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OZONE. 31S

D'après Schœnbein , certaines substances organiques en voie d'oxydation, et particulièrement la térébentiiine et beaucoup d'huiles volatiles très odorantes, dégagent en s'évaporanl de l'ozùne ; on a même voulu, en ces derniers temps, chercher k expliquer par ce dégagement supposé d'ozone, l'action purifiante et désinfectante que les anciens attribuaient aus parfums et aux huiles volatiles.

Dans une certaine mesure, ces substances sont antiseptiques : le camphre, la myrrhe, les baumes, les résines dont les anciens Faisaient «n si grand usage dans l'embaumcmenl ; mais c'est se lancer en pleine hypothèse que d'attribuer à l'ozùne les vertus qu'elles possèdent J'ailieurs à un assez faible degré. Angus Smith a étudié particulièrement celle question (I). Il a classé certaines substances ou huiles volatiles d'après fa quantité d'ozone qu'elles dégagent par l'évaporation, et le tableau suivant permet

Qtianlilc d'ozine ■[(■s'agit par Im siihjlances

suivaolos en s'éïaiionnl; Is maximum de

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Cimplire

HuilïetscnliïUidBllij

de voir que leur propriété désinfectante ou autiseptiquo {(} h.-AiigaiSmiiit.DisinfectanUaitdduinfeelion.p. 118

316 NEUTRALISANTS FN PARTICUUER.

n'est nullement en rapport avec la quantité de ce corps qae chaque substance dégage. C'est ainsi que la térébenthiae et Tessence d'oranges, dont les propriétés désinfectantes sont tout à fait contestables, dégagent le plus d'ozone, alors que Tacide phénique, la créosote, la naphthaline, qui sont de bons désinfectants, n'en dégagent nullement.

Ce tableau et ces recherches montrent avec quelle réserve il faut accepter les propriétés désinfectantes d'une substance qui a fait beaucoup de bruit en Angleterre, en ces dernières années, dont l'action est basée sur son pouvoir ozoniseur, et qui a pris beaucoup de place aux dernières pages des journaux d'Outre-Manche, sous le nom de « Sanitas ». Au contraire, Taction désinfectante de Tozône directement produit est démontrée par des expériences précises. Schœnbein avait fait voir qu'en faisant passer un courant d'air ozonisé dans un flacon contenant de la viande putréfiée, l'odeur infecte disparaissait, dès que et pendant tout le temps que la réaction sur le papier iodurè indiquait la présence de l'ozone.

Scoutteten (1) fit répandre dans une salle une grande quantité de fumier, dégageant une odeur très désagréable; il déboucha et abandonna dans cette salle deux flacons contenant plusieurs litres d'air ozonisé, et rapidement la mauvaise odeur s'atténua ; le lendemain, on enleva le fumier, et quelques heures après cet enlèvement, l'air de la salle qui présentait encore très nettement la réaction de Tozône n'avait plus aucune odeur appréciable. Richardson et Wood virent également disparaître sous l'influence d'un courant d'ozone, l'odeur insupportable que dégageait un flacon dans lequel on conservait depuis deux ans du sang putréfié.

M. F. Bond (2) considère l'ozone comme le plus actif

(1) Scoultelen, L ozone, Melz 1856.

(2) F. Bond, On the condition of efficient disinfection and an tome f^em forms of ûisinfectant : Cupralum {British Médical Journal, iO February 1875, p. Î39).

OZONE. sn

des désodorants, à cause de la rapidité avec laquelle il attaque un des plus invariables constituants de toutes les émanations putrides, c'esl-à-dire l'hydrogène. Tous les ozonisants sont des désodorisants actifs; toutefois, certains corps, les sels métalliques par exemple, sont d'excellents désodorisants, quoiqu'ils ne dégagent par d'ozone, ils agissent simplement sur l'hydrogène sulfuré qu'ils décomposent. Le permanganate de potasse est un ozonisant très puissant; c'est pour cela qu'il désinfecte {F. Bond),

En ces dernières années, plusieurs auteurs ont étudié directement l'action désinfectante de t'ozône. Ces expériences sont très significatives ; M. Boillot (1) prend un morceau de viande fraîche de bœuf pesant 100 grammes et le divise en deux parties éj^ales. L'une d'elles est introduite dans un flacon de 200 centimètres cubes, bouchant à l'émeri et contenant de l'air; l'autre est renfermé dans un flacon semblable, rempli d'air ozôné, dans la proportion de S milligrammes jiar litre de gaz. Les deux flacons spnt placés à la cave, à une température de -|- 13° C, Pendant 10 jours, la viande contenue dans le flacon d'air ozonisé était intacte, tandis que le 3' jour elle était en pleine putréfaction dans le flacon d'air pur. Mais le 18" jour, le flacon ozonisé qu'on avait ouvert pour examiner le contenu, laissa sans doute pénétrer quelques germes atmosphériques, et la viande jusque-là intacte se putréfia rapidement. Il est probable que l'ozône avait été détruit, absorbé pendant cette période de 18 jours, et qu'en renouvelant la provision d'ozone, la chair contenue dans le flacon ouvert eût continué à rester intacte. La même expérience fut faite avec plein succès, sur du lait, au moyen d'oxygène ozonisé.

