PREFACE
Un livre comme celui-ci n'a pas besoin de préface; son utilité est évidente ; reste à savoir si la matière en a été bien remplie. Un courant, auquel il ne faut pas s'abandonner trop complètement, nous entraîne de plus en plus vers cette idée qu'un grand nombre de nos maladies résultent de la souillure de l'organisme par des principes infectieux, figurés ou non, contenus dans l'air que nous respirons, dans le sol, les aliments, les boissons.
Si cette conception est justifiée, c'est le triomphe dans un temps prochain de la prophylaxie et de l'hygiène; la classe des maladies évilables s'accroît chaque jour, et la médecine préventive tient sa place à cùté de la médecine curalivc ou thérapeutique.
Jusqu'à ces dernières années, la question des désinfectants était complètement négligée, à tel point que dans les traités classiques d'hygiène publiés avant 1880, on ne trouve point de chapitre consacré à la désinfection ; il n'en est question qu'incidemment : parfois même le mot ne se trouve pas à la table des matières. Le Traité des désinfectants publié en 1802 par Chevallier n'est qu'une édition amplifiée d'un ancien mémoire sur le chlore et les chlorures. En outre, le jugement porté sur la valeur des diverses substances désinfectantes manquait d'une base positive; on s'appuyait sur le résultat obtenu dans cer-