‹ Traité des désinfectants et de la désinfectionChapitre 88 sur 138 · i33» c. pendant 2 heures. — 26 kil · texte numérisé non relu

i33» c. pendant 2 heures. — 26 kil

-f 150* c. — 2 heures. — 25 kil. — 24 kil., 500.

C'est donc seulement au voisinage de -[- 1^0© que les tissus de laine commencent décidément à perdre leur résistance.

Nous avons recherché si les hautes températures rendaient le crin et la laine plus cassants et plus friables. On a pris des quantités identiques en poids de crin et de laine bien battus. Les unes ont été soumises pendant 4 heures à une température de -|- 120°; quand on les faisait battre fortement au sortir de Tétuve, elles abandonnaient une couche, mince toutefois, de détritus et de fragments; lorsque le battage n'avait lieu que 24 ou 48 heures après la sortie de Tétuve, quand le crin ou la laine avaient eu le temps de reprendre leur eau hygrométrique, la quantité de détritus n'excédait en rien celle qu'abandonnait la matière première non exposée à la chaleur. On s'explique ainsi l'observation faite par le docteur Lake, à l'infirmerie de Southamptcm : les matelas étaient désinfectés par le séjour pendant 8 heures

dans une étuve chauffée à -f- ilo-120'*C. ; les employés remarquaient qu'après le battage et la réfection, le déchet était un peu plus élevé que d'ordinaire quand l'opération était flûte au sortir de l'étuvc, tandis qu'au bout de 2 ou 3 jours la différence n'était plus appréciable. Le docteur Lake reconnaît d'ailleurs que la T. de -}~ ^^0** était trop élevée, et que celle de -\- 105" eût été suffisante.

Ces résultats, en ce qui concerne la laine, ne s'appliquent qu'à l'emploi de la chaleur sèche. Dans l'eau bouillante, au contraire, la laine, surtout la laine riche en suint servant à la fabrication des matelas, subit des altérations très graves sur lesquelles nous insisterons un peu plus loin.

MM. R. Kochet G. Wolffhugel,dans le mémoire cité plus haut, sont arrivés en 1881 à des conclusions identiques. € Le chaleur portée à -|- 146*' C. pendant 3 heures en-

DÉSINFECTION DES VÊTEMENTS, DE LA LITERIE, ETC. ^ia dommage d'une façon manifi^ste les objets exposés. Un sac en loile conlenant des lambeaux de tissus fut laissé pendant 3 heures dans iinecluve sèche chauffée jusqu'à + 152" C.;au bout de ce temps les chiffons ou tissus étaient dans l'état suivant :

Soie blaoche Jaunie.

Soie ronge la couleur csl plm claire; le brillant adiaiiaru.

Tissu do lin roluratioQ bruiiâlra assez rcgulièrc.

Ouaie brunilre, odeur de roussi.

Gaze coloration jaune.

Laine hiancdt- leinte jaune, oileor de brùl*.

Dr«[) bleu teiulo pâlie.

Pallier dejournaui.. teinte trùi brune.

Jiite leinle plus foncte; mais peu d'attéraltOD.

Crin sans changement.

Varech odeur de brûlé.

l'iumeâ Llaurhc! jaunies.

Cuir devenu plus foncé, plus dar par places , plui

facile k déchirer.

En résumé, une température de -\- 103-110° centigrades, eonlinuée pendant l à 2 heures, assure la destruction de presque tous les germes morbides, et ne compromet en rien la solidité ni l'apparence des objets vestimentaires et de literie. La température de -|- i20° ne doit être atteinte que dans des cas particuliers ; elle roussit légèrement les tissus de laine blanche, mais n'en altère pas encore ta solidité.

B. — Deschiption et ciioi.ï des appareils.

L'immersion dans l'eau bouillante et le maintien de l'ébullition pendant 1 heure, csl un moyen facile d'application de la chaleur à la désinfection. Ce moyen, excellent et d'un usage journalier pour le linge de corps et la literie, cesse d'être applicable pour les vêtements de drap et même de coton ; la laine sèche très lentement, beau-

134 DÉSINFECTION NOSOCOMIALE.

coup de vêtements seraient déformés et détériorés par Teau chaude; Tébullition dans Teau enlève à la laine et au crin toute leur élasticité ; enfin certains objets, comme les fourrures, ne peuvent être plongés dans Teau. Il en est de même de Tair chaud employé directement. Sans doute, on peut utiliser, surtout dans les maisons particulières, la chaleur obtenue par un réchaud allumé dans un espace très restreint et très clos, un placard, un réduit de petite dimension dans la muraille. C'est de la sorte que, dans un grand nombre d'établissements de bains, on obtient une étuve rudimentaire qui sert à chauffer le linge destiné aux baigneurs. C'est une ressource précieuse dans un appartement privé, pour désinfecter les vêtements d'un enfant convalescent de variole ou de scarlatine avant de le renvoyer à l'école, par exemple. Mais c'est un moyen infidèle si Ton ne chauffe pas assez, dangereux si l'on chauffe trop et parce que le feu peut se communiquer aux objets exposés.

Il est donc indispensable d'avoir recours à des appareils ou étuves à désinfection, soit qu'on emploie l'air chaud et sec, soit qu'on fasse arriver directement la vapeur d'eau au contact des objets exposés.

Étuves sèches. — Quel que soit le type adopté , tout appareil à désinfection, et particulièrement toute étuve à air chaud et sec, doit remplir les conditions suivantes :

1*" Certitude d'action ;

2° Sécurité ;

3° Rapidité et simplicité ;

4° Économie,

La certitude d'action et la sécurité ne s'obtiennent que par la fixité et l'uniformité de la température. Toutes les parties de l'appareil doivent être au même degré ; aucun point des parois ne doit être en contact direct avec le feu, sinon ces parois s'enflamment si elles sont combustibles.

DÉSINFECTION DES VÊTEMENTS, DE LA UTQtlE, ETC. 433

OU bien rougissent, et alors détruisent les parties de vêtements qui les louchent. Le feu doit être caché, et autant que possible dans une localité complètement distincte de celle où les pièces à désinfecter sont déposées. Dans les premières ètuves qui ont été construites en Ângleterro, des incendies ont eu lieu, des vêtements ont ainsi été brûlés ; c'est ce qui est arrivé notamment dans la cité mortuaire de Goldenlanc, à Londres, dans une chambre voûtée, de 2 mètres de haut, à parois revêtues de briques vernies, mais où un cordon de becs de gaz, allumé au niveau du sol, enflamma un vêlement mal suspendu qui devint le point de départ d'un incendie. La température doit être constamment au même degré, pendant la nuit comme pendant le jour, fût-ce même sans discontinuité pendant quinze jours ; cette fixité absolue, indépendante de la négligence des employés, seule garantie d'une désinfection efficace an même temps qu'elle écarte tout danger d'incendie, n'est possible qu'à l'aide de thermorégulateurs automatiques, ^'ous n'hésitons pas à dire qu'il faut absolument rejeter toule étuve qui n'est pas munie d'un de ces appareils. Sans eux, on a une sécurité trompeuse; le matériel n'est pas désiofecté, ou bien il est exposé à être brûlé, et la peur d'un accident conduira toujours les employés, les administrateurs, à préférer la désinfection insuffisante, qui engage leur responsabilité d'une façon moins évidente et moins brutale qu'un incendie.

D'ailleui-s, depuis quelques années ces Uiermo -régulateurs se sont simplifiés et perfectionnés à tel point (modèles de Schlœsing, de d'Arsonval, de Wisnegg), qu'on peut les trouver et les faire réparer partout en cas d'accidents. Le principe de tous ces appareils est très simple : un fluide (mercure, glycérine, eau, air) en se dilatant par la chaleur de l'enceinte, s'élève dans un tube et obstrue plus ou moins l'orifice par lequel s'échappe le gaz à éclairage, source d'écliauffement de cette enceinte ; la flamme

136 DÉSINFECTION NOSOCOHIALE.

et par conséquent la température baissent donc quand le gaz passe difficilement; le liquide du thermomètre s'abaisse dès lors en se refroidissant et laisse passer une plus grande quantité do gaz, ce qui élève de nouveau la température. La bonne disposition de ces ihermo -régulateurs nous parait une condition si essentielle du fonctionnement des étuves à air chaud, que nous croyons utile de donner ici le dessin et la description des appareils les plus simples et les plus ingénieux.

L'un des premiers régulateurs de ce genre est celui de Bunsen, qui a subi un grand nombre de perfectionnements. Dans la modification figurée ci-dessous, l'afr contenu dans un tube hermétique se dilate par la chaleur, refoule de bas en haut le mercure dans un tube étroit tcr-

FlG. s. — Thermo- régulateur de Budspd, modillù par M. Raulin.

miné à sa partie supérieure par une cuvette dans laquelle plonge Textrémité inférieure, taillée en bec de plume o.

DÉSINFECTION DES VÊTEMENTS, DE LA LITERIE. ETC. *37 d'un tube par lequel le gaz arrive en a au brûleur : plus le mercure s'élève dans la cupule lerminale, plus l'immeiv sion du tube abducteur augmente et retient le passage du gaz. En établissant, par un robinet gradué, une fine communication entre le tube c el le tube a, on empêche l'interception d'être complète et le brûleur de s'éteindre par le changement brusque de pression. L'appareil construit par M. Wiesncgg, à Paris, est entièrement en fer pour éviter les ruptures et les accidents.