M. Boillot se demande si la fermentation très rapide que le lait et d'autres substances alimentaires subissent en temps

(1) A. Boillot, Note eoncemanl l'aelian de l'ovlae uir let tubtlancet animaU» {Complet Rendus de l'Académie det tcieneei. 13 dùrembr» IS73, p. l,i3K).

318 NEUTRALISANTS EN PARTICULIER.

d'orage, ne tiendrait pas à des changements brusques dans les proportions de Tozône contenu dans Tair à ce moment. C'est également à Tozône qui se dégage de l'éther azoteiu éthylique, que M. Peyrusson (1) attribue les propriétés désinfectantes de cet agent.

Des expériences récentes de M. Ghapuis (2) semblent démontrer que Tozône jouit de la propriété de détruire les germes capables de déterminer les fermentations, les putréfactions et le développement des moisissures. M. Qiapuis recueille les poussières de Tair sur des tampons de coton, et soumet quelques-uns de ces tampons, dans un tube, à Taction d'un courant d'air ozonisé; d'autre part, il ensemence» des solutions aseptiques de levure de bière avec les boules de coton soumises ou non au courant d'ozone. Dans les flacons où l'on introduit les tampons de coton purifié par Tozône, le liquide reste encore limpide au bout de 20 jours ; au contraire, dans ceux où l'on a porté les tampons traversés par de l'air ordinaire, le liquide devient très trouble au bout de peu de jours.

M. Ghapuis croit voir dans ces résultats l'explication de ce fait qui a été souvent signalé, à savoir que les variations de l'ozone sont parallèles avec les variations de Tctat hygiénique d'une localité. Il se demande si des expériences faites sur des germes morbides ne prouveraient pas que cette action destructive et désinfectante de l'ozone s'exerce également sur les organismes virulents.

SclKcnbcin, dès 1844, préparait l'ozone en plaçant de petits fragments de phosphore dans une cupule au fond d'un large flacon à 2 tubulures ; au bout de quelques jours, on remplissait d'eau le flacon qu'on vidait ainsi de Fair ozonisé. Les tubes ozùnisateurs décrits par Ilouzeau en

(!) Peyrusson, Snr Vaclion désinfectante et antiputrUle de* vapeurs de Vélher azoteux [Compten Rendus de l'Académie des sciences, 28 ft-vrier 1881, p. 4'.H'.

{"i) Chapus, Action de VoUme sur les germes contenus dans Vair (Bulletin de la Sociélê chimique, 1881, p. 290).

1870 sont une application très pratique du procédé de production de l'ozène par les décharges électriques dam l'air; l'appareil de Siemens destiné à cet usage est en effet très coûteux et peu portatif. Houzeau a encore préparé l'ozone à l'aide du bioxyde de baryum. Les premières parties du gaz qui se dégage par l'action de l'acide sulfurique très concentré contiennent de l'ozone.

On a proposé un grand nombre de moyens pour obtenir à volonté la production d'une quantité supérieure d'ozone ^ans les locaux, les salles de malades qu'on veut désinfecter. Un des premiers, en France, M. Delahousse (1) a indiqué •d'après M. Le Roux le moyen de dégager artificiellement dans les salles une quantité faible, mais continue, de cet agent de combustion. Presque tous les systèmes pro" posés reposent sur te même principe. On contourne un fil <le platine en spirale à spires rajtprocliées; on place audessus un entonnoir renversé; quand le lîl de platine devient incandescent par le passage du courant électrique à J'aide d'un simple élément de Bunsen, on sent immédialAnient au-dessus de l'entonnoir l'odeur spéciale de l'oïône, et le papier iodé donne la réaclion caractéristique. L'entonnoir renversé n'a ici qu'une bien faible utilité, il ne sert qu'a favoriser le contrôle. .Sans doute pour éviter le dégagement d'acide liypoazotique dans les salles, on a proposé de placer les piles dans une chambre voisine, et à l'aide d'un entonnoir dont l'extrémité amincie est recourbée et traverse la cloison, de diriger l'ozùne dans la salle' occupée par les malades.

Quel que soit le moyen préféré pour produire le dégagement d'ozone, il serait toujours facile d'obtenir ce résullat. Il est legrcttable qu'il n'existe encore aucune observation rigoureuse, démontrant que cette ozonisalion artificielle soit réellement piofitable aux malades.

(t) Dclahou^sc, De roîonitation arli/teielle, {Gas. in Mp. 33 man

310 NEUTRALISANTS EN PARTICULIER.

M. Houzeaua décrit un petit appareil, quMl appelle ozoniseur, et qui permet de produire jusqu'à 188 milligrammes d*oz6ne par litre de gaz et par appareil. Celui-ci consiste en une spirale de fer métallique placée dans Tintérieur d'un tube de verre; cette spirale comniunique, à l'aide des rhéophores d'une bobine d'induction , avec une armature extérieure en étain ou en platine. L'air, au contact du tube, se charge ainsi d'une certaine quantité d'ozone ; les divers modèles de cet appareil sont figurés dans le Dictionnaire de chimie de Wurtz (art. Ozone).

