CORPS
CT RANCE RS DANS LE RECTUM
nations civilisées conservent encore, et le supplice que les Grecs inlligaient à l’adultère en introduisant une rave pelée enduite de cendie chaude dans le rectum. En dehors de ces exécutions judiciaires, ces laits
accidentels sont rares et s’observent chez des malheureux qui tombent d’un arbre ou d’un lieu élevé sur un corps pointu qui peut se briser
dans l’intestin.
2° Corps étrangers introduits intentionnellement par le fait de la malveillance ou de la perversion des idees. A côté de ces exemples graves, il faut placer les corps qui sont introduits par malveillance dans le rectum. En général ce sont des gens ivres qui se livrent à de pareilles manoeuvres sur d'autres personnes, et 1 histoire de la queue de porc que des étudiants introduisirent dans le rectum d’une fille publique, est l’exemple le plus saisissant et le plus classique de tous. Il n est malheureusement pas le seul dans la littérature médicale, quoique les faits de ce genre soient relativement peu fréquents. L’imagination la plus brutale mise au service des meurtriers du roi Edouard II leurinspira l’idée de lui plonger un fer rouge dans le rectum à travers un tube de corne (Gross). Il faut admettre alors, comme dans les cas où un individu introduit dans l’anus d’une autre personne pendant une orgie, une bille d’ivoire, une chandelle allumée, une véritable perversion des idées qui reconnaît pour cause l’ivresse dans le plus grand nombre des cas. Certains aliénés ont pu de cette façon s’introduire dans un but de suicide, ou sans cause appréciable, toute une liste de corps étrangers divers, quelquefois identiques. Je citerai comme curiosité le fait rapporté par Bœckcl.
Observation de Bœckel. — Soixante escargots dans le rectum. (Soc. méd. de Strasbourg. 1875.) — « Le 25 juillet 1874 entrait à l’hôpital civil un tendeur de bois âgé de 44 ans. Bien qu’il fût venu à pied et qu’il semblât jouir de l'intégrité de ses facultés intellectuelles, il ne donnait que des réponses évasives et fort vagues sur l’affection qui l’amenait à l’hôpital. Sauf un peu de ballonnement dans le ventre avec issue de gaz très fétides, on ne constatait aucun symptôme capable de fournir les éléments d’un diagnostic précis. Le sujet était apyrétique, ne se plaignait ni de céphalée ni de nausées, mais accusait par moments de violentes douleurs dans l’abdomen qu’il attribuait à une constipation datant de six jours. On songea alors tout naturellement à un volvulus et l’on prescrivit un lavement purgatif. Vers quatre heures du soir le malade fut pris de tranchées atroces; les moindres mouvements qu’il exécutait exaspéraient ses douleurs et les efforts qu’il faisait pour aller à la selle augmentaient encore ses souffrances. L’est à ce moment qu’épuisé, à bout de force, il fit à l’infirmier un aveu qui permit de trancher du coup la difficulté. 11 raconta que le 17 juillet ou soir, c’est-à-dire il y a six jouis, étant pris de vin, il lit avec ses camarades le pari qu’il avalerait tout crus une soixantaine d escargots, la coquille y comprise, et qu’actuellement il croyait les sentir à 1 extrémité du rectum. Appelé auprès du malade, le chirurgien pratique le
toucher rectal. L’index introduit dans le rectum rencontre en effet à 0,08 au-dessus de la marge de l’anus une série de corps durs, lisses, du volume d’une forte noisette, nageant et s'entrechoquant dans une masse liquide. L’ampoule rectale est dilatée, la muqueuse ne présente ni éraillures, ni ulcérations; l’anus lui-même est normal et n’est le siège d’aucune fissure, d’aucun bourrelet hémorrlioidal. Il est impossible d’accrocher ces corps avec l’index seul, et comme l’introduction de deux doigts arrache des cris au malade, on lui fait administrer séance tenante du chloroforme. L’anesthésie obtenue, on introduit les trois premiers doigts de la main droite dans le rectum et l'on extrait successivement quarante-cinq petits escargots ordinaires en même temps que des masses fécales dures et concrètes. L’ampoule rectale vidée et le malade réveillé, je fais administrer un lavement purgatif qui occasionne une selle copieuse.
