The Lancet, t. I, p
PHARYNX. ET ŒSOPHAGE
Lièrent se calmer, mais reprirent avec une nouvelle intensité. 11 n’y avait pas de gene de ôglotition,mais seulement une toux sèche, saccadée, fréquente, de înappe ’
, aigrissement. Le corps étranger sortit à quelque temps de la au milieu d efforts de
dé ma\ë toux.
En somme, la toux provoquée est un mauvais moyen, et on peut en dire autant de l’éternument, qui est tombé en désuétude ou relégué dans les recettes empiriques du vulgaire. 11 s’adresse à un organe éminemment irritable, mais aussi très-peu résistant, qui, se contractant avec force sur les irrégularités du corps étranger, peut se perforer.
8U De l’extraction directe. — L extraction directe est la plus rationnelle de toutes les méthodes de traitement. Avant de faire connaître sa valeur et les indications auxquelles elle répond, je passerai en revue tous les divers groupes d'instruments dont la main doit etic armee. lie vin classait déjà ces instruments en quatre groupes :
1° Les pinces ; 2° les crochets ; 5° les anneaux; 4° les éponges fixées. Depuis Ilévin, le manuel instrumental s’est beaucoup accru, et il serait à peu près impossible de tracer l’histoire de tous les instruments imaginés. D’ailleurs tous rentrent dans l’un des quatre groupes précédents, surtout si on les envisage à un point de vue un peu plus scientifique. Les uns sont des préhenseurs et agissent directement sur le corps sans avoir besoin de franchir le point où il est arrêté; les crochets et les anneaux agissent autrement de bas en haut, en ramenant le corps
avec eux; mais leur action nécessite leur introduction au delà de l’obstacle. Enfin les éponges, etc., agissent encore de la même manière, et en outre en dilatant le conduit œsophagien au-dessus ou au-dessous du corps étranger. De là la division plus rationnelle des instruments d’ extraction en :
1° Préhenseurs ; 2° conducteurs ; 5° dilatateurs.
1° Préhenseurs. Des pinces. — Les doigts constituent les pinces les plus simples, mais leur action est rarement possible, et elle ne peut s’exercer au delà de la partie supérieure de Y œsophage. Dupuytren a réussi à retirer du pharynx des corps étrangers pointus en introduisant, profondément le doigt dans le pharynx et piquant le corps dans la pulpe du doigt. Il retirait ensuite. A. Desprès aurait retiré de bons effets du même moyen, mais je ne le conseillerai pas, parce qu’il me semble qu il faut, pour réussir, exercer une pression sur le corps, et que celle-ci
a Plus (le tendance à produire la perforation de la paroi pharyngienne nue celle du doigt. J °
Quelquefois la progression du corps de bas en haut obtenue par des
manœuvres externes sur le cou a permis aux doigts d’aller à sa recherche. Je citerai entre autres heureuses curiosités le fait suivant.
Observation. AYalker, dans un cas de pièce de monnaie avalée, eut recours aux manœuvres suivantes. Comme on sentait très-bien le corps étranger avec les doigts au milieu du cou, il chloroforma l’enfant et fit remonter la pièce de monnaie avec le pouce et les doigts jusqu’à ce que son bord apparat au pharynx. Alors il saisit le sou avec deux doigts, retourna la tète de manière qu'il vînt tomber dans la bouche; pendant ses douze jours de séjour, le métal avait déjà été un peu corrodé.
Observation. Delamotte, cité par llévin, eut à donner ses soins à une jeune fille qui avait avalé un demi-écu fortement retenu dans le fond du gosier; ne pouvant ni le retirer ni l’enfoncer, il le déplaça et le retira avec les doigts. Une mâchoire de brochet fut également retirée de la gorge d’un laquais.
Faute de mieux, on pourra donc y avoir recours, mais sans se faire d’illusion sur l’incertitude de ce moyen.
