CHALEUR
qui ont pu, dans l'intervalle, arriver à l'état de bactéries adultes ; enfin une troisième ou même une quatrième ébullition désorganise ceux dont le développement aurait été plus tardif. Tyndall affirme que depuis le jour où il a eu recours à ce moyen, il n'a plus rencontré une seule macération qu'il ne pût stériliser d'une façon indéfinie dans des ballons scellés à la lampe. Il en a conservé pendant plusieurs années dont la limpidité restait parfaite.
Nous avons répété les expériences de M. Davaine avec du virus septique dilué, en renouvelant à 3 ou 4 reprises, et à 10 ou 14 heures d'intervalle, une ébullition qui parfois ne dépassait pas quelques minutes. Ce virus qui quelques jours auparavant amenait la mort du cobaye en 24 ou 48 heures, resta parfaitement stérile. Hais le même résultat fut atteint après une seule ébullition continuée au plus pendant 15 minutes. La simple ébullition a également suffi à Dreyer (1) pour stériliser le virus septique.
Il reste donc encore de l'incertitude sur la température nécessaire pour détruire définitivement et sans retour le virus septique, ou plutôt les corpuscules germes que les bactéries ont laissés à leur place en se détruisant par une chaleur moindre. Si la température de 100 degrés n*était pas suffisante pour détruire la vitalité des spores, et ne les rendait pas incapables de se reproduire dans un milieu de culture parfaitement approprié^ au moins auraiton une sécurité absolue en renouvelant Fexposition à la température de 100 degrés, après un intervalle de 6 à 12 heures.
Cette action neutralisante de la chaleur sur le virus peut être confirmée par celle que les différentes températures exercent sur les protorganismes de la putréfaction ou des fermentations.
(1) Z.-U. Dreyer, Veber die zunehmende Virulenzder teptischen Giftes {Arch.fftr experimentelle Pathologie, 1874, p. 181. î*vol., p. 160-182,)
S34 NEUTRALISAIfTS EN PARTICULIER.
Le ly John W. Tripe (1) a étudié expérimentalement Faction de divers désinfectants sur Teau d*égouts et sur les organismes vivants que cette eau contient. Voici ses observations en ce qui concerne Taction de la chaleur. Il plaçait de Teau d*égouts dans un vase au bain-marie, et à mesure que la température s'élevait, il observait sous le microscope les mouvements des protorganismes contenus dans une goutte du liquide. Tout d*abord, les mouvements des infusoires deviennent plus vifs à mesure que Teau s'échauffe; mais dès qu'on atteint la température de 4-32*" G. ils commencent à devenir plus lents; ils cessent déjà parfois à -f- 36** C. ; à -}- SS**, un grand nombre d'organismes restent inertes; à -f- 40'', plus de la moitié meurt, à -f- 43**, ils sont tous morts. Au bout de 8 jours, il n'avait reparu aucun infusoire dans l'eau ainsi chauffée I Quant aux bactéries, elles n'étaient pas impressionnées avant qu'on eût atteint -f- 46** C. ; à ce degré, les vibrions devenaient tout à fait paresseux; à 48**, beaucoup de bacillus, de vibrions, de spirilles étaient sans mouvements; à -|- ^^""t il n'y avait qu'un petit nombre de spirilles qui n'eussent pas cessé de remuer ; à + 64**, les plus petites bactéries étaient très paresseuses ; toutefois celles dont la tète était très réfringente avaient encore une grande activité; à -|- 61**, ces dernières restaient seules actives ; à -f- 60**, elles étaient elles-mêmes définitivement immobiles. Gomme ces bactéries sont très petites, il est possible qu'on en ait laissé échapper quelques-unes; le lende-^ main aucun organisme de quelque sorte que ce soit ne fut trouvé vivant ; mais le quatrième jour, quelques-unes des plus petites bactéries étaient de nouveau actives, les bacillus, les vibrions, les spirilles ne reparaissaient pas. Ces résultats sont si différents de ceux qu'ont rapportés beau-
(1) J.-W. Tripe, On the action of disinfectanU on sâwage, and the Hving organiêms contained therein. (The ganitary Record , 15 décembre 1880, p. S(01.)