‹ Traité des désinfectants et de la désinfectionChapitre 129 sur 138 · ART I". - DÉSINFECTION DE LA VOIE PUBUQUE · texte numérisé non relu

ART I". - DÉSINFECTION DE LA VOIE PUBUQUE

Désinfection des immondices et des boues. — Les immondices ménagères, les résidus domestiques que l'on

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dépose chaque matin sur la voie publique, en attendant qu'ils soient enlevés par les tombereaux du service de la voirie, sont fréquemment une source d'émanations félidés. De 1853 à 1810, à Paris, les ordures ménagères jetées chaque soir sur la voie publique, étaient fouillées chaque nuit par 10,000 chiffonniers et par les chiens errants, et souillaient au plus haut point de leurs émanations l'air de nos rues. Depuis celte époque et par un arrêté du H septembre 1810, toutdépijl d'immondices sur la voie publique est interdit ; les ordures ménagères sont portées de S à 1 heures du matin, dans des boites individuelles, sur le bord du trottoir par chaque locataire ou chaque concierge, et vidées dans les tombereaux par les boueurs au cours de leur tournée. Les ordures ménagères, auxquelles se joignent les balayures de la voie publique, formaient en 1881 à Paris un cube journalier de 2,000 mètres environ, transportés par 600 tombereaux. (1) Des entrepreneurs, au nombre de 16 actuellement, prennent en adjudication cet enlèvement des boues etdébris, moyennant une indemnité de SOO.OOO francs payée par la ville ; ils transportent ces gadoues dans la banlieue de Paris, où on les transforme en engrais, mais où elles sont une cause insupportabled'infection pour les habitants du voisinage. La (lésinfection directe de ces amas est difficile ; on ne peut en effet rattacher à la désinfection des mesures telles que la plantation de rideaux d'arbres pour arrêter les transports des mauvaises odeurs par le vent ; l'établissement des routes ou d'aires pavées pour permettre le déchargement de voitures dans un lieu bien défini ; l'éloigncment de ces dépôts k une distance suffisante de toute habitation ou de tout cours d'eau. On a proposé de dresser ces amas en tas réguliers et aplanis, comme pour les détritus des abattoirs, et de les recou-

(1; Dulleini],£ei dépôlt de voirUi iani Parti. Discasiion ila Suciéléda mùdaciDs publique. {Reviit à'hUQii't tt dâ palitt MHÏlaire, JaavUr I83i, p. 00.J

vrir de terre glaise ou d'une couche de terre végétale qui serait ensemencée; aq bout d'un an et plus, les matière seraient mûres et pourraient être portées sur les champs comme engrais. La désinfection par ce procédé n'est {«s toujours suffisante et entraîne des difficultés pratiques à peu près insurmontables.

En Angleterre, cette question de la désinfection i^ amas d'immondices a pris une importance singulière» ei Ton a essayé de la résoudre en détruisant ces débris de balayage et ordures ménagères par le feu. Le D^ W. Sedwick Saundcrs a présenté au Comité sanitaire de la Cité on 1881, un rapport sur les moyens de se débarrasser

des rebuts et résidus des maisons, sans créer de fovers

d'infection. L'enfouissement dans des fosses à peine recouvertes est un système insuffisant rnéme à la campa^me, dangereux et incommode au voisinage d'une ville au5>i populeuse que Londres.

M. Saunders propose un système basé: 1** sur la de^traction par le feu, de tout ce qui est combustible dans ces détritus; 2*^ sur la séparation des diverses matières et leur conversion en charbon. M. Saunders décrit et figure divers appareils construits à cet effet à Armley Road, h Manchester, à Bradfort, à Birmingham, et depuis à Kralingcn, près Rotterdam, en Hollande. Ce sont de vastes fournaises où les résidus sont consumés par le feu et transformés en charbon. A Armley Road, on consume 7 tonnes de rebut en 24 heures, et 80 p. 100 de la masse totale sont anéantis par le feu au moyen d'appareils dits Tun Deslrucior, l'aulre Carboniser; l'un et l'autre corttenl ensemble 112,000 francs. Un système analogue (Fryer's method) fonctionne depuis quelques années i\ Lceds'et h Birminghani (1).

(i) De r incinérât ion des rebuts, résidât et immondices des maisons d'ha bitation. {Journal d'hygiène, «882. p. 2t, arec figure<, saos indifatioo d'origine.) — Parkes. A manual of hygiène ^ 1878, p. 895.

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, M. Hfiussmann avait émis jadis l'idée « d'ouvrir dans les cours des mnisons, des tn'mies par lesquelles toutes , ces saletés seraient descendues dans les galeries des , égouts, où l'on recueillerait pour le transporter au loin, sans olTenser la vue et l'odorat du public, ce que les chasses d'eau nesuffiraient pasàenicver. » Il faut espérer, avec M. do Freycinct, qu'un jour viendra où les peuples policés éprouveront le besoin de reléguer dans les profondeurs des sous-sols, à l'abri des i-egards, les opérations qui sont en quelque sorte les besoins secrets de la vie des cités (1).

