‹ Traité des désinfectants et de la désinfectionChapitre 19 sur 138 · S MOYENS MÉGANIQUES DE DÉSINFECTION · texte numérisé non relu

S MOYENS MÉGANIQUES DE DÉSINFECTION

au point de vue qui nous occupe, la ventilation n*agît pas seulement en expulsant, en dispersant, en disséminant les gaz, les miasmes, les germes morbides que Tair d*une localité peut contenir; elle agit aussi en activant Taction comburante de Toxygène de Tair sur les produits organiques en suspension dans Tatmosphère. Nous renvoyons à un chapitre ultérieur (Action désinfectante de Voxygène, de Vozone, etc.) pour le développement de cette importante question qui nous semble mériter une attention très sérieuse.En tout cas, la ventilation doit être autant que possible continue, afin d'empêcher ces condensations sur les murailles, de la vapeur chargée de matières organiques provenant des exhalaisons humaines, et des germes morbides que Tair pourrait contenir.

C'est d'après le môme principe qu'on établit des courants d'air artificiels dans les excavations, les puits, les trous de mine, les égouts, les cales de navire, où la stagnation de Tair permet l'accumulation des gaz toxiques. Dans les navires, on dispose des manches à vent permettant à l'air de s'engouffrer dans des tubes épanouis en entonnoir, ouverts du côté de la poupe, et amenant par l'excès de pression, de Tair neuf dans les parties profondes. Dans les mines creusées à une grande profondeur, on allume jour et nuit de grands feux qui établissent des courants descendants et ascendants, destinés à renouveler Taîr souillé par la respiration des hommes et des animaux et par les gaz toxiques que dégage le sol. Lorsqu'un puits ou un égout ont été longtemps sans communication libre avec l'atmosphère extérieure, il s'y accumule de l'acide carbonique, du sulfhydrate d'ammoniaque, de l'acide sulfhydrique, et autres gaz dont l'inhalation est dangereuse ou mortelle. Avant d'y /aire descendre les ouvriers employés au curage ou aux réparations, il est nécessaire de prendre certaines précautions imposées par l'ordonnance de police du 20 juillet |1 838, et que nous exposerons avec détail en

NETTOYAGE, LAVAGK, VENTILATION. »

traitant de la désinfection industrielle et humcipale. On allume des feux aspirateurs, qu'on place à l'orifice incomplètement obturé, tandis qu'un tuyau injecteur conduit l'air de l'extérieur au fond du puits; on ne peut descendre le brasier au fond même de l'excavation, que dans le cas où celle-ci est assez large et où la quantité de gaz nuisible n'est pas assez grande pour qu'on ait à craindre de voir le feu s'éteindre par privation d'oxygène. Dans beaucoup de ces cas, la désinfection ne se fait que par le déplacement, par la soustraction mécanique des gaz irrespirables.

L'enlèvement immédiat des linges, des pièces à pansement souillées, des matières putrescibles que contiennent souvent les salles des malades, doit précéder toute pratique de désinfection.

Rappelons ici que l'on a parfois attribué en partie l'insalubrité de certains ser\'ices d'accouchement au séjour prolongé sous les lits de vases contenant les placentas, les caillots sanguins, les eaux de l'amnios; dans certaines maternités au contraire, les placentas sont emportés immédiatement hors de la salle, ou jetés directement dans un réservoir rempli d'un liquide désinfectant très actif. Il en est de même dans les am))hithéâtres de dissection, les chantiers d'équarrissage, les étables remplies de fumiers, les amas de résidus industriels, les dépotoirs, etc.; l'enU'vement régulier des matières en décomposiiion est la condition indispensable de toute tentative de désinfection. Les instruments qui servent aux opérations sont parfois souillés, dans leurs parties profondes, de principes infectieux ou virulents, et ont été dans un assez grand nombre de cas bien observés, le [joint de départ d'accidents graves. Des sondes en gomme noire ou en argent incomplètement lavées ont porté dans la vessie le fennent de la décomposition de l'urée, et un simple calhétérisme a pu devenir l'origine d'une fermentation intra-vésicale rebelle. Il y a quelques années, plusieurs cas de syphilis gutturale, ont

Page 1