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OXYGÈNE. 9H

que les résultats très inégaux obtenus par ceux qui ont tenté la culture ou la production du poison septiquc. H. Pasteur nous a conté comment lui-même avait vu jadis des liquides de culture ensemencés avec du poison septique rester stériles, parce que, à cette époque, il ne savait pas éviter le contact de l'air; il fit ses cultures dans un flacon rempli d'acide carbonique, et il obtint le vibrion septique en plein développement.

M. Pasteur ne craint pas d'affirmer qu'une plaie chirurgicale simple peut être impunément exposée à l'air le plus chargé de vibrions sepliques, ou lavée avec de l'eau en contenant des myriades, sans que le malade soit atteint de septicémie ; mais il faut que l'abord de l'air soit incessant, car s'il survenait la moindre stagnation dans un clapier à l'abri de l'air, dans une atmosphère d'acide carbonique ou d'un autre gaz, les corpuscules- germes pourraient passer à l'état adulte, envahir les sérosités privées du contact de l'air et déterminer des accidents terribles. C'est en quelque sorte l'explication, sinon la justification, du succès des chirurgiens qui gardent leurs plaies librement exposées, constamment baignées par de l'eau renouvelée ou de l'air pur, pour ainsi dire sans pansement, comme dans les cas d'irrigation continue. Il n'est plus possible dès lors de trouver dans ce succès ufi argument péremptoire contre les théories parasitaires de la septicémie.

Nous croyons que c'est par un mécanisme analogue, c'est-à-dire par l'action comburante de l'oxygène de l'air, que la dessicaiion fait perdre aux liquides virulents leur activité et leur inoculabilité.

Ce n'est pas seulement l'oxygène gPKeux ou les mélan. ges aériformes qui le contiennent tout formé, dont l'action désinfettante a été constatée : on a également étudié l'effet des mélanges capables de dégager facilement et à l'état naissant le gaz oxygène. Aussi, beaucoup de corps oxydants, c'est-à-dire ceux qui abandonnent aisément leur oxy- Valli:c. — DÉsixrECT*:cTi. M

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gène, peuvent être considérés à juste titre comme des désinfectants : les acides nitreux et hypoazotique (fumigation de Smith); Tacide chromique, le chromate de potasse très usité en Norwège et très actif; Tacide clilorique et le chlorate de potasse (?) ; le permanganate de potasse, Teau oxygénée.

L'action de ces substances est très variable, peut-être parce que nous ne connaissons pas encore le meilleur moyen d'utiliser leurs propriétés oxydantes en vue de la désinfection. Plusieurs d'entre ces agents sont à la fois des désinfectants, des antiseptiques et des antivirulents. Hâtons-nous de démontrer par des faits et des expériences directes Faction destructive et désinfectante de l'oxygène.

M. Rabot, de Versailles (1), nous a fait connaître en 1870 l'emploi avantageux qu'il a fait du dégagement de ce gaz dans les salles infectées de Thôpital de cette ville.

Au commencement de 1868, trois salles affectées au service de chirurgie étaient envahies par la pourriture d'hôpital, qui y causait des accidents désastreux. Des vices de cc»istruction de l'hôpital, l'encombrement au commencement de riiiver, d'autres causes encore avaient concouru à produire l'insalubrité de cet étabhsscment; quand on entrait dans les salles, on percevait une odeur repoussante. L'eau clilorurée, le permanganate de potasse, employés au lavage et au pansement des plaies, n'avaient produit aucune amélioration. M. Rabot, sur la sollicitation de médecins de l'hôpital, s'avisa de recourir directement à l'oxygène pour détruire les matières organiques dont l'analyse révélait la présence dans l'air.