M. Lender (Annales de Polli, 4875) a proposé le procédé suivant pour obtenir de l'ozone et désinfecter les salles de malades. « On mélange du bioxyde de manganèse, du permanganate de potasse et de l'acide oxalique. Ce mélange, mis au contact de l'eau, produit instantanément de l'ozone. » M. Personne {Gaz,etle hebdomadaire 1876, p. 113) a expérimenté ce procédé; il n'a jamais obtenu qu'un vif dégagement d'acide carbonique , sans aucune trace d'ozone, et la théorie indique, d'après M. Personne, qu'il ne peut se produire autre chose ; d'ailleurs la température s'élève à un tel degré, par la vivacité de la réaction , que l'ozone serait nécessairement détruit, s'il s'en produisait. La vivacité de la réaction est même telle que si on faisait ie mélange et Thumectation dans un ballon, il se produirait des accidents par la forte expansion du gaz et de la vapeur d'eau. L'accident que Personne prévoyait en 1816 s'est réalisé tout récemment. La poudre de Lender est préparé de la manière suivante :

Peroxyde de manganèse J

Permanganate de potasse . . . . / aà parties égales.

Acide oxalique pulvérise »)

On vci*sc sur une assiette doux cuillerées à café de celle poudre, qtroa numccte do temps en temps avec un peu d'eau. Celle doso suffit pour une chambre de moyenne grandeur.

MM. Duchesne et Michel (i) avaient très prudemment fait

(1) Duchesne cl Michel, De la préparation de Voiâne arlifieiely commu-

préparer le mélange avec une spaliile, sans employer le mortier ; la poiiilro était [liacée dans un flacun depuis cinq uiitiute;;, lorsque tout à coup une explosion violente eut lieu et le vase fui brisé en mille luorceaux.

U-n nièuies auteurs l'elatcnl un accident sctnblubte surveim <lans uei laboratoire, uû le plrirmacien préparait un lliicoii «Icsiiiié ù (les inlialalions d'ozôno. Dans un ballun (l'un ilumi-liUe, on av;iil veisé une certaine quantité de [icrniang;anule de potasse ; une des tubulures du ballon recevait un entonnoir rempli d'aciilc siiiruriqui:, qu'une lige de verre laissait couler goutte à i;outte sur le permanganate ; une autre tubulure reee\ait un insul'ilatcur à deux boules, à l'aide duquel on expulsait au dehors les vapeurs violettes très abondantes qui se formaient. Tout d'un coup une explosion formidable se lit entendre ; le ballon disparut en ])Oussièrc, deux vitres furent perforées comme par des balles ; les opérateurs eurent leurs vêtements brûlés par l'acide. L'appareil avait déjà fonctionné plusieurs fois au lit des nialados (des enfants atteints du croup) ; on frémit quand un songe aux accidents qu'il aurait pu liroiiuire. La matière organi(iuu détachée des bouchons, Iç soufre du caoutchouc, ont peut-être provoqué celte explosion en se décomposant par le permanganate. Il faut couiiaili'c le danger de ces mélanges destinés à la production artificielle de l'ozone, et se méfier des formules nouvelles (jui iiourraienl être données dans ce but.

A l'occasion d'une pivscniaiion faite à l'Académie des sciences , en IHKî, par M. de (Jarvalho, d'un pi-océdé d'ailleurs très primitif d'assainissement des a])parlcments par l'ozone, M. I*. Tlu'inard a attiré rallention sur l'aetioTi toxique de cet oxygène (l).

tiii-niloii ;i Li S'trii-li- A-- m.'il.'iin.' pr;ilii[ii« {Friinee miditale, ■i^ oclubre IMSU |i. :i!i2.) ;l) 'l'Iii'ii^iril, Cniaptfi readus de l'Aeadi'niie det teienee*. Si'^dit iIii

nu NEUTRALISANTS EN PARTICULIER.

< Il est grandement temps, dit M. Thénard, de mettre le public et môme les savants en garde contre les légendes répandues sur Tozône. L'ozone est un des plus énergiques poisons dont sont dotés nos laboratoires ; les très graves accidents qu'il a produits dans le mien ne laissent aucun * doute à cet égard. M. Arnould Thénard doit publier bientôt un travail sur ce sujet. Sous Tinflucnce de Tozône, et à des titres extrêmement faibles, il a reconnu que les globules du sang se contractent rapidement et même changent de forme ; que le pouls se ralentit au point que celui d'un cochon d'Inde, battant normalement 148 pulsations, tombe à une trentaine au bout d'un séjour d*un quart d'heure, répété une fois par heure, pendant cinq heures consécutives. Aujourd'hui que la médecine tire de si sérieuses indications du changement de température chez les malades, elle trouvera dans l'application de J'ozônc un moyen d'en combattre les excès ; mais de cette espérance à jeter à tort et à travers de l'ozone dans les lieux habiles, sous prétexte d'en combattre les miasmes, il y a loin. Est-on d'ailleurs bien assuré que l'ozone existe dans l'atmosphère? M. Wittmann, en projetant de l'air à travers une flamme de lampe à émailleur, obtient un air qui agit sur le papier ozônométriquc comme l'ozone lui-même ; or, tandis que cet air désinfecte, sans les acidifier sensiblement, les flegmes de mauvais goût, l'ozone ne les désinfecte pas et les acidifie ; de plus, tandis que l'ozone ne résiste pas à une température de 200 degrés, l'air modifié de M. Wittmann s'engendre dans un milieu qui ramollirait le verre. •

