‹ Traité des désinfectants et de la désinfectionChapitre 39 sur 138 · SÉRUM · texte numérisé non relu

SÉRUM

3« à 4» jou^:

7* à 8" » ^dc putréfaction

a près le 24« jour) au 30* Jour.

?• jour 8« »

li- »

Nulle trace

MM. Gosselin et Bergeron ont tenu à reproduire rigoureusement les conditions matérielles du pansement de Lister. Ils ont versé dans différentes ampoules une couche de sang de même épaisseur; Tune de ces ampoules était recouverte d'une simple tarlatane sèche ; les autres étaient recouvertes de tarlatane humectée de solution phéniquée ou d'alcool ; la putréfaction suivit exactement la même marche que dans la seconde colonne du tableau. Enfin, ils soumirent chaque matin, sous une cloche, pendant quinze minutes, des ampoules contenant 20 grammes de sang frais à des pulvérisations soit avec Talcool à 86**, soit avec la solution phéniquée au 20*. Dans le premier cas, la putréfaction ne s'est montrée que le 9* jour : avec Tacide phéniquc, il n'y en avait encore aucune trace au SO** jour.

Dans un travail plus récent, les mêmes auteurs ont continué leur expérimentation sur les solutions de chloral, de sulfate de zinc, de tannin, sur le baume du commandeur, la teinture d'iode, les solutions alcooliques d'essence de gaulthéria ou de winter-green. Nous analyserons leurs résultats à l'occasion de chacun de ces agents en particulier.

L'un des premiers auteurs qui ait étudié d'une façon

confplète, méthodique, rigoureuse, l'action des substances réputées antiseptiques sur les protorganismes dans les liquides au contact de Tair, Bucholtz (1) , avait déjà pressenti que l'identité morphologique des bactéries n'impliquait nullement l'identité physiologique ; il avait souj)çonné que les antiseptiques agissent plus ou moins énergiquement sur les bactéries, selon le liquide où on les a cultivées. P. Kûhn, Th. Habcrkorn (^), dans deux dissertations inaugurales soutenues la même année à Dorpat, contrôlèrent ces assertions encore hypothétiques et les confirmèrent pleinement. Bucholtz avait fait toutes ses expériences sur les antiseptiques dans un liquide presque identique à celui de Pasteur, et auquel il a donné son propre nom :

Sucre candi 10 grammes.

Tartrate d'ammoniaque .... 1 —

Phosphate de chaux 0>% 50

Eau distiUée 100 cent, cubes.

Kiihn (3) opéra sur des infusions de pois, de blanc d'œuf, de seigle ergoté; Haberkorn fit surtout agir les antiseptiques sur les bactéries nées et développées dans Turine alcaline. Les tableaux dressés par ces auteurs montrent qu'il faut des doses notablement différentes d'un même antiseptique, pour détruire les bactéries nées dans ces divers liquides de culture.

Dans un mémoire tout récent (4), le D"" Nicolaï Jalan

(1) Lconid Bucholiz AntisepUca und Bakterien; — Untenuchungen uber der Temperatitr auf Bakterien-Vegetation. {Archiv fur experimentelle Patholog., 1815. T. IV, p. 1-81, et p. I;i9-1()8.) — Utfer das Verhallen von Bakterien zu einingen AntisepUca; Dissertalion inaugurale. Dorpat, 1876.

(2) Th. Haberkorn, Das Verlialtenvon Ham-hakterien gegen einige Antiseptica. Dorpat, 1879.

(3) P. Kuhn, Ein Beitrag zur Biologie der Bakterien, Inaug. -Dissert. Dorpal, 1879.

(4) D' Nicolaï Jalan de la Croix, Das VerhaUen der Bakterien dasFleiS' chwassers gegen einige Antiseptica. (Archiv fur experimentelle Pathologie, 20 janvier 1881, T. XUI, p. 175 à 25o )

de la Croix vient de reprendre ces expériences sous la direction du professeur Dragendorff, à rinstitut anatomopatliologiciue de Dorpat (1). Nous ne pouvons mieux faire que de lui emprunter, en en changeant un peu la disposition, les tableaux comparatifs qu'il a dressés à Taide des résultat obtejius par les auteurs précédemment cités. Les résultats de ces recherches peuvent être exprimés par les trois propositions suivantes :

I« Les bactéries nées dans des liquides différents n'ont pas la même résistance à un même antiseptique.

2o Les bactéries résistent mieux à Faction des antiseptiques dans leur milieu d'origine, que dans un liquide de culture différent.

3° Il en est de même pour les corpuscules-germes ; ces spores presque invisibles ou germes sont plus difficilement stérilisés dans le liquide d'origine des bactéries qui les ont produits, que dans le liquide de transplantation où ces bactéries adultes ont été détruites par les antiseptiques.

Les tableaux qui vont suivre aideront sans'doute à l'intelligence et à la démonstration de ces propositions.

Le tableau I montre à quel point la différence du liquide de culture fait varier la résistance des bactéries. Tandis qu'une solution d'acide phénique à 1 p. 500 arrête le développement des bactéries nées dans une infusion de graines de tabac, il faut une solution phéniquée à 1 p. 100 pour détruire les bactéries nées dans l'infusion de pois ou de blanc d'œuf.

Les bactéries, disions-nous, résistent mieux à Vaction des antiseptiques dans leur milieu originel que dans un

(1) M. le Dr Zœller a bien voulu, sur notre demande , faire de ce mémoire un résumé que nous a singulièrement facilité la lecture de l'important, mai^ très long (80 pages), travail de Jalan de la Croix ; noos prions noire jeune et distingué collègue de recevoir ici tous nos remerciements

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