Toutes les pinces un peu longues et étroites ont été et peuvent être
Fig. 9. — rince courbe pour l’extraction des Fig. 10. — Pinces à dents de Cloquet. corps etrangers.
employées pour l’extraction des corps étrangers. Les plus communes sont les pinces à pansements ordinaires, les pinces à polypes, les pinces à gaines, a deux ou trois branches (Hunter, Cooper). Ces pinces droites
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ne peuvent rendre des services que quand le corps étranger est arrêté dans le pharynx. Pour s’en servir, il suffit d’éclairer convenablement le fond de la gorge, et de les introduire directement ou sur un doigt servant de conducteur, après avoir pris la précaution de maintenir les mâchoires écartées.
Pince de Cloquet. — On s’est également servi de pinces à point d’arrêt et à mors ou à pointes. La pince de Cloquet réalise ces deux indications; ce chirurgien ayant échoué dans un cas, avec tous les modèles de pinces ordinaires, eut l’idée de faire construire une pince courbe, s’adaptant aux différences de courbure du tube. Les mors peuvent s’écarter dans le sens transversal, qui est celui où l’œsophage se dilate le plus facilement. 11 a cherché à obtenir à la fois un écartement suffisant pour saisir le corps, et pour ne pas pincer la muqueuse. A la face interne des bords il a fait placer une série de crochets courbes en arrière et situés sur la ligne médiane.
Cette pince a rarement été employée, elle est cependant recommandable et permet d’aller saisir des corps arrêtés jusqu’au cardia. On peut reprocher à cet instrument de s’ouvrir dans le sens qui est le plus défavorable à la préhension, surtout pour les corps plats et réguliers.
Pince de Collin. — D’ailleurs on remédierait à cet inconvénient en se servant de la pince de Cuzco, modifiée à cet effet par Collin. Cette pince a l’avantage d’agir immédiatement sur le corps étranger sans qu il soit nécessaire de passer au delà. Elle se compose de deux branches articulées à quelques centimètres des anneaux. Cette articulation se fait à distance au moyen d une pièce intermédiaire qui transforme le mouvement d’écartement en mouvement de propulsion d’une des branches surl’autre La partie moyenne de l’instrument se compose de deux branches dont I une, male, glisse dans une rainure de la branche femelle. L’cxlré-
TRAITE DES CORPS ETRANGERS EN CHIRURGIE. jQ
mité est, fermée par les deux valves d’une pince à mors plats. L une des valves est seule mobile autour d’un point tixe pris sur la branche femelle.
Grâce à un ingénieux mécanisme, on ouvre les mors de la pince en ouvrant les anneaux extérieurs.
Cet instrument a une courbure assez défectueuse qui ne le rend applicable que pour la partie supérieure de F œsophage, parce qu’elle ne correspond pas à la courbure de la portion cervicale du conduit. En outre, on peut lui reprocher de n’agir que dans le sens antéro-postérieur, circonstance favorable pour les corps plats seulement.
Il est une précaution à prendre quand on veut se seivir de- l’instrument. 11 faut, quand on a senti le corps, ouvrir les mors de la pince, puis le pousser un peu pour qu’il saisisse plus facilement. Je pense qu’on éviterait, les inconvénients de la pince Collin en adoptant la disposition suivante : la branche femelle serait en baleine et porterait à son extrémité une valve en baleine on métallique. La branche mâle serait en fil de laiton, maintenue par des anneaux séparés de dix centimètres, et agirait comme la pince de Cuzco sur une \ahc très-mobile au moyen d’un levier. On pourrait a^ir ainsi toutes les courbures désirables et diriger 1 instrument à volonté dans un sens ou dans l’autre.
Pince de Burge . — En Angleterre et en Amérique on se sert de la pince de Burge, qui a le volume d’une sonde ordinaire, à branches courbes très-longues, articulées à angle droit à quelques centunetres seulement des anneaux. Le plus léger écartement des anneaux se traduit a l’autre extrémité de l’instrument par une ouverture suffisante pour retirer des corps volumineux. Gaujotet Spilmann reprochent à cet instrumen , sa fermeture exacte, qui expose au pincement de la muqueuse. Une egere modification remédierait à ce défaut et rendrait cet instrument U es.
m pince articulée de Mathieu. - La pince de Mathieu, formée de pièces articulées et croisées s’ouvrant suivant une série de losanges, est un instrument des plus ingénieux, mais aussi des plus inutiles ; inspire par Ollier, pour retirer une balle, il était terminé par des mors en cupule
Fig. 12. -- Pince ar ticulée de Mathieu
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troués. Les premières branches soudées aux anneaux qui supportent la pression doivent être assez fortes.