Les observations et les expériences directes de Schœn bein sur lui-même en 1851 , celles de Ireland d'Edimbourg {A7i7iales dliygicne, T. XIX, p. 439), de Bœckel en 4856, de Schwartzenbach en 1850, de Dcsplats en 1857, ont fait voir que des doses un peu fortes d'ozone (plus do 1 dix millième) sont nuisibles pour les organes respira-

PKBHANG4KATE DE POTiSSE. m

loirûs; toutefois Ircland croit qu'une dose bien plus élevée peut 6trc supportée sans souffrance par de gros aniitiauj. J. Barlow (1) a confirmé par des expériences l'exactilude des assertions de Ireland, Richardson, Schwartzenbaeh, Rcdfcrn, Dewar, Day, etc., sur les propriétés irritante^ de Tozône. L'ozone diminue le nombre des respirations et des battements du coeur; il irrite fortement la muqueuse respiratoire, et l'animal peut mourir par asphyxie ou par bronchite suivant la dose contenue dans l'air ; le séjour pendant 1 heure dans une atmosphère qui contient i pour 1110 d'ozùne peut amener une bronchite mortelle. L'air ozonisé, mis au contact direct avec le sang, décolorfi les globules rouges (sans doulc-par la combinaison de l'ozone avec l'hémoglobine) ; mais il n'est nulleracnl prouvé que l'ozone pénètre dans le système circulatoire. Il ne faut donc point exagérer la nocuité de cet agent, ni miéconnaitre les services qu'il peur rendre.

Pkumaxganate de potassk. — J^as permanganates alcaljos sont à la fois désodorants, antiseptiques et antiviriflepts, puisqu'ils décomposent et détruisent la matière organiquft inoculable ou infectante. Nous les rangerons dans le dernier groupe, la propriété la plus puissante entraînant en quelque sorte les autres.

Le permanganate de potasse est soluble dans 15 à IG parties d'eau froide. Il est évident qu'on pe doit jamais l'employer que dissous dans de l'eau distillée et à l'abri de l'air, puisqu'il abandonne de l'oxygène aux matières organiques elles brûle en se décolorant. Jl est caustique à doses très concentrées ; Réveil donne les titres suivants : caustique faible, 8 0/0; moyen, 15 0/0 ; fort, 60 grammes dp sel dans 100 grammes d'eau distillée. On n'emploie le permanganate comme désiijfeclarit qu'à des doses tfcs faj-

(I) J. Barlow, fhc phsiiologkal ifctm ofoiOttitti air iJpurt>9l9f4'*'"anaPhyiiM., 187», el Itei'ue de Hayem, T. Xyi, p. ,tï>.)

3*4 NEUTRALISANTS EN PARTICULIER.

bles (1 à 10 pour 1,000); on peut donc négliger dans la pratique son action légèrement caustique. A Tintéricur, il a été employé sans inconvénient à des doses journalières de 50 centigrammes à 1 gramme ; il n'est donc pas toxique.

Le permanganate représente en quelque sorte de Toxygène condensé en combinaison solide, suivant une figure heureuse de M. Jeannel, et l'abandonnant avec une facilité extrême; il détruit la matière organique en formant de Teau et divers acides oxygénés, par la combinaison de son oxygène avec l'hydrogène et le carbone de ces matières. En se détruisant ainsi lui-même, il se décolore, et cette décoloration accuse et mesure la quantité de matière organique qui lui a enlevé ou à laquelle il a fourni de Toxygène.

Un grand nombre de chimistes et de savants, Monier, Smith, Ramon de Luna, Forchammer, Lubold, Réveil et Roger, l'avaient déjà employé à la détermination des matières organiques de l'air. Mais c'est Condy (1859) qui paraît ravoir proposé le premier pour la désinfection de Pair; le mémoire de Condy, présenté par Boudet à l'Académie de médecine (17 septembre 1861), a exalté peut-être outre mesure les propriétés désinfectantes des permanganates alcalins. Les observations faites par les Anglais avec la liqueur de Condy laissent d'ailleurs souvent à désirer, parce que cette liqueur, qui est une solution forte de permanganate de potasse, renferme des quantités notables de chlorure de potasse libre, de carbonate de potasse et de manganate dont l'action désinfectante est presque nulle.

Demarquay (1) a employé avec grand succès les dilutions suivantes : il faisait préparer une solution mère avec 10 grammes de permanganate cristallisé pour 1 litre d'eau distillée ; on versoit 15 à 25 grammes de cette solu-

(1) Demarquay, Du permanganate de potasse comme désinfectant [Acad. des se, il avril 1863.)