Un autre type, classique en France et qui se trouve dans tous les laboratoires, est celui de M. Schlœsing. Le mercure du thermomètre, en se dilatant par la chaleur, s'avance dans un tube horizontal fermé par une membrane

Fie, 3, — Thcrmo-réipiUlcur de Scblœsing.

élastique ; cette membrane, refoulée par le mercure, chasse devant elle une palette en cuivre parfoitement plane qui,

438 DÉSINFECTION NOSOCOMIALE.

en s'appliquant plus ou moins exactement sur l'extrémité du tube abducteur, diminue ou empêche le passage du gaz de E en S ; une fissure empêche le brûleur situé en S de s'éteindre complètement quand la lamelle s'applique trop brusquement ou trop exactement au devant de rextréinité horizontale du tube E par lequel le gaz arrive dans le ballon avant de sortir en S. En versant du mercure dans l'entonnoir qui surmonte le thermomètre, et par la manœuvre du robinet placé en dessous, on règle exactement les limites d'oscillation de la température. On obtient très facilement une précision à deux degrés près. En établissant une communication directe entre les tubes E et S, et en réglant l'arrivée du gaz dans la jonction par un robinet, on prévient sûrement l'extinction par les changements brusques de pression.

Les deux appareils qui précèdent peuvent certainement être utilisés dans la pratique industrielle, mais ils conviennent surtout pour les grands laboratoires. H nous semble que celui qui nous reste à décrire, le therrnorégulateur à air de MM. d'Arsonval et Wiesnegg, est le mieux approprié aux exigences d'une étuve à désinfection. Ce n'est plus un appareil de science demandant à être manié par une main exercée et savante, c'est un instrument qui peut être laissé, quand il a été réglé, entre les mains des ouvriers, de la même manière qu'un manomètre ou une soupape de sûreté. Nous ne pouvons entrer dans les détails de la description de l'appareil figuré cidessous : l'air contenu dans le tube fermé servant de thermomètre à air et relié par un tuyau métallique au régulateur, distend une cavité formée par deux membranes de caoutchouc, membranes qui forment soupape obturatrice et peuvent ouvrir et fermer le tube où circule le gaz. L'on règle la température maximum ou minimum qu'on veut atteindre par un pas do vis et en chargeant de quelques grajiunes (30 à 100 grammes) le plateau qui surmonte

DÉSINFECTION DES VÊTEMENTS, DE LA LITERIE, ETC. 439 l'appareil ; quand ce dernicp est réglé, il fonctionne indéfiniment, d'une façon tout à fait autonialique. C'est ce type qui est définitivement adopté pour l'étuve à désinfection

de l'hôpital Saint-Louis, et ce modèle de grande dimension (30 centimètres de hauteur) ne dépasse pas le prix de 190 francs : les modèles ordinaires, ayant 20 centimètres de hauteur et du prix approximatif de 50 francs, sont très suffisants pour de petites étuves à désinfection.

. En un instant, on peut régler ces appareils pour la température qu'on désire, soit de -|- 105 à 120°. D'ordinaire, les oscillations de l'enceinte ne varient pas de plus de 2° par semaine, même en l'ahsence de toute surveillance, ce qai donne une sécurité presque absolue. Nous décrirons même plus loin un appareil automatique qui arrête complètement et définitivement le chau^age, quand

4 M) DÉSINFECTION NOSOCOMIALE.

par extraordinaire, la température dépasse le degré convenu.

Il n*est pas moins nécessaire que Tétuve puisse fonctionner rapidement, presque instantanément ; sans cela, on laisse s'accumuler les objets à désinfecter, jusqu'à ce qu'il s'en forme un amas considérable, avant de commencer une opération nouvelle. C'est le grand avantage des étuves chauffées au gaz de pouvoir fonctionner instantanément, on peut le dire, même pour une seule pièce contaminée, et d'arrêter l'opération sans dépense inutile de la chaleur déjà produite. Enfin, la condition d'économie s'impose ; une bonne étuve doit entraîner non seulement une faible dépense de premier établissement, mais aussi une faiblesse d'entretien, soit en combustible, soit en maind'œuvre et en personnel.

Les étuves sèches peuvent être chauffées : 1** par un foyer direct (becs de gaz ou fourneau), 2° par la vapeur circulant sous pression dans des espaces hermétiques ou des serpentins qui tapissent l'enceinte.

Nous décrirons d'abord les appareils ou types suivants, où le chauffage a lieu directement par un foyer : éluve du D' Ransom, à Nottingham; four Léoni ; appareil désinfectant de Nelson et Somer, à Londres ; étuve à gaz de Thùpital Saint-Louis, à Paris ; chambre à air chaud de M. Herscher.

Étuve de Ransom. — M. le D' Ransom, médecin en chef de l'hôpital de Nottingham, qui a beaucoup étudié la désinfection par la chaleur (1), a fait construire ce four en 1871 par MM. Goddard et Massey, de Nottingham. Le plan détaillé de cet appareil n'avait jamais été publié, même en Angleterre; sur nos instances très pressantes, les constructeurs ont bien voulu consentir à dresser pour la

(1) ly Ransom, On the mode of disinfecting by heat [British médical Journal, 6 septembre 1873, p. 274.)

Reviw d'hygiène le dessin ci-joint que nous empruotons & ce recueil, (Octobre, 18"i9) (I).

Ion de dësinhclioD d« NoUiDghun i, porreclianné).

L'étuve X est en lôle recouverte de panneaux en bois; pour empêcher la déperdition du calorique, l'intervalle qui sépare les deux parois est rempli de sciure de bois ou de tourteaux de graine de lin; la partie inférieure repose sur un soubassement en maçonnerie. L'air qui yarriveesl échaufTc par le brûleur circulaire G, percé d'un grand grand nombre de trous par où s'échappe le gaz; une pomme perforée donne passage à un courant d'air qui se mélange au gaz et assure la combustion complète du carbone. Le thermo-régulateur automatique, figuré en HK, permet de régler la température au degré voulu. Qu'il

442 DÉSINFECTION NOSOCOMIALE.

s'agisse du thermo-régulateur de Schlœsing ou de d'Arsonval, quand la chaleur de Tétuve devient un peu trop forte le mercure du thermomètre ou le liquide chauffé, en se dilatant, applique devant rorifice intérieur qui donne passage au gaz une petite valve, laquelle diminue ou suspend presque complètement le débit du tuyau. Le thermomètre placé en K indique la température maximum, qui ne dépasse jamais 12i° C. La température minimum est donnée par le thermomètre placé au sommet de Tétuve, près de la cheminée d'évacuation; elle n'est jamais inférieure à + 120*> G.

L'appareil a pendant plusieurs années marché de la sorte sans surveillance, sans besoin de réparations et sans accidents ; on peut lire dans le Brilish médical Journal du 6 septembre 1813 le rapport fait par M. le D"" Ransom sur le fonctionnement excellent de cette étuve à Thôpital de Nottingham. Plus tard cependant il esl survenu un accident : à l'infirmerie de Southampton, des vêtements déposés dans l'étuve ont été détruits par un incendie, bien que le régulateur continuât à indiquer la température de 125° centigrades et que rien ne parût dérangé dans l'appareil. 11 est vraisemblable que des allumettes chimiques oubliées dans un vêtement avaient provoqué cet incendie. Comme une sécurité absolue est la condition sine quâ non du succès de ces appareils, on y a introduit les perfectionnements suivants :

Dans la cheminée d'évacuation de l'air chaud se trouve une valve métallique pivotant sur un axe horizontal ; un contre-poids suspendu à Tun de ses bords maintient constamment tendue une chaîne fixée par Tune de ses extrémités au bord opposé de la valve, et par l'autre extrémité au robinet d'arrêt G, actionné lui-même par le contrepoids M. En un point de cette chaîne qui traverse la cheminée de l'étuve, se trouve un chaînon en métal fusible, lequel en se fondant amène la rupture de la chaîne, au cas

OÙ, par une cause imprévue, la température de l'étuve dépasserait te maximum fixé à l'avance. Alors, instantanément, le contrepoids supérieur fait basculer et ferme la valve A; en même temps, l'obturaleur métallique F glisse dans la direction de la tige qui le supporte, vient fermer rorifîee inférieur de l'éluve et empêche complètement l'arrivée (le l'air chaud au cas ou le brûleur à gaz continuerait à marcher. Mais en môme temps, le contrepoids M, par ifn agencement que le plan, très fidèlement reproduit, ne laisse pas très bien comprendre, ferme le robinet d'arrél C. placé sur le tuyau d'arrivée du gaz, et celui-ci s'éteint. Depuis plusieurs années que cet appareil fonctionne dans un grand nombre de services publics, il parait qu'il n'est survenu aucun accident et que le matériel désinfecté n'a jamais transmis de maladies. Il e.st possible d'élever la température jusqu'à -|- ns° centigrades, mais il est prudent et il est suffisantde ne pas dépasser -f- 120°, surtout pour lesobjets en laine, qui roussissent assez facilement; pourleschiffons de toile ou de coton, pour des drilles, il n'y aurait aucun inconvénient à élever la températuredelOdegrés au delà.

Des grilles de fer, horizontales et mobiles, permettent de sujwrposer plusieurs couches d'objets très volumineux et en particulier des matelas, des oreillers, etc. Il existe deux modèles, l'un plus petit, réservé aux hâpitaux, aux prisons, qui cube environ 1 mètre et demi ; l'autre, plus vaste, employé dans les stations publiques de désinfection, mesure i", 3 f- l"", S + 1"', 80, soit environ 4 mètres cubes. Voir la disposition générale de l'appareil, page 444.

