I PRÉFACE
laines maladies épidémiques, et Ton sait combien il est difficile, dans les maladies populaires, de faire la part des influences, de rattacher à leurs vraies causes les oscillations décroissantes et les exacerbations d*une épidémie; souvent on induisait Tefficacité des désinfectants exclusivement de leur composition chimique.
Depuis les dernières études sur les virus, cette question est entrée dans une voie nouvelle ; c'est à Texpériraentation qu'on demande des preuves de la valeur respective des désinfectants ; on mêle un virus en certaines proportions avec l'agent dont on veut contrôler la valeur, on inocule le mélange, et le résultat donne la mesure de l'efficacité de la substance expérimentée. Les travaux de Baxter, Davaine, Dougall, Sternberg, Arloing, Cornevin et Thomas, ont jeté une vive lumière sur cette difficile question ; il en est de même des cultures des bactéries et des spores dans des liquides additionnés de substances neutraUsantes, en particulier des recherches de Kiihne, Wernich, Jalan de La Croix, Koch et Wolffliiigol, etc. Ce sont ces travaux que nous nous sommes proposé d'exposer, de coordonner, de critiquer. La question est tellement opportune, elle excite depuis moins d'un an un tel intérêt, les travaux sur ce sujet se multiplient avec une telle rapidité, que pendant l'impression de ce volume nous avons été souvent obligé d'intercaler à la dernière heure les résultats importants que venaient de publier les auteurs.
L'impulsion est aujourd'hui donnée; elle ne s'arrêtera plus. Dans presque tous les pays, les municipalités, sinon les gouvernements, s'efforcent d'imposer la désinfection
PRÉFACE. Ui
obligatoîrÊ à la suite des maladies contagieuses; partout' l'on construit des étuves, des lazarets de désinfection. Les accoucheurs et les chirurgiens ont Tait cesser en grande partie les désastres qui ravageaient jadis les hôpitaux, en introduisant le pansement antiseptique, la purification ahsolue des locaux, des objets d'habillement et de pansement, des mains des opérateurs. Aucun exemple ne montre mieux la toute-puissance des pratiques de la désinfection, que les résultats obtenus dans leurs services par HM. Tarnier, Siredcy, Lucas-Championnière, et par tous Icschirurgiens qui emploient soigneusement la méthode antiseptique.
Le public, qui d'ordinaire reste si indifférent à ce qui concerne l'hygiène collective, commence à s'intéresser à cef questions, et nous avons vu récemment quelle part il a prise à la campagne contre l'infection par les égouts, les vidanges, les fabriques de sels ammoniacaux.
Il noua a semblé nécessaire de réunir dans un livre les renseignements nombreux, mais très disséminés sur cet important sujet; pour juger, il faut pouvoir comparer et trouver sous la main toutes les ressources qui ont été proposées ou employées dans un cas particulier.
Nous nous sommes efforcé de rendre ce livre pratique; puisse-t-il contribuer au progrès d'une question que nous considérons comme la plus importante peut-être de l'hygiène.
Parin, le 1" septembre 1S82.
E. Valus.