C0J1PS ÉTRANGERS DANS LE CANAL DE WARTIION
ration avec le stylet, elle constitue un bon moyen dans le cas de calculs situés peu profondément, mais elle ne donne que des résultats incertains quand le corps est très ténu, comme une soie de porc.
D’ailleurs, l’importance d’un diagnostic différentiel est une chose secondaire dans la question parce que, toutes les fois qu’il exisle une grenouillette salivaire purulente aiguë, l’indication la plus nette est d’inciser la tumeur, et de lever ainsi l’obstacle au cours de la salive.
Pronostic. — Le séjour de corps étrangers dans le canal de Warthon n’est pas une affection grave, mais elle est fort douloureuse et très gênante, en raison de l’acuité des symptômes au début. Quand ils sont dissipés, l’affection présente une marche essentiellement chronique, comme dans tous les cas de lithiase salivaire, et elle n’a jamais de retentissement bien marqué sur la santé générale. Cette maladie à marche chronique reste stationnaire, si le chirurgien n’intervient pas, et devient une infirmité gênante qui peut se terminer au bout d’un temps plus ou moins long par l’ulcération de la cavité kystique et l’expulsion du corps étranger devenu le centre d’un calcul, par cette ouverture artificielle. L’induration de la glande persiste assez longtemps après l’extraction.
Traitement . — ici, comme pour presque tous les conduits naturels, les deux moyens qui s’offrent au chirurgien pour débarrasser l’organisme d’un corps étranger irritant sont l’extraction par l’orifice naturel et par une voie artificielle. En raison de l’exiguïtc du petit pertuis qui donne accès dans le canal ou dans la ranule quand elle existe, il ne faut recourir à l’extraction par cette voie que dans les cas où une portion du corps étranger fait saillie au dehors, comme dans celui de Chauvet. Or ils sont exceptionnels, et on ne devra suivre le même procédé que si les accidents sont très récents, car la pointe d’un corps étranger incrusté pourrait faire saillie et l’extraction ne serait pas facile sans un léger débridement.
Aussi, toutes les fois qu’il existe une ranule et qu’on est en droit de soupçonner l’existence d’un corps étranger, incrusté ou non, l'indication de l’incision de la poche se pose nettement. A cet effet, on se servira d’un petit bistouri pointu à l’aide duquel on fera une incision d’un centimètre environ suivant le grand axe de la tumeur piriforme. Ordinairement la pointe de l’instrument permet de sentir le calcul ou b' corps étranger, et de l’extraire avec des pinces ou de le déloger avec la pointe du bistouri. La cavité kystique mise à nu déverse son contenu muco-purulent dans la bouche et la salive reprend librement son cours.
Peu à peu les lèvres de la solution de continuité se rapprochent, et l’incision n est plus indiquée au bout d’un certain temps que par une cicaliii e inoliensive. En admettant même qu’elle ne se guérisse pas, il en
i (‘Militerait une fislulette ou plutôt un déplacement de l’ostium sans aucun inconvénient.
Quant au traitement symptomatique, il n’y aura pas lieu de l’appliquer toutes les fois que le diagnostic est nettement posé et même soupçonné. On cherchera à enrayer les progrès de la sous-maxillite et de la ranule aigue par les antiphlogistiques, mais en se rappelant que ces moyens sont assez souvent inefficaces et en tout cas inférieurs à l’incision, qui, en levant 1 obstacle, arrête plus sûrement les progrès de l’inflammation. C’est a elle qu’il faudrait recourir, si un cas analogue à celui de Cumano se présentait au praticien.