Î4 MOYENS MÉGANIQUES DE DÉSINFECTION
vement des matières susceptibles de se décomposer, et aussi un moyen d*atténuer par la dilution Tactivité des principes réellement virulents. Sans doute, il est grandement avantageux d'ajouter aux eaux de lavage des substances antiseptiques ou neutralisantes ; mais Taction même de laver, ne fût-ce qu*avec de Teau pure, est en quel(|ue sorte le préambule de toute entreprise de désinfection.
Nous ne saurions assez insister sur la nécessité de laver avec une éponge humide ou un linge mouillé, tous les mois au moins sinon toutes les semaines, les parois des habitations collectives, rendues imperméables par la peinture à rhuile, les vernis ou le stuc. A quoi sert dans nos hôpitaux, par exemple, d'établir à grands frais des lambris stuqués qui imitent les marbres précieux, si on laisse s'y accumuler, par Tévaporation des eaux de condensation, une mince couche de déchets et de poussières organiques, véritable nappe de fumier qui fermente à chaque retour d'humidité, et qui dégage par une immense surface les gaz et les produits de la putréfaction animale? Dans les casernes, les prisons, les écoles, les écailles poreuses du lait de chaux desséché s'imprègnent en peu de mois de tous les miasmes que dégagent l'haleine et la sueur d'un grand nombre d'habitants souvent malpropres, et avant de recourir aux désinfectants, on doit commencer par enlever au moyen du grattage ces squames puantes et sordides. Les bois des planchers, quand ils ne sont pas rendus imperméables par la cire et les enduits siccatifs ou huileux, s'imprègnent également des eaux de toilette, des liquides alimentaires, des produits de l'expectoration, des boues provenant des cours fangeuses ou des écuries; dans les casernes en particulier, c'est une des sources de cette odeur fade et nauséeuse, que n'oublient jamais ceux qui ont pénétré dans les chambrées au réveil des hommes. Que peuvent les désinfectants, si l'on n'a pas le soin d'em-
KETTOYAGE, LAVAGE, VENTILATION. fs
pêcher cette souillure, ou si l'on n'en enlève pas les traces en frottant le sol avec du sablon pliéniqué?
A un autre point de vue, les croûtes qui se détachent du corps des varioleux en desquamation forment le matin, sur le sol, alors que les draps des malades ont élc secoués en refaisant les lits, des amas dont on a peine a se figurer le volume quand on n'a pas assisté au balayage matinal. N'est-il pas évident que ces poussières virulentes, inoculables, jetées sur le fumier, dans un coin du jardin où le moindre coup de vent les soulève dans l'atmosphère, peuvent devenir un agent de dissémination et de propagation de la variole, non seulement dans tout l'hàpital, mais dans le quartier voisin? A quoi servirait-il de répandre dans la salle des varioleux des torrents d'un liquide pulvérisé ou d'un gaz désinfectant, si on ne prend pas le soin d'enlever directement le corps grossier du délit? Depuis longtemps, nous avons adopté l'habitude de faire répandre chaque matin sur te sol, dans nos salles de varioleux, après la réfection des lits, une certaine quantité de sciure de bois ou de sablon très légèrement imprégné d'une solution phéniquèc; l'acide phènique ne joue ici qu'un rôle accessoire, nous pourrions dire illusoire; le balai promène à la surface du sol cette couche à peine humide, à laquelle les poussières dangereuses s'attachent au lieu d'être soulevées et disséminées dans les parties élevées de la chambre. Le tout est immédiatement jeté et détruit dans la cheminée ou le poêle allumés pendant l'hiver : pendant l'été, on allume exprès dans la salle un feu vif et léger qui est destiné à consumer ces virulentes ordures.
Les poussières, les matières corruptibles qui flottent dans l'air, les miasmes mêmes, peuvent être retenus ou enlevés par de simples moyens mécaniques ; tels sont ces lattes écrans garnis d'ouate que l'air neuf traverse dans les couloirs souterrains du nouvel H6tel-Dieu de Paris, avant de pénétrer dans les salles. De même, H. Golds-