CEHHANGANATE DK PdTASSK, aj-,

lion dans iuo grammes d'eau ordinaire, pour avoir un liquide qui servait à désinfecter les cancers, les abcès profonds, l'ozène, les pieds fétides, etc. ; ces lotions devaient être précédées d'un lavage à l'eau et renouvelées plusieurs fois j)ar jour. A peu près à la même époque, .MM. Castex, Réveil (i), Ledreux insistaient sur les avantages et l'action désinfectante puissante de cet agent.

La solution au millième, qui est journellement employée dans certains services chirurgicaux, désinfecte très bien, on pourrait presque dire que rien ne lui résiste ; elle est peu irritante; mais son action est de courte durée, à moins qu'on n'emploie une solution contenant un excès notable de perinauganalc, ri'tcnue dans de la charpie d'amiante, ce <iui est peu pratique. Les pièces de pansement, les produits de sécrétion, les miasmes que l'air contient, épuisent son action au bout de très peu de temps ; il désinfecte énergiquement au moment oii on l'applique, mais il n'empêche pas les liquides sécrétés ultérieurement de garder leur virulence.

Le permanganate a l'inconvénient sérieux de tacher fortement en rouge-brun la literie, les linges à pansement, la peau, etc. ; l'altération chimique des tissus est difficilement évitée ; mais on fait disparaître rapidement cette coloration en lavant les linges ou la peau avec une solution d'acide «■hlorhydrique â 1 0/0.

J. Dongall, après beaucoup d'expériences, est arrivé à considérer le permanganate non comme un désinfectant, mais simplement comme un désodorisant. C'est, dit-il, nii oxydant énergique, prompt et silr ; mais son action est limitée ; l'hydrogène sulfuré, le sulfliydraie d'ammoniaque épuisent et neutialiscnt rapidement son action. En o|iéranl sur des selles typhoïdes, il a calculé la quantité de permanganate de potasse qui était nécessaire pour oxydf r complè-

3^*5 NKITRALISANTS EN PAfttiCtLIfen.

iciiioht lés matières orgatiiqués ; cette oxydation était œnsidoréc comme complète qtiaml oti avait mêle aux maticrfs ssoz (le liqueur de Cotuly fiotii* que celle-ci consei-vâl peiulaut a heures sa couleur rouge. Eri supposant qu'un typlii(iuc rende en 24 heures et pendant 8 jours 20 onces. (510 grannnes) de Inatlères fécales et 20 onces d'urine, il a calculé que, à raison de 1 shilHtig potiv 8 once^ de liqueur de Condy, la désinfection des déjections d'un typhiqUe coûterait 113 francs par semaine!

Ces réserves faites sur les difficultés et les inconvénients de l'emploi du permanganate de potasse, les recherches réci'ntcs ont montl'é dans quelle mesure il peut ùtrc antisepticpie et aiitivirulent.

Wernitz a trouvé qu'à la dilution de 1 sui*^ 88S, // c/npôche l'action de l'invertine, à 1 : 10,000 colle de Fémulsine, M 1 : 1,S10 celle de la pepsine.

Haxter ajoute au vaccin liquide son volume d'une solution titrée de permanganate de potasse ; tant que le mélange total ne représente que 1 partie de permanganate cristallisé pour 1,000 parties de liquidé, le nombre de vésicules obtenues n'est guère moindre à droite (juVi gauche; quand la proportion du sel atteint 8 pour 1,000, on n'obtient plus une seule vésicule aux points inoculés. Le pouvoir neutralisant du permanganate est donc relativement iaible, car la solution à o pour 1,000 est coûteuse et déjà un peu irritante.

D'après Baxter, le virus septique est complètement neutralisé et inoctif dans une solution de permanganate à 1 sur 2,000 ; mais M. Davaine a trouvé cette action puissante à une dose encore plus faible, car s'il ne donne pas le titre minimum de la solution neutralisante, il dit (lue le permanganate détruit le virus septique « à une dose plus faible que l'acide chromique © qui neutralise déjà à la dose de 1 p. 3,000!

Au conti'uire, M. Jalan de la Croix a obtenu les résuU

PERMANGANATE DE INjTASSE. MY

lats suivants en ce qui concerne le permanganate de potasse. Une solution à 1 p. 1,000 dans un liquide de culture (bouillon) empêche le développement des bactéries introduites à l'aide d'une goutte de boUillott chargée de ces protopganismcs; la stérilisation complété des germes qui ont été introduits dans ce liquide de cUlture ti'eat obtenue (|uc par la dose de i p. 400. Pour lucf les bactéries qui vivent dans du bouillon, il faut ajouter à celui-ci la dose très forte de 1 sur ISO ; celle de 1 p. 200 est insuffisante. Le développement spontané des bactéries est empêché dans du bouillon crû abandonné à l'air par la solution à 1 p. 2,000, et dans du bouillon cuit, par la solution à 1 p. 300, résultat assurément imprévu, et qui fait songer à une erreur d'expérience ; les germes contenus dans ces liquides ne sont définitivement stérilisés que ]>ar la solution à i p. 100 pour le bouillon cuit, et à 1 p. 35 pour le bouillon crû, chiffres tout d'abord incroyables.