La quantité de gaz brûlé n'est pas aussi considérable qu'on pourrait le croire; pour une température constante de -|- 120° centigrades, elle est de i mètre cube par heure pour le petit modèle {!), et de 1 mètre et demi pour le

(I) A Paria, le prix du métra cube de gu asl de 30 rentimes pour les parliruliers ; ce ]iri\ ni Dolablemeat moindre (IS centimes) pour le» ItraDdos adminitiraiioa» ou les serrices public*.

tu DÉSINFECTION KOSOCOHIALE.

plus grand ; une séance de désinfection dure au plus trois heures, et pendant ce temps on peut purifier à la fois un nombre considérable d'objets et en particulier plusieurs matelas. Le prix des appareils est assez élevé ; il est de 2,000 à 3,000 francs, somme qu'il faut presque doubler

FiG. 6< — Vue d'ensemble Ae l'iluvs de Ransom.

pour la construction des locaux et pour les acccssoii-cs. Dans nos hùpitaux, où ce qu'on appelle i'éjiuralioii de la literie laisse tant à désirer, où la désinfection du linge et des vêtements provenant des maladies contagieuses se fait à peine, l'on dépense plusieurs fois chaque année le revenu de cette somme. Celle considération d'ailleurs doit être sans valeur, au moins dans une certaine mesure, quand il s'agit d'assurer la salubrité publique et de faire cesser la contagion qui désole parfois nos bôpitaux.

DÉSINFECTION DES VÊTEMENTS, DE LA LITKHIE. ETC. «5 Cet appareil parait très bien conçu ; on s'accorde à dire qu'il Jonne tic bons résultats ; uialheureusemenl nous n'en avons aucune expérience personnelle; en tout cas, il mérite d'être essayé en France, où il n'a encore jamais été introduit (1).

Four Léoni, de Londres. — Co modèle ne diffère du précédent que par les détails de la disposition intérieure ; il est également chauffé au gaz. Un de ces fours aété construit, en CCS dernières années, à l'iiôpital Saint-Pierre de Bruxclles,dans une dépendance de l'établissement consacrée aux bains et au traitement des galeux; le four a coûté 3,500 francs pour la maçonnerie, les accessoires 2,000, [In second four semblable existe à la nouvelle buanderie des hospices. Enfm, l'on en a récemment établi un autre pour ce qu'on appelle VŒiivre des vieux oètements. Il s'est fondé depuis peu d'années à Bru.\elles, avec le patro nage et la coopération pécuniaire de la municipalité, une association philanthropique qui distribue des vêtements convenables aux enfants des classes nécessiteuses; ces pauvres enfants ne possédaient parfois que des haillons ou des vêlements avec lesquels ils n'osaient se présenter à l'école; on ne saurait donc trop applaudir à une œuvre aussi pratique et aussi intelligente. Il était nécessaire de désinfecter les vieux vêtements qui devaient servir à préparer des habillements pour ces enfants ; les ressources de la Société étant très restreintes, l'entrepreneur a réussi à établir un four du système Léoni pour la somme totale de J, 500 francs, y compris l'étuvc, la maçonnerie, etc.

(1) Pour CL'ux de ao% ttntrt'es qui auniidnt roccasîoD do vUilcr Ici hApilaux an];l<ii^, nous donnou» ici l'iiidlcalion <li; quoiquss èlallissemenls oiiilcxisUil cnlSTOdosfoursde co modèle ;jiLoa<lrcs; Lonilon Fever hoÈpilai, — Hoiaerloa Small-pax Hoipilal, — Qaten CItarlolle'a li/itig-ia Hotpilal [matcrailt], — llte lufirmary, in Higligu.le: ï Porismoulh, the Coualy Lunatie Asfflum; à Korwicli, Norfolk and Xoruiich Hutpital; à NoLtiagham, the General Hotpital; i. Bradrort, the Fever Hospital ; H Slieffield, Ihe Fever Hotpital, otc.

4i6 DÉSINFECTION NOSOCOMIALE.

Ce four ou armoire à désinfection, dont M. Janssens(de Bruxelles) et M. Gibert (de Marseille) ont bien voulu nous envoyer les plans, est chauffé par une couronne de becs de gaz ; la chaleur peut être graduée à volonté ; on la maintient d'ordinaire entre -|- 105** et -|- ^30'' C; malheureusement nous n'avons pas de renseignements précis sur le mécanisme du réglage de la température, ce qui est à noire avis la pièce la plus importante de ces sortes d'appareils. Toutefois, M. Janssens nous apprend que l'on est très satisfait à Bruxelles du fonctionnement des trois fours de désinfection, et voici quelques renseignements qu'il nous a fournis au Congrès international d'hygiène, à Paris, en

L'appareil consiste en une armoire cylindrique, formée d'une carcasse métallique et de parois en terre réfractaire; le tout repose sur un massif de fondation en maçonnerie. Le gaz brûle à la partie inférieure, distribué par des robinets, et une cheminée surmonte le tout. Dans l'appareil, on peut placer six matelas à la fois ou une quantité correspondante de vêtements qui sont désinfectés en 2 ou 3 heures. Pour l'opération, la température est d'abord portée au degré voulu, soit -[- 130° C. (en lo ou 20 minutes), avec une dépense de 830 litres de gaz ; ensuite, par la manœuvre convenable des robinets, on continue pour maintenir la température à dépenser 1 mètre cube 600 litres par heure. Pour désinfecter 6 matelas, on consommerait donc 4 mètres cubes 100 litres de gaz, soit une somme de 20 centimes seulement par matelas.

Cliambre désinfectante du D' Scott (1). — Le D' Charles Mason Scott, de Dalkey, a fait construire par MM. Maguire and Son, de Dublin, un appareil qui est très usité en Angleterre.

(1) The sanitary Record, 15 février 1881, p. î8o, et 15 mars 1881, p. 331, et A. -J. Martin, V Exposition internationale médicale et sanitaire de Londres. {Revue d'hygiène et de police sanitaire, octobre 1881, p. 873.)

DÉSINFECTION DES VÊTEMENTS, DE LA UTEREE, ETC. i47 C'est une chambre carrée chauffée soit au gaz, soit au coke ou à la houille ; la température y est portée d'ordinaire jusqu'à -|- 120* C. Mais un mécanisme Ferme le robinet si par accident la chaleur atteignait -(- 160* G.

Dans le modèle perfectionné qui se trouvait à l'Exposition sanitaire de Londres en 1881 et qui est reproduit ici, le pyroniètre de l'appareil primitif était remplacé par un thermo- régulateur (X), et la température peut être graduée à volonté. Le chauffeur à gaz élève, dit-on, en 10 minutes la température de -|- 10 à -f 1^6° C, et en 13 minutes à -|- 130" G. On prétend qu'une exposition d'une derai-hcure à -\~ 12f)° est suffisante pour les vêtements; il faut un séjour de 1 heure pour la literie.

«18 IiÉSINFECTtON KOSOCOHULE. ^1

Appareil de Nelson el Sonwr- — Dans plasieors hdfl-' ' taux anglais, oq a aJopti; uo appareil A flésinrcoliua MUH sira|tle, désigné sous lo nom do AWson's disinfecliug Apparatus (I). Il se compose d'an granJ bahut en force lùk, do la forme d'une commode, conlenanl une caisse ni^lal- Iti]UG de dimension un pan plus pctîlc. Dans rintcrvalleuni gépare inférieuremenl les deux caïssi»;, se ln>uve pn Idfig luyau percé de trous pai- lesquels trùle le gaz ; tes produits de la combustion circulent avec l'air cliitud daas tes intervalles latéraux qui sont plus éLruiu et s'ùclmppeiit par un orifice supérieur; une petite ventouse assure l'arrivée de l'air nécessaire à la combustion. Des traverser de br ou des cpocbels placés dans la caisse inlérieurtî sur\'eol 4 supporter les pièces à désiafocter cl <i les tenir clui;^é«s de la paroi inférieure surtout, (]ui est fortement chaufTée d pourrait les détériorer. Cette caist^e inlerao e&t niriiiio d'une ventouse et d'un tuyau d'évent par lequel les cffluvc^s provenant des objets désinfijctés peuvent être cntraîuèc» dans une cheniinôe. Le couvercle de l'appareil se inameuvre i l'aide d'un contrepoids.

L'appareil parait simple, paa coûteux, Ir&s matiiable, mais il doit être mal aisé tto régler la tompéi-alure sans aaa

DÉSINFECTION DES VÊTEMENTS, DE LA LITERIE, ETC. ui température de l'enceinte est subordonnée à l'intelligence ou à la vigilance d'un employé subalterne ; telle est la chambre désinfectante fixe de Fraser (1), très employée dans les Nurses' Institutes, et dont le prix ne s'élève pas

- Cliambre désinrcclaolc fi

à moins de 2,230 francs. Dans un travail très complet, publié enl881 parle D''G. Paddock Bâte (21, médecin sanitaire de la paroisse de Bethnall-Gpcen, à Londres, nous voyons que ce four existe dans 13 paroisses, sur 23 qui ont des âpi^areils spéciau.K de désinfection pour les vêlements et la literie. La figure ci-jointe montre le mode de fonctionnement : c'est un four dont la sole est au niveau de la rue, et dans lequel on introduit un caisson monté sur roues rempli des objets à désinfecter. La température se maintient d'ordinaire de -j- 123" à -j- 125" G, ; mais comme il n'y a pas de régulateur. Il est parfois arrivé, par la négligence des agents, que des vêtements ont été rendus endommagés

(1) Ecd. loco. ij octobre \8S0, p, ViS.

