CHAPITRE PREMIER
DIVISION — ÉTIOLOGIE
Les lusses nasales sont < j 1 1 e 1 < | n o t o i s un lieu de séjour des corps étrangers, et ils peuvent y pénétrer par des voies différentes. Les uns sont introduits accidentellement par les narines, d’autres refoulés dans l’arrière-cavité des losses nasales pendant la déglutition par une expiration brusque ; enlin il en est qui entrent par quelque ouverture accidentelle des parois à la suite de traumatismes récents ou éloignés. Dans cette partie, il ne saurait être question que des deux premières variétés, cette dernière appartenant naturellement aux corps étrangers par effraction. D’ailleurs, sauf un petit nombre de laits, les corps étrangers poussés violemment siègent dans les cavités des sinus maxillaires et frontaux, tandis que les diverticules des fosses nasales ne sont qu’exceplionnellement le siège des corps entrés par les voies naturelles.
La plupart des corps des fosses nasales sont introduits par les narines, et presque toujours dans des conditions identiques qui ont beaucoup de rapport avec celles du conduit auditif. En effet, cet accident est surtout observé sur des enfants qui sont victimes de la fâcheuse habitude d'enfoncer leurs jouets ou tous les corps qu’ils tiennent dans les orifices naturels de la tète. C’est donc dans le jeune âge que cette affection se rencontre le plus souvent ; mais elle n’est, pas toujours le résultat de cette habitude. On a vu un traumatisme être l’origine de l’introduction de corps plus volumineux et surtout plus longs que les précédents; ils peuvent s’enfoncer dans les fosses nasales, y produire clos dégâts plus ou moins graves sans aucune trace de lésion extérieure. Legouest, LaiVey et d’autres chirurgiens ont signalé des faits de ce genre qui résultaient le plus souvent d’une rixe. Il n'est pas jusqu’aux projectiles de guerre qui
n’aient pu pénétrer dans les fosses nasales sans déterminer de plaie comme le prouve l’exemple suivant :
Observation. — Frayaient d'obus dans les fosses nasales entré par les narines sans plaie extérieure. — Un homme entre dans le service de Desnos pour une bronchite; on s aperçut qu il avait de l’ozène. L’exploration rhinoscopique fit reconnaître à la partie supérieure de la cloison du nez un corps noir, dur, légèrement mobile, oui lut considéré comme un séquestre et arraché avec une pince. C’était un éclat de plomb de ,) centimètres dans tous les diamètres, provenant du manchon d’un obus Le malade raconta qu’à une des batailles delà Loire, en 1870, un obus était tombé à coté de lui; à ce moment il avait senti quelque chose le frapper au visage et il avait saigné du nez. il crut que c était de la terre projetée par l’obus. Depuis lors il avait toujours eu de la peine à respirer par les narines, et il se plaignait d'un écoulement sanieux continuel. Le fait le plus curieux est que ce fragment avait pénétré dans le nez sans produire de plaie extérieure et s était logé a cheval sur la cloison après l’avoir perforée. Tout autour les bords étaient noirâtres, colorés par du sulfure de plomb.
Lu cl c* h o 1 s de cgs couses, lo thérapeutique chirurgicale peut expliquer 1 existence d un certain nombre de corps étrangers. Ainsi Chassaignac a cité le cas de pénétration d’une canule de plomb qui servait à dilater I oi i fî ce des losses nasales atrésié et qu il lut impossible de retirer comme à l’ordinaire, par suite de sa disparition dans la cavité. Vidai de Cassis cite aussi le lait d un tampon de charpie dont on s’était servi pour arrêter un épistaxis rebelle et qui, perdu et oublié à la partie postéro-supérieure des fosses nasales, y détermina des accidents très graves et même la mort. Je n ai pu en remontant à la source première trouver ce fait bien exceptionnel1.
De même que dans le conduit auditif, on a quelquefois rencontré des insectes dans les fosses nasales; ils avaient été en partie aspirés, ou avaient pénétré spontanément. Mais ces faits sont rares, parce que la sécrétion naturelle et l’irritabilité normale du conduit sont deux particularités qui s’opposent à l’introduction des animaux dans cette cavité. Aussi faut-il regarder comme une curiosité qui n’a pas peut-être de pendant dans la science, ce lait de Maréchal de Metz, qui a vu un scolopendre entré par les narines, et logé dans un des sinus frontaux.
J ai dit plus haut que les corps étrangers pouvaient encore pénétrer dans les fosses nasales par le pharynx. C’est de cette façon que des sangsues avalées pendant la déglutition de l’eau, ont pu se fixer au pharynx et cheminer dans l’arrière-cavité des fosses nasales. Quant aux substances inertes, plusieurs fois elles se sont trouvées projetées dans les losses nasales de deux façons différentes. Ou bien des matières rejetées