffrance se calme, tontôt au contraire elle persiste et devient le premier symptôme de l’inflammation, l’accident le plus fréquent cl le plus sérieux des corps étrangers de l’oreille.
Accidents inflammatoire*. — La persistance et l'exacerbation de la douleur sont accompagnées d’un gonflement qui ne tarde pas à envahir tout le conduit rétréci notablement, rouge* tendu et très sensible à la pression. Le malade perçoit une chaleur intense dans la partie. En même temps, l’état général qui jusque là n’avait pas été înléiessc* s altéré ; le malade a des frissons, de la cépbalagie persistante,
de l’anorexie, un état de malaise indéfinissable aboutissant à une lièvre intense. Tous ces accidents évoluent en quelques jours et on ne tarde pas a voir un suintement par le méat auditif, d’abord séreux qui s’épaissit de plus en plus, devient purulent. L’otite externe passe à la suppuration ; pendant que ces modifications surviennent dans l’état local, les accidents généraux ne cèdent pas sensiblement, parce que la cause persiste et que l’inflammalion du canal est par son essence longue et rebelle. Peu à peu, l’écoulement de l’oreille augmente pendant que les accidents généraux diminuent, ce qui caractérise le passage de l’affection de l’état aigu à l'état chronique. C’est le plus souvent sous cetle forme que l’affection se présente au chirurgien. Sur 77 cas, Mayer a constaté la suppuration du conduit et l’otite quinze fois. Dès que la suppuration est établie, elle est insensiblement plus ténue, sans perdre des qualités ordinaires du pus du conduit auditif remarquable par sa fétidité et sa décomposition rapide.
Localement, il se produit un gonflement très marqué; la muqueuse ne tarde pas à former un bourrelet en avant et en arrière du corps étranger qui se trouve ainsi enchâssé, d’autant plus fortement, que par sa nature celui-ci est susceptible de se gonfler et d’augmenter de volume. La pression un peu longtemps prolongée, donne lieu à la formation d’ulcérations partielles ou occupant toute la circonférence du conduit. Mayer a noté cinq fois ces ulcérations du conduit. Jusqu'ici je n’ai pas tenu compte de la position du corps, mais, quand il existe un certain espace libre entre la membrane du tympan et le corps, il arrive que la suppuration de celte portion enflammée ne peut pas se faire jour au dehors, d’où résultent une aggravation des symptômes, une douleur excessive qui, comme le fait remarquer Desprès, cesse parfois subitement sans qu’on se l’explique, et sans changement dans la position des corps étrangers. Dans ce cas, la tension est sensiblement diminuée par la rupture du tympan.
Ces accidents inflammatoires peuvent se terminer de deux façons différentes, suivant que la lésion reste localisée, ou suivant qu elle se propage aux organes et aux parties voisines. Dans le premier cas, peu a peu la suppuration devient chronique, dure pendant de longues années sans changements notables, et reste susceptible d engendrer des complications plus ou moins graves. Les choses ne se passent pas avec la même bénignité dans le second cas, et, au bout de peu de temps, si l’art n iu-