M. Clicvieul (2) a depuis longtemps montre que la couleur noire du sol de nos rues tient à la sulfuration, par le gaz à éclairage, des particules métalliques abandonnées par les fers des chevaux et les roues des voitures. Il se produit là un rudiment de desinfection spontanée, comme dans le traitement des malières fécales par le sulfate de fer ou les solutions mélalliques, Sainte-Claire-Devilie (3) a montré récemment que le gaz qui se dégage jwr les fuites souterraines égale la dixième partie du gaz total qui circule à travers ces tuyaux ; mais ce gaz contient des cristaux de naphtaline et Ju goudron en vésicules très ténues, substances éminemment antiseptiques qui embaument, pourrait-on dire, les matières organiques contenues dans le sol, et en jiréviennciit la putréfaction. Les fuites de gaz, d'après l'illustre chimiste, seraientdonc unccaused'asainissement du sol. 11 no faut pas pousser trop loin ce raisonnement, et ne pas oublier que le gaz d'éclairage verse dans l'air non seulement de l'hydrogène carboné,

(1) »o Frcycinol, loc. cit. ]). 89.

(3) Clicvrt'ul, Principe/ dt Vaitainitttiatnî de* vUlt*. IJeumal ili's tarants. 1871, p. i«( Pt MO, 181î, p. ,115. it« '.'l Ml,) On no saurait asse» louor Ct'llii étnili' m^if^islrale souvent citée et trop peu lue.

(3) Kainie.r.lairB-DeTille, Coinpteî-reaim de CÀoaiimie det tciencti, T. 9l',Béaiic« du lOMptenbrelSBO.

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qui est peu nuisible, mais de l'oxy toxique au plus haut degré.

La surface des rues, des chauss être prompteiiiciit débarrassée di recouvrent, afin li'empècher l'infil liquides altérables ou allérés que l< des animaux y font pénétrer ; les comme le bitume, ont "ii Let cga riorité sur le macadam et surtout :

Aux points d'arrêt temporaii'e ou des voitures publiques, des omnîbi déjections solides ou liquides des cl quantités considéra blos de matières les chaleurs de l'été, la décomposit est si rapide que l'on est suffoqué moniacales qui s'en dégagent. ?(on mécani<|uc, le balayage de ces pla plus fréquemment .c'est-â-dire 3 f( mais encore il serait nécessaire de ( du sol imprégnées de ces pi-oduits lavage à gr'ande eau, l'aspersion avi rure de zinc, de chlorure de chau rendraient ici de véritables servie du lavage fréquent des ruisseaux, de trottoirs, des chaussées; l'eau doitct heures s})Ontanément dans les ruisse ces derniers doivent être balayés ]>our empêcher toute stagnation. L les lavages fi-équeiussont la conditi désinfection des ruisseaux, des con gères, etc. Au voisinage des halles Irines publiques, la prodigalité i lavages est encore plus nécessaire.

A Paris, la direction des travaux toyage et lu désinfection de la v(

VOIE PCBLIOUE. TOI

nombre de désinfectants (1) d'après les indications suivantes fc approuvées par l'Inspecteur général, M. Alphand.

j Le chloi-ure de chaux, TtMrqaint de lOOà 105 deg^rés, provienl de* usines de Saini-Uobab. On l'emploie avec succès partout où sont dépo- 86es des urines, des matières focales ou putréfiées. Il sert aussi à la

I dâtiafe^ition des cabinets d'aisances, des g'argouilles et des ruisseaux

, recevant des eaux corrompues. Pour le lava^ des ruisseaux, le roâlaa^je est au SO", soit 1 kilo|^rainnie pour iiO litres d'eau, (Prix

' du kilogramme : 0 Tr. 31).

Le tulfaie de fer et le lulfale de zinc s'emploient l'un et l'autre dans les mêmes conditions; on emploie la dissolulion del kilogramme de sel dans 10 litres d'eau. Us servent à la désinfeclion des baquets des postes de police et des récipients pour le transport des bovaux, du sang, des viandes et poissons corrompus, provenant des halles et marchés. Le sulfate de Ter laisse une couche de rouille sur les objets avec lesquels il est en contact. Le suirate de zinc est plus énergique, mais coûte un peu plus cher que le précédent. Il ne dégage aacune odeur, ne laisse aucune trace: il est très employé en élë poulies lavages et arrosa^'es, aux Halles centrales, des sous-sols des pavillons pour les poissons, la volaille et les triperies. Coupé & 1 : 8 et mélangea 3 p. 100 de sulfaie de cuivre, le sulfate de zinc constitue une très bonne liqueur désinfectante (eau Larnaudès) (1), qui se conserve très longtemps et peut rendre de irès grands services dans es liabitations privées {prix par kilogramme sulfate de fer, Dfr. 09 c.; sulfate de zinc, Ofr.23 ; eau Lamaudès, 0 fr.SSc).