Cette résistance des bactéries, et surtout des corpuscules germes, à des doses très élevées d'hypermanganate s'explique aisément : quand la proportion de matière organique est forte par rapport à celle du permanganate, ce dernier se détruit progressivement et rapidement, en abandonnant son oxygène aux matières animales, en so transformant en manganate qui est à peu près inerte.

C'est ainsi que nous croyons pouvoir expliquer la très faible dose (i p. 4,000) que M. Davainc a reconnue être suffisante pour neutraliser le virus septique ou chai-bonncux. On se rappelle que M. Davainc emploie des dilutions virulentes extrêmement faibles ; ses liquides d'essais ne contiennent qttc I à 2 gouttes de virus par titre d'eau distillée, c'est-à-dire la dose la plus faible qui rende cependant le mélange inoculable. C'est dans ce virus atténué au maximum qu'il introduit le désinfectant, et dans le cas particulier, le permanganate ; il n'est donc pas étonnant qu'uao dose très faible de pormanganate sufûae pour

3îi8 NEUTRALISANTS EN PARTICULIER.

déirnirc on Toxydant la dose si minime de matière virulente. Au contraire, dans le bouillon ou jus de viande qui sert de liquide de culture à M. Jalan de la Croix, la provision de désinfectant est rapidement usée ; il ne faudrait donc pas juger exclusivement par de telles expériences la valeur neutralisante de ce sel. Son action est très énergique, mais elle s'épuise rapidement ; au point de vue pratique, c'est un inconvénient irrémédiable, aussi croyonsnous que Thypermanganate rendra bien plus de service comme désodorisant immédiat que comme neutralisant des virus.

Acide PHÉNiQUE. — Nous avons déjà vu (p. io8) queTacide phénique n'est pas un antiseptique aussi puissant que le croient certaines personnes. Il a cependant une action antivirulente réelle qu'il ne faut pas exagérer, mais qu'il serait injuste de méconnaître.

Les expériences de Baxter font voir qu'en général on s'est fait quelques illusions sur la valeur désinfectante de l'acide phénique ; cet acide n'est efficace qu'à la condition d'élever le titre des solutions bien au-dessus des doses communément employées dans la pratique journalière ; trop souvent, en effet, on se laisse aller à mesurer le pouvoir d'un désinfectant par l'odeur qu'il dégage. En expérimentant sur le virus vaccin, Baxter a vu que si la proportion de l'acide cristallisé dans le mélange vaccinal reste au-dessous de 1 p. 100, l'action est nulle; elle n'est certaine qu'à partir de 2 p. 100. Voici, comme spécimen, l'un des tableaux de Baxter :

Proportion de l'acide crisl. Nombre de vésicules Nombre do vcsifulcs

dans le liquide obtenues par 3 piqûres obtenues sur l'autre bras,

vaccinal désinfecté. avec le vaccin pur. avec le vaccin désinfecté.

AUDE PHfiSIQl'E.

Les vi^sieulos obltîntios avec le vaccin imr sont volumineuses cl très lielles, tandis qu(* cette fois encore, elles sont peiitcs avec le vaccin désinfeclé.

Le D' John bou^all (i) avait dùjà fait des réserves plus grandes encore sur les propriétés anlizijmoUqiies de l'acide phériique. Il soumit pendant 36 heures sous une cloche de verre, de la lymplic vaccinale pure à des vapeurs concentrées d'acide pliéniquc. I.e vaccin, qui s'était desséché, fut humecté avec un peu d'eau et do glycérine neutre, et nn conserva le liipiide dans des tubes capillaires scellés ;i la lampe; peu de jours après, cette lymphe inoculée à un enfant développa des vésicules superbes.

Dougall critique d'ailleurs les expériences par lesquelles Baxter a cru pouvoir attribuer à l'acide phéniquc une action destructive sur l'inoculabilité des virus. Baxter inoculait les virus immédiatement après les avoir mélangés avec des proportions déterminées d'acide phènique, ou après avoir conserve le mélange dans des tubes capillaires fermés au chalumeau et complètement à l'abri de l'air; il n'est pas étonnant que dans ces conditions liaxter ait conclu que l'addition de 2 parties d'acide phéniquc cristallisé à 100 parties de lymphe vaccinale détruisait toute virulence. Mais Dougall ayant remarqué que la lymphe ainsi neutrahsée était lactescente par le fait de In coagulation, pensa que la raison pour laquelle le vaccin restait stérile était peut-être que les particules infectantes de ce vaccin étaient recouvertes par la lymphe coagulée qui les entourait; il se demanda si l'acide libre dans le mélange ne coagulait pas

(I) J. Dougall, Carhotie and Zgmotie âiitasf [The Lanul, 90 mùI 1S73, p. 199).

