CHAPITRE VII
M. le D' de Chaumont (de Netley), dans un discours remarquable et plein d'humour qu'il prononçait à la Réunion annuelle du Sanitary InstUute de la Grande-Bretagne, le 14 juillet 1881, définissait la science sanitaire moderne: € lart de mettre chaque chose à sa vraie place » .
En effet, la matière organique qui se décompose et se putréfie est très utile quand ce travail a lieu dans le sol d'un champ qui a besoin d*engrais ; elle est dangereuse et très nuisible quand ce travail se fait en plein air^ au milieu des villes et des habitations humaines. Rien ne se perd dans la nature, maisThomme doit veiller incessamment à ce que la matière dépense son énergie potentielle en travail productif utile, et non pas en effets nuisibles, capables de détruire rapidement ou graduellement la race humaine.
Il nous a semblé qu'on pouvait donner cette ingénieuse pensée pour épigraphe à un chapitre consacré à la désinfection et à Tassainissement municipal. Employer les matières de vidanges et les immondices d'une ville à fertiliser les campagnes, au lieu de les projeter dans un fleuve et de souiller Teau destinée à l'alimentation des riverains, c'est mettre les choses à leur place, c'est prévenir l'infection, ce qui vaut mieux que désinfecter ; c'est faire de bonne hygiène, et surtout de bonne hygiène municipale.