‹ Traité des corps étrangers en chirurgieChapitre 28 sur 304 · Dict. en · texte numérisé non relu

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qui est employé de bonne heure parce que le premier soin des personnes après l’accident est de chercher à boire.

Altération «le la voix. La voix ne conserve pas son timbre normal toutes les fois que le corps étranger est arrêté dans les parties supérieures et qu’il gêne ou empêche par compression l’émission dessous. La modification la plus fréquente consiste dans la raucité de la voix. Les malheureux qui ont ainsi avalé quelque corps volumineux, entre plusieurs accès d’une toux férine et saccadée, prononcent des sons élevés ou trèssourds, très-incomplets. On a signalé une altération du timbre qui dans un cas était devenu métallique; enfin on a parlé du grésillonnement, symptôme que je ne fais qu’indiquer ici, me réservant d’y revenir en parlant des phénomènes ultérieurs.

Déformations. Quand le corps volumineux siège en arrière du cricoïde, il repousse tout le larynx en avant, et la saillie de la pomme d’Adam est sensiblement augmentée. De là une physionomie toute particulière des malades, surtout marquée quand on les regarde de profil, mais il est rare que ce signe soit très-marqué. lien est de même des déformations qui peuvent exister quelquefois sur les parties latérales du cou et qui sont un indice précieux, malheureusement trop rare. Germain 1 rapporte que chez un homme qui avait avalé un os, le corps étranger soulevait la peau à un centimètre et demi au-dessus du sternum.

L’cmpliysème primitif est un phénomène très-rare, et je n’ai pu trouver qu’un exemple dans lequel dès le début il ait acquis des proportions inquiétantes. Pour qu’il apparaisse de bonne heure, il faut qu un corps très-irrégulier et acéré perfore la muqueuse et mette le tissu cellulaire en contact avec l’air, le plus souvent au moyen d’une communication avec la trachée. L’exemple suivant est, sous ce rapport comme sous d’autres, des plus intéressants.

Observation. « Mac Lauren rapporte qu’un jeune homme en pêchant dans les eaux basses d’une rivière, voulut avec ses dents tuer un poisson qu’il venait de prendre. Ce poisson, qui mesurait trois pouces de long sur un demi de large (mesures anglaises), fit un mouvement brusque et tomba dans la gorge. Immédiatement, suffocation, nausées, et torts de vomissements, expuilion de sang et de mucus; emphysème de la face, du cou et de la poitrine. On sentait aisément le poisson, qu’on ne pouvait retirer en raison de ses nageoires pointues et enfoncées dans les tissus. Les essais de propulsion furent inutiles. On fit a\aler beaucoup de vinaigre et d’eau. Les nageoires se détachèrent et 1 on put en moins de vingt- quatre heures enfoncer le poisson. A ce moment, l’emphysème s’étendait jusqu’au scrotum. Expuition muco-purulente. Le troisième jour, aphonie complète. Tous ces symptômes diminuèrent insensiblement, sans autre intervention et le malade était guéri huit jours après. » (In lhe Lancet, 1875.)

1. Recueil de mém. de méd. et de ph. militaires , lrc série, t. 49.

PHARYNX ET ŒSOPHAGE

Ici se termine ce pu le voir, très-nombr

et

qui a rapport aux accidents primitifs, connue on L reux et très-effravants. Ils n’existent guère isolés, e

en apparaissant en même temps, ils augmentent encore la gravité apparente et réelle de ce genre d’accidents, En résumé, tout, ce collège de symptômes constitue un accès initial variable dont 1 issue est plus ou moins rapide et qui peut se terminer par resolution le puis souvent, quelquefois par la mort. Entre ces deux extrêmes, on îencontie tous les intermédiaires, et presque toujours quelques-uns des accidents persistent; telles sont la douleur, une sensation de gêne pendant la déglutition, de brulûre, une altération de la voix, etc. Cet accès initial a souvent pour but de provoquer un effort naturel par 1 expulsion ou la progression du corps étranger. Dans le premier cas, ce sont les vomissements qui jouent le rôle principal et qui entraînent le corps avec les matières, tandis que, dans le second, l’obstacle est levé par les ellorts de déglutition et 1 action de la salive très-abondante ou des aliments avalés.

L’expulsion primitive n’est pas absolument rare, par l’une ou l’autre voie, mais elle a d’autant moins de chances de se produire que le corps est irrégulier, pointu, tranchant et fixé dans la paroi. De même, pour ceux qui sont réguliers, le volume a encore une réelle importance ; mais les corps les plus bizarres ont pu être ainsi rejetés ou avalés peu de temps après leur introduction. Je citerai, entre autres, le cas rapporté à la Société médicale de Florence par Barafüo (1875).

Observation. Un soldat aliéné avala une cuiller de grandeur ordinaire. On ne put constaler sa présence dans aucune région accessible à la main. Quelque temps après survint une forte dyspnée, en même temps qu'une tuméfaction se forma au-dessus du sternum. Il s’ensuivit un peu de calme et la cuiller fut expulsée par un violent vomissement. Ua cuiller avait déterminé une compression des bronches, était descendue insensiblement jusqu’au cardia, dont l’irritation avait du provoquer le vomissement expulsif.

Roth a présenté à la Société de médecine de Strasbourg (1876) le fait d un enfant qui avaitavalé un bouton qu'il ne rendit pas. Deux ans après, il avale un second bouton : vomissements. Au douzième jour, on trouve dans les matières vomies le dernier boulon et en outre celui qui avait été ingéré deux ans avant. Où le premier bouton s’était-il cantonné? Pour Bœckel, le seul lieu où ils aient pu s’arrêter est la pochette qui existe chez certains sujets au-dessus du cardia.

^ Dt l.i mm t primitive par les corps étrangers «lu pharynx et de

l’œsophage. La mort primitive, après l’arrêt d’un corps étranger, est un phénomène très-rare, et le petit nombre d’autopsies sur lesquelles le diagnostic a pu être basé, ne permettent pas de penser autrement. Si

TRAITÉ DES CORrS ÉTRANGERS EN CHIRURGIE.

l’on se bornait à enregistrer les faits tels qu’ils sont consignés dans les auteurs, le nombre de ces cas de mort primitive serait assez considérable; ils n’appartiennent pas aux corps étrangers du pharynx et de l’œsophage, mais en réalité à ceux des voies aériennes. En effet, ces grosses masses alimentaires, ces morceaux de viande volumineux, etc. occupent le vestibule et tuent par asphyxie en obstruant le passage de l’air. Ce n’est pas à dire que les exemples de mort par corps de l’œsophage n’existent pas, mais la fréquence en serait beaucoup restreinte ; évidemment il fallait s’attendre à ce que les symptômes des corps du pharynx et ceux de la partie supérieure du larynx présentent les mêmes symptômes, et l’on est fort embarrassé en présence des observations anciennes comme les suivantes. Suétone rapporte que Drusus, fils de l’empereur Claude, jetant une poire en l’air, la reçut dans sa bouche et mourut étouffé. De même Meeckren1 cite l’observation d’une femme qui, pour remédier à une grande perte de substance de la voûte palatine, portait un obturateur de liège, sans doute mal assujetti, car elle mourut suffoquée par ce corps qui se détacha et qu’on trouva engagé dans le pharynx. A vrai dire, ce sont là plutôt des exemples de corps étrangers vestibulaires, et je n’insisterai pas plus longuement sur cette variété d’accidents, me réservant d’y revenir en traitant des corps étrangers des voies aériennes.

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