330 NEUTRALISANTS Èlf PARTICULIER.

le sang contenu dans les capillaires ouverts par la lancette inoculatricc, de manière à empêcher l'absorption du vaccin. Pour contrôler son hypothèse, Dougall mêla iO i>arties d'acide phénique déliquescent à 60 parties de lymphe. Il en fit deux portions, dont Tune fut gardée à l'abri de l'air et de Tcvaporation ; au lj#ut de 2 jours, la portion resià^ à l'air libre fut inoculée sans succès à un enfant, lequel, 8 jours plus tard, était parfaitement vacciné avec de la lymphe pure ; au contraire, la portion abandonnée à Tair libre et à Tévaporation pendant IS jours, donna de très belles pustules vaccinales. Cela montre, d'après lui, que l'acide phénique se borne à suspendre le pouvoir infectant, mais qu'il ne le détruit pas.

MM. Braidwood et Vacher (1) ont présenté, en 1879, au Congrès de l'Association britannique, le résultat d'expériences |)resque identiques à celles de Baxter; Us avaient pour but d'étudier l'action des divers germicides sm* le vaccin. Leurs expériences méritent le môme reproche que celles de Baxter : quand ils inoculaient, immédiatement après sa préparation, un mélange à parties égales de vaccin et de solution d'acide phénique à 1 p. 100, 10 fois sur 100 l'inoculation restait négative; cet effet persistait de 6 jours à dix semaines.

ACTION DES VAPEUns D AOIDE PHÉ.MyUE SLR LE VACCIX DESSÉCHÉ.

Duri'O (le rexposition Nombre do vésirtilos ÎSombrc de vt^-tirule*

aux vapeurs. aree los pointes vierges, avec les pointes tlcsinrorirc<.

?» minulc-».

so-

no —

(l) Ilraidwood ami Varhcr, Life-Hitlory of Contagium {Uritish medicai Journal, 1880 a 1882).

ACtUE fUÉNlQL'E. m

Ils nuraicht, élis aussi, obtctiU un rC;sultat bien différent, s'ils avaient laissé le mélange au contact de l'air et si l'acide phénique avait pu s'évaporer ; et ccpendanl, la concentration de l'acide pliénique est ici énorflic, et on ne peut songeC à l'employer dans la pratique à un tel degré.

Sur le vaccin desséché, l'action de l'acide pliéniquc en vapeurs n'est pas beaucoup plus satisfaisante. (K. tableatl précédent). En opérant sur du suc provenant du broiement de granulationspulmonaires morveuses, Baxter obtint les résultats suivants: Il mélangea un volume de virus et un volume de solution d'acide plicnique à 4 pour 100, de telle sorte que le volume total contenait 2 pour 100 d'acide phé" nique cristallisé : un âne auquel on inocula le liquide resta bien portant. Au contraire, l'inoculation fut suivie d'accidents mortels en diminuant la proportion d'acide phéniqde : on avilit ajouté à un volume de virus 1 volume de solution â 1 pour 100, soitO,;; pour 100 du volume total; l'animal succomba le 12° jour avec desabccs sou.s-cutanés et intramusculaires, des noyaux jaunâtres dans les poumons, etc.

D'après M. Davaine, l'acide phénique, dans la proportion de 1 gramme d'acide cristallisé pour 100 grannnes de la dilution sepUque réduite au minimum d'inoculabilité, détruit constamment le virus, et les inoculations ne sont suivies d'aucun accident. Mais, quand le titre de l'ncide descend à i/û |)Our 100, après une demi-heure de contact, la virulence persiste et une goutte du mélange injectée à des lapins amène la mort dans l'espace de 3i à 48 heures.

Baxter est arrivé à des résuhats identiques en mêlant toujours 1 volume de virus avec 1 volume d'une solution phéniquéc plus ou moins concentrée ; il se servait, nous croyons nécessaire de le répéter, du virus provenant de la cavité péritonéalc d'un cobaye ayant succombé à une péritonite infectieuse. Tantôt cette i)éritonite était primitive ; elle résultait * de l'introduction, dans le péritoine, de pus putride, d'exsudation provenant de cbieaa morts de sept!-*

33i M-riRALISANTS EN PARTICULIER.

ciMuie artifirioUc , ou d'exsudation périton«3ale d'nutn'> cobayes » ; tantôt cette péritonite était secondaire, ell.» était le résultat de l'injection sous-cutanée de produits infectieux provenant d'autres cochons d'Inde ; dans ce dernier cas, le virus avait traversé plusieurs g:énératioris d'animaux et sa virulence était beaucoup plus grande. Le liquide septicjue recueilli dans la cavité péritonàile était mélangé avec une quantité bien déterminée de substance désinfectante, et après un contact d'une durée variant de 30 minutes à 3 heures, le mélange était injeclt* sous la peau de cobayes avec la seringue de Pravaz : mais pour Baxter, la durée du contact n'a qu'une importance insignifiante; car, d'après lui, la neutralisation est complète au bout de 5 minutes, pourvu que le nwhngc ait été intime. Les expériences de Baxter ont porté sur 14 lapins ou cobayes répartis en cinc} séries.