(ï) I)' G. Puddock Baie, The dhinftclioa ofclotkiag and bedding , Lan. don 1881. — Analyse in Médical Timet and Gatette, 10 décembre 1881, p. 68(i.

ViLu:<. — DÉsinFiCTAnti. U

490 DÉSINFECTION NOSOCOMIALE.

à leurs propriétaires. Le D' Bâte a observé le cas contraire: les agents avaient tellement peur de brûler les vêtements, qu'ils rendaient des objets mal désinfectés et contenant encore des poas vivants ! rien ne prouve mieux la nécessité de régulateurs automatiques.

Étnve de Vhôpilal inUilaive d'Amersfoort^ en Hollande. — Dans un mémoire qu'il a bien voulu nous envoyer, notre ami, M. le D"" Ruysch (1), médecin-inspecteur de la province de Brabant et Limbourg, décrit et figure une étuve à désinfection que le génie militaire a établie à l'hôpital d'Amersfoort. Cette étuve a 1", 40+1°*, 88+0", 9i ; c'est une petite chambre construite en briques et en ciment. Un poêle ordinaire, en fonte, est placé à Tune des extrémités de la chambre, reposant sur un socle en pierre pour éviter les accidents. Ce poêle s'allume en dehors de Tétuve, on peut le faire rougir. De la calotte du poêle partent deux tuyaux de fumée en tôle, qui longent horizontalement les deux parois de la chambre, à 70 centimètres au-dessus du sol, et qui, après s'être réunis à rextrémité opposée à leur origine, se terminent par un tuyau vertical, lequel se dégage à travers la paroi latérale de Tétuve. La disposition est simple, elle doit être très économique, elle parait efficace. On obtient rapidement une température de -f- 130* C. qui se maintient; on pourrait atteindre -|- 150"*. Un simple thermomètre dont le réservoir fait saillie dans Tétuve permet de suivre la marche de la température ; c'est là, à vrai dire, le point faible de l'appareil, qu'il est facile d'improviser partout.

Êtuve à gaz de rhôpital SahU-Louis. — L'Assistance publique du département de la Seine a fait construire, à ITiôpital Saint-Louis, en 1881, une étuve à désinfection

(1) D' Ruysch, Jftê ovtr mtstneiiv^ [MilUutr Genesskundig Archief^ 18^1, afi€%erin$ , avec planche;.

DÉSINFECTION DES VÊTEMENTS, DE LA. LITERIE, ETC. 451 chauffée au gaz et à température constante. H. le D' Vi-

Fie 9. - Étuv

hdpiial Sainl-Louti

Arrivée du gai.

Taja

des

rimpas à gar

Héïiilalour ilu | rossi

Prises

d-«ir

Cliem

nM d

it

Tliermnm«lre .'i kU

KoKis

Ccrrte

«mpendrc !«■

Tuyau des ullumcurs

Robin

i-H il'

Porto

Rampe» ft goi.

454 DESINFECTION NOSOCOMIALE.

dal (i) a vu fonctionner cet appareil dans Thôpital où rappelle chaque jour son service; il en a donné une description très complète, d'après les notes et les plans de M. l'ingénieur Lelaurin qui a construit cette étuve.

La température est constante; en chauffant pendant plusieurs heures consécutives à -[- 120** C, les oscillations ne dépassent pas deux degrés. En fonctionnant pendant 2 à 3 heures par jour, l'appareil suffit aux besoins de rhôpital et au service des nombreux malades externes en traitement pour gale ou phthiriase; or, pendant l'année 1880, le nombre des galeux seulement, traités à Saint-Louis n'a pas été moindre de 10,149.

L'appareil qui cubeenviron 11 mètres a coûté 2,800 fr.; il consomme 6 mètres de gaz à l'heure, soit proportionnellement un quart de plus que l'étuve de Ransom. IVous croyons utile de reproduire en partie la description donnée par M. Lelaurin :

« C'est une enceinte de forme circulaire, ayant 2",20 de diamètre sur 2" ,90 de hauteur, et d'environ 11 mètres cubes de capacité; elle est constroite en briques et présente deux enyeloppcs séparées par un intervalle isolant. Le plafond qui la recouvre a été formé de deux assises de briques creuses cl protégées par une toiture en fer hourdce en plâtre. Celte capacité est divisée en deux parties superposées par une plaque de tôle perforée formant une sorte do gri'lage horizontal. La partie supérieure reçoit les objets à épurer suspendus à un cercle mobile autour d'un axe de rotation centrale; La chambre inférieure renferme l'appareil de combustion du gaz qui doit fournir le calorique, et qui se compose do quatre rampes portant chacune une double rangée de brûleurs.

L'air nécessaire à la combustion est introduit dans la chambre de chauffe pir trois gaines munies de grilles à valves mobiles qui permettent de régie'' à volonté le volume d'air appelé.

Les produits de la combustion s'échappent, à la partie supérieure de l'étuve, par une cheminée centrale dans laquelle se trouve un registre qu'oa peut ouvrir ou fermer de rcxtérieur, au moyen d'une lige de manœuvre articulée, et qu'on peut fixer en divers points, de manière à faire pa<«ser da«as l'étuve un volume d'air, variable suivant les besoins, et dont le maximum correspond à la quantité sirictement nécessaire à l'enlreiicn de la combustion du gaz. Ce registre porte une échancrure qui empêche l'obtu-

(1) D' E. Vidal, Noie sur Vétuve à désinfection de rhôpital Saint-l^uis, communication \ la Société de médecine publique {Revue d'hygiène et de police sanitaire, iO mai 1881, p. 4^).

DÉSINFECTION DES VÊTEMENTS, DE LA LITERIE. ETC. 433 ralioD Compltle, afin d'ùvîtcr toDLe ace 11 m ul si ion do gai el J'éijrlcr loti

danger d'cxplosioa.

Doux porLe^ en iikJe i, double par.>i doDDcDl accès, l'ana ilana rôiova pra|)itmimt dite, l'aiitrii dans la chambre do cbauffc ; celle-ci sort en inftai* temps & l'alluma^.

Le gaz, avanl d'arriver aun brûlenri. passe préalablement dans no rriculaleur do pression qui réduit celle-ci et la mainiieni scusiblemeni constanle, quelles que soient les ïiirialions qui se produisenl dan» la canalisation gi-oirale.

Il traverse encuito un rûgulatxur de temnératur' destiné â maistcnir dans réLuvu te degro do chaleur qu il convitnt a' obtenir et de ne pas dépasser.

l^t appareil, du aystèroa d'Arsonval, renferme une valve en Cdouichouc portant un ubturatvur qui, sous l'inDuencc d*un Ihermomètre à glycérinr, donne passage il un volume de gaz proportionnel à la lamperalure acquise, el fL-rmc l'oririce d'introduction à peu pr6s complètement, lorsque la limite tixéo A cette tempC-raturc est atteinte. Le réservoir du therniomè- Ire se compose d'une série de tubes en cuivre ; ils sont pendant) et lous brancbéssur un luyau aboutissant au régulateur. Ce resorToir tait tout le lourde IVluve. Dans ces tubes, la glycérine est remplacée acluellement par de l'air dont le cooritcicnt de dilatation par la chaleur est plus considérable et qui n'altère pas les membranes. Le régulateur adapté est celu de MM, il'Arsonval et Wiesnegg, dont la ilesniplion se trouve pa^o i39.

Pour obvier ï l'incouvénienl résultant de l'eitinclion compINs qu pourrait se produire au cas où la température s'élèverait trop rapidement, les rampes a gnz sont bordées de p<>iiis tnj-aun donnant de faibles jets de gaz, dits allumeurs, dont le nombre et l'intensité sont iasumiants pour maintenir la température au d'-gre limite et qui sont alimentés par nue conduite branchée avant le rcgu'atcnr. Us sont, par conséquent, toujours en ignilion; ils rallument insiantaiicmenl les brûleurs, si ceui-ci viennent i. s'éteindra, aussitôt que par l'abaissement de la lempérsiura le régulateur donne de nouveau passage h une faible qiiaotitc de gaz. L'n thermomètre ordinaire, dunt l'échelle est visible au dehors de l'éluve, per^not de eoni* tater à tout moment la température.