A neuf heures du soir, le malade croit de nouveau sentir des escargots. En effet, l’index introduit dans le bout inférieur de l’intestin ramène quinze escargots; comme la première fois ils sont entiers et n’ont pas subi la moindre altération chimique. Le malade se sent notablement soulagé, dans la nuit il arrache une deuxième selle abondante comme la première et dix nouveaux escargots. Le 24 juillet les selles redeviennent normales et la guérison s’effectue sans le moindre accident.
L’intégrité absolue des escargots rend très probable l’introduction par l’anus, contrairement à l’assertion du malade.
5° Corps étrangers ' introduits accidentellement dans des manœuvres de lubricité. — De toutes les causes invoquées pour expliquer l’introduction des corps étrangers dans le rectum, la lubricité est. la plus fréquente. Les victimes de ces accidents sont ordinairement des individus dégradés moralement, arrivés an dernier degré de la dépravation physique, qui s’efforcent d’assouvir leur honteuse passion, en utilisant le pouvoir réflexe du rectum? Comment les corps qui servent à ces malheureux tombent-ils dans le rectum? Par suite de quels phénomènes sont-ils lâchés? Ce sont autant de questions peu connues; ici comme pour les titillations mécaniques du canal de l’urètre, jusqu’à meilleure explication, il faut admettre avec les auteurs que le paroxysme d’un orgasme aussi violent peut s’accompagner d’une perte momentanée du sentiment que ces individus lâchent l’instrument de leur passion d’une façon inconsciente. C’est alors qu’interviendrait le pouvoir absorbant du rectum comme dans les autres portions de 1 intestin.
11 est à remarquer que ce sont les vieillards, qui sont le plus souvent victimes de pareils accidents ; c’est une conséquence rationnelle de l’affaiblissement progressif des forces génitales qui ne sont pas toujours en rapport avec l’excitation de leurs passions. Un auteur anglais avait avancé sans preuves que chez les enfants et les femmes hystériques ces exemples étaient plus fréquents. L’observation ne vérilic pas cette assertion.
Je crois inutile de rapporter ici tous les cas de ce genre qui sc trouvent
dn ns les auteurs: ils seront relatés clans la suite de ce chapitie Quand ils intéresseront la pathologie. Qu’il su t lise de dire que les objets les plus singuliers ont été introduits de cette façon, tels que moiceaux de bois, cailloux, billes, crayons d ardoise, lourchettes, pots de confiture, chopes de bière, bouteilles de verre, pilon de mortier. Cette seule énumération montre à quelle prodigieuse distension 1 orifice externe de l’anus a dû être soumis, mais on en saisit mieux la possibilité, quand on réfléchit que ces accidents ne surviennent guère que chez des individus adonnés à la pédérastie passive, chez qui la résistance des sphincters a depuis longtemps disparu. Effectivement, les auteurs constatent, dans nombre de cas, l’existence d’un anus inlundibulilorme et la délormation de toute la région.
4° Corps étrangers introduits dans un but de recel. — De même que des voleurs ou des personnes assaillies ont pu avaler des corps étrangers, des pièces de monnaie, etc., pour les soustraire à la justice ou à la cupidité des voleurs, de même aussi on a vu et l’on voit encore des prisonniers qui cachent dans leur rectum diverses pièces dont ils espèrent se servir pour s’évader de leurs prisons. L’instrument en usage chez les forçats et auquel ils donnent le nom de nécessaire, est un étui de bois de forme cylindrique, bouché avec un peu de cire ; les pièces qui y sont renfermées peuvent s’adapter les unes aux autres de manière à former une scie, ou une lime dont l’étui devient le manche. Avec du temps et de la patience, à l’aide de ces instruments imparfaits des prisonniers ont pu scier les barreaux de fer et s’évader. Le cas le plus curieux dans ce genre a été recueilli par Closmadcuc1. Ou trouva dans l’intestin d’un jeune forçat mort de péritonite un nécessaire qui avait remonté jusqu’au côlon transverse. Cet étui était cylindro-conique, contenait treize pièces diverses et était enveloppé d’une lame de crépine transparente (épiploon d’agneau); il avait quatorze centimètres de long et pesait six cent cinquante grammes. Il était habituellement introduit par la partie la plus large de manière à être lacilement expulsé pendant la défécation.
Quoi qu’il en soit, il y a tout lieu de croire que ces faits sont assez rares ou rarement préjudiciables, ce qui est, douteux, car les exemples du même genre sont peu fréquents.
Lu terminant ce qui est relatif a ce groupe de corps étrangers du rectum, d convient d’ajouter que des individus auraient pu, d’après ccr-