Vncide phéniqiie n'est pas un désinfectant proprement dit; il n'agit pas sur les corps odorants, comme le chlore : il ne fait pas disparaître, ainsi que ce corps, la mauvaise odeur, mais il arrête el prévient ta fermentation, sans doute en tuant les germes, lessponiles et les ferments. Il possède des propriélcs antiseptiques considérables, el doit élre considéré comme un agent préventif do premier ordre. L'acide phénique doit donc être employé toutes les fois qu'on veut détruire les germes de la fermentation putride. Le coupage en est fait à i : 10, soit 1 litre d'acide dans 40 litres d'eau. Les coupages il: 100 et à 1 : 20 donnent de bons résultats pour les arrosages, une ou deux fois la semaine en été, dans les endroits infectés (latrines, boyauderies, triperies, tueries, pavillons aux paissons' et aux fromages) des Halles centrales. On l'emploie encore A 1 : 1000, soit 1 litre dans un tonneau d'arrosemeni, pour l'arrosement en été des

{l'i Vamiiro, Salice utrle nelloiementdela voie publique (Mile do Paris DiractioD des travaux] ; Pari), Chaix, 1S76, io-4*, p. 11. La Selice dit ailleurs, p. TS que l'eau Lamaudd • Mt romposéo d'eau ordinaire dans laquelle on a fait dissoudre !3 0/0 de sulfate de linc el i 0/0 de sulfate de cuivre > .

n(H DÉSINFECTION MUNICIPALE.

abords des Halles centrales, ou dans oertaincs rues dont ks ruseaux coDiienneut des eaux corrompues, (Prix 1 fr. 75 le iitr:.

On a usé aussi de poudres pkéaiquées (naphtaline), de >diik d'alumine, d'huiles lourdes de houille, et de vingt autres produit"^ pnnés par des industriels ; mais on a dû y renoncer, soit à ciu^ c^ leur odeur ou couleur désagréables, soit en raison des difficskt* de leur emploi.

V acide chlor hydrique sévi B,n\vLy&ge des urinoirs ou des encoignures encrassés de tartre, ainsi qu'au lavage des murs et baquets dan? h latrines et violons des postes de police. Son usage e^t indispeusabl» pour le lavage des tueries, boyauderies, etc., des halles etmircbéj. Pour les parties très encrassées, Tacide chlorhydrique eslerapl-^Têà 1 : 6, soit 1 litre pour 5 litres d'eau. Coupe à î pour !0, Il nettok très i)ien les murs et dalles à surfaces lisses ; pour les lavages ordinaires, le coupage à 1 : 15 suflit. Ce produit laisse après son empkii une odeur désagréable, mais qui s'évapore très vile (prix : 0,053 k kilogr.)

L'acide de mirbane (nitro -benzine impure) est plus énergiqw mais il laisse sur les parties nettoyées une odeur dêsagrétbi< d'amandes amères, et une couche blanchâtre qui disparaît par un livage à l'eau ordinaire. Les coupages pour cet acide sont le^ môme» que pourl'acide chlorhydrique (prix: 12fr. la tonne de 75 kilo"^ramm«. Ces acides oxydent les métaux et brûlent les étoiles ; ils exigent ptr suite certaines précautions dans leur emploi ; les coupages doivent être faits d'avance et par un ouvrier intelligent. Coupés à 1 pour 10, ils sont inoffensifs.

11 nous a semblé utile de reproduire presque intégralement ce chapitre des instructions officielles qui sont très peu connues du public médical ou hygiéniste.

Désinfection de Veau des bains sulfureux. a Paris, ks

ordonnances de police défendent de déverser sur la voie publique ou dans les ruisseaux Teau des bains sulfureux, sans que cette eau ait été au préalable désinfectée. Le procédé le plus pratique consiste à dissoudre dans l'eau sulfureuse d'une baignoire, avant le déversement sur la voie publique, 100 grammes de sulfate de zinc en poudre grossière ; la désinfection est alors complète et ne coûte que 3 centimes pour Tcaud'un bain. Le sulfate de fer aurait Tinconvénient de donner une teinte noire insupportable de sul-

PORTS DR MER. TOa

fure de fer. On peut anasi se servir d'acétate de plomb, à la dose de BO grammes pour un bain ; mais outre l'inconvénient de l'emploi d'un agent toxique, ce procédé est coûteux et noircit le pavage des ruisseaux ; il a toutefois l'avantage de fixer plus complètement l'hydrogène sulfuré libre. Le chlorure de chaux produit également un bon résultat, mais il se dégage une notable quantité de chlore qui peut être fort gênante.

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