Cette température qui est ordinairement rcgico A lâO degrés, peut (trs à Tolonlc portée A 130 et 110 degrés; miis une fois Qxèe, oUo est facilement niaintcnne ù deux degrés prés, pondant plusieurs heures. Jusqu'ici, le fonctionnement de l'appareil qui est en service depuis six mois est des plus réguliers. Cependant, pour donner toute garantie contre una élévation excessive de température, dan) lecasofi il arriverait un accident au régulateur, il sera établi dansl'étnve un pyrométro à lames métalliques dont la dilat.'ition fermera progressivement le robinet d'arrêt du «ai. Dans ces lames métalliques sera intercalée une plaque fusible Jonl la destruction, i, température limite de fusion, amènera la fermeture complète de ce robinet

La consommation du gai ne dépas.ic pas, dans cefappareil, six mètres cubes A l'hr'ura, lor-que le régime est établi; elle serait certainement réduite, si l'éluve, qu'on a utilisée telle qu'rlle existaii, se trouv.<il i. l'abri daus l'intérieur d'un bâtiment et si la forma était plus appropriée à l'usuge auquel elle est drslinée. L'onveiture tréqasntKda la porte pour le chargement el le déchargement, dont la durée ast d'enviroacinqminutea, et qui abaisse brusquement la température de plus de S5 degré*, causa

454 DÉSINFECTION NOSOGOMIALE.

une perte de chaleur considérable, récupôrce par un supplément de codsommaiion qui figure dans la dépense indiquée ci-dessus. »

Chambre à air chaud de M, Herscher. — A la suite des différentes publications que nous avions faites sur la désinfection par l'air chaud, nous avions reçu un grand nombre de lettres de collègues nous demandant à quel ty[>e d'étuve il fallait donner la préférence, Tadministration hospitalière de leur ville ayant consenti à la construction d'une chambre de désinfection dans Thôpital. Sur notre proposition, la Société de médecine publique et dliygièiie professionuelle a décidé, en 1881, la formation d'une commission chargée de présenter un modèle réunissant tous les desiderata. M. Herscher, Tingénieur et constructeur bien connu, a présenté, au nom de cette Commission dont il était rapporteur, un appareil qui a été approuvé par la Société (1) dans sa séance du 22 juin 1881.

La Commission a cherché, avant tout, à assurer une distribution égale de la chaleur dans toutes les parties de la chambre destinée à la désinfection. Dans presque tous les appareils construits jusqu'ici, le foyer est installé en contre-bas du sol, ce qui fait que Tair circule de bas eu haut. C'est le contraire qui doit avoir lieu, si l'on veut éviter les veines de température, parfois très inégales, que le thermo-régulateur le plus exact ne i)ourra jamais révéler, puisqu'il n'indique que des moyennes. Dans les séchoirs industriels méthodiquement installés, le chauffage se fait toujours par couches horizontales isothermes, avec orifice d'évacuation près du sol, correspondant à une cheminée de sortie.

La circulation de l'air chaud de haut en bas exige que

(I) De* appareiU à d:^*infecHon par lair chaud, destinés à la purification dis vétementSy literie, etc., Rapport fait au nom d'une Commission composée de HM. Marîé-Davy, André, Hudelo, Napias, Rochard, Vallin, et Herscher, rapporteur, Société de médecine publique, 22 juin 1881 (Revue d^hygiène et de police $auit9ire, juillet 1881, p. 58o.

DÉSINFECTION DES VÉTEMEMS, DE LA UTERIE, ETC. tas les parois de l'étiive soient parraitement garanties contre le refroidissement extérieur. 11 faut donc construire les murs

FiG. 10. — Vae porapcclWs do l'élQïa propoiéa pw M, et adophie pir la Société d« médecins publiquv

tu DÉSINFECTION NOSOCOHIALE.

delà chambre en briques, et les revèlir inlérîeurementd'uD parement en bois de 3 à 4 centimètres d'épaisseur simplement ju\taposL Les deux portes sont a double paroi, fermant hermétiquement avec bourrelets en corde talquée. Pour ev iter de surchauffer la paroi de 1 etuve en contact

FiGé h. ~- iDlérieur de l'ôluva.

LËGEMIE DES FIGDIK» lOel II.

a. Chitmbrc de chuitte.

b. Eluve à df'Siarcclion, garnie on bois ialéricuremeat. «. Rampes ii"alluiïia|[o, toujours ouverloi.

d. Rampes do chauffage réglables par lo thermomttro régulateur.

e. Régutaleur île lempiirature (sysl6me d'Arsonvai, i. air). «'■Tube d'air du rvgulaleur, exposé ft la ehalaur.

f. Porte à coulisse pour l'inlroduclioa do l'air nuressaire aa fonclion-

nomenl do l'appareil.

g. Cheminée d'àvacualioD de l'air qui a IraTorso l'cluve. h. Ecran do garanlio ea Idio.

k. Chariot ï patios couplées, arec traversas pour l'accrochage des objpis

l. Chdssis tlia en avant d« l'étuvo el poriaDt des rails de rouIcmcDI. f. Châssis analogue deviuit l'auire porle de l'oluve. m. Cadres on bois pour accrocher les matelas.

direct avec le foyer, l'air est chauffé à la température voulue avant son entrée dans la chambre de désinfection.

DESlHFECnUN DES VÊTEMENTS, DE LA UTERIE, ETC. 457 A cet efTet, on a ménagé une chambre latérale de chauffe, séparée du reste de l'enceinte par une cloison en briques qui s'arrête à quelques décimètres du plafond. Dans cette chambre de chauffe, on peut installer soit une rampe de becs de gaz, soit simplement un poôle ordinaire à coke, ou mieux un calorifère muni du foyer Perret, ce dernier permettant de brûler du combustible de très faible valeur d'acquisition {poussier de coke, menus de charbon, houilles maigres, etc.) Une cheminée d'évacuation placée dans un coin de la chambre de chauffe, et recevant l'air par une ouverture ménagée à la partie la plus inférieure de la cloison de séparation, entraîne au dehors l'air qui s'est chargé d'humidité et de souillures après avoir traversé l'enceinte réservée à la désinfection.

M. Ilerscher croit que pour ces étuves à air chaud le gaz d'éclairage est de beaucoup le meilleur moyen de chauffage; on l'allume au moment précis où l'on en a besoin, et les 5,000 ealoi-ies que fournit chaque mètre cube de gaz bridé sont entièrement utilisées au prolît de la chambre à désinfeclion. En outre, le gaz en brûlant dégage une quantité considérable de vapeur d'eau, environ 600 grammes par mètre cube de gaz brûlé, et l'on sait que l'air chaud et humide détruit bien |)ius sûrement que l'air chaud et sec la vitalité des protorganismcs. Le gaz enfin permet seul de régulariser rigoureusement la température avec un thermo-régulateur automatique.

Dans le cas où l'on n'emploierait pas le gaz comme source de calorique, il faudrait ménager dans les parois de la chambre des ventouses de ventilation, afin de modérer la température quand le thermomètre ordinaire, qu'on aurait fréquemment consulté, indiquerait un degré trop élevé. Pour ne pas être obligé de compter sur la vigilance . d'un employé subalterne, il serait possible sans doute d'installer un bon thermomètre à mercure, actionnant une sonnerie électrique placée à l'extérieur quand la colonne

i58 DÉSINFECTION NOSOGOMIALE.

mercurielle atteindrait le degré maximum (-f ilO C.) au niveau duquel on fixerait Tautre électrode.

11 se fait d'ordinaire une grande déperdition de calorique lorsqu'il faut maintenir les portes deTétuve ouvertes pendant tout le temps nécessaire pour suspendre ou reiirer chacune des pièces qu'on veut désinfecter. Pour éviter cet inconvénient, M. Hcrscher a disposé des traverses roulant sur des espèces de rails fixés en dehors de Tétuve : quand les vêtements, les matelas ont été atta(*hé.s à cesî traverses, on ouvre rapidement la porte de l'étuve, et en un instant on fait glisser ces traverses à l'intérieur de l'enceinte. Pendant cette courte opération, la température ne baisse que d'un petit nombre de degrés.

L'étuve doit toujours avoir d'un coté une porte d'entrée, et du côté opposé une porte de sortie.

La chambre d'épuration a l'",50 de largeur intérieure, 2 mètres de hauteur et 2"*, 25 de longueur ; on y peut donc désinfecter à la fois plusieurs matelas. Si ceux-ci ne sont pas défaits, et quand ils ne sont pas humides, un séjour de 4 heures nous paraît suffisant pour que les parties centrales aient dépassé la température de -|- 100' C. Sans défaire les matelas, ce qui entraînerait une grande main d'œuvre et une assez forte dépense, il est avantageux sinon nécessaire de couper tout au moins les fils qui servent h les piquer, et de soulever la laine et le crin avec les deux mains à travers l'enveloppe, pour rendre le passage de l'air chaud plus facile et plus rapide.

Pour les vêtements ordinaires, unr^ heure d'exposition suffit, pourvu qu'ils ne soient pas trop humides. L'étuve décrite cube 6'",150; elle dépenserait au maximum 4 à 6 mètres cubes de gaz par heure.

M. Herscher a calculé qu'une étuve de la sorte, avec sa cour d'enceinte, les constructions accessoires, coûterait au • moins 7,000 à 8,000 francs. On diminuerait la dépense en diminuant la profondeur de l'étuve, ce qui obligerait à

suspcnJre les matelas en hauteur et non plus p.n largeur, et en substituant des suspensions H\es au cliûssis mobile d'accrochage. On la réduirait encore en employant des poêles à cliarbon au lieu du gaz, ce (|ui abaisserait le prix à 2,000 francs et peut-être même jusqu'à 1,500 francs, l^^a suppression du légulateur de température ne donnerait qu'une économie insignifiante (30 à Ibl) fr.) et comprometirait le bon fonctionnement de l'appareil.

Nous croyons pei'sonnellenicnt qu'il y aurait avantage à munir cette grande étuve sèche d'un générateur à vapeur qui pourrait être mobile sur le poêle placé dans la chambre de cliauffe. On pourrait à un moment donné, au cours de l'opéialion, dégager pendant une demi-heure un fort jet de vapeur à f 100" ou ; lOS" qui rendrait la diisinfeciioii beaucoup plus sûre et plus rapide. On enlèverait ensuiie le générateur, et l'éluvc mixte, désormais sèche, continuant à fonctionner, enlèverait toute l'humidité de l'enceinte et des objets, sans que ces derniers aient pu être altérés.

