DÉSINFECTÉ
890 DËfllNFEGTIOlf VËT£ni!fAIR§.
Il est interdit de mettre en chargement aucun wagtm à liesti. qui ne porte cette seconde étiquette.
Art. %. Les hangars et cours servant à recevoir Ivs beàlLiui :ii^ i les gares des cheniius de fer; les ramfies et quais d'embarquettr: ■ de débarquement ; le matériel spécial employé pour nniri>iT: des animaux dans les wagons, devront être nettoyc^s par lo ïtù}^ et le lavage à grande eau après chaque expédition ou chaque iir:' d*animaux.
ArL 3. La présente ordonnance sera notifiée aux comfia^i »chemins de fer qui ont des gares situées dans le res:>ort dt* la rature de police.
La circulaire ministérielle du 3i octobre 1^80 ^^ venue réaliser un vœu maintes fois exprimé dans les nf ports sur les épizooties, présentés aux Conseils d'hydv des départements. Des exemples extrêinenicnt nomlirtont prouvé que des épizooties désastreuses avaient sou\o:pour origine la maladie contractée dans les wagons itardrî animaux transportés d'une ville ou d'une contrée dan-^nne autre. On peut lire à ce sujet les doléances faites en Wl'^ par M. Verrier de Rouen, M. Griois d'Amiens, M. Canonde Bourg, devant les conseils d'hygiène de leurs déparia ments (1). En 1880, au Congrès d'hygiène de Turin, >ar la proposition de M. le professeur Bassi, la section véiêrinaire avait adopté un ordre du jour exprimant le vœi qu'une désinfection régulière des wagons fut adoptée \^ tous les gouvernements, en vue de prévenir la difTusioo des maladies contagieuses des animaux domestiques (:i).
Une grave question, qui intéresse au plus haut point l'hygiène publique comme aussi l'hygiène vétcrinain? et agricole, est celle de la disparition des cadavres dos iinimaux morts de maladies virulentes. Depuis une époqiio très ancienne, ces cadavres doivent être enfouis profun-
[ï] E. Vallln. Rapport au Mhihtrr de VAgrhcuUure ci du Comment 9Ur lei travatuc de$ Corueilt d'hygiène et de talubritt! en 1878, fnH aa nom da Comité consultaiif d'hyh'ièuu ; (Recueil des travaux du ComiU cmuultatifd^hpgiène. 1880, T-X. p. 130)
(2) Compte rendu du Cotigrèt de Turin (Revue d*hyaiène et de police ta- *««alr«, 1880, p. 912.)
UADAVRBS USA ANIMAUX SUSPECTS. aoi
dément et avec cerlaines précautions bien déterminées. L'article 5 de l'arrôté du Parlement de 1748 et celui du Conseil du 16 août 1184 sont à ce point de vue très-ezpUoites.
Ces décisionB ont été confirmées par tes arrêtés du 81 vendémiaire an II, l'article 461 du Code pénal, l'ordonnanw du 11 janvier ISIS.
Aussitdt qje la bête est morle, au lieu de la traîner, on doit )a transporter i. Teodroit oft elle doit être enterrée, endroit qui sera, autant que possible, au moins à EO toises des liabitaliouB. On la jette seule dans une fosse de huit pieds de prorondeiir, avec loulc sa peau tailladée en plusieurs parties (afin qu'elle ne puisse être vendue), el on la recouvre de toute la terre sortie de la Tosse... 11 est défendu de jeter les bétes mortes dans les bois, les rivières ou la voirie, et de les enterrer dans les étables, cours et jardias, sous peine de 300 ftvncs d'amende.
Nous avons vu que l'article 14 de la loi du 21 juillet 1881 confirme ces prescriptions, tout en réservant pour un règlement d'administration qui n'a pas encore paru les conditions du transport, de renfouissement ou de la des traction du cadavre.
Pendant longtemps, en effet, on a cru que la décomposition au sein de la terre, que la putréraction, assurait la destruction des germes virulents que les cadavres d'animaux pouvaient contenir. En 1816, à l'Académie de méd&cioe, M. H. Bouley rappelait que pendant le siège de Paris il avait fait enfouir dans les fumiers un grand nombre de cadavres de bovidés quiavaient péri par suitedu typhus du bétail ; cette opération paraissait avoir eu un plein succès, puisque plusieurs années après il n'avait encore été fait nulle mention d'épiiootiea survenues dans le voisinage des fermes où ces enfouissements avaient eu lieu; on pensait alors que la température élevée qui existe au centre des fiimiers était capable d'activer la destruction des matières organiques et même des particules virulentes. Aiùourd'hui une plut grande réserve s'impose et l'oa pourrait craindre
CADVVhKS l)i:S ANIMAI \ SISI'KCTS. : . ;
./oycr, avec certaines précautions cl sous de bonnes ga- ^ranties, ces cadavres à l'équarrisseur ou à la fonderie de suif qui les transformerait par la cuisson en matière d'en- ^grais. Mais il n'y a pas partout d'équarrisseur, et les fonderies de suif où une telle opération est possible sans danger n'existent qu'au voisinage immédiat de l'abattoir d'une .très grande ville. La destruction parle feu, l'incinéra- , lion, est au contraire une ressource radicale, qui assure la désinfection d'une façon absolue.
Au Congrès internationnal d'hygiène réuni à Turin (1), au
mois de septembre 1880, la section d'hygiène vétérinaire
® a voté l'ordre du jour suivant, à la suite d'un rapport de
^' M. Brusasco, sur la transmissibilité du charbon, fil
0 « La section propose de joindre aux mesures prophylactiques >■ déjà en vigueur, dans les cas dtî mort des animaux charbonneur,
les mesures suivantes :
. ^ i*' La cuisson dans des chaudières ou des fourneaux ambulants, j» dans les lieux où il n*y a pas d'équarrissage ;
2<* La torréfaction de la terre des écuries et du produit d'incrusla tion des murs; la torréfaction et la désinfection de toutes les matières ot de tous les outils infectés ; 3° Le revêtement du sol des écuries par une couche d*asphalte ; 4<* L'établissement de stations destinées à Tenlerreraent, avec cuisson préalable, des animaux morts du charbon ou d'autres maladies qui les rendent impropres à Talimentation. »
Enfin, à la même époque, le Congrès d'hygiène réuni tout entier au Crématoire de Milan, a acclamé et signé, sur la proposition do MM. de Cristoforis et Lacassagne, un vœu en faveur de rincinération obligatoire des animaux atteints ou morts de maladies transmissibles. Il n'est pas douteux que tous les hygiénistes ne s'associent à ce postulatum ; le difficile est de rendre cette incinération pratique, facile, peu coûteuse, dans toutes les campagnes.
On voit qu'on ne peut plus dire comme autrefois, morte
(1) Compte-rendu du Congrès d'hygiène de Turin, Revue d'hygiène et de police tanitaire, 15 octobre 18S0, p. 913.
Vallim. — Désinfectants. 3S