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bouillante, soit en. mêlant le vaccin avec Teau ainsi chauffée. Dans i4 expériences faites alternativement par l'inoculation du vaccin chauffé à -|- 100°, aucune inoculation ne donna de pustule. Des tubes de verre, remplis de vaccin, furent scellés hermétiquement et exposés à -f- 100**. L'inoculation resta constamment négative.
Des expériences analogues au nombre de 15, furent répétées avec des températures inférieures à 100 degrés, soit de -f- 16** à -[- 44**, 5; dans chacune de ces 16 expériences, on faisait 10 piqûres sur chaque individu, cinq avec le vaccin chauffé, cinq avec le vaccin non chauffé. Voici les conclusions de ces auteurs :
1* Le vaccin animal chauffé à -f- 64*5 centigrades pendant 30 minutes perd sa virulence ;
2*» Le vaccin animal chauffé à -|- 52** centigrades pendant 30 minutes ne perd pas sa virulence ;
S*» La chaleur maximum que peut supporter le vaccin, sans perdre sa virulence, varie très probablement entre -f 62 et -f- 54° centigrades.
M. Davaine (1813) a montré que le virus charbonneux a une résistance encore moindre à la chaleur; il est détruit par une température qui est incapable de coaguler le sang charbonneux. Les expériences étaient faites d'ailleurs avec des dilutions extrêmement étendues, 1 pour 10,000 par exemple, incapables par conséquent de se coaguler par la chaleur.
La destraction ett obtenve à + 55* G. en 5 minutes.
— à 4- 50. C. en 10 —
— à + 48* C. en 15 —
Tout le monde connaît l'ingénieuse application à la pratique que M. Davaine a faite de cette facile destruction du virus charbonneux par réchauffement. Il déterminait des vésicules charbonneuses à la face interne de la cuisse d'un cobaye, en inoculant le virus d'une feçon spéciale ; ne
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maintenant sur ce point, pendant 1/4 d^heure^ un marteau de Mayor chauffé à + î^** C., il arrêtait souvent, non toujours, les progrès de la pustule maligne. L^action de cette température est assez bien supportée par les tissus, il ne reste à la suite qu^une légère inflammation qui se dissipe bientôt. Chez Thomme au moins, où la pustule maligne est toujours Taccident superficiel du début de la maladie et où rinfection reste pendant assez longtemps limitée au point d*inoculation, cet échauffement serait d*un grand secours dans le cas où le diagnostic est incertain, toutesles fois que la région se prête mal à de larges cautérisa* tiens, à la face par exemple.
Toutefois, H. Davaine aurait constaté dans les bactéridies charbonneuses un phénomène analogue à celui qu*on observe chez les végétaux ressuscitants, chez les rotifères r une température sèche, voisine de 100'', n'empêche pas la reviviscence quand ces petits êtres ont été préalablement bien desséchés; elle les tue au contraire toujours, lorsqu'ils sont humides. Il a desséché rapidement sous une cloche en présence du chlorure de calcium du sang charbonneux, puis il Ta soumis pendant cinq minutes à une température de -f- 100^; les animaux inoculés ont tous été tués, avec tous les caractères du charbon. Le phénomène s'explique sans doute par la résistance des corpuscules germes ou spores persistantes.
Dans une note récente de MM. Pasteur, Roux et Chamberland sur la constatation des germes du charbon dans les terres de la surface des fosses où Ton a enfoui des ani* maux charbonneux, note dont M. H. Bouley a donné lecture à r Académie de médecine le 8 mars 1881, nous trouvons résumée Topinion de M. Pasteur concernant l'action: des hautes températures sur les germes morbides : c En chauffant, dit-il, à -f- 90* les dépôts ténus de la terre charbonneuse lavée^ on détruit tous les germes d'organismes microscopiques que recèle cette terre et qui ne résistent
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pas à cette terapératore. Nous avons constaté depai» longtemps que les spores du charbon conservent, au contraire, leur faculté germinative à -[- 90* et même à -]- 93 degrés » . Et plus loin : c après quelques heures d*exposition et de culture commencée à -j- 42^, on porte les vases à -j- 'I^''» température qui détruit toutes les cultures en voie de développement, sans toucher aux spores du charbon. > Il en résulterait que d'après M. Pasteur la température de -|- lOO"" suffit pour détruire tous le» germes d*organismes microscopiques, excepté peut-être les spores charbonneuses : M. Pasteur ne fait pas ici d'exception pour les germes du vibrion septique.