2 j;r. d'acido crisi. pour 10() du volume toUil : Virus inerte 1 j;r. — — — Virus incrie

0 jjr. 50 — — — Mort au bout de |H fi

de 48 heures.

Nous avons vu que la dilution septique employée piir M. I)a vainc est incomparablement plus faible que colle do M. Baxter ; ce dernier se sert de la lymphe inflammatoire pres(|ue pure, timdis que le premier fait usage d'une dilution à 1 p. 10, ()()(). 11 peut donc paraître surprenant que dans des conditions aussi différentes, la même proportion (1 p. 100) d'acide phénique neutralise également les deux virus. L'explication nous paraît facile : dans ces liquides virulents ou pseudo-virulents, la quantité du virus luimême importe moins que la concentration de la solution acide ou saline dans la(juelle il est contenu. Que Ton prenne 100 grammes d'eau distillée, (ju'on y mêle une goutte de sang septique, puis qu'on y dissolve 1 granmie d* acide phonique cristallisé; supposons que le virus soit

parfaitement neutralisé dans celte .ililtition à 1 p. i,000. N'est-il pas prubaMc que si on ajoute une nouvelle goutte de sang septique au mélange, la même dose d'acide continuera à neutraliser le virus, bien que ta proi>ortioii de ce dernier soit devenue double {I |). 1 ,00Q) ? Au contraire, on |ieut ramener cette dilulioii de I p. 1,000 au titre primitif de i p. i,(IOI( en y ajoutant 100 granmies d'eau pure, en doublant |iar cons/'quent son volume; il est probable que dans ce cas le n'-sultat de la désinfection serait fort différent, et i|ue 1 gi'unnne d'aeidc phonique dans SOO grammes de liquide ne suffu'ait [dus pour neutraliser celte dilution du virus à 1 p. 1,000.

On le voit donc, ce <[ui importe ce n'est pas le rapport entre la quantité du virus cl la quantité de l'agent neu- Iralisateur ; c'est bien plutôt le rapport entre la quantité de cet agent et la masse du véhicule dans lequel est diluée une <]uantité variable du virus. Dans le cas particulier, il est probable qu'un mélange de 1 granniie d'acide phéntque et de 100 grannncs d'eau forme un milieu dans lequel 100 vibrions ne peuvent pjis plus vivre que 50 vibrions, dans lequel 50 centigrammes de matiéi'e albuminoïde ne se coiigulent pas moins que âS ccnligrannncs de la même substance. Dans la prali(|ne de l'hygiène, on ne sait jamais quel est le degré de concenlraiion du liquide virulent qu'on cliercbe à neutraliser ; ce qu'il faut connaître, c'est le degré de concentration que doit avoir un liquide désinfectant |)our dénaturer et déiruire toutes les particules de virus en contact avec lui.

X.-U. Drcycr, de Itosiock (I) est arrivé à des résultats ])eu différents. Il inoculait trois gouttes de sang septique provenant d'un animal mort le i' jour à la suite de l'injection do sang putride. Sur un animal témoin, le sang fut injecté pur et amena la moi't au bout de A lieures. Trois

9^ NELTKiVLISiBrrS EN PÀRTiaUER.

gouttes du même sang furent diluées dans 6 centimètres cubes de solution phéniquée à 2 0/0 ; le résultat de Tinoculation fut nul ; il en fut de même avec une dilution à 3 0/0.

Pour le virus charbonneux, M. Davaine employait upe dilution de 1 goutte de sang charbonneux dans 100 gouttes (}*edu distillée ; tandis qu'une seule goutte de ce mélange injectée sous la peau d'un cobaye amenait fatalement la mort, il fallait que la proportion d'acide phénique dans le mélange fût de 1 0/0 pour que l'inoculation devint stérile.

Il convient ici de le rappeler, Dougall prétend que dans ces conditions l'action neutralisante de l'acide phénique est passagère ; l'acide ne détruit pas définitivement la vitalité, l'activité des germes ou des virus ; dès que ce corps très volatil s'est évaporé, le virus redevient actif. Pettcnkofer a même prétendu que l'acide phénique n'est qu'un simple coagulant ; il englobe dans un magma d'albumine coagule les corpuscules virulents, et ceux-ci seraient capables de reprendre leur activité dès qu'on ajoute de l'eau qui redissout le coagulum et après que tout l'acide phénique a disparu par volatilisation.

Il est donc prudent de ne pas trop compter sur les doses même assez fortes d'acide phénique pour détruire l'inoculabilitédcs virus. Que penser, par conséquent, deceux qui se contentent de répandre quelques gouttes de solution phéniquée au millième ou un peu de sciure de bois phéniquée, pour désinfecter et rendre inoffensive la chambre d'un varioleux ? Un moyen plus puissant consiste à faire volatiliser sur une plaque de fer rougie des cristaux d'acide phénique. Mais dans ce cas encore la dose doit èti'c considérable ; d'après certains auteurs, elle ne serait pas moindre que 1 kilogranmie pour une chambre de BO mètres cubes.

Suc DE FELULËS DE NOYER. — Daus m tT^Y^ïl expériojep-

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