‹ Traité des désinfectants et de la désinfectionChapitre 16 sur 138 · PLAN. I · texte numérisé non relu

PLAN. I

en chapitres. /, moyens de purification de l'air : désinfectants (le l'air; solides, liquides, gazéiformes (charbon, terre sèche, hypermanganate de potasse, chtoralum, etc. ozone, chlore, iode, brome, acide sulfureux, etc.). //, moyens de désodorisation (charbon, terre, chaux, chlorures, sulfates et chlorures métalliques, acide phénique, etc.). ///, désinfectants spécifiques, destructeurs des contages ; désinfection dans chaque maladie en particulier. ÎV, de la désinfection dans ses applications (désinfection des habits, des espaces clos, des wagons, des latrines, des selles, des cadavres d'animaux, etc. ; désinfection des champs de batailles, des villages occupés, des camps; description des appareils à désinfection ; formules et modes d'emploi des désinfectants).

Ce plan est incontestablement supérieur à ceux qoi précèdent ; on voit que les auteurs ont senti le besoin de se placer au point de vue pratique. Qu'ils nous permettent cependant quelques critiques. Pourquoi consacrer un chapitre spécial à la désinfection ou purification de l'air? n'est-ce pas s'exposer à chaque page à des doubles emplois ou à des renvois incessants aux chapitres suivants? On trouve là rangées un grand nombre de notions qui pourraient tout aussi justement figurer dans un autre chapitre; est-ce que pour purifier l'air, il ne faut pas chercher à le désodoriser (chap. II), à détruire les conlages (chap. III) qui peuvent s'y trouver? Ce qui s'applique k l'air, ne s'applique-t-il pas aussi bien aux objets matériels?

Il serait injuste toutefois de méconnaître à quel point cette étude est supérieure à toutes celles qui l'ont précédée ; on voit qu'elle a été faite par des hygiénistes compétents, à la fois hommes de science et de pratique ; elle constitue une mine précieuse de renseignements, et nous aurons de fréquentes occasions d'y puiser largement.

Nous reconnaissons d'ailleurs qu'il est di^icile d'adopter on plan définitif et pleinement satisfaisant, parce que la

question est à Tordre du jour, et que chacune des découvertes de MM. Pasteur, Chauveau, Toussaint, etc., sur la nature et le mode de propagation de certaines maladies virulentes peut changer la théorie et la pratique des moyens de désinfection et de préservation.

Dans l'état actuel de la science, Tinfection peut se réduire d'une manière générale à trois sources : 1® les produits de la décomposition de la matière organique, dont la putréfaction est le type ; 2^ les virus ; 3° les germes animés et les parasites. Tous ces groupes se relient entre eux ; la septicémie ou empoisonnement putride interne, dont le virus contient des vibrions, sert de transition entre le premier et le deuxième groupe. Les deux derniers groupes se rapprochent l'un de l'autre, depuis les travaux récents sur les microbes ; ils ne se confondent pas cependant, car il y a loin du virus varioleux ou du virus syphilitique, où Ton n'a encore découvert aucun germe animé, il y a loin, disons-nous, de ces virus à l'acarus de la gale et au tricophyton de l'herpès tonsurant.

Toutefois, ce serait étendre d'une façon abusive le mot désinfectant que d'y comprendre tous les parasiticides ; à ce compte, les anthelminthiques, les tœnifuges seraient des désinfectants ! On dit bien désinfecter les vêtements d'un galeux, mais cette habitude de langage remonte à une époque où l'on ne connaissait pas encore l'existence de l'acarus. On désinfecte cependant les virus charbonneux en détruisant les bactéridies que ce virus contient. La transition est insensible entre les divers parasites. Dans la pratique, et pour ne pas confondre des choses trop dissemblables, nous limiterons les désinfectants aux parasiticides, aux germicides qui ne détruisent que les protorganismes microscopiques : la distinction est quelque peu arbitraire, mais elle est imposée pour la facilité de l'étude.

En résumé, la matière organique, en se décomposant et

particulièrement en subissant la fermentation putride, donne naissance à des produits malodorants, inrects, incommodes ou nuisibles, dont il importe d'abord de se débarrasser, soit en les expulsant directement (enlèvement, lavage, veniilation, etc.), soit en les fixant pardes corps absorbants, physiques (ckarbon, terre sèche), ou chimiques {sels métalliques). Mais il ne suflil pas d'enlever ces produits de décomposition, il fautenturir la source, soit par renlèvemenl de celle-ci, ce qui est rarement possible, soit par l'emploi des antiseptiques, c'est-à-dire par l'emploi des agents qui préviennent ou empêchent la puiréfaction.

Gomme on attribue les fermentations à la présence de prolorganismes jouant le rùle de ferments, les substances qui détruisent ou empêchent te développement et la repullulation de ces protorganismes viennent au premier rang parmi les antiseptiques (germicides).

Enfin, en dehors de toutes les putréfactions apparentes, certains organismes malades engendrent des principes virulents, souvent inoculables, transmissiblcs d'individu à individu, et capables de reproduire chez un sujet sain la maladie qui les a fait naître. Les agents qui font disparaître cette source générale d'infection, ceux qui neutralisent ces virus, animés ou non, sont appelés antivirulents.

Voici le plan général que nous adoptons pour cet ouvrage :

Dans une première partie, nous ferons une étude détaillée des DÉSINFECTANTS, qui peuvent être hiérarchisés de la façon suivante :

I. Moyens siécamoves : enlèvement des sources ou des produits de l'infection ; ventilation, lavage, etc.

II. Absorbants, désodorants ; agents fixateuis des produits de la décomposition.

m. Antiseptiques ; agents qui retardent, suspendent ou empêchent la décomposition.

19 KUTIONS PnÉUHlNAIRES.

IV, Antivibulents; agents qui détruisent, neutralisent les virus, les contages, les gcrmeâ morbides, soit à l'extérieur, soit à l'intérieur de l'organisme.

Chacun de ces quatre groupes sera étudié successivement, d'abord dans ses généralités, puis en passant en revue cliacun des agents qui méritent plus particulièrement de figurer dans ce groupe. C'est là qu'on trouvera l'histoire, en quelque sorte doctrinaire, de toutes les substances réputées désinfectantes ; nous nous elTorcerons d'apprécier le plus souvent par des expériences positives leur valeur réciproque et leur efficacité plus ou moins réelle.

Dans une seconde partie, consacrée spécialement aux applications pratiques, nous passerons en revue toutes les cinonsianres où l'on peut être conduit à recourir à la DÉSINFECTION, et nous indiquerons les agents et les procédL's qui conviennent le mieux dans chaque cas particulier. On utilisera alors, en y renvoyant, les indications réunies dans la première partie du travail. Nous étudierons succès-

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