Buchanan. Uriliak. Med. Journal 1877, p
traite des gords etrangers en chirurgie.
le ventre était un peu dur et tendu, la région épigastrique douloureuse, le pouls fort, fréquent, la peau chaude, halitueuse ; l’odeur qui s’exhalait de son lit avait quelque chose de fétide que je ne saurais à quoi comparer. Le malade me raconta alors ce qui s’était passé et me dit que ce n’était pas au ventre qu’il souffrait le plus, mais à l’anus. Les douleurs étaient vives, les envies d’aller à la selle très fréquentes et sans résultats. Depuis douze heures seulement il n’avait pas uriné et la vessie n’était que très peu distendue. Le doigt introduit dans le rectum fit bientôt découvrir la source de ces symptômes ; il était impossible de le porter au-dessus du bourrelet musculeux formé par le sphincter. On sentait les coquilles entassées les unes sur les autres agglutinées ensemble à l’aide d’une très petite quantité de matières fécales ; leur adhérence était telle, que l’emploi de curettes, de pinces fut inutile; il fallut, avec le doigt, détacher les coquilles et les retirer les unes après les autres ! Cette extraction dura plus d’une demi-heure. Des lavements administrés plusieurs fois dans la journée firent rendre celles que le doigt n’avait pu atteindre. Le lendemain on administra une potion avec l’huile de ricin ; quelques évacuations curent lieu et les selles reprirent ensuite leur cours naturel. Guérison après de légères douleurs. 11 sort guéri le 28, promettant bien de ne plus recommencer. »
Au contraire, les plus volumineux ont été introduits dans le rectum par l’anus. Quant aux concrétions, elles affectent des formes très variables; ont-elles pris naissance dans le rectum, elles sout le plus souvent volumineuses, diffuses, irrégulières et constituent des masses qui obstruent toute la cavité de l’organe; proviennent-elles des parties supérieures de l’ intestin, du côlon et de l’S iliaque, elles sont plus petites, souvent multiples, beaucoup plus régulières et portent alors le nom de scybales quand elles se présentent sous cette forme.
Les limites du volume des corps étrangers introduits sont celles de l’organe normal ou arrivé à une extensibilité anormale par les dilatations habituelles. Les diamètres des bouteilles et des verres de bière sont jusqu’à présent ce qu’on a vu de plus considérable, mais on comprendrait à la rigueur que le diamètre transverse bi-ischiatique fût leur limite anatomique. D’ailleurs, on a pu introduire sans trop de difficulté le forceps pour pratiquer l’extraction de semblables objets, et ses dimensions sont très grandes. Il est à noter que la plupart de ces corps introduits sont lisses, composés de substances glissantes, qui facilitent leur introduction; l’ivoire, le verre, l’ébène, la porcelaine dans un pilon oe mortier, le savon vérifient bien cette manière de voir que les motifs de l’introduction rendent encore plus admissible.
De la forme. — De meme que pour le volume, la forme présente cela de particulier, que tous ces corps étrangers sont arrondis, mousses, ce qui facilite leur introduction. Quand ils sont irréguliers comme un crochet, ils ont toujours un sens qui permet leur facile intromission. Ils sont en général plus longs que larges souvent de forme conique et
tronqués à leur base; les verres, les chopes, les boites d allumettes, les
nécessaires des prisonniers sont dans ce cas.
Longueur. — La longueur est un élément très variable, mais elle peut être très grande comme dans les cas mentionnés précédemment. Une bouteille retirée par Désormeaux ne mesurait pas moins de dix-neuf centimètres de hauteur sur cinq et demi de diamètre ; celle d’ilowinson 1 avait vingt centimètres sur dix de large, et le pilon de mortier de cuisine que Montanari retira d un rectum avait trente centimètres de longueur ; le pédéraste qui le portait mouiut des suites de l’introduction d’un autre instrument du même genre mesurant cinquante-cinq centimètres de long et qui perfora l’intestin ! lluguier a présenté un tuyau de pipe en bois a la Société de chirurgie (1859) qui mesurait dix-neuf centimètres; Velpeau2 * a retiré de l’anus une liole d’eau de Cologne de vingt-huit centimètres qui était venue faire saillie sans accident sous les fausses côtes.
Studsgaards, de Copenhague, cite un exemple assez curieux de cette variété de corps :
Observalion. — Dans la collection du musée anatomo-pathologique de Copenhague, j’ai trouvé une pierre oblongue et polie, d’une longueur de 17 centimètres, d’une largeur de ü centimètres et demi et d’une épaisseur de 4 à 5 centimètres, pesant 900 grammes, qu’un paysan de l’ile Bornholm s’était introduite dans le rectum afin d’obvier à un prolapsus qui le gênait depuis longtemps : la pierre fut extraite par un chirurgien nommé Frantz Dyhr, en 1750. » [Bull, de la Soc. de chir., 1878, p. 060.)
À ces faits s’en ajouteraient une infinité d’autres ; ainsi un malade de Jeffreys5 avait introduit dans son rectum, pour arrêter une diarrhée, un morceau de bois monté sur un clou ; la longueur totale de ces deux corps mesurait 7 pouces.
La Gazelle médicale de Lyon (1868) renferme un cas des plus extraordinaires : on retira de l’anus d’un homme de soixante ans un bâton long de trente-deux centimètres (Laure). L’extrémité supérieure venait faire saillie dans l’hypocondre droit, le bout inférieur dans la concavité du sacrum. La guérison eut lieu. Il, est impossible de comprendre le redressement d’une aussi longue portion d’intestin sans tiraillements du méso-côlon.
Envisagée à un autre point de vue, la forme peut intéresser le chiîurgien ; je veux parler des cavités des corps qui sont assez fréquentes.