Dans le groupe d'étuves scellés que nous allons maintenant décrire, l'air se chauffe au contact de doubles parois ou de larges tuyaux circulaires ou ovoïdes, serpentant le long des parois internes de l'appareil, et dans lesquels la vapeur atteint une pression de 2 atmosphères au moins et une température de 120". La vapeur, toutefois, ne pénètre pas directement dans Téluve cl n'aiTive pas en contact avec les objets exposés.

Déjà, en 1832, pendant l'épidémie de choléra qui régna à Manchester, le D' Henry (1) avait établi plusieurs étuves de désinfection à l'air chaud, qui quoique très simples, paraissent avoir très bien fonctionné, mais dont la description n'est pas donnée.

(I) D' Hi'nry, de Londres, Xouvellet etpiritnce» sur le* propriété! dé- *infec$anles des ttmpérataret élecée* {Journal de pharmacie et ieitciencei acceuoiret, 1832. T. XVIIJ, p. 2*9).

460 DÉSINFECTION NOSOGOMIALE.

Le D' Esse, qui a étudié particulièrement ces questions d'hygiène hospitalière dans son grand ouvrage, a fait établir à rhôpital de Berlin deux systèmes d'étuves à désinfection dont la description doit trouver place ici.

Dans un premier appareil, deux cylindres de fer de dimension un peu différente sont emboîtés l'un dans Tautre, de telle façon qu'un intervalle de quelques centimètre* les sépare latéralement et à la partie inférieure. Le plus petit (diam. = 90 c; haut. =z 1,40), est destiné à recevoir les vêtements à désinfecter ; on les suspend au moyen de crochets disposés circulaircment le long de la paroi ; celle-ci est intérieurement tapissée d'un treillage en bois pour empêcher le contact avec la surface métallique surchauffée. Ce cylindre est introduit dans un autre un peu plus grand (diam. = 1 mètre, haut. 1,50), recouvert à l'intérieur de douellcs et de feutre pour éviter la déperdition du calorique; on peut encore enterrer ce cylindre dans le sol, de telle façon que son bord supérieur soit à la hauteur d'une table, ce qui en rend le maniement et Tabord plus faciles.

Ces deux caisses sont hermétiquement fermées au moyen d'un couvercle assez compliqué qui se manie à l'aide d'un contrepoids. Dans Tintervalle qui sépare ces cylindres, on fait arriver de la vapeur à une pression de deux atmosphères ; une soupape de sûreté permet de mesurer exactement la pression, et par conséquent la température ; Tair contenu dans le cylindre intérieur s'élève en moins d'une heure à -\- 112** C. L'eau de condensation qui se dépose entre les deux cylindres s'écoule à l'aide d'un tuyau dans le générateur de vapeur, quand la pression devient moins forte dans cette chaudière que dans l'espace intercylindrique; la température se maintient avec une grande constance,^ pendant un temps très long; elle ne baisse que faiblement et pendant très peu de temps lorsqu'on est forcé de soulever le couvercle.

DÉSINFECTION DES VÊTEHENTS, DE LA UTERIE, ETC. «61 Ce petit modèle, qu'on peut considérer comme une ébauche du second, ne sert guère que pour la désinfection des pièces d'habillemenl, en particulier pour les habits des galeux ou des gens souillés de vermine. Pour la désinfection des matelas, on a construit une grande caisse en tôle de 8 pieds de long sur 3 1/2 de large cl 4 de haut : sa paroi interne est tapissée par les spirales tissez rapprochées d'un système de tuyaux en fer, de 2 centimètres 1/2 de diamètre, dans lesquels circule de la vapeur à une pression de deux atmosphères. Une garniture en bois treillage est superposée à cette série de tuyaux parallèles, dont la chaleur élevée seiail peut-être capable d'endommager légèrement les objels suspendus dans l'inténeur de lu boite et exposés à leur contact. L'appareil fonctionne à peu près comme celui qui vient d'être décrit, le tuyau en serpentin qui nous semble trop étroit remplaçant le cylindre intérieur ; il est plus simple, moins coûteux et on peut lui donner les plus grandes dimensions (1).

L'appareil de Esse a un inconvénient qu'il ne faut pas dissimuler. Les cylindres étant lierméliquemcnt fermés, l'air chaud reste stagnant dans l'inlérieur de l'éluve, ce qui rend tout d'abord plus difficile la pénétration de la chaleur dans les parties centrales des masses volumineuses et mauvaises conductrices, comme les matelas ou les paquets de couvertures. Cet inconvénient est surtout évident quand les pièces sont humides; l'évaporation de l'eau qui imbibe les tissus entretient pendant une partie de l'opération un refroidissement relatif des parties centrales, surtout quand les articles sont de gros volumes ou superposés.

C'est à cette inlluence qu'il fâut attribuer le résultat d'une des expériences de Ransom : un coussin de crin.

(I) On trouvera cps deux éluves irCa claircmeal dccrilcs et ficurée) diùi le livre de HM. Rotb cl Lci, Hentlbucli ier militar. CetanitlitiUp/lege; 1H7S, l. 1, p. S04.

462 DÉSINFECTION NOSOCOMIALE.

très épais, très humide, fut soumis dans son appareil à la température de + 145** C. ; au bout de 3 heures 20, le crin était sérieusement altéré par la chaleur, ei cependant la température centrale du coussin n'avait pas dépassé - j- 8r C. ; l'intensité de Tévaporation avait niaintcna à ce chiffre modéré les parties centrales dont la désinfection était insuffisante, quoique la température des cooches superficielles eût déjà gravement altéré la matière première. 11 ne faut pas oublier toutefois que c est là un cas exceptionnel, et un coup d'œil jeté sur le tableau delà page 429 montre que la température pénétre d'ordinaire plus facilement les parties centrales (1).

Un renouvellement rapide de Tair chaud dans l'appareil retarderait beaucoup moins réchauffement des parties centrales ; aussi l'appareil d'Esse, excellent pour les vêtements, doit désinfecter plus difficilement les matelas qu on y porte entiers, sans les défaire.

Ce défaut a été évité dans la grande étuve qui a été établie en ces dernières années à Vhôpilal de Moabit^ près de Berlin (2). A la suite des deux grandes épidémies de fièvre récurrente et de typhus pétéchial qui régnèrent à Berlin en 1873, on se décida, sur le conseil de Virchow, à instituer une désinfection sérieuse ; on renonça définitivement aux fumigations de chlore et d'acide phénique, qui ne peuvent avoir d'efficacité réelle quand il s'agit d'un hôpital de 500 lits ; on recourut à l'emploi de la chaleur sèche. L'appareil, établi sur le principe do ceux de Esse, après avoir subi diverses modifications, a été reconstruit en mars 1879.

(1) Voir à co sujet la discussion qui a eu lieu, à la Société de médecine publique, de noire mémoire : De la désinfection par Vair chaud (BuHeiin de la Société de médecine publique et d'hygiène professionnelle^ T. I, 1877-1878, p. 231 et 310).

(2) H. Morke, Die Desinfection-Einrichtung im stadtischem Barracken- Lazareth zu âfoabit (Berlin) [Virchow's Archiv.,H septembre 1879, p. 498, avec planches).

DÉSINFECTION DES veTEMENTS, DE LA UTERIE, ETC. M3

Des fondations, s'élève une chambre carrée dont les murs sont â double paroi ; l'externe a 13 centimètres d'épaisseur, l'interne, 23 centimètres ; entre les deux existe un intervalle de 1 centimètres, rempli de sciure de bois sèche el fornianl un matelas isolant pour empêcher la déperdition du calorique intérieur. Le fond de la chdmbre, en ciment imperméable, est également à double paroi et l'intervalle qui les sépare est beaucoup plus considérable. 11 en est de même du [ilafond, de sorte que l'étuve représente deux chambres en ma(;onncrie, cmboilées l'une dans l'autre, dans toute leur étendue, et séparées par une couche isolante.

Les dimensions intérieures utilisables sont les suivantes : longueur, 3 mètres ; largeur l'",50 ; hauteur, 2™, 24, soit une capacité de i)"",390. Cet édicule de S^.M environ est surmonté d'une cheminée de 2 mètres de hauteur; celle-ci contient une valve métallique à contrepoids, qui i>ermel d'ouvrir ou de fermer hermétiquement toute communication avec l'exlériour.

L'étuve est fermée par une première porte intérieure en fer, de l"',30 de hauteur sur U"',"75 de largeur ; une seconde porte extérieure, superposée à la première, mais séparée" par un intervalle de 0'°,20 à (i'",^(i, assure l'occlusion hermétique et empêche la déperdition du calorique. Aux quatre angles du toit sont disposées de }ictites cheminées en poterie ou mitrons; elles communiquent avec l'espace isolant qui sépare les deux parois de la chambre et empêchent l'humidité de la sciure de bois qui remplit cet intervalle.

