DORTOIRS OU CHWBRËES. WO
^dentés, la facilité des fissures, le froid), s'opposent, parait-il, ^ au remplacement des planctiers en l>ois par des matériaux
"imperméables (asplialte, ciments, mosaïques, etc.), dans
les doploirs des pensions et dans les casernes. En attendant
' qu'on trouve le moyen de constituer un sol idéal, il faut
'prévenir l'infection des planchers en bois el assurer la dé- ■ sinfec'ion de ceux qui ont été souillés. Les enduits de " cire, de paraffine, d'Iiuile de lin siccative, de silicates, rcm- *' plissent plus ou moins bien la première indication, non " sans entraîner une dépense assez forte. La désinfection '" s'obtient par le lessivage ù l'eau bouillfinte à l'aide de
* la potasse ou du savon noir ; mais on s'expose, quand les
* joints sont relàeliés, à humecter Ics'matières putrescibles et
* les poussières accumulées dans l'espace libre situé sous ' tes planchers.
I' Ces lavages en grand entraînent en outre dans la chambre f une humidité persistante, et rendent l'habitation du local ! dangereuse ou désagréable pendant plusieurs jours ; autant il est facile d'entretenir la propreté en passant plusieurs fois ' par semaine un linge simplement humide à la surface du plancher pour recueillir les poussières, autant le lavage à grande eau a d'inconvénients pour un parquet profondément souillé et couvert d'une couche épaisse de boues organiques.
Quand le plancher est en sapin ou en bois très poreux et qu'il est souillé, il nous semble indispensable, pour procéder à la désinfection, de le laver d'abord b. la brosse avec une très petite quantité d'eau bouillante alcaline uu contenant 1 p. 100 de chlorure de zinc, et d'éponger immédiatement après; l'opération doit être recommencée deux fois de suite, particulièrement à l'eau pure si on a fait usage du chlorure de zinc. Il faut ensuite passer sur le bois parfaitement sec une couche d'huile de lin bouillante, afin d'obstruer les porcs du bois et d'empêcher la pénétration indéfinie des liquides; si l'on se contente d'une simple couche, ViLLiM. — DÊsi:<recrii!rTS. 39
I)i::SI>TKCT10S DES HABtTATIOKS.
la di'pensc est Ivt-a inudérée; au bout de quelques jour*. l'huile s'est profoiuléinent imprégnée; par la suile, elkdevient siccative par raclion de l'oxygène de l'aîr. Ctilf opi-ratioii oi^t iiioiiiM nécessaire pour lee planclicrs en bois di? tiii';n(!. [|i>s lur>j, 1:1 déainfeclion sera facile, hoit (>ar ff passnffiMl'iiii lin;,'!.' siniplcment humide, soit parie procwlé Ministre de la guerre (Circulaire du
. ici cette instruction qui résameeales
ril IKV
i.r.prndiiis
■ijlles ipii l'oiU précédé*
lelloyage det planthert det eatenui.
-rii'm'iils i|iii m'iinl ÙW TournU, <(iie Ip mW
!■' i lii'- |.]'i'-.i I II [piL- 1j circulajtvdu H dr-
i: I ■ .!■. i|iie ])rémil«rai( son
;li r.iUIo, hon de pro)ii>r-
^N^juiv. J ji duuc (lfcii)<^ iih'oii mnoo- I dispiiQiiiiMjBi.'. Slaisje dOâin: cipmimniMalo aux niiin-s iiri'tiTliiii.in-
DORTOIRS OU CHAMBRÉES. <li
yigueur, en ce qui n'est pas modifié par les dispositions qai précèdent. Les unes comme les autres doivent être appliquées lors même que les sols des chambres sont formés de briques ou de carreaux.
Versailles, le 11 avril 1877,
Le Ministre de la guerre.
Général A. Berthault.
Ce moyen est excellent... quand il est appliqué. On dit que le frottement avec lesablon use les planchers; la brosse aussi use le drap; faut-il défendre au soldat de brosser son uniforme? Ce nettoyage du plancher peut n'avoir lieu que toutes les semaines, à la rigueur tous les quinze jours. 11 sera d'autant moins nécessaire, que Ton prendra plus de précautions pour éviter la souillure par les chaussures des hommes, surtout dans les régiments de cavalerie. Serait-il impossible d'exiger que les cavaliers laissassent à la porte de la chambrée, avant d*y entrer, leurs sabots d'écurie souillés par le fumier, et qu'ils se contentassent, pour circuler dans les salles, de chaussons qu'ils porteraient dans les sabots? C'est une question à étudier, et qui serait peut-être d'une application plus facile dans les écoles de campagne, les ateliers des péniicnciers, etc.
Mais tous ces moyens nous paraissent encore insuffisants pour assurer la désinfection des habitations collectives. Quand un grand nombre d'hommes sont réunis en commun et ont versé pendant plusieurs mois leurs émanations et une partie de leurs sécrétions dans un même local, ce local est infecté, il est insalubre. Dans toutes les casernes de l'Europe et peut-être du monde entier, la phtisie fait des ravages inouïs; plus nous vivons dans notre année, et plus nous sommes étonné de cette fréquence extraordinaire de la tuberculose chez des sujets choisis avec soin, et qui très souvent ne commencent à présenter les signes de la phtisie qu'après lo années d'une santé irréprochable, passées au service, dans les chambrées des casernes. C'est en vain qu'on cherche à expliquer cette fréquence de la maladie par
612 DÉSINFECTION DES HABITATIOXS.
des causes banales, la fatigue, les intempéries, la mauvak nourriture, etc. Il doit y avoir une autre cause; rien d^; prouve que la contagion ou rinfection ne joue pas ici cr rôle important; quand on voit avec quelle facilite lesâiàmaux en expérience contractent la tuberculose lursquik ne sont pas parfaitement isolés des animaux inoculê> '^ atteints d'ulcères ou de jetage tuberculeux , il est imj*sibic de ne pas partager les craintes exprimées dès 18^^ par notre collègue et ami M. Villemin, dans son beau li\r: sur la tuberculose.
Au Congrès d'hygiène de Turin en 1880 {Revue dhf giène, 1880, p. 9-21), nous avons constaté à la foisTunaniniité des médecins des armées de TEurope pour déplorerlj fréquence de la phtisie chez le soldat, et Tinanité de leur? efforts pour en donner une explication plausible ; nous avon^ exprimé avec de grandes réserves, dans une des séjnce^ Ju Congrès, l'idée qu'il fallait montrer moins de dédain P'.^ur l'hypothèse de la transmission de la maladie, des phtisiMue> capables encore de continuer le service actif, aux individa^ sains vivantdans la même chambrée. Nous nousafTermissonî chatiue jour davantage dans ces craint<^ et dans ronirii«>n qu'il est nécessaire d'agir, en l'état d'incerlitude où est enonY la science, comme si le danger était démontré. Les mêmes observations s'appliquent à la fièvre typhoïde qui constitue, avec la tuberculose, la grande endémie des casernes dans toute TEurope.
Nous croyons qu'il serait d'une sage précaution de fiiin* chaque année dans les habitations collectives, dans les lycées, les prisons, les hôpitaux, et en particulier dans les chambrées des soldats, une désinfection intime et sérieuse, en brûlant par exemple 15 à 3l) grammes de soufre par mètre cube. Il serait facile de choisir pour cette oj^ération annuelle soit l'époque des vacances |)Our certains loiaux scolaires, soit Tépoque des grandes manœuvres ou des changements de garnison pour les casernes. La dépense