Gaz. médicale , fév
PHARYNX. ET ŒSOPHAGE
reste fort peu de chose de l’instrument primitif de ce chirurgien, qui consistait en une tige métallique pourvue d’un double crochet à son extrémité inférieure. Pendant un certain temps les chirurgiens s’en servirent avec succès. Il fut une première lois modifié par des auteurs qui multiplièrent le nombre des crochets. Dupuytren créa le panier soudé à la tige œsophagienne, qui permettait de saisir plus sûrement le corps, et il évida les faces de cette petite cupule; ce crochet fut aussi beaucoup employé. C’est lui qui permit de retirer un très-grand nombre de corps étrangers. On le trouve mentionné à l’étranger sous le nom de sonde œsophagienne préhensive à clochettes de Dupuytren.
Charrière rendit l’appareil encore plus utile en articulant le panier avec la tige, au moyen d’une petite barre transversale. Dupuytren s’en servait déjà en 1852 et réussissait à extraire une pièce de cinq francs; depuis ce temps, c’est de tous les instruments celui qui a été le plus employé et qui compte le plus grand nombre de succès; il a surtout été utile pour l’extraction des pièces de monnaie, des fragments d’os, des râteliers, d’une petite croix d’argent, etc.
Le panier de de Graefene laisse pas que de présenter un certain nombre d’inconvénients. Et d’abord, il n’est pas toujours facile ou possible de le faire passer au-dessous de l’obstacle, et on court risque en forçant de léser les parois du conduit ; d’un autre coté il ne fixe pas suffisamment le corps étranger, et celui-ci peut basculer et déraper, en un point quelconque, assez souvent au niveau du larynx. Richet, ayant échoué avec le panier de de Graefc pour retirer une pièce de monnaie, rechercha la cause
sur le cadavre et s’aperçut que la pièce tournait dans un des godets. Il fit alors construire des anneaux plus grands; mais l’introduction en devient difficile, et l’extraction dangereuse. Il arrive en effet que le panier accroche en revenant quelque chose de résistant que le chirurgien suppose être le corps étranger, mais qui n’est en réalité que le bord inférieur du cartilage cricoïdc.
Instruments de Denucé. — Denucé a beaucoup insisté sur tous ces inconvénients et, dans un cas où il ne pouvait avec cet instrument retirer un os de pigeon, il imagina plusieurs modifications heureuses. La plus simple et la meilleure consiste à glisser une sonde creuse d’étain sur la tige de baleine. La sonde, venant presser contre le corps saisi, le maintient et en facilite l’extraction. Dans une autre modification, la tige interne et la sonde portent chacune un petit crochet qui en s’emboîtant saisit e coips étrangei comme entre les mors d’une pince. C’est ce dernier instrument qui permit à Denucé de retirer le corps en question. On
pourrait aussi lui faire le reproche de se fermer complètement et de permettre le pincement de la muqueuse, de nécessiter une exploration antérieure qui permet de savoir dans quel sens on doit enfoncer le crochet.
Extracteur de Parent . — Parent a imaginé un crochet qui est une modification de celui de J.-L. Petit et s’en est servi avantageusement.
Une lige en baleine arrondie et flexible, longue de trente-six à quarante centimètres, légèrement courbe, porte un large anneau a 1 une de ses extrémités. A l’autre se trouve un crochet mobile, à charnière, qu’un ressort fait ouvrir et qu’un fil assez fort, attaché a son extrémité, peimet de fermer à volonté. Cet appareil est contenu dans une canule en gomme élastique, ouverte à ses deux bouts. Pour s en servir on introduit : 1 la sonde au-dessous du corps ; 2° le crochet qu on lait dépasser et qu on ouvre par l’action du ressort. Enfin, on pousse la sonde sur le crochet pour le maintenir ouvert et on tire sur le tout en acciochant le coips étranger. On peut, si on ne réussit pas, fermer surplace 1 appaicil.
Extracteur à bascule de Collin. — Tout récemment Collin a ima-
giné un nouvel extracteur qui paraît préférable a tous les précédents. « Il consiste en une sonde flexible a 1 extrémité de laquelle est une plaque métallique dont le plan est, au moment de l’introduction, dans l’axe meme de la sonde ; dès que le corps étranger, une pièce demonnaic, par exemple, est franchi, la plaque bascule sur elle-même et peut, en
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même temps, pivoter dans tous les sens. Elle s’engage au-dessous du bord inférieur du corps étranger, et, lorsqu’on retire la sonde, on entraîne celui-ci avec elle. » Cet instrument très-ingénieux est le type le plus parfait des conducteurs et rendra certainement des services.
Au groupe des crochets se rattachent les instruments à ailettes, sortes de petits parapluies qui s introduisent fermés, s’ouvrent quand le corps étranger a été dépassé et sont retirés ouverts. Je ne décrirai pas chacun de ces petits parapluies, plus curieux qu utiles. L’un des plus simples est celui de S. Gross. C’est un tube d’acier de quinze pouces de long, parcouru par un mandrin surmonte de quatre petites ailes qui s’étendent ou s’abaissent par un simple mouvement de rotation imprimé au manche de l’instrument.
Fig. 17. — Instrument de S. Gross, ouvert. Fig. 18. — Le même recouvert de soies.
Fig. 19. — Parasol de Baudens, ouvert.
xtracteui à bascule de Collin.
Déjà en ] 803 Rivière1 imaginait une sorte de parasol qui lui permit d’extraire un os assez voluini- 1 T ,i. <• neux. Baudens eut la même idée et fit construire un petit paiapluie garni de soie et qu’on n’ouvrait qu’après avoir franchi h coips étranger. De même on a plus récemment garni l’instrument d<