Un épais tuyau de cuivre, de 8 centimètres de diamèlre, traverse la double paroi el va à l'intérieur s'aboucher avec une chaudière à vapeur assez puissante servant d'ordinaire à d'autres usages, bains, buanderie. Ce large tuyau, véritable serpentin, décrit tout le long delà paroi interne de la chambre, en bas et sur les côtés, un très grand nombre

tM DËSlNPECTEO.'t NOSUCOHEALE.

de spires écartées entre elles de i2 centimètres et restant

distantes de la paroi également de 12 ceoiimètres. Cet

Fi[, 13. — £iuTe & d«sinr«clion Jo l'hApiUl Hoabil, pn^s de Berlin.

e. d. e. Interralla wolanl, rempli de sfiure de bois, «ntre les dem p&roii a cl b.

f. Cheminées du Teatitalion des espaces c

g. Cbeminfa de remiUtion de létuie avec registre en A

t. Smlîod des tubes dans lesquels circuJe la vapeur sous prestion. M. Cncfatu pour suspendre les clTets

DESINFECTION DES VÊTEMENTS, DE LA LITERIE, KlCr 46S

écartement rend faciles des lavages fréquents à grande eau, non seulement des spirales métalliques, mais aussi des murs de la chambre ; les parois sont en ciment imperméable et le fond est incliné en pente vers un caniveau qui conduit l'eau de lavage au dehors. Le serpentin est complètement fermé et sans discontinuité; aus points déclives se trouvent des robinets qui permettent d'évacuer au dehors l'eau de condensation qui pourrait s'accumuler dans les tuyaux. De chaque c6té de la porte, un peu au-dessus du sol, l'on voit deux orifices de 5 centimètres de diamètre qui font office de ventouses et permettent d'établir une ventilation très puissante dès qu'on ouvre la plaque obturatrice de la cheminée; le courant d'air résultant de la différence de la température est alors si violent, que des feuilles de papier sont rapidement entraînées dans la cheminée d'évacuation. A droite de la porte se trouve un € pyromètre > donnant exactement la température de la chambre, et dont le cadran se trouve à l'extérieur.

Il est regrettable que le mémoire ne donne aucun deuil sur la nature, le mécanisme et le fonctionnement de ce € pyromètre i («ir^). S'agit-il d'un thermomètre à mercure ou à un autre liquide, ou bien d'un véritable pyroniètrc? Rien surtout n'indique qu'il fonctionne comme régulateur automatique de la température. Ici, d'ailleurs, ce doit être la pression de la vapeur dans la chaudière ou dans le serpentin qui règle la température, et les détails sur ce point font presque complètement défaut.

Quand on veut faire fonctionner l'étuve, on remplit la chambre d'objets de literie ou de vêtements accrochés à des tringles horizontales; on ferme hermétiquement les deux portes. Le tuyau de la machine à vapeur est ouvert, et celle-ci circule sous pression dans l'intérieur du serpenttin, jusqu'à ce que le * pyromètre » marque -f- 128' centigrades; cette température est obtenue au bout d'une demi-heure environ ; on la maintient à ce degré pendant

VlLLIN. — DtlI.lfECTAIlT*. -V)

466 DÉSINFECTION NOSOOOMIALE.

une heure encore. Durant la première demi-heure, on tient ouvertes les ventouses inférieures et la plaque obturatrice de la cheminée, afîn de chasser rapidement i*humidité qni se dégage des effets ou de la literie (1); on ferme ces orifices pendant la seconde demi-heure pour que i*échaufTement soit bien complet.

L'opération terminée, les portes sont ouvertes, et la température de l'étuve tombe en 15 minutes à -f^ 35' oa -f- 40**C. Quand on pénètre dans la chambre, on ne sent aucune odeur appréciable. Deux heures suffisent pour le chargement, le déchargement de Tétuve et une opération complète de désinfection. On peut y porter à la fois 120 couvertures de laine, ou les vêtements de 60 personnes; il est donc facile de faire 8 à 9 fonctionnements en 24 heures, et un hôpital de 1,000 lits peut être desservi par un seul appareil.

En 1873, pendant Tépidémie de choléra, en 1876 et 1878 pendant Tépidémie de typhus et de fièvre récurrente, on n'observa pas un seul cas de ces maladies parmi le personnel employé au blanchissage, tandis que ces cas de transmission étaient autrefois communs. On est donc en droit de penser que cette désinfection par la chaleur a détruit ou neutralisé les principes morbides ou virulents.

L'un des médecins de Thôpital, M. le D' Werner, a fait d'ailleurs avec cet appareil des expériences qui sont vraiment satisfaisantes. Il a imbibé des boules d'ouate de liquides putrides dans lesquels fourmillaient vibrions et bactéries; ces boules souillées furent enveloppées et serrées dans cinq nouvelles couches d'ouate neuve ; le paquet ainsi préparé fut laissé pendant une heure dans l'étuve chauffée à -j- 125*. Au bout de ce temps, les tampons d*ouate furent

(i) Noas nous demandons s'il ne serait pas pins avantageux de fermer an contraire ces Tentooses pendant la première heure de l'opération, afin d'aToir un excès d*hamidité favorable à la destruction complète des germes; les orifices de yentilalion né" seraient ouverts que pendant la dernière heure, ^our dessécher complètomont les objets.

déroulés ; ils étaient très secs à l'intérieur ; on les introduisit dans des flacons flambés, remplis de liquide de culture et au bout de quatre semaines ce liquide était resté stérile,

L'expérience parait péremptoire, cependant Wolflfhûgel nous apprend dans son mémoire publié en 1881 qu'il a répété cette même expérience en présence de M. Merke, dans un appareil à peu près identique; au bout de 1 h. i/'ï d'exposition dans Tétuve sèche chauffée de -}- 110 à -f- 123% la plupart des spores et bacilles avaient conservé leur aptitude à se reproduire. (Voyez plus loin, p. 487.)

L'appareil; tel qu'il existe aujourd'hui à l'hôpital Moabit. a coûté au total 2,035 marcks, soit 2,544 francs. On se proposait de faire construire, sur un modèle analogue, des appareils portatifs qui pourraient, en cas d'épidémie, être transportés aux foyers même de la maladie, et' rendraient les plus grands services, à la ville comme à la campagne, contre la propagation de la variole, de la scarlatine, de la diphthérie, de la fièvre puerpérale.

Four à désinfection de Christiansand (Norvège.). — Il existe dans le port de Christiansand un établissement quarantenaire, dans le lazaret duquel on a construit en ces dernières années un four de désinfection assez analogue à ceux que nous venons de décrire. 11 est chauffé par la chaleur qui circule dans de larges tuyaux à section ovale et rangés sous la sole même de l'étuve. Celle-ci est disposée de manière à pouvoir être au besoin chauffée directement à feu nu. On se loue beaucoup de la facilité et de l'efficacité d'emploi de cet appareil.

Appareils a désinfection par la vapeur. Les expériences toutes récentes de MM. Koch, Gaffky et Loeffler ont confirmé l'opinion que nous émettions dans notre premier mémoire, en septembre 1811, à savoir que la chaleur humide doit être préférée à la chaleur sèche dans l'établissement

468 DÉSINFECTION NOSOGOMIALE.

des étuves à désinfection. Nous avons vu p. 426 que, d'après ces auteurs, l'exposition des parties les plus centrales des objets infectés, pendant 10 ou 15 minutes, à de la vapeur marquant + 100** à 105* C, était suffisante pour détruire sans retour et sûrement toute vitalité d«s spores et toute virulence.

La projection directe d'un jet de vapeur dans une enceinte bien fermée contenant les objets suspects aurait l'inconvénient d'abaisser immédiatement la température de la vapeur au-dessous de + 100"*, par conséquent de condenser celle-ci : non seulement la température ne serait plus suffisante'pour désinfecter, mais les objets seraient profondément mouillés, et il serait long et difficile de les faire sécher. La caisse en communication avec l'alambic, dont se se^ vaient MM. Koch, Gaffky et Lœffler dans leurs expériences, avait tout au moins l'inconvénient de laisser les objets complètement humides ou mouillés au sortir de l'appareil, dans un état où il est impossible de les rendre à leurs possesseurs. Il est donc nécessaire, dans la pratique, de pouvoir terminer l'opération par le passage d'un courant rapide d'air très chaud et très sec.

Nous ne connaissons guère qu'un appareil affecté spécialement à la désinfection par la vapeur ; il a été construit par M. Washington Lyon de Cornhill, à Londres (1), C'est un vaste tonneau en fer forgé, suspendu suivant son diamètre horizontal entre deux roues, ou sur deux supports fixés dans le sol de telle sorte que le bord inférieur n'est distant du sol que de quelques centimètres. D'après le dessin que nous avons sous les yeux, ce tonneau doit avoir environ 2",25 de profondeur, et 1"',20 de diamètre. Il est intérieurement revêtu d'un véritable tonneau en bois, de dimension un peu plus petite, de manière à laisser entre

(I) D. Paddock Baie, The disinfection of clothing and bedding, (Médical Times and Gazette, 10 décembre 1881, p. G86 ; et Sanitary Record, 15 avril 1881, p. 373, el 15 octobre 158, avec figures).

DÉSINFECTION DES VÊTEMENTS, DE LA LITERIE, ETC. Ii»

les deux enveloppes un intervalle de quelques centimètres. Ces enceintes se ferment toutes deux en même temps d'une façon très hermétique au moyen d'une porte représentée par la partie postérieure du tonneau. Une chaudière à haute pression, tout à fait indépendante de la chambre de désinfection, envoie à l'aide de tuyaux de raccord de la vapeur surchauffée, à une pression de 28 livres anglaises par pouce carré, dans l'enceinte oii l'on a disposé les vêtements, la literie, etc. On commence par dégager la vapeur dans l'intervalle qui sépare la chambre en bois du tonneau métallique, afin d'échauffer les parois de Tètuve et de diminuer la condensation de la vapeur refroidie. Cet inconvénient ne doit pas être complètement évité, car des tuyaux de dégorgement existent dans l'étuve même et dans l'espace intermédiaire, pour laisser écouler les eaux de condensation.