Malgré ces ' réserves , les expériences qui précédent semblent justifier pleinement la confiance qu'avait Renault dans le lavage à Teau bouillante, pour purifier les. objets souillés de pus morveux et de sang charbonneux. L'éminent directeur d'Alfort a multiplié sur ce point les* observations, et constamment il a vu les matières virulentes, traitées ainsi par Teau bouillante, puis inoculées,, rester sans effet .'En pratique, c'est donc un fait bien ac>» quis, que la chaleur humide, surtout à l'état de vapeur d'eau, d'eau bouillante, est le moyen de purification parexcellence des locaux, bergeries, wagons, voitures, o» des débris souillés par le charbon. Le virus septique parait malheureusement avoir une résistance plus grande,, si l'on en juge par les expériences déjà anciennes de M. Davaine.
L'ingénieux observateur a soumis à TébuUition des dilutions très étendues de ce virus ; des expériences multipliées lui ont montré que de l'eau distillée ou de l'eauî ordinaire contenant 1 pour 10,000 de sang septique et réduite à moitié par Tébullition, amenait encore la mort des lapins quand on leur injectait sous* la peau une seulegoutte de ce sang. Cet effet, dit M. Davaine, n'est plus obtenu lorsque le liquide est rendu très légèrement acide ou
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alcalin avant rébullition, bien que la quantité diacide ou d*alcali soit insignifiante et incapable de détruire par ellemëine le virus.
Déjà Panum avait signalé cette résistance extraordinaire des liquides chargés de vibrions à la température de -f~ ^^^) continuée pendant 12 à 24 heures. Koch, Tyndall et M. Pasteur ont montré que cette résistance à -f- 120** était le fait, non de la bactérie, mais des corpuscules germes des vibrions ; car les vibrions et les bactéries adultes sont détruits par une température notablement inférieure à + *00**. Tyndall en particulier, cherchant à stériliser par TébuUition des liquides de culture dans un milieu où s'étaient répandues des poussières de vieux foin, chercha vainement pendant plus d*un an le moyen d'y parvenir. Il y réussit enfin en soumettant la décoction de foin, dans un ballon scellé à la lampe, trois ou quatre fois à une ébuUition prolongée pendant 1 ou 2 minutes seulement, mais répétée de 6 heures en 6 heures. Voici comment Tyndall explique la difficulté de la stérilisation et le mécanisme par lequel on Tobtient (1). Les corpuscules germes, surtout lorsqu'ils sont anciens et qu'ils sont restés longtemps desséchés, ont une résistance extraordinaire; la température de TébuUition ne détruit que les vibrions ou les bactéries à Tétat parfait ; mais la chaleur, impuissante à détruire la vitalité des germes, acxîélère et provoque leur évolution, leur passage à l'état adulte. Pendant les 6 heures qui suivent TébuUition, un certain nombre de corpuscules germes se développent et mûrissent sous Tinfluence de la chaleur qui se maintient pendant quelque temps au-dessus de 25*" ; la deuxième ébullition détruit facilement ceux de ces germes
(1) Tyndall, Further reitearcheg on the deportment and vital résistance of putrefàetive and infective germs^ ftom a physical point of view. (Philosophical Transaction of the Royal Society, T. 167*,' p. 149 à 906.) — Vallin, Sur la résistance des bactéries à la chaleur. {Annales d^hygiène et de médecine légale, 1879, T. 49«, p. 259.)