Pince de Gama. — Gaina avait déjà imaginé un instrument qui permettait à la lois de dilater l’œsophage et de saisir le corps étranger. Une pince à quatre branches est contenue dans une sonde creuse. A
Kig. ir>. — Pince de Gama (d’après Cougery et Jacob).
I intérieur de ce premier système existe une sonde avec une pince à deux mors dans son intérieur. Voici comment cet instrument est manœu vré; il est introduit fermé jusqu'à la rencontre du corps étranger. On pousse la première pince à quatre branches qui dilate l’œsophage à ce niveau, puis la pièce interne qui a pour mission de saisir le corps étranger. Letle pince trop compliquée a été rarement employée, mais elle
peut rendre des services entre des mains habiles. C’est une imitation de 1 Aphonsin de Ferrv.
la pince en bec de grue de Gendron, renfermée dans une canule, le geranorhynque de Missoux, la languette dilatante de Doussault, sont ou dies aujourd’hui et se rapprochent des précédents. Gensoul, après
::rrrentrayé ,ic ietirerun tn^eat ^ pomm,
rextraire ,T> lesjparoîs du canal, ne parvint ,
pendant uu’ilT 'latant fol'tement la »'ég'on avec une pince dilatatrice | endant qu 1 dégageait I une des extrémités avec l’autre
’ aut encore s*Snaler l’utilité de pinces à polypes désarlicu-
lées, nui permettent dans quelques cas de saisir plus facilement le corps, quand il est un peu volumineux. Ainsi Miction sut ingénieusement tourner la difficulté, dans un cas où il s’agissait d’un gros marron d’Inde arrêté à la partie inférieure du pharynx. Les pinces lurent désarticulées, introduites comme les branches du forceps et articulées; l'extraction se fit aisément.
Je ne considère pas comme appartenant à la classe des préhenseurs les instruments qui saisissent le corps étranger non plus transversalement, mais verticalement, après avoir franchi l’obstacle avec 1 un des mors. Ce sont plutôt des conducteurs.
B... i, * crochets. - Crochet de Fabrice de llilden. - Le crochet le plus anciennement connu est celui de Fabrice de llilden; il est presque rudimentaire, se compose d’une lame d acier plate, Loge par le bout en forme de grattoir. L’habileté des chirurgiens devait suppléer aux imperfections de l’instrument. Fabrice fut assez heureux pour retirer au moyen de ce crochet un os épais de forme triangulaire, Rmere
un os entouré de parties molles profondément engagé. 11 servit encore a
extraire une épingle, un os, une arête de morue (llévin). Les crochets de cuiller à pot, les tiges recourbées, serviraient au même usage.
Crochet de Stedman. - le crochet de Stedman 1 est un crochet dont l’anse est surmontée d’un petit bouton métallique double. Son emploi devra être exceptionnel; il est peu maniable. Stedman lui-même, qu’on ne saurait taxer de partialité, aVoue qu’il fut obligé de l’introduire quinze fois avant de pouvoir saisir un os profondément situé. Bégin a employé un crochet semblable en argent.
] Crochet de J,L. Petit.— J.-L. Petit se servit d’un fil d’argent assez fort qu’il ploya en anse et roula en spirale jusqu’à deux travers de doigt de cette anse. On a ainsi un anneau qui, recourbé, constitueun crochet. Celui de Kühne 2 se rapproche beaucoup du précédent et lui servit à enlever une pièce de cinq irancs. Il est encore plus primitif et susceptible de rendre des services
à la campagne.
Panier de de Graefe modifie par Dupuytren et Charrière. - De t ous .es crochets, le seul qui soit resté classique est le panier articule appelé panier de de Graefe, mais cette dénomination est bien impropre, car i
Fig. 14. — Crochet de J.-L. Petit.