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ET PRIVÉES

ART. I. — LOCAUX D'EABITATIOH.

Bien que nous ayons déjà traité au Chapitre I (désinfection nosocomiale) de la désinfection des locaux, des vêtements, etc., nous croyons utile de réunir dans un chapitre spécial certaines recommandations applicables aux habitations collectives et privées. Nous renverrons pour plus amples détails aux différents articles du chapitre I. Nous avons surtout en vue ici les casernes, les prisons, les ouvroirs et ateliers, les écoles et collèges, les habitations privées, c'est-à-dire les établissements où sont réunis non plus des malades, mais des individus jusque là bien portants.

Prenons par exemple une caserne, une chambrée, un dortoir de collège: l'odeur y est désagréable et persistante, l'état sanitaire laisse à désirer, la désinfection est jugée nécessaire; comment faut-il y procéder? Avant tout, il faut rechercher les causes de l'infection ou de l'insalubrité, afin de les faire disparaître. Il y a-t-il encombrement, c'est-à-dire moins que le minimum déjà si bas de IS à 15 mètres cubes et 4 mètres superficiels par personne dans la chambrée ou le dortoir? il faut commencer par réduire la population du local.

L'on doit ensuite s'assurer qu'il existe des orifices de ventilation, que ces orifices sont ouverts, qu'il ne sont pas obstrués par des corps étrangers, destoilesd'araignées, des

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DORTOIRS OU CHAMBRÉES. «n

causes de l'infection des chambrées. On comprend à

peine, même quand on est fumeur, qu'il soit permis au

* soldat d'empester pendant toute la soirée, avec l'odeur de

' la pipe, le local étroit et dépourvu d'orifices de ventilation

' où un grand nombre d'hommes s'entassent de 8 heures du

' soir à 5 heures du matin. C'est une cause de souillure des

murs par les vapeurs qui s'y condensent, de souillure des

parquets par la salive qu'on y projette.

La nécessité de prendre les repas, dans la salle où l'on couche est encore plus déplorable ; la désinfection doit être renouvelée indéfiniment, si l'on souille indéfiniment le sol, les couvertures des lits, l'atmosphère, par les liquides alimentaires qui se répandent, les vapeurs lourdes et épaisses qui se dégagent des mets. Déjit les réfectoires communs et servant uniquement à cet usage s'imprègnent, dans les lycécs,lesasilesdepauvresou d'aliénés, d'une odeurnauséabonde dont il est difficile de les débarrasser ; à l'école Monge on n'a réussi à éviter cette incommodité qu'en garnissant les tables, les parois et le sol des réfectoires, de plaques de marbre, de stuc et de mosaïques, absolument imperméables et qu'on lave à l'éponge tous les jours. Toute tentative de désinfection est vaine, si l'on ne commence par supprimer ces causes d'imprégnation permanente; il est temps que dans les hôpitaux, les casernes, les locaux de jour soient distincts des locaus de nuit ; poursuivre la désinfection dans l'état actuel, c'est rouler le rocher de -Sysiphe.

En efi'et, dans une salle où l'on mange et oîi l'on dort tour à tour, il se condense sur les murailles des vapeurs respiratoires et des buées, chargées de matières organiques putrescibles qui se déposent à la surfoce des enduits imperméables, ou imbibent profondément les matériaux poreux. Pour désinfecter, il faut donc commencer par enlever à l'aide de lavages la couche de fumier qui s'est formée sur les peintures ; si l'enduit est mou et poreux, il faut le gratter avec soin, avant de faire un badigeonnage à l'eau de chaux

et rien qu'à Teau de chaux, sans mélange de craie, i colle ou de gélatine. 11 serait désirable qu'on pût aupiv^lable détruire la matière organique des couches prot*des, soit par le feu, à Taide du flambage d'après la dkthode Lapparent, soit par la projection, au pinceau « avec un appareil pulvérisateur, d'un liquide antisefiiinii tel que les solutions d'acide phénique ou de chk»rure i zinc au centième ; toutefois ce dernier sel est hs^r métrique et pourrait avoir quelque inconvénient, lierait assurément préférable de remplacer le badigeonoîc à la chaux qui est médiocre, par un enduit imperméalt le silicate de zinc, par exemple, très usité en Anglet^m dans les casernes et beaucoup moins coûteux que la tenture. Les architectes et les ingénieurs auront rendu Qt grand service à Thygicne, quand ils auront trouvé un enduit imperméable, solide et économique, permetwni b lavage hebdomadaire des murailles dans les habiuûons collectives.

Le plancher est une cause fréquente de mauvaise CMlew et d'insalubrité. Il est sali par les liquides et les dêbm alimentaires, les produits de l'expectoration, le^ boues et les fumiers que les chaussures apportent des écuries ifl des cours en temps de pluie.

Toutes ces matières, délayées dans les eaux de lavage, pénètrent profondément les pores du plancher, y déjwseni des matières organiques qui se putréfient lentement. Le? interstices entre les feuilles du plancher laissent pénétrer dans l'espace laissé Ubre au-dessous d'elles des amas d\^ dures de toutes sortes, dont la corruption est parfois extrême: dans un assez grand nombre de cas, une odeur infecte ayant été ressentie dans les chambrées de caserne, on a levé des planches du parquet, et Ton a trouvé une couche épaisse de débris putréfiés, remplie de vers ou de cadavres de rongeurs envahis par la décomposition.

Des difficultés nombreuses (le poids qui charge les char-

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