Chacune des trois salles cubait de 1,000 à 1,500 mètres, et contenait de 30 à 35 lits. Chaque soir, M. Rabot fit arriver dans chaque salle, au moyen d'un tube de caoutchouc partant d'une cornue de fer de grande dimension,

(1) Rabot, Méthode d'assfrinissement des hôpitaux par Voxygène (Gflzeite hebdomadaire de médecine et de chirurgie^ 5 mai 1871, p. 137).

oxxgEjie. m

on volume d'oxygène correspondant aa milliënie du cube total, soit 1 mètre cube de gaz pour une des salles, et 1,5U0 litres pour chacune des deux autres. Le matiD. au réveil, les fenêtres étaient largement ouvertes et les saUes aérées comme d'habitude, quand la température k permettait; après la fermeture des fenèti-es, une ;>areilte dose d'oxygène était de nouveau introduite dans chaque pièce. En outre, à chaque extrémité des salles et le plus loin possible des hts, on installa un bassin dans lequel on versait chaque jour le mélange suivant :

Peroxyde da nanganèie 500 cnunine*,

Solution d'hyjiaeblorile de ehaui S,000 —

Ce mélange dégageait lentement et continuellement nne notable quantité d'oxygène, soit d'après le calcul établi plus loin par M. Hardy, 400 litres environ.

On voit que dans les â4 heures on versait dans la capacité de la salle cubant 1,000 mètres cuhes et occupée par 30 personnes, 2,500 litres environ d'oxygène. L'expérience a prouvé que celte addition considérable d'oxygène n'a pas rendu l'air plus irritant pour les voies respiratoires; noD seulement personne ne se plaignit, mais tout le monde fut unanime à reconnaître qu'un sentiment de fraîcheur avait remplacé la sensation si pénible de l'air vicié ; l'odeur mé- |>liitiqu& qui rendait autrefois l'entrée des salles très désagréable diminua progressivement, puis disparut tout à fait. Les plaies qui jusque-là avaient un mauvais aspect et ne tendaient pas à la cicatrisation, se transformèrent et guérirent. Les salles en un mot furent complètement assainies, autant qu'on en peut juger par les qualités sensibles de l'air et par la marche des maladies en traitement. Ces fumigations furent continuées journellement et sans interruption pendant une quinzaine de jours. A la fm de février, tout [iliénomcne morbide avait disparu, on abandonna les fumigations. Mais au bout de deux mois, les mêmes acci-

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dents se reproduisirent, par suite de la mauvaise disposition des salles; M. Rabot installa à nouveau ses appareils qui ne cessèrent de fonctionner du V mai au 30 mai ; cette fois encore, le résultat obtenu fut excellent et Ton pourrait dire concluant. Ajoutons que pour masquer aux yeux des malades cette opération chimique, dont ils n'auraient pas compris la valeur et pour remonter leur moral affecté, on faisait brûler à chaque séance sur une plaque rougie une pincée de poudre odoriférante banale; c'est à cette poudre sans doute que beaucoup attribuèrent l'assainissement des locaux.

M. Rabot a cru inutile dans son mémoire de chercher dans les différentes théories actuellement en usage une explication de l'action de l'oxygène en pareil cas. Il ne veut pas élever de discussion sur la présence ou l'absence de Tozône pendant la réaction qui se produit; l'on voit que pour lui Tozône est encore un agent problématique. Nous croyons qu'il est sage d'imiter à cette place une telle réserve ; contentons-nous d'attirer l'attention sur les services que peuvent rendre ces fumigations d'oxygène. De nouvelles observations sont encore nécessaires pour en affirmer la valeur, mais tout doit encourager à en poursuivre l'emploi, la théorie et la pratique semblent d'accord pour en recommander l'usage.

Depuis quelques années, la fabrication économique de l'oxygène, son utilisation industrielle et thérapeutique ont fait de grands progrès, et il serait facile de reprendre sur une grande échelle ou de reproduire les expériences de M. Rabot.

M. J. Day (1) a récemment confirme ces recherches. Il rappelle que certains corps, les huiles essentielles, beaucoup de carbures, absorbent l'oxygène atmosphérique et

(1) J. Day, Nasnent oxygen as a disinfectant and disodorant {Médical Times and Gazette. 17aoMt 1878, p. 193, et Revue des sciences médicales de Hayemy avril 1878, p. 518}.

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le convertissent en peroxyde d'Iiydrogène ; ce dernier se décompose au contact du sang, et l'oxygène, très actif, s'en dégage à l'état naissant. 11 a utilisé cette propriété désinfectante de l'oxygène en enduisant les pièces des bandages d'une solution ainsi composée ;

Easpnce de tûrfbpnlhine I parlM.

Betiiine 1 —

Huile oMeatielio da vervcias .... S fouliei par ouec do liquide.

Hais le mode d'action d'un tel mélange paraîtra peut-être plus discutaille que ne le pense M. Day.

Nous n'avons pas à décrire ici le peroxyde d'hydrogène, ou eau oxygénée. Quand on répand ce liquide, en apparence semblable à de l'eaii, sur les matières en pleine décomposition, l'odeur de putréraction disparait immédiatement; elle est remplacée par un arôme particulier, pénétrant, qui lient sans doute à la production d'ozone. L'eau oxygénée abandonne immédiatement son excès d'oxygène à la matière organique et il ne reste plus que de l'eau pure ou protoxyde d'hydrogène ; malheureusement son action s'épuise rapidement avec la perte de son oxygène et elle n'agit que sur les solutions ne contenant qu'une faible proportion de matière organique altérée. Angas Smilli, en 1869, proclamait déjà que c'était le désinfectant par excellence, le désinfectant de l'avenir; iladmettait cependant que sa clièrelé en rendait l'emploi presque impossible dans la pratique. Si, dit-il (p. 38) l'on pouvait forcer l'eau à se combiner avec 100 volumes d'oxygène, aucune souillure ne pourrait lui résister. »

Les recherches récentes de MM. Guttman, P. Régnard, etc., viennent, dans unecertaine mesure, confirmer les prévisions d'Angus Smith, et témoigner de l'action destructive, désinfectante, énergique de l'eau oxygénée. S'inspirant des beaux travaux de M. Paul Bert sur la propriété qu'a l'oxygène sous pression de tuer tout être

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vivant et organisé, M. Paul Regard (1) a expérimenté Faction de Teau oxygénée, qui contient chimiquement et "pour ainsi dire toujours en tension, de Toxygène à l'état naissant.

Dans des flacons renfermant une solution de levure de bière, du vin rouge, du lait, du blanc d'œuf, de la levure sucrée, de l'urine, de l'amidon cuit mélangé avec de la salive mixte ou du suc pancréatique, etc., il ajoute 1 centimètre cube d'eau oxygénée par 100 grammes de liquide. Son eau oxygénée est d'ailleurs très pure, exempte de baryum et d'acide chlorhydrique; elle a été neutralisée par le nitrate d'argent. Dans les flacons où Ton n'ajoutait pas d'eau oxygénée, les matières organiques se putréfiaient, se couvraient rapidement de moisissures, dégageaient une odeur repoussante ; au contraire, dans ceux qui contenaient cette petite quantité d'eau oxygénée, les matières se conservaient parfaitement, et au bout d'un mois elles ne dégageaient aucune odeur appréciable. Le résultat est semblable à ceux que M. Bcrt obtient sous des cloches où l'oxygène est comprimé à 10 et 20 atmosphères; il ne serait même pas impossible que dans ces dernières expériences, le résultat fut imputable à l'eau oxygénée qui se produirait pendant la compression.

MM. P. Bert et Péan {Académie des Sciences, 3 juillet 1882) ont employé avec succès l'eau oxygénée neutre, privée diacide sulfuriquc à 2 volumes d'oxygène par litre pour lavages et pansements antiseptiques, à 6 volumes pour pulvérisations.

M. Damaschino (2) a fait une heureuse application de ces données, en employant l'action destructive de l'eau oxy-

(1) Bert et Rcgnard, Influence de Veau oxygénée mrla fermentation [Galette médicale de Paris, 1880, p. 359), cl Académie des Sciences, 22 mai 188i.

(2) Damaschino, Du traitement du muguet par l'eau oxygénée (France médicale, janvier 1881, p. 5).

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gênée au traitement du muguet. Il Tait faire 3 ou 4 fois par jour le lavage, avec cette eau, des muqueuses recouvertes d'algues parasitaires, sans négliger d'ailleurs le traitement général et le lavage fréquent avec des eaux alcalines. Le résultat obtenu a paru excellent, et constitue noe sorte d'expérience conlîrmative de celles que M. Rcgnvd a faites dans le laboratoire.

L'industrie anglaise emploie depuis quelques années pour le blanchiment des laines un liquide incolore , inodore, désigne sous le nom de peroxyde d'hydrogène, et dont l'élément actif est de l'eau oxygénée très diluée; un litre de ce liquide peut dégager 10 litres d'oxygène, P. Guttmann a expérimenté de son côté l'action antiseptique de ce produit. En mêlant 1 partie de la solution anglaise avec 10 parties d'urine, au bout de 9 mois on ne découvre dans !e mélange ni mauvaise odeur, ni fermentation, ni trace de bactéries ; il a obtenu les mêmes résultats avec de la bière, delà glycose. Mais, en injectant sous la peau d'un lapin i gramme de cette eau oxygénée diluée, la mort survient rapidement par asphyxie; des bulles d'oxygène deviennent libres, obstruent le cœur droit, les petites branches de l'artère pulmonaire, et interrompent la circulation dans le poumon : quand ces bulles sont petites, en faible quantité, elles se résorbent, et les accidents disparaissent rapidement. Il est d'ailleurs facile de renoncer à l'emploi inlravasculaire de l'eau oxygénée !

Que l'oxygène désinfecte en brûlant directement la ma tière suspecte très divisée, ou bien en asphyxiant les microbes des fermentations organiques, il est certain que son action est d'autant plus vive que l'o-vygène sa trouve à l'état naissant.

Bcrzélius avait remarqué depuis longtemps qu'en mettant en contact avec des dissolutions de chlorure de chaux certains oxydes métaUiques, en particulier des suroxydes de plomb et de manganèse, il se fait à froid un dégagement

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continu d'oxygène; ce dégagement dure jusqu'à décomposition complète du chlorure calcique. Floitman avait, en 1875, obtenu le même eiïet en chauffant une dissolution concentrée de chlorure de chaux dans laquelle il versait quelques gouttes de chlorure de cobalt; Stalba réussit également avec le chlorure de cuivre. Winkler s'est efîorcé de rendre cette préparation de Toxygène applicable à l'industrie ; il opérait sur une grande échelle : il dirigeait un courant de chlore dans un lait de chaux contenant quelques gouttes d'une dissolution de chlorure de cobalt.

M. Hardy, dans une communication faite à la Société de thérapeutique et publiée dans la Gazette médicale de 1871 (p. 134), a fait ressortir les avantages de cette combinaison du chlorure de chaux et du dégagement continu d'oxygène pour l'assainissement et la désinfection des locaux. Il fait voir que t dans ces réactions, les sels se décomposent, l'oxyde métallique qui se forme agit comme moyen de transport de l'oxygène. Il se peroxyde d'abord, se réduit ensuite, se peroxyde de nouveau et continue à subir la même série d'oxydations et de réductions successives, tant que le chlorure de chaux n'est pas complètement transformé en chlorure de calcium. Il suffit donc d'une quantité extrêmement faible d'oxyde métallique pour produire un dégagement continu de gaz. » Cette décomposition facile du chlorure de chaux peut être utilisée au point de vue de 1 hygiène. Chaque kilogramme de chlorure de chaux, en présence des oxydes, doit fournir théoriquement 88 litres d'oxygène; mais en raison des impuretés que le sel renferme toujours, la quantité d'oxygène est un peu plus faible. Si donc, dans un espace limité, rempli d'air vicié, on introduit un vase contenant une quantité suffisante de chlorure de chaux, d'eau bouillante, et des traces d'un sel de cuivre ou de cobalt, on obtient immédiatement un dégagement d'oxygène qui se mêle à l'air ambiant. On peut arriver de cette façon à purifier l'air des

puits, des fosses, des salles de réunion publique, d'hôpilaux, etc. Le dégagement d'oxygène continue à se faire lentement quand on abandonne le mélange à lui-même à froid. On pourrait être tenté de considérer ce procédé simplement comme un perfectionnement de l'emploi du chlorure de cbaux, mais on voit qu'ici ce n'est plus le chlore qui en se dégageant purifie l'air, c'est l'oxygène à l'état naissant, qui, sous cet état, parait agir plus activement pour détruire les matières organiques et peut-être les ferments organisés contenus dans l'atmosphère.

Ozone. — D'après un grand nombre de chimistes, c'est à cet état allotropique connu sous le nom d'ozàne, qu'il faudrait attribuer l'action beaucoup plus vive de l'oxygène à l'élat naissant. L'ozone parait être un désinfectant très puissant; ii existe même aujourd'hui une tendance peut-être exagérée à entrevoir l'intervention de l'ozone dans un nombre incroyable de phénomènes chimiques, cl à invoquer cet agent pour expliquer le mode d'action de beaucoup de désinfectants.

Ce qui n'est pas douteux c'est que, à l'état d'oz6ne, l'oxygène a une activité particulière ; l'ozone, surtout dans l'air humide, oxyde l'argenlàla température ordinaire, et le transforme en bioxyde. Il paraît jouer un r6le considérable dans la nitrification spontanée; les phénomènes électriques qui se produisent dans la plupart des réactions chimiques s'accompagnent de la formatiQn d'une quantité appréciable d'ozone.

L' ozone existe en quantité très sensible dans l'atmosphère. L'air de la campagne en renferme d'après Touzeau, au maximum 1 sur 450,000 en poids ou 1 sur 700,000 en volume. L'air des villes en contient une proporlii n beaucoup moindre : M. Marié-Davy, à l'observatoire Je Montsouris, ne trouve en moyenne que 2 à 3, rarement 1 milligrammes d'ozàne dans 100 mètres cubes d'air. La quantité

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est la plus grande au printemps, forte en été, faible ttt automne, plus faible encore en hiver; les pluies, les vents, etc., en augmentent la production. Les orages, l'électricitéatmosphérique, sont les causes les plus efficaces de la génération de l'ozone dans la nature ; Toxydation lente des matières organiques concourt aussi à sa production. L'ac^ tivité même de l'ozone Tempèche d'exister longtemps dans l'atmosphère, où il rencontre un grand nombre de matières organiques et oxydables qui le détruisent. Mais d'autres substances encore le détruisent, par exemple l'acide sulfureux contenu dans les fumées de houille ; de sorte qu'il n'est pas exact de dire que l'air est d'autant moins pur qu'il contient moins d'ozone.

Ce corps, qu'on a souvent considéré comme de l'oxyde d'oxygène ou comme de l'oxygène renforcé, a une odeur qui rappelle celle du homard; on la perçoit quand Fair n'en contient qu'un millionième de son poids; elle est parfois manifeste à la campagne, au milieu des champs ou des lieux boisés.

M. A. Boillot, dans une note communiquée à l'Académie des sciences, le 3 mai 1875 {Comptes-Rendus, p. H61), a démontré le pouvoir décolorant de l'ozone sur les substances animales et végétales ; le blanchiment des tissus peut être obtenu directement par l'action de ce corps qui s'empare de l'hydrogène de la substance à décolorer. Le même phénomène peut se produire, par une voie indirecte, en faisant agir le chlore sur les matières végétales ou animales ; le chlore décompose une certaine quantité d'eau pour s'emparer de son hydrogène et former de l'acide chlorhydrique ; l'oxygène provenant de cette réaction est transformé en ozone qui , à son tour, s'empare de l'hydrogène de la matière et la décolore. Dans sa thèse de doctorat es sciences, en 181i (Montpellier), M. Houzeau avait déjà établi que la puissance de décoloration de l'ozone est 40 fois plus grande que celle du chlore.

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