‹ Traité des corps étrangers en chirurgieChapitre 279 sur 304 · Gaz. des Hôpitaux , 1830, décembre · texte numérisé non relu

Gaz. des Hôpitaux , 1830, décembre

pat* 1 estomac en grande abondance forcent la barrière naturelle formée par le voiie du palais et la luette, et quelques parcelles vont s’arrêter dans les sinus des cornets ou des méats; ou bien, au moment de la déglutition, une surprise, une frayeur, un coup, l’éternument, le rire, troublent le jen régulier des muscles; une expiration involontaire a lieu, et repousse brusquement le corps étranger dans l’arrière-cavité des fosses

nasales, llickman, Lowndes1 ont rapporté des cas de ce genre qui survinrent dans des conditions a peu près identiques ; il s’agissait d’anneaux métalliques assez volumineux. Le premier mode de pénétration pendant les vomissements est peut-être plus commun qu’on 11e serait tenté de le croire au premier abord, et il est possible d’expliquer de cette façon la présence d’un certain nombre de corps étrangers chez des personnes qui en ignoraient l’existence, comme dans un cas récent cité par Tillaux.

Observation. — Noyau de cerise incrusté dans les fosses nasales. Extraction. — « Une femme île 66 ans vint l’an dernier dans mon service à Lariboisière. Elle était atteinte d’un ozène dont le début remontait à 2 ans. J’explorai les fosses nasales avec un stylet et je perçus au niveau du bord postérieur du vomer la sensation d’une surface dénudée, dure et un peu rugueuse, mais tout à fait immobile. Je diagnostiquai : nécrose du bord postérieur du vomer, séquestre adhérent. Je fis faire pendant plusieurs mois des lavages antiseptiques, mais en vain ; le prétendu séquestre restait toujours aussi immobile. Enfin dernièrement, c’est-à-dire six mois après ma première exploration, je parvins à le faire basculer au moyen d’une sonde cannelée, et je retirai sans difficulté, non pas un os, comme je m’y attendais, mais un corps arrondi d’une dureté pierreuse, présentant la couleur du mâchefer et l’aspect d’un petit calcul mural. Après la préparation que je lui ai fait subir, il vous est facile de constater que ce corps 11’cst autre chose qu’un noyau de cerise encroûté d’une couche calcaire très dure, épaisse d’un millimètre et demi envion, et dont l’introduction dans les fosses nasales a dû avoir lieu il y a près de trois ans. La malade n’en ayant pas eu conscience, il a dû être introduit d'arrière en avant. » (Bulletins de la Société de Chirurgie 1876.)

A l’appui de cette explication, Paillet (il observer à la Société qu’il connaissait une personne qui ne pouvait manger des pois sans en moucher un par le nez.

La communication assez large qui existe entre les fosses nasales et la trompe d’Eustache permet de comprendre comment des corps étrangers ont pu, dans quelques exemples d'ailleurs fort rares, se loger dans ce dernier conduit; tantôt leur présence est accidentelle, tantôt elle trouve sa raison d’être dans des manœuvres thérapeutiques, comme dans le cas suivant dont je donnerai un résumé.

Observation. — Corps étranger dans la trompe d Eustache. — Un individu souffrant de catarrhe chronique de l’oreille moyenne avuit appris à se sonder lui-même la trompe

Page 1