‹ Traité des corps étrangers en chirurgieChapitre 283 sur 304 · Fragment de tige de ronce · texte numérisé non relu

Fragment de tige de ronce

/Organiques i Li(.

I hvgrome- ' , , .

\ triques. I Morceaux de bois.

t Crayon de charpentier.

Les corps étrangers animés ne sont jamais bien volumineux, et les annélides dont il vient d’être question changent de volume, à mesure qu’ils se développent. Primilivement, ces sangsues ne sont pas plus grosses que des fils et peu à peu arrivent à une distension énorme; ce fait est trop connu pour qu’il soit nécessaire d’insister. Ce sont à peu près les seuls êtres animés qui puissent, comme le prouve l’exemple

précédent, vivre pendant quelque temps dans les fosses nasales, car les autres insectes s’enveloppent de mucus et meurent.

Les corps inanimés, réguliers ou non, ne sont jamais très volumineux ; l’exiguïté des orifices et des cavités explique cette particularité. Cependant ils peuvent être allongés et on en a trouvé qui avaient cinq ou six centimètres de longueur, tels que des crayons, des morceaux de bois, etc. Sous le rapport du volume, il y aurait une certaine différence entre les corps qui pénètrent par les narines et ceux qui se logent dans l’arrière-cavité des fosses nasales; ces derniers seraient en général plus gros ; parmi eux on a cité des anneaux métalliques de plusieurs centimètres de long sur un de large.

Presque tous ces corps étrangers appartiennent d’une façon générale à deux types de formes : l’une qui serait réprésentée par tous les noyaux, pois, cailloux, etc., régulièrement ou irrégulièrement cubique; l’autre affecte plutôt une forme cylindrique ou prismatique à grand axe beaucoup plus long que l’autre. Toutes les tiges de plantes, les crayons, les fragments de bois, les soudes de plomb, appartiennent à ce second type. Ces considérations ont une réelle importance, parce qu’elles peuvent mettre immédiatement sur la voie de l’affection et sur les moyens thérapeutiques qu’il convient d’appliquer. Outre ces vues générales sur la forme, il faut encore reconnaître l’existence de corps réguliers et irréguliers ; le type cubique renferme à lui seul presque tous les corps réguliers comme les graines et les noyaux de fruits, les grains de chapelet, etc.; j’en excepterai cependant les cailloux, qui quelquefois présentent des aspérités. Mais elles ne sont pas comparables à celles des corps irréguliers et allongés, qui entrent accidentellement dans les narines. Un homme tombe étant ivre dans une haie, et il s’enfonce dans le nez un fragment de tige de ronces, garni de ses épines et taillé en bec de llùte. D’autres corps, comme les fragments de bois, etc., plus ou moins irréguliers et pointus sont presque toujours plus dangereux que les autres.

Parmi les propriétés qui intéressent le chirurgien, je signalerai encore leur composition et leur consistance; ils se divisent a ce point de vue en organiques et inorganiques, durs et mous, inaltérables ou altérables. Ceux qui sont durs comme les billes, les boutons de porcelaine, ne changent pas de forme dans la cavité, tandis que ceux qui sont organiques comme les pois, les fèves, s’imbibent des humidités naturelles de la muqueuse et se gonflent; enfin quelques-uns sont friables, comme la porcelaine, le verre.

Sics’c’ mohi,i‘éi fixité . — On a rencontré les corps étrangers des l'osscs nasales presque partout, aussi bien à la voûte qu’à la base ; ils siègent de préférence sur le plancher; Després n’admet pas que le mode de pénétration puisse avoir une influence sur le lieu occupé par Je coips étiangei , cependant la plupart de ceux qui proviennent des vomissements ou d un faux pas dans l’acte de la déglutition, occupent de piéféience la partie postéro-supérieure. C’est là que le noyau de la malade de liliaux était situé, c’est là que les anneaux de Lowndès et d Hickman étaient enclavés, etc. Évidemment une inspiration brusque ou des manœuvres inconsidérées peuvent repousser un corps jusqu’à la partie postéro-supérieure, au niveau du cornet supérieur ; mais ces laits sont peu communs et, d une façon générale, on peut maintenir que les corps étrangers siègent à la partie antérieure ou postérieure du plancher, quelquefois comme suspendus entre les cornets et le vomer, ou dans un méat. J ai déjà parlé ailleurs de l’impossibilité presque absolue de la pénétration des corps étrangers dans les sinus par les orifices qui s ouvrent dans les méats, en notant la curieuse exception rapportée par Maréchal; 1 exiguïté des pertuis qui donnent accès dans ces cavités ne permet pas leur introduction. D’ailleurs il faut aussi, dans l’estimation du siège, tenir compte du volume des corps étrangers, parce qu’il en est qui ne peuvent se fixer en certains points qu’en produisant des délabrements, des perforations et des lésions des os si minces qui remplissent la cavité des fosses nasales. Ceux qui, comme les noyaux, sont réguliers, peuvent jouir d’une mobilité relative dans les premiers temps de leur séjour ; mais peu à peu ils s’immobilisent par suite des altérations qu’ils déterminent autour d’eux ou de ce gonflement dont j’ai déjà parlé et qui est la propriété exclusive des corps organiques, comme les haricots, les fèves, les pois, les noyaux. Quant aux corps irréguliers, il est facile de comprendre qu’ils sont très solidement fixés le plus souvent; quelques-uns ont même enfoncé le vomer en pénétrant, et y sont très solidement implantés.

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