Cependant le D' Bâte qui a vu fonctionner l'appareil fixe de Washington Lyon à Londres et qui s'en loue beaucoup, ne parait pas avoir constaté cette condensation, ou plutôt celle-ci ne lui a pas semblé avoir d'inconvénients pratiques. Au contraire, il croit que la pression directe de la vapeur et le mouvement, le renouvellement de celle-ci, rendent beaucoup plus rapide la pénétration de la chaleur au centre des grosobjets àdésinfecter, teisque des matelas. Il rapporte quelques expériences qu'il a faites à ce sujet avec le D' Sedgwick Saunders, médical ofGcer of health pour la cité de Londres. Un matelas, au milieu duquel avait été placé un thermomètre à maxima et à minima, fut porté dans l'étuve k vapeur de M. Lyon. Au bout de quelques minutes, la température de l'intérieur de l'étuve était de -|- 127" C. Le matelas y séjourna pendant 1 heure et demie, et quand on le retira le thermomètre placé tout à lait au centre marquait -|- 126° C. M. Bâte ajoute qu'on n'a jamais trouvé les objets endommagés ou mouillés, parce que dès que la pression cesse, l'eau qu'ils

470 DÉSINFECTION NOSOGOMIALE.

contiennent s'évapore rapidement; « les objets restent donc presque secs », ce que nous ne comprenons pas très bien. M. Bâte ajoute que t cet appareil a rinconvénient de coûter plus cher que les autres et de nécessiter pour le faire marcher un employé habile et exercé ; mais la rapidité et la certitude d*un échauffement suffisant sont une compensation suffisante ».

Pour dessécher rapidement les objets que la vapeur en se condensant vient d'humecter, il serait sans doute possible de faire alterner dans Tenceinte, avec le jet de vapeur, un jet d'air brûlé et sec, à + 110** ou 115», qui, en se renouvelant, absorberait et entraînerait toute Teau condensée. De petites machines à vapeur, munies d'un injecteur GiflEard, pourraient servir à atteindre ce but. Cette combinaison peut avoir des avantages quand il s'agit de désinfecter de grandes masses de matières peu susceptibles : des amas de chifTons, par exemple, dans un lazaret, de grandes quantités de laine et de crin pour literie des services publics ; elle parait moins facilement applicable aux conditions plus restreintes de la désinfection nosocomiale.

Nous ne connaissons pas d'appareils fonctionnant actuellement et disposés pour désinfecter la literie ou les vêtements par la vapeur. Hais il nous semble qu'il serait extrêmement facile d'utiliser dans ce but les divers modèles d'étuves sèches que nous avons précédemment décrits, en particulier ceux où l'air intérieur est chauffé à Taide de vapeur sous pression circulant dans des tuyaux fermés. U suffirait d'établir sur un de ces tuyaux un robinet de dégagement, permettant à un moment donné de remplir l'enceinte de vapeur à plus de 100 degrés, soit alors que les objets ont déjà séjourné dans l'air chaud et sec, soit au moment même de leur introduction. Au bout de 15 à 45 minutes, on fermerait le robinet, et les orifices de ventilation ménagés dans la plupart de ces appareils, en particulier dans celui de l'hôpital de Moabit, entraîneraient de

DÉSINFECTION DES VÊTEMENTS, DE LA LITQUE, ETC. 471 grandes quantité» d'air chaud qui enlèverait très rapidement toute l'humidité. Nous allons voir tout à l'heure que dans le lazaret de désinfectioD établi par le docteur Petruchsky à Stettin, en iSIl, en 3 minutes on séchait complètement, dans un séchoir ad hoc, les vêtements mouillés par l'exposition pendant K minutes à de la vapeur à +100° C, L'étuve sèche, chauffée au gaz ou autrement mais bien ventilée et dont nous avons décrit plusieurs types, pourrait servir de caisse à désinfection, en y dirigeant un jet de vapeur provenant du générateur le plus élémentaire, placé sur un simple fourneau ; dans une enceinte déjà chauffée à -\- 100 degrés, on n'aurait pas à craindre que la température de la vapeur tombât au-dessous de -j-lOO*; en ouvrant les orifices de ventilation, l'étuve sèche transformée en séchoir ferait en quelques instants disparaître toute humidité. L'on aurait ainsi une étuve mixte, et la possibilité d'utihser avec un appareil unique la désinfection par l'air sec pour les objets facilement altérables, et la désinfection par la vajveur à+100° pour les autres.

Pour éviter l'abaissement de la vapeur d'eau au-dessous de -f-lûC, et en même temps la nécessité d'une pression de la vapeur dans des chaudières ou des tuyaux hermétiques, MM. Koch, Gaffky et Lœffler (1) ont imaginé de dégager la vapeur de solutions aqueuses de différents sels. Hagnus a en efl'et démontré que la vapeur qui se dégage dans ces conditions est presque à la même température que celle à laquelle bout le liquide salin ; il a vu que la température delà vapeur était -|-105°,35 G. quand l'ébullition avait lieu à +10'7°, C. et -f-m",2 C, quand le point d'ébullition de la solution saline était -f-'uè'. MM. Koch,

(1) Koch, Caffky Bt LŒffler, Veriueke ueber dU VerwerIhbarkHt htiurr V/atteriampfe at Deiinfeclionuweektn, (Racberchns ïurl«Y*l«nr de la *Bpear d'eau bouillante au point de vae de It dtsinfactïoD) io Milineilmngt* tnu 4em Kaiëerliehen GMHndft«lfMiii(«, T. i., Berlin, 1B81,

472 DÉSINFECTION NOSOCOMIALB.

Gaffky et Loeffler se servent de Tappareil le plus rudiroentaire, contenant 40 litres d^une solution de sel de cuisine à 25 0/0. Dans T intérieur du chapiteau de Talambic sont disposées des tablettes, sur lesquelles on place des paquets de vêtements ou de tissus qui ont jusqu'à 40 centimètres d'épaisseur et 50 de longueur. Au bout de 1 heure, la température à l'intérieur du chapiteau s'élève à -f-92*C., au bout de 1 h. 1/2 à -]- 97', et 10 minutes plus tard à 4-99* C. Quand Tappareil est en marche depuis 2 h. 1/î, la température reste presque indéfiniment à -|-*00% sans baisser d'un degré. Au centre des plus gros paquets, la température variait toujours de-j-lOi*" à 4-*0i*.5, et ne descendait jamais au-dessous. Il va de soi qu'il serait aisé de diminuer de beaucoup le refroidissement de cette vapeur, dont la température initiale était de ~j- 105* à 110*. Il ne s'agit évidemment que d'un appareil rudimentaire suffisant pour des expériences de laboratoire. Hais il serait facile de construire, sur ce principe ingénieux et fécond, de grandes étuves à désinfection qui pourraient être utilisées dans les établissements publics.

APPAREILS MOBILES. A côté de CCS appareils fixes, à demeure, nous devons en décrire quelques autres qui peuvent se transporter au domicile des malades ; c'est la désinfection qui vient pour ainsi dire au-devant de T individu ou du matériel infecté.

Au premier rang se place Vétuve ambulante de Fraser (i) (Fraser's perambulatory disinfecting apparatus). C'est un fourgon à quatre roues, traîné par un cheval, et à peu près identique aux fours roulants (à pain) de l'armée française en campagne. Un coup d'œil sur le dessin ci-joint rend toute explication inutile. Cette voiture, avec son fourneau par avance allumé, s'arrête devant la porte des maisons où l'on a signalé des maladies contagieuses et la

(1) Sanitarif Record, loco citalo, 15 décembre 1880, p. 208.

DÉSINFECTION DÉS VÊTEMENTS, DE U UTERIE, ET& «3 désinfection se fait sur place pendant le stationnement de la voiture qui reste attelée.

FiG. 13. — tiuve imbuliinto d« Fraser.

Un autre appareil, inventé par le D' Rogers (i) d'East Retford, diiïère du précédent par les détails d'exécution, mais est construit sur le même principe. Pour éviter les poussières dangereuses qui peuvent se dégager par la manipulation du linge infecté soit dans la chambre du malade, l'escalier, soit dans la rue même où des curieux stationneraient autour de la voiture, on a imaginé le dispositif suivant. On porte une caisse en bois, une sorte de malle, dans la chambre du malade; on remplit la caisse des objets suspects ; on descend dans la rue la malle fermée qui s'ajuste exactement sur un orifice ménagé à la partie supérieure de la voiture. En tirant successivement le fond de la malle qui est è coulisses et le couvercle qui ferme l'orifice de la voiture, le contenu de la malle tombe dans la chambre de désinfection par avance chaulée. Quand l'opération est terminée, on ouvre directement l'étuve pour

(1) Sanilarn Record, IS diccubrc ISBO, p. IM

474 DÉSINFECTION NOSOCOMIALE.

retirer les effets qui ne peuvent être dès lors la cause d'aucun danger. II nous paraîtrait encore préférable de porter dans le four ambulant, la malle remplie des objets souillés ; sans Touvrir, l'opération serait peutrètre un peu pte longue, mais le possesseur des objets, pouvant conserver b clef de la caisse pendant la durée de la désinfection, serah rassuré contre la chance de tout contact de ses vêtements avec d'autres plus malpropres ou plus souillés.

Dans Vappareil de Stobbs and Seagrave de Londres, traîné également par un cheval, le système de chau&ge est tout à fait en dehors de la caisse désinfectante ; il est placