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portes et des fenêtres. D'autre part, on sait qu'il décolore bien plus énergiquement les tissus humides ou mouillés que les tissus secs. Il est donc avantageux, avant de faire brûler du soufre dans une salle qu'on veut désinfecter, de charger d'humidité l'air de l'enceinte, soit en aspergeant d'eau le sol ou le parquet, soit en passant une éponge humide sur les murs, ou en faisant bouillir de l'eau dans
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la chambre ; cette vapeur d'eau, en pénétrant dans tootes les fissures, y retiendra l'acide sulfureux.
Il faut employer le soufre en fleur de préférence an soufre concassé ; la différence de prix est extrèmemem minime (35 ou 40 francs les 100 kilogr.) et Ton est bien plus assuré d'obtenir une combustion complète. Le soufipe doit être distribué en 6 ou 8 foyers, disséminés en divers points de la salle pour une enceinte de 100 mèlres cubes, chaque foyer ne devant pas comporter plus de 300 grammes de soufre. 11 faut placer le soufre dans des vases en métal qu'on peut improviser avec de la tôle mince dont on relève légèrement les bords ; ces derniers doivent être peu élevés, afin de ne pas empêcher les courants d'air et d'éviter la stagnation de Tacide sulfureux qui arrête la combustion. Les vases en terre, que Ton emploie parfois pour cet usage, peuvent se briser sous Finfluence de la chaleur, et le soufre enflammé, en se répandant au loin, pourrait déterminer des incendies. 11 est d'ailleurs prudent, quand il existe un plancher, de placer les vases remplis de soufre au centre d'un bassin plat ou d'une cuvette contenant une petite quantité d'eau.
Quand le nombre des foyers à enflammer est grand, pour éviter la suffocation par les vapeurs qui se dégagent rapidement, il convient de répandre une petite quantité d'alcool sur chaque amas de soufre ; il est ainsi plus facile d'allumer tous les foyers en un instant, et ceux-ci ont moins de chances de s'éteindre.
Les issues doivent être, fermées avec soin ; ou pourra même coller des bandes de papier sur les joints des portes et des fenêtres.
La chambre doitrester close pendant 12 heures au moins et mieux 24 ou 48 heures : on n'y doit entrer qu'avec précaution, sans respirer, et il faut y établir rapidement une large ventilation. Le local ne doit être habité qu'au bout de douze heures au moins de libre exposition à l'air, il est
prél'érable de n'y faire entrer les habitants qu'au bout de 48 heures.
L'odeur assez persistante de soufre détermine non pas des bronchites, mais des embarras gastriques, un état nauséeuï, un dégoût complet pour les aliment»; ces légers malaises ont été constatés par M. le jy Czemicki sur les soldats de la caserne d'Avignon, dans des salles qui avaient dû être réoccupées 12 heures après la lin de l'opération el la libre ouverture de toutes les issues.
M. Melilhausen recommande de chauffer au préalable la chambre qu'on veut désinfecter par les vapeurs sulfureuses, surtout en hiver. On arrête le feu au moment où l'on enflamme le soufre el l'on baisse complètement le tablier de la cheminée. La chambre ainsi chauffée tend à aspirer l'air des appartements voisins ; l'air chaud, plus léger, se dégage par les mal-joints ou les porosités des murailles, désinfectant sur son passage tous les principes infectieux qu'il rencontre. Quant au contraire la chambre est froide, les locau."c mieux chauffés qui peuvent être au voisinage se ventilent aux dépens de l'atmosphère sulfureuse de la chambre qu'on veut désinfecter.
L'inconvénient de l'acide sulfureux est de couvrir le fer et l'acier polis d'une légère couche de rouille due à la formation d'acide sulfurique; Pettenkofer a vu les rasoirs, les clous, mis en observation, garder leur poli ; nous avons constamment obtenu un résultat différent, ce que nous nous expliquons difficilement. Le cuivre et l'argent sont noircis; les étoffes de tainc ne sont pas altérées ; celles de soie, surtout celles de colon et de toile, le sont à un degré assez marqué quand la dose atteint ou dépasse ÏK) grammes par mètre cube, particulièrement quand l'air est humide.
La désinfection peut également se faire à l'aide du chlore; mais ce gaz nous parait bien inférieur aux acides sulfureux et hypoazotiqoe. Sans doute, puisque les locau.'c sont inhabités, on peut faire dégager des torrents
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de gaz, comme M. Doremus (1) Ta fait à New-York, dans les salles de Thôpital de Bellevue infectées par b pyoliémie. Des « centaines de livres » de gaz chlore avaient été dégagées dans les salles ; mais on avait laissé quelques draps étendus sur les lits inoccupés, et le lendemain ces draps de lits étaient devenus si peu résistant?, « que le plus léger attouchement suffisait pour les faire tomber en pièces ! »
Le D' Doremus, professeur de chimie au Bellevue Hospital médical Collège de New- York, avait déjà en 1865 réussi à désinfecter par le chlore le navire c VAtInnta », après une épidémie de choléra ; il prétendait que nulle souillure ne peut résister à ces fumigations quand elles sont faites par un procédé qu'il décrit. Il improvise d'immenses bassins plats (de 4 pieds de large sur 10 de long), avec des feuilles épaisses de plomb dont il relève ies bords. Il y verse, en parties égales, des sacs de sel marin et de peroxyde de manganèse, et il en forme une paie liquide avec de l'eau. Les fissures des portes et des fenêtres sont ensuite fermées exactement à Taide de bandes de papier collé ; le sol est arrosé d'eau, on dégage dans les salles de la vapeur d'eau afin de condenser sur les plafonds et les murailles une sorte de pluie fine qui fixera le chlore. On vide alors une masse énorme d'acide sulfurique dans les réservoirs en plomb et on se retire précipitamment en fermant d'une façon hermétique la dernière issue. Le lendemain et trois jours de suite, on recommence l'opération, et d'après l'auteur, ce moyen héroïque rend désormais inutile toute quarantaine.
Nous croyons aisément à l'action désinfectante d'une quantité aussi extraordinaire de chlore et il est possible que la substitution, réalisée depuis longtemps en France, de l'acide sulfurique à l'acide chlorhydrique ait toute l'im-
{l)D' R. Ogden Doremus, Epidémies from a chemical StandpoinL yTh^ Sanitarian of Xew-ïork, n* 76, juillet 1879, p. 30^18; ot Revuê d'htgiène, 1879, p. 815.)
DËSINFECTION DES LOCAUX. 401
portance que lui attribue le chimiste américain. Mais ik; doit-on pas tenir compte de la dépense, de la difficulté, nous dirions même du danger d'une opération qui nécessite le maniement d'une aussi énorme quantité d'acide sulfurique, et qu'il faut renouveler trois jours de suite? En outre, celle désinfection à outrance n'a rien de scientifique : quelle quantité de sels et d'acide faut-it employer par mètre cube? L'auieur ne le dit pas. Il semble n'avoir d'autre souci que d'en mettre trop !
Le D' Mehlbausen a calculé que 3 litres (2' 722") de gai chlore par mètre cube d'air ou 3 millièmes, avaient suffi pour détruire définitivement dans une salle tout germe de vie. Mais ses expériences lui ont montré la difficulté qu'il y a à faire dégager du chlorure de chaux ou du sel marin et du peroxyde de manganèse, traités par les acides, tout le chlore qu'ils peuvent théoriquement abandonner. Comme il est impossible de rentrer dans la chambre pour agiter de temps en temps le mélange, la réaction s'arrête bien avant que tout le chiure soit devenu libre. C'est ainsi que pour une salle de 100 mètres cubes, il a obtenu la mort des gros animaux, mais non celle des bactéries contenues dans l'urine putride, en traitant par l'acide 40 grammes de chlorure de chaux par chaque mètre cube. Ces quantités correspondent à la dose en apparence considérable de 4 kilogrammes de chlorure de chaux (contenant environ 80 litres de chlore par kilogramme) et de 6 kilo- . grammes d'acide chiorhydri^iue. Il faudrait sans doute porterceschifl'res à6 kilogrammes dechlorure etàOkilogrammes d'acide.
Il en est de mémo avec le mélange classique. Pour obtenir une désinfection complète, dans une capacité de 100 mètres cubes, il ne faudrait pas moins de :
PeraxyJe du mangantse, i kil 1 fr. 30
Cblorurc du sodium, t kil 0 fr. 48
Acido tulluriquo pur, 4 kil t tr. SO
3 fr. tS Vauin. — Dtti.irECTjL'iTS. tj
40i DÉSLNFECTION NOSOCOMIALE.
Ce qui porte la dépense totale à plas de trois francs. La désinfection la plus complète avec le soufre n*eot pas dépassé la somme de 1 franc SO ceotimes.
Quoiqu'il en soit, la précaution de charger d*humidité Tair de la salle avant d'y dégager les vapeurs du chlore est aussi utile ici que dans Temploi de Tacide sulfureux. La chambre doit rester hermétiquement dose pendant S4 heures au moins, et même au bout de ce temps. Ton n'entrera qu'avec précaution dans la salle. Il va de soi qu'à ces doses élevées, les tentures ou autres tissus seraient altérés au point d3 vue de la couleur et de la solidité.
Dans certaines circonstances très restreintes. Ton pourrait recourir à la projection sur les parois d'un jet de vapeur surchauffée ou au flambage au gaz, suivant Je procédé Lapparent. Nous aurons Toccasion de parler de cette méthode, en traitant de la désinfection et de l'assainissement des navires. Pour détruire certains insectes, différentes vermines qui souillent des locaux destinés à l'habitation de Thomme ou des animaux, on a parfois employé des fumigations mercurielles, en projetant sur une plaque de fer rougie 15 à 50 grammes de cinabre ou sulfure rouge de mercure, en poudre. Le moyen est énergique, les vapeurs pénètrent partout et détruisent tous les êtres vivants ; mais il est dangereux : on peut voir la salivation mercurielle apparaître, même au bout d'un long temps, chez les individus qui reviennent habiter le local, et la source de l'intoxication reste parfois méconnue.
Locaux non incessamment habités. — Même quand les locaux sont habités, on peut d'ordinaire employer dans une oertaine mesure quelques-uns des moyens que nous venons de dâcrimi En eflfet, il est rare que le séjour de personnes bien portantes ou malades ait lieu continuement dans la môme pièce ; il est plus rare encore que cette continuité de.Jsijoar; qui est par elle seule une cause de dan-
DÉSINFECTION DES LOCAUX. t03
■gcr, ne puisse être évitée. Sans doute, quand l'infecUon existe, le meilleur moyen de If) faire cesser est la dissémination des malades, la dispersion, l'évacuation ; c'est la mesure par excellence, et c'est presque la seule qui donne de la sécurité en temps d'épidémie.
Mai.s est-ce bien là de la désinfection? pas plus que le fait d'abattre tous les chevaux morveux ou suspects peut être considéré comme un moyen de désinfecter une écurie souillée par une épidémie. L'évacuation est YuUima ratio ; il faut savoir s'y résoudre rapidement, sans hésiter, dans les vingt-quatre heures, quand le danger est niena(;ant et que des moyens plus pratiques de fciirc cesser ou d'éviter l'infection sont restés sans succès. C'est en quelque sorte un aveu d'impuissance ; c'est souvent une calamité, en temps d'épidémie, en campagne, etc. Où soignera-t-on les malades si on diminue les ressources, toujours trop restreintes dans ce cas, des établissements hospitaliers! C'est par la prévoyance, c'est par une désinfection journalière et préventive, c'est en n'oubliant pas le prhicipiis obsta, qu'on évite la dure nécessité de l'évacuation.
Prenons pour exemple un hôpital, où le nombre des malades, la gravité des affections et déjà certains indices précurseurs font craindre l'imminence de l'infection nosocomiale. Par quelles mesures d'assainissement peut-on prévenir l'encombrement, ou tout au moins la souillure àe riiûpita! ?
Le premier soin doit être de ne laisser séjourner dans les salles, pendant le cours de la journée, que les malades alités, ceux qui ont de la fièvre ou qui ne sont pas encore capables de se déplacer. Tous les autres doivent passer la plus grande partie du jour dans les jardins et les cours si l'on est en été, dans des promenoirs fermés et même chauffés, en hiver. Il sst en général facile d'improviser un promenoir, véritable salle de jour, au moyen de quelques portes et d'un poèle établis dans un corridor bien éclairé,
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longeant des magasins ou des dépendances non habités. Les malades ne doivent rentrer dans la salle que pour les heures du sommeil, de la visite médicale et des pansements. En outre, dès que les hommes sont en voie de guèrison, il faut hâter leur départ ; dans l'armée, les soldats doivent être envoyés libéralement, sinon prématurément, en convalescence dans leur famille ; c'est un moyen facile et sûr de dissémination, pourvu qu'il ne s'agisse pas de maladies transmissibles. Pour les assistés civils, il vaut mieux créer des dépots supplémentaires de convalescents que de laisser s'infecter un hôpital qu'il faudra bientôt fermer.
Dans les hôpitaux où il n'existe pas encore de réfectoires distincts, il faut en improviser ; un certain nombre deviendront définitifs et survivront aux circonstances exceptionnelles qui les auront fait créer. Dans un vaste hôpital, les locaux ne manqueront pas, si l'on cherche bien; mieux vaudrait manger sous un hangar, dans les cours mêmes pendant la belle saison, que charger lair des salles de l'odeur lourde et malsaine des aliments.
Un ou deux malades suffisent parfois pour souiller latmosphcre d'une salle destinée à 20 ou 30 occupants, et c'est surtout en temps d'encombrement ou d'épidémie menaçante que ces cas doivent être isolés ; le meilleur isolement est celui que fournit une tente établie dans une partie un peu reculée des jardins. Les malades qui ont subi de grandes amputations, ceux qui sont atteints de vastes suppurations, de diarrhée fétide, de fièvre typhoïde grave, etc., doivent être retirés de la communauté, au profit de celle-ci comme à leur profit personnel. Si l'on est dans la saison froide, on peut doubler les tentes ou y placer un poêle ; la plupart de ces maladies ne redoutent pas d'ailleurs une ventilation très large et une température un peu basse. Ces évacuations partielles évitent souvent une évacuation générale ultérieure.
DÉSrKFEGTION DES LOCAUX. tO>
Dans un hôpital qui menace de s'infecter, les fenètreg doivent être tenues largement ouvertes, pendant toute la durée du jour. Excepté dans la saison la plus froide, la présence des grands malades retenus seuls à la chambre n'est pas un empêchement aussi grand qu'on pourrait le croire au premier abord. M. Uosselin, lorsqu'il prit le service de chirurgie à la Pitié en 1861, trouva des salles tellement infectées qu'il était impossible de faire la moindre opération sans voir survenir l'érysipcle infectieux. Avant lui, les fenêtres de la salle étaient condamnées et vissées lians les trois quarts deluur hauteur, par crainte des courants d'air ; il les fit ouvrir largement toute la journée, tant que la température ne tombait pas au dessous de -f- 't" C. ; la nuit même on en laissait toujours une ouverte. Rapidement, l'infection des salles disparut ; les opérations naguère impossibles donnèrent de beaux succès. Pendant trois ans, jusqu'à son discours à la Société de chirurgie (16 novembre 1864), il continua cette heureuse pratique. Il se proposait de ne fermer les fenêtres que lorsque les dangers de cette ventilation libérale s'accuseraient par des maladies aiguës de poitrine ; en trois ans, il n'observa qu'une pneumonie et une pleurésie, qui guérirent. De même, en Crimée, Baudens visitant les hdpitaux encombrés de typhiques défonçait en passant les carreaux avec sa canne; de même aussi Michel Lévy, pondant l'épidémie de choléra de 1849, établissait une ventilation continue, de jour et de nuit, dans les salles du Val-de-Grâcc.
Celte désinfection incessante, journalière, est toute puissante ; elle est moins diflicile qu'il ne semble. On préserve avec des paravents les malades placés près des fenêtres; on déplace ceux h qui le froid serait nuisible ; on double les couvertures ; on allume du feu la nuit ou même le jour dans les salles, etc. Cette ventilation qu'on pourrait presque appeler « à outrance » peut d'ailleurs être réservée pour les circonstances exceptionnelles qui nous occupent
iOù DÉSINFECTION NOSOCOHIALE.
en c; moment; c'est la désinfection préventive, la plo:
simple et peut-être la plus crficace.
Dans les salles ainsi occupées, il est possible, saos troubler par trop le repos des malades, de laver avec uae éponge liumide les peintures des murailles. Ce lavage esi en temps ordinaire complètement négligé, et la couleur primitive disparait trop souvent sous une couche de poussièics suspectes et de matières organiques en fermentation. 11 ne sert de rien que l'enduit des murailles soit imperméable, si on laisse cet enduit se recouvrir d'une couclie de fumier. Dans un hôpital bien tenu, ce lavage devrait avoir lieu au moins toutes les semaines ; il est indispensable à des intervalles plus rapprochés encore, quand la salle s'infecte. II peut être fait rapidement, avec nn linge ou une éponge humectés d'une solution d'acidephéniijuc ou de chlorure de zinc, toutes deux à i grammes au moins pour 100.
Le sol des salles est conslitué le plus souvent par des planchers. Même quand il est ciré, ce plancher s'imprègne de lii]uides qui y tombent accidentellement : résidus alimentaires, liquides des pansements, excrétions ou sécrétions pathologi(iues, poussières et croûtes virulentes de la variole, etc. C'est là une cause puissante d'infection à laquelle il est diflicile de remédier. On peut l'atténuer en répandant sur le sol, soit en permanence, soit aux heures du service, une couche de sciure de bois ou de sablon phéniqué. Celle poudre, humide mais non mouillée, retient les poussières dangereuses, les empêche de voltiger au loin, et le ré&tduduhalayage, au lieu d'être jeté auvent, doit être détruit par le feu immédiatement et sur place.
Tous ces moyens accessoire.>* de désinfection peuvent
être employés en présence des malades. Mais il est rare
<^ ceux-ci, surtout dans une habitation particulière, oe
. puissent éu^ déplacés chaque jour pendant quelques heu-
»; ce changement d'air et de chambre doit toujours être
Dl;SI.^FECTIO^ DES LOCAUX. «07
recommandé et tenté, à quelque prix que ce Boit, sortoat dans les maladies graves et de longue durée. Il faut profrter de celle évacuation momentanée de' la chambre pour ouvrir largement toutes les issues et balayer l'air impur stagnant sous les meubles, dans les angles ou les points morts de la pièce.
On peut faire plus ; les appareils de pulvérisation rendent ici les plus grands services. Nous avons déjà dit que le fait seul du poudroiement de l'eau est un moyen d'assainissement, de balayage de Tair, en entraînant mécaniquement les poussières et les particules organiques, en activant leur oxydation et leur destruction par leur contact avec des globules d'eau très aérés ; c'est ainsi que la neige ou une grande pluie purifient l'atmosphère. Celte action est encore plus marquée quand l'eau poudroyée lient en dissolution une substance désinfectante capable, dans une certaine mesure, de détruire la vitalité de ces bactéries dont M. Miquel compte jusqu'à 6,000 par mètre cube dans l'air des salles de l'Hoiel-Dieu au lieu de 82 dans un mètre cube d'air pris à Montsouris. La solution de chlorure de zinc à !2 pour 100, qui serait pculètre irritante en présence du malade, est ici très recommandahle; de même la solution de permanganate de potasse à 1/2 pour 100 d'eau distillée, pourvu qu'on ait soin de ne pas la projeter contre les leniures ou les meubles qu'elle pourrait légèrement altérer. L'eau phéniquée à 2 pour lOO peut être employée, malgré son odeur forte et tenace. La plupart des solutions en usage dans le pansement de Lister ont ici leur application, non seulement eu pulvérisation dans l'air, mais en projection contre les papiers'de tenture, les rideaux, les tapis, les meubles tendus d'étoffes.
Les substances dont l'odeur est agréable (essence de wintergreen, thymol, salicol, la diméthylrésorcine ou résul, éther méthylique de la résorcioe, corps proposé récemment
DÉSINFECTION DCS LOCADX. toa
circonstances où l'on ne peut, même moraentanément, évacuer la chambre ou la salle souillée, et la désinfection doit avoir lieu en présence même du malade. C'est en particulier ce qui arrive quand le patient dégage d'une manière incessante des émanations infectes : cancer, gangrène, évacuations involontaires, etc. Dans ces cas, la ventilation permanente de jour et de nuit, la propreté extrême des parties malades, de ia literie, deviennent rapidement insufTisantes pour assurer la salubrité des locaux. Aux moyens que nous venons de décrire, il faut alors ajouter les suivants :
Nous menlionnerons tout d'abord le dégagement continu d'oxygène arlificicllement préparé, à la dose de 1 litre par mètre cube, pour la durée totaled'une nuit. Nous avons déjà signalé (p. 304) les bons effets que M. Rabot de Versailles a obtenus par ce moyen dans les salles infectées de l'hôpital de cette ville. H est sans doute assez difficile de se procurer, en dehors d'un hôpital, des quantités considérables d'oxygène. Toutefois, l'emploi industriel de ce gaz prend depuis quelques années une grande importance, en particulier pour l'amclioration de l'éclairage au gaz; un habile ingénieur a trouvé récemment le moyen de dialyser par une sorte de fillration l'oxygène contenu dans le mélange aérien. On trouvera peut-être dans la production très économique de ce gaz le moyen d'utiliser un procédé de désinfection encore peu connu, mais qui parait sérieux et inofTensif.
En attendant, on pourrait employer le mélange préconisé par MM.Floitman et Hardy, pour dégager de petites quantités d'oxygène naissant, en ajoutant des traces d'un oxyde métallique à du chlorure de chaux (p. 309). Malheureusement la quantité d'oxygène est très faible , puisque un kilogramme de chlorure de chaux, auquel on ajoute de l'eau chaude et quelques grammes seulement d'oxyde de cuivre, de cobalt ou de manganèse, peut dé-
410 DÉSlMFECTfON NOSOCOMIALE.
gager 88 litres d*oxygcne ; pour obtenir la quantité d'oxygène utile, il ne faudrait donc pas moins d*un kilogramme de chlorure de chaux pour une salle de 80 mètres cubes, et le dégagement du chlore pourrait déjà être gênant.
M. le D' A.-W. Mayo Robson a proposé de remplacer le spray ou nuage antiseptique dont on enveloppe les ixiains de Topcrateur et le pansement toutes les fois qu'on le renouvelle, par un courant d'air continu que des soufflets mécaniques feraient incessamment passer dans la chambre. Cet air traverserait des réservoirs contenant de la pierre ponce imbibée d'huiles volatiles, en paru'culier d'huile essentielle de cajcput ou d'eucalyptus. Des expériences dont il donne le détail lui ont prouvé que l'air ainsi chargé de vapeurs aromatiques prévenait les mauvaises odeurs et empêchait la puUulation des organismes dans les milieux de culture. C'est probablement par le dégagement d'ozone que ces essences agissent et leur emploi pourrait être tenté dans le cas qui nous occupe.
UoX'One est un purificateur puissant : depuis longtemps on en a proposé la production artificielle et le dégagement lent dans les salles de malades. Nous avons indiqué les appareils qui ont été imaginés pour verser directement un excès d'ozone dans les locaux infectés (p. 315). Il faut bien reconnaître que ce mode d'assainissement est encore très théorique, et que l'expérience n'a pas fixé sa valeur pratique. Les travaux récents de M. Chapuis (p. 313J sont cependant de nature à encourager de nouvelles recherches.
C'est sans doute par ozonisation indirecte, c'est en dégageant insensiblement de l'ozone, que Vétlier nitreux ou a::>oUte d'éthyle produirait la désinfection, la purification des locaux encombrés et odorants. Les expériences que nous avons faites dans notre service au Val-de-Gràce en
(1) W. Mayo Robson, A substitut e for carboUc spray [British meiicai jQumal^ J5 octobre 18&I, p. OSô).
DÉSINFECTION DES LOCAUX. in
1881 ne nous oui pas donne des résultais aussi satisfaisants qu'à M. Peyrusson (p. 211). L'odeur d'une chambre habitée par un cancéreux n'a pas été notablement modiûée ; nous n'avons vu disparaiti'e que l'odeur fade d'une chambre occupée depuis longtemps par un inlirme alité, mais où l'odeur n'était pas véritablement fétide. Le mélange d'alcool (4 parties) et d'acide azotique (1 partie) doit être fait avec beaucoup de prudence, piir crainte d'explosion; mais il se conserve très bien, et il dégage incessamment de petites quantités d'un composé gazeux dont l'odeur est agréa' blo. Il suffit de placer sur un meuble ou par terre, pour une chambi'e ordinaire, une assiette contenant 50 à 60 grammes du mélange indiqué; l'évaporation se fait lentement. A cette dose l'éther nitreux n'est pas irritant pour les bronches, mais au bout de quelques jours tous les objets en fer qui se trouvent dans la chambre sont couverts d'uoe couche de rouille légère, mais fort désagréable. M. Peyrusson dit avoir désinfecté par ce moyen une salle de gâteux à l'hôpital de Limoges ; malgré notre insuccès relatif, ce moyen mérite d'être expérimenté de nouveau.
M. Pabst a préconisé, dans les locaux habités, l'emploi de l'éther azoteux à l'aide d'un appareil analogue à celui qu'il a décrit plus haut pour le dégagementde l'acide azoteux. L'acide sulfurique nitreux (cristaux des chambres de plomb), est placé dans un vase cylindrique poreux et ce dernier est contenu dans un vase en grès verni un peu plus grand. Dans l'intervalle qui sépare les deux vases, on verse, non plus de l'eau, comme lorsqu'on veut obtenir le dégaij^ement de l'acide nitreux, mais de l'alcool, qui produit le dégagement d'cther azoteux. En effet, l'acide sulfurique nitreux, au contact de l'alcool, donne des vapeurs d'azotite d'éthyle ou éther nitreux qui se diffuse dans l'air de la salle et détruit les germes ou principes organiques qui peuvent y être contenus. L'alcool étant bien plus volatil que l'eau, il faut renouveler souvent le contenu des vases.
11! MS1.NFECT10N NOSOCOHULR.
Il est bon de fermer le vase poreux avec un coaverde de terre. Ce sysléme a été appliqué dans plusieurs ctiamlirt» de malades, et dans le service desdiphtériliqnes à l'iiùpital des Eûfants ; les résultats, au point de vue de la destruC'» lion des principes contagieux de l'air, ne sont pas cnoon très positifs (1).
Dans une chambre habitée par im malade, il est presqne impossible d'avoir recours aux fumigations d'acide sulfb* renx. Toutefois, il n'est pas impossible de diî'gagicr dans la salle assez de ce gaz pour que son action di^sin ferla nie e'excrce lentement et insensiblement, trop peu cependant pour qu'il en résulte une irritation appréciable des broncha et des muqueuses très sensible!;.
On fabrique depuis quelques années en Angleterre un« lampe désinfectante (Priée and C°) dans laquelle on brille du sulfure de carbone; ce dernier en brùlani àégage de l'acide sulfureux et de l'acide carbonique. Oea expériences ont été faites avec cet appareil par M. le D' Mftcdonald {i) professeur d'hygiène navale à l'ficole de médecine militaire deNetley. Uneonce de sulfure de carbone ainsi brûlée dans
DÉSinrECTION DES LOCAUX. ii3
Un médecin de Paris a imaginé un moyen ingénieux et pratique d'employer le soufre comme désinfectant dans les chambres de malade et dans certaines conditions de la vie privée. Une quantité variable de fleurs de soufre a été mélangée avec la stéarine fondue, et le mélange coulé dans des moules ne diffère des bougies ordinaires que par une teinte un peu jaunâtre. Lorsqu'on laisse brûler une de ces bougies soufrées pendant 13 minutes dans une chambre de malades, on perçoit en y entrant une odeur aigrelette, légère, d'acide sulfureux ; et l'on constate que les odeurs fétides qui existaient avant l'allumage ont complètement disparu. Notre confrère nous a dit avoir réussi à faire ainsi disparaître presque absolument l'infection horrible d'une chambre occupée par une femme atteinte de cancer de l'utérus; toutes les deux heures, on allumait deux de ces bougies dans la chambre, et on les laissait brûler pendant 1/4 d'heure; la quantité d'acide sulfureux qui se dégageait ainsi n'était pas suffisante pour provoquer la tous de la malade.
Nous avons, depuis plusieurs années, expérimenté ces hou gies dans notre service au Val-de-Gràce, en particulier dans une chambre occupée par un malade atteint de diarrhée de Gochinchine , et dont les matières répandaient comme toujours une odeur insupportable et très tenace ; dans un autre cas, il s'agissait d'un cancer ulcéré de la bouche (ostéosarcomc de la mâchoire); la fétidité était extrême. Nous fîmes brûler, en plusieurs reprises, deux de ces bougies à la fois dans chaque chambre, en vingt-qualre heu- . res; l'infection fut très notablement diminuée, sans toulefois disparaître complètement ; en entrant dans la chambre alors que les bougies étaient allumées depuis une demiheure, on percevait une odeur piquante, légèrement appréciable, d'acide sulfureux, mais l'odorat n'était pas autrement offensé. Le séjour dans la pièce n'amenait pas la toux ; il en eût peut-être été autrement s'il se fût agi de
lU DÉSI^FECTIOS KOSOCOPUALE.
malade alleint de maliidie tics voie? respira loires, et ITith" tation des bronches f>st un inconvénient (]iiî devra limiter l'emploi d'ailleurs facile et rationnel de ce moyen.
Qacls que soient les progrès qu'ail foils la chimie dqmb le commencemoiu du siècle, il est impossibln «Ip rejeter à priori le résultat de l'expùfience des inMcL'ins distîngii^ qui ont proclamé les succès obtenus avec les fumigations acides. Ce sont les fumigations d'acide chlorhydririue qui ont fait la fortune et la renommée de Guyton-Mop\'cau; c'a! avec les vapeurs nitreuses que Smith arrêtait los i^pidémif.' de typhus sur les pontons anglais où s'encombraient nos soldats prisonniers. Les relations que nous avons cit^s (p. 26i et suiv.) disent très expressément que ces fumigations étaient faites chaque jour au-dessous des 1/ls occupi'îs par les malades, et qu'e]l<>8 étaient conduites de manière à ne pas provoquer la toux.
Le procédé était donc tout â fait différent de celui <(u'on emploie aujourd'hui pour désinfcclep avec l'adde liypoazo;ique; le premier est un procédé do médecin clinicien.
joar, rfciiarpetUs vases de terre contenant chacun 12 grammes d'acide sulfurîque concentré. Ces vaaes reposaient sur da sable cliauffé, et lorsque l'acide avait atteint une chaleur suffisante {?), on y versait dans chacun d'eus 12 grammes de nitrate de potasse pulvérisé. Quand la ventilation de la salle n'était [ms très active, on ne dépensait guère que la moitié des doses indiquées ci-dessus.
Guyion-Morvcau, qui donnait la préférence aux vapenrs d'acide chlorhydrique, employait les doses suivantes pour une salle de 100 mètres cubes occupée par des malades :
(ul[uri(|ue i Gi> It..
On Jiminue l'intensité et la brusquerie de l'action, en diluant l'acide dans son volume d'eau . Dans l'un ni l'autre cas, l'opération ne provoquait la toux des malades. Ce sont donc deux moyens de désinfection que l'on pourrait expérimenter de nouveau, en temps d'épidémie, sans commettre d'imprudence.
Le moyen qui est resté le plus populaire, non seulement dans le public, mais parmi les médecins, c'est l'assiette de chlorure de chaux ou li'liypochlorite de soude que l'on maintient en permanence sous le lit des malades. Après l'engouement exagéré dont le chlore a joui pendant si longtemps, il faut éviter aujourd'hui de pousser la réaction trop loin et de tomber dans l'excès opposé. Le dégagement lent et continu d'une petite quantité de chlore a certainement une action utile sur les miasmes et même sur les mauvaises odeurs ; mais cette action est faiUe, iasuffisante ; elle inspire nne sécurité trompeuse. Nous venons de voir qu'il fallait plusieurs kilogrammes de chlorure de chaux pour désinfector véritablement une chambre un peu grande ; quelle action sérieuse peut avoir la pincée de-cetiepooiJre qn'on répand sur une aoucoape au voisinage des maladas.
i\Q DÉSINFECTION NOSOCOMIALE.
Guyton-Morveau attachait la plus grande importance à remploi, dans les chambres de malades, d'un petit appareil qu'il avait imaginé ; dans un flacon en verre se trouvait le mélange producteur du chlore ; en donnant plusieurs tours de vis à l'étui protecteur, le bouchon hermétique se soulevait et laissait passer quelques centimètres cubes du gaz purificateur; Guyton-Morveau a consacré plusieurs planches, à la fin de son Traité, à la descriplion de cet appareil dont l'insuffisance est aujourd'hui manifeste.
Il est bien préférable de faire usage du chlorure de chaux, soil en poudre, soit humecté d'eau simple; mais la quantité ne doit pas être illusoire : deux assiettes contenant chacune 100 grammes au moins de chlorure délayé sont un minimum pour une chambre ordinaire. La seule hmite doit être la gène causée par l'odeur que certaines personnes trouvent très désagréable, et par l'irrita lion des voies respiratoires. Les aspersions sur le sol, sur le lit, à l'aide de liqueur de Labarraque, sont un moyen commode et usuel d'obtenir le dégagement insensible du chlore.
L'expérience prouve que dans ces conditions, le chlore réussit mal à faire disparaître la fétidité de l'air; on remplace une mauvaise odeur par une autre qui ne l'est pas beaucoup moins. Il est incontestable qu'on décompose ou qu'on détruit une certaine quantité des particules organiques suspendues dans l'air ; mais ces particules résistant plus au chlore qu'à l'acide sulfureux et à d'autres acides, la désinfection reste incomplète.
Nous ne nous arrêterons pas aux clous fumants, aux trochisques réputés désinfectants qui continuent à être en usage dans une certaine partie du public. Ces parfums masquent les mauvaises odeurs ; ils ne les détruisent pas. Quelle action sérieuse peut avoir le benjoin, le sucre brûlé-, etc ? Une seule exception pourrait être faite en faveur de l'acide acétique ou du vinaigre qu'on répand sur une pelle rougie ; mais l'action désinfectante est bien faible.
DESINFECTION DES LOCAUX. 4|T
M. SchœufTelé, pharmacien de l'armée, a proposé en 1869, un petit appareil destiné à répandre plus facilement des vapeurs d'acide phénique dans une salle ou une chambre de malade. Un vase à large surface, rempli d'une solution assez concentrée d'acide phénique est placé au milieu de la salle, sur un support élevé d'un mètre au-dessus du sol. Six ou dix mèches de coton de la grosseur du doigl, ' longues de 1 mètre et nouées ensemble aune extrémité, plongent par celte extrémité dans le bassin. De ce point central, les mèches ressortent du bassin et leurs chefs libres pendent en couronne vers le sol. Ces mèches s'imbibent de la solution phéniquée par capillarité et augmentent considérablement la surface d'évaporation. Un large vase placé à terre reçoit l'excès du liquide qui pourrait s'y déverser. L'appareil est ingénieusement disposé, mais les vapeurs d'acide phénique sont moins actives que leur odeur n'est désagréable.
C'est surtout quand le malade est confiné dans sa chambre, qu'on ne saurait trop insister sur la nécessité de veiller h ce qu'aucune source de mauvaise odeur ou d'altération de l'air n'existe autour de lui : les sécrétions morbides (suppurations, écoulements sanieux, crachats), les déjections alvines, les cataplasmes, les préparations culinaires doivent être enlevées immédiatement ; les vases de nuit et les meubles où on les garde doivent être tenus dans un état de propreté extrême et désinfectés souvent par les moyens indiqués. Les parties souillées du corps doivent être lavées fréquemment à l'aide de soluliong antiseptiques (acide borique à 3 p. 100, thymol, 1 p. 1000, etc.). Les rideaux des lits et des fenêtres seront fréquemment lessivés, battus ou aérés; la literie (couvertures, matelas, oreillers) sera tous les mois épurée à la vapeur ou ausoufre, etc. Les tapis de laine à demeure concourent forleinent à entretenir les mauvaises odeurs des <:hambres à coucher, dans les cas de maladie prolongée; les lapis mcbilesoules
VjILLIX. — Dësinfecta^tj, S"
418 DESINFECTION NOSOGOIIIALP.
nattes ont Tavantage de pouvoir être chaque jour battus ou exposés au grand air.
Lorsque dans une famille habitant le mèrae apparte-^ ment, un des membres, un enfant par exemple, est atteint d*une maladie transmissible (fièvre éruptive, diphthérie, coqueluche, etc.), on a proposé l'emploi de certains moyens de désinfection pour préserver le reste de l'appartement. On a conseillé, par exemple, de tendre devant les portes de communication des rideaux ou des portières imprégnés de liquides désinfectants, de solutions phéniquées, chlorurées, etc., dans la pensée que les niiasmes pu les poussières virulentes seraient arrêtés ou neutralisés par ces écrans. L'idée nous parait plus ingénieuse que pratique : ces toiles entretiennent une humidité et une odeur fort gênantes dans la chambre des malades, car on ne peut employer pour les humecter qu'une solution phéniquée à 2 pour 100, le thymol (1 gr. de thymol et 10 gr. d'alcool , pour 1 litre d*eau), ou la liqueur de Labarraque étendue de deux fois son volume d'eau. Il faut maintenir ces toiles humecléôs jour et nuit pendant quinze jours^ ou un mois, ce qui est peu praticable, à moins de les placer de Tautre côté de la porte, dans une chambre intermédiaire qui reste inoccupée. La barrière est en outre bien incertaine pour empêcher les contagions, de sorte que r inconvénient est grand pour un bénéfice petit. Sans nier que ce moyen puisse rendre des services dans des cas déterminés, nous pensons qu'en général il y a plus de sécurité et moins d'inconvénients à éloigner de l'appartement les personnes pour lesquelles on redoute la contagion.
Quand un malade dégage des miasmes, des poussières ou des germes qu'on suppose virulents, il ne nuffit pas d'empéoher ces produits de pénétrer dans les chambres ou dans les appartements voisins, il faut encore les empêcher de se dégager dans l'atmosphère des rues et des places, où ils
OÉSUfFECTlON DBS LOCAUX. 41*
pourraient [Hvpagcr la maladie parmi les habitante de la ville ; c'est souvent en effet de cette manière que les fièvres éruptives se contractent dans les grands centres, sans qu'il soit possible de remonter à la source de la contagion. 1.3 désinfection n'est véritable que si on détruit surplace tous lesprincipessuspects que dégage un malade, et nous savons combien cette désinfection est difficile.
On a pi-oposé de détruire par le feu toutes les particules qui souillent l'air sortant d'une chambre de malade, en particulier dans les bùpitaux consacrés aux varioleux, aux typhiques, etc. M. Wœstyn, à l'Académie des sciences en 1811, recommandait de placer des cadres filtrants, remplis d'ouat« d'amiante, dans une cheminée ou orifice d'appel; cette ouate ser.iit retenue entre deux plaques de toile métallique ; de temps en temps, une couronne de becs de gaz placée au-dessous du filtre porterait celui-ci an rouge et détruirait les impuretés retenues. Plus tard, il a remplacé ces cadres filtrants par des couronnes de becs de gaz de dimensions décroissantes et placées au centre des cheminées d'appel, de telle façon que l'air impur de la salle, aspiré par te tirage, se flambât nécessairement sa contact du foyer situé sur son passage.
A l'hôpital Lariboisière , les impuretés de l'air des salles, aspirées par le système ventilateur, se brûlent en partie dans la chambre de chauffe au sommet de l'édifice. Dans les hôpitaux modernes de nos grandes villes, oii la ventilation se fait le plus souvent par des cheminéet . d'appel s'ouvrant h la partie inférieure ou supérieure de la salle, suivant la saison, il serait peut-être utile et certai* nement facile de disposer quelques couronnes concentri" ques de becs de gaz, dans les cheminées d'appel des salles d'isolement, en particulier dans celles consacrées aux va-* rioleux .
A la prison de la Santé et à Mazas, à Parle, une haute cheminée centrale de 30 mètres d'élévation, alimentée en
4t0 DÉSINFECTION NOSOCOMIALE.
toute saison par un foyer au charbon^ aspire au moyen de voûtes et de conduits Tair de toutes les cellules; Tair neuf, frais en été ou chauffé en hiver, entre dans la cellule par un large orifice situé à 2 mètres du sol ; après avoir servi à la respiration, il est aspiré à travers la cuvette de latrine qui se trouve dans chaque cellule ; cet air usé, avant d'être rejeté dans l'atmosphère, est entraîné dans la cheminée d'appel, au voisinage du foyer incandescent qui détruit toutes les matières organiques qu'il contient. M. le D' La tapie a récemment proposé de telles cheminées aspiratrices à foyer central avec auvent au-dessus de chaque lit, pour désinfecter à la fois les salles par le renouvellement de l'air, et purifier l'air souillé avant lîe le rejeter dans l'atmosphère.
Des cheminées d'un bon modèle donnent en partie ce résultat : c'est ainsi qu'à Edimbourg, à Glasgow et dans plusieurs Fever-hospitals de Londres, les cheminées sont maintenues en pleine activité et chauffées au charbon de terre en toute saison, même pendant l'été; dans la saison chaude, on place devant la cheminée un paravent pour protéger les malades contre le rayonnement calorifique. Dans les hôpitaux de varioleux, une partie des germes virulents se brûle ainsi en traversant le brasier. Ce moyen de désinfection en même temps que de ventilation est excellent ; on ne saurait trop le recommander pour les chambres des malades. Il implique que Ton a adopté pour des cheminées une disposition telle, que l'air neuf pris au dehors n'arrive à la partie supérieure de la salle qu'a- . près s'être échauffé en traversant les espaces ménagés derrière la plaque du foyer, et que l'air impur de la partie intérieure de la salle, qui vient de servir à la respiration, alimente seul la combustion. Cette disposition est heureusement réalisée dans le type de cheminée connu sous le nom de Douglas-Gai ton, et que le capitaine du génie français, Belmas, a le premier décrit et figuré en
DÉSINFECTION DES VfiTEHEMS. DE LA LITERIE, ETC. 131
Un feu vif et clair dans une large cheminée est donc un excellent moyen d'assainissement d'une chambre de malade. Même quand le feu est éteint, pendant la nuit par exemple, la chaleur que conservent les parois de la cheminée entrelient une ventilation très active.
Dans les saisons où il est difQcile d'allumer le feu, nous avons souvient retiré un bon effet d'un moyen extrêmement simple et cependant efficaco. Au lieu de placer k veilleuse sur un meuble, on la place dans la cheminée même, où elle donne une lumière suffisante ; en même temps elle détermine une ventilation fort active parce qu'elle est continue, surtout lorsque la S'^ction de la cheminée est très grande. Nous nous sommes plusieurs fois assuré que par ce moyen l'odeur de renfermé était beaucoup moins marquée dans la chambre des malades le matin ou réveil.
La désinfection nosocomiale ne doit pas porter seulement sur l'air, sur les locaux, souillés par les malades; elle doit porter encore sur les vêtements, la literie, le linge de corps, qui tous sont en contact immédiat avec la peau et qui s'imprègnent des sécrétions morbides.
11 ne sert de rien d'isoler les malades suspects, do purider les locaux qu'ils habitent, d'empêcher l'air contaminé de se répandre au dehors, si l'on ne désinfecte pas minutieusemcnt le linge el les vêlements qu'ils ont salis. Tout le monde connaît la fréquence des cas de variole , de scarlatine, de diphlhérie , de fièvre typhoïde, de choléra, observés chez les personnes qui lavaient le linge sale provenant des hôpitaux où régnaient ces maladies. Nous avons élé témoins d'une petite épidémie de variole survenue dans la lingerie d'un établissement où les varioleux étaient
4tt DÉS1!«FECT10N NOSOCOMIALE.
parfaitement isolés à Textrémité d'un vaste jardin ; une enquête nous apprit que les personnes atteintes avaient été occupées quinze jours auparavant à compter le linge sale des malades ; pendant cette opération, les draps et les les linges qu'on étalait pour les compter soulevaient une poussière assez forte pour provoquer des éternuements : il est assez probable que la poussière provenant du pus varioleux dont les draps étaient souillés a été inoculée directement par la muqueuse respiratoire.
Dans plusieurs hôpitaux anglais, on détruit par le feu les vêtements et le linge apportés à Thôpital par un malade atteint de maladie transmissible. A Londres, on a proposé de fermer momentanément, sauf indemnité, Tatelier des lingères ou des couturières atteintes de maladies contagieuses, ou soignant dans leur demeure un cas de ce genre. Au Congrès d'hygiène de Paris en 1818, M. le D' Smith (1) signalait un cas mortel de fièvre typhoïde transmise à une jeune fille d'illustre naissance, par une robe âh bal que Touvrière aurait cousue et ajustée dans la chambre et presque sur le lit où elle soignait un de ses enfants, atteint de cette maladie.
Ces cas rappellent ceux qui ont fait tant de bruit dans les récentes comme dans les anciennes épidémies de peste, où la maladie aurait été fréquemment transportée par des châles, des robes ou des étoffes provenant d'individus morts de la peste dans des pays souvent fort éloignés.
Même en laissant de côté ces faits obscurs ou incertains, il n'est pas douteux que les effets ayant servi aux malades sont une cause fréquente de dissémination de maladies transmissiblcs dans les hôpitaux et dans les habitations particulières. En effet, quand un varioleux a succombé ou bien a quitté l'hôpital après guérison, quel traitement fait-on subir aux couvertures, aux oreillers, aux matelas qu'il a
(1) Compte rendu officiel du Congrès inlermUional d'hygiène, Paris, 1^, Imprimerie nalionale, T. I, p. 726.
DÉSINFECTION DES VÊTEMENTS. DE LA LtTERlE, ETC. tU souillés ? Trop souvent, on so contenle d'exposer ces pièces pendant plusieurs heures au soleil, puis on les fait battre en plein uîr comme on bal les tapis ; on soulève ainsi des nuages d'une poussière composée en grande partie de globules de pus variolique et de cellules épidermiques virulentes : cette poussière féconde est semée à pleines mains dans l'atmosphère, et c'est miracle qu'elle ne rencontre pas plus souvent un terrain fertile.
Quand les enveloppes extérieures portent des traces trop apparenles de suppuration, on lave ces toiles ; le contenu, laine, crin ou plume, est battu sur une claie, et la literie ainsi remise à iieufesi portée au magasin en attendant qu'elle transmette la variole à un malade qui sera venu à riiopilal pour se faire guérir d'une entorse ou d'un panaris. On n'intervient d'une façon sérieuse qu'en temps d'épidémie, et quand l'uttcntion publique est fortement excitée de ce côté. .Sans doute dans la plupart des établissements hospitaliers il existe des instructions imprimées, décrivant parfois minutieusement les o|>émtions de désinfection que doivent siil)ir les effets provenant de malades atteints de maladies contagieuses; dans plusieurs hôpitaux, il y a même un réduit ré,scrvc aux fumigations sulfureuses ou chlorées, mais ce réduit a reçu parfois une autre destination, quelquefois on en a presque oublié l'existence; et il serait intéressant de relever, dans chaque hùpital, le nombre de kilogrammes de soufre, d'acide chlorhydrique ou de chlore, dépensés à cet effet pondant le cours d'une année.
La vérité est que ces fumigations pour être efficaces nécessitent une inlervention compétente, elles laissenl une ■odeur désagréable et très tenace, elles compromettent souvent la couleur des tissus, l'intégrité des parties métalliques, elles exposent aux dangers d'incendie et à l'aliération d'un matériel dont l'administrateur est responsable : cette .crainte des dégradations du matériel est l'obstacle véri-
424 DÉSINFECTION NOSOGOMIALE.
table, et j'ajoute légitime, à toutes les mesures de desinfection que les médecins réclament dans les hôpitaux.
Il importe donc d'étudier ici la question sans exagération, sans idée préconçue, en se plaçant avant tout au point de vue delà pratique. C'est l'expérimentation directe qui seule peut nous permettre d'éviter les tâtonnements ou la déception.
Avant d'entrer dans l'examen et l'appréciation des moyens particuliers de désinfection des vêtements, il est certaines considérations générales qu'il est utile de rappeler. Nous les trouvons nettement formulées dans une circulaire publiée, le 29 juillet 1879, parle Conseil sanitaire de Washington, applicable non seulement à la fièvre jaune, mais à toutes les maladies virulentes (1) il nous a semblé utile d'en donner ici la traduction.
a ... 2. La désinfection, en l'absence de toute infection spécitîque, et quand on se propose simplement de rendre la sol, les eaux, les objets malpropres et souillés, incapables de propager des germes morbides, la désinfection est un pauvre moyen qui ne remplace pas la propreté; elle n'est utile que pour permettre de faire le nettoyage sans odeur et sans incommodité. Dans ces cas, les meilleurs désinfectants sont le sulfate de fer, l'acide phëniquc, la chaux vive fraîchement préparée, la poudre récente de charbon, le chlorure de zinc, le chlorure d'alumine, et le permanganate de potasse.
«< ... 3. On rencontre deux grandes diflicultés quand on veut détruire la vitalité des germes (de la fièvre jaune); c'est, premièrement, de mettre Tagent désinfectant en contact direct avec le principe morbide; c'est ensuite de ne pas détruire ou altérer les objets qu'on veut purifier.
M ... 4. Quand le germe de la fièvre jaune est sec ou en partie desséché, on ne peut espérer le détruire avec un désinfectant volatil ou gazeux. Il faut d'abord Thumecler ou le soumettre à une température de -f lîO<> centigr., pour obtenir une sécurité parfaite.
« ... 5. Pour désinfecter ou détruire des vêtements, de la literie
(1) Circulât n* 6, relative to Disinfection and précaution arymeasureu, (National Board of Health Bulletin^ Washington, 2 août 187i, n" 5, P. 39.)
DÉSINFECTION DES VÊTEMENTS, DE LA LITERIE, ETC. lU
OU des objets mobiliers, il faut les remuer le moios possible tant qu'ils sont secs. Avant de les di^placer ou de les secoinîr, il faut les mouiller complÈlement, soit avec une solution d'un désinfectant chimique, soit avec de Teau bouillante, afin d'empêcher les germes desséchés de sd ri^pandre dans l'air sous forma de poussière.
. ... 8. Dans les localités où la fi cvre jaune a régnù l'année prû- Ci5dente, on doit prendre les précautions suivantes :
• Les élofTes et tissus qui ont étâ exposés à l'infection l'année précédente, et qui sont ensuite restés enfermés ou empaquetés dans un lieu non ventilé, ne doivent pas être ouverts ou déroulés ; il faut les brûler ou les mettre dans l'eau bouillante pendant une demiheure au moins, ou dans une éluve chauffée, ou eulin, il faut les désinfecter suivant la nature el la qualiléde chaque objet...
Deux moyens nous paraissent avoir une supériorilc incontestable: la chaleur et les fumigations d'acide sulfureux; le chlorure de cliaux, le chlorure de zinc, les fumigations de chlore, de ciniibre, etc., ne viennent qu'à un rang bien inférieur. Nous étudierons d'abord chacun de ces moyens de désinfection nu point de vue de leurs applications et de leur mode d'emploi.
Nous insisterons ici encore une fois sur la différence d'action de la chaleur, suivant qu'elle est sèche ou humide, en nous autorisant des recherches expérimentales de Koch et de Wolffliiigel, recherches qui ont paru alors que la première partie de ce livre était déjà impriniée(l).
Tandis que les bacilles ou bactéries adultes sont détruites fiicilement par une température de ■ ■- lOO'à -\- lOS" centigrades, les spores ont une i-ésislancc extraordinaire: ces fails, bien connus depuis longtemps, ressortcnt d'une façon évidente des nouvelles expériences faites au laboratoire de rOffice sanitaire de l'empire allemand. On contrôlait l'action désinfectante des hautes températures non seulement par rcnsemeiiccment des hquides de culture aseptiques avec
|l) D' Hobcrl Kfirh tl B- Giislave Woimiûgpl, Untertuchuni)''^ vebtr dit Dininfielioa m.r hriiter Lnfl. — Koch, Caffky, Lœffler, Veriarlte «fter <lie Verivertkbarkeil heitier WatttTdainpfe IH Desînfectidiinii'eckert. [milheilungeyi nvi dem kamerl. Getunilhtilaamlr, T. I, 1881, p. 301 et sn. — Revue d'hygiène et de police lanilaire, mars IBSa, p. 248.)
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BÉSINFKCTION DES VÉIEMENTS. DE LA UTERIE, ETC. WI
les protorganismes ainsi chauffés, mais encore par l'inoculation à des animaux, de spores ou de bacilles charbonneux qu'on venait de soumettre à la chaleur. Voici les conclusions du mémoire des auteurs :
1° Les bactéries dépourvues de spores ne peuvent supporter pendant une heure et demie l'exposition à un air chaud de 100 degrés centigrades;
2' Les spores des moisissures (Schimmelpiizen) ne sont tuées que par l'exposition pendant une heure et demie à de l'air chauffé à -j- '10° ou 4- 113» centigrades.
3" Les spores de bacilles ne sont détruites que par un séjour de 3 heures dans une atmosphère de --|- 140" centigrades
Au contraire, un tableau (p. 426) du mémoire de MM. Koch, Gaffky et Lœfller, montre que les spores cliarbonneuscs et les spores de [a terre de jardin ont perdu toute vitahic par une exposition pendant 10 minutes à de la vapeur marquant -]- il(y centigrades. Au-dessous de cette température, ils ont obtenu les résultats inscrits au tableau ci-dossus (le signe "l- indique la mort déHniUve des spores et l'impossibilité d'ensemencer les liquides de cultureavec les prolorganisnics ainsi échaudés).
Nous reviendrons sur les applications de ces données et le mode d'emploi de la chaleur. Quoiqu'il en soit, avec les réserves que nous avons faites, p. 331, nous croyons qu'on peut lixer à -\- 110° C. la température minimum à laquelle doivciit eue soumis les principes morbillques, de nature inconnue, qui peuvent transmettre des maladies.
Quand on poursuit la désinfection, la température doit toujours être portée le plu- haut possible; il n'y a qu'une limite, une seule, c'est la détérioration des objets ou des lissuH qu'on veut désinfecter. On comprend combien il est important de bien déterminer cette limite, afin de ne pas compromettre un matériel coûteux ou considérable.
428 DÉSINFECTION NOSOCOMIALE.
Il faut donc résoudre les deux questions suivantes: V Quelle température peuvent supporter impunément les matièresvestimentaireset les tissus? 2** Quels sont les appareils qui permettent de désinfecter par la chaleur ?
A. — Action de la chaleur sur les tissus.
D'une manière générale, les tissus de laine s'altèrent plus rapidement que ceux de coton ; il faut ensuite distinguer les altérations légères de la couleur, et celles qui portent sur la solidité des tissus : dans nos expériences, la température de -\- llO" C, commençait à donner à la laine blanche une très légère teinte de roussi, sans aucune diminution de la résistance du tissu; à -f- 158** C, ce même tissu avait une teinte jaune des plus prononcées, et c'est à ce degré seulement que sa solidité paraissait s'altérer. Occupons-nous donc surtout de la laine, et prenons pour exemple l'action de la chaleur sur les couvertures de lit en laine blanche. Les observations faites à ce sujet par les auteurs qui ont expérimenté les appareils désinfectants à air chaud sont un peu contradictoires.
Ransom (1), dont le mémoire est très complet, dit que la laine blanche, le coton, le linge de toile, la soie, le papier peuvent être chauffés à -|- 121** pendant 3 heures, sans altération appréciable; cependant, la laine présentera un très léger changement de couleur, surtout si elle est neuve; peut-être, dit-il, ce changement est-il simplement celui qui se produit quand on a lavé même une seule fois la flanelle. Si on continue la même température pendant 1 à 8 heures, on voit de légers changements de couleur, mais sans autre altération de la laine blanche, du coton, de la soie, etc. Il ajoute que la température de -L- 146** c, con-
(I) W. H. Ransom, On the mode of disinfeeling hy heal. {The Britith médical Jam nal^ 6 sept. 1873, p. 274.)
DÉSINFECTION DES VËI^MENTS, DE LA UTERIE, ETC. 110 tinuée environ 3 heures roussit fortement ta laine blanche, plus faiblement le coton et la toile, mais cependant ne
Effet de ta chaUur lur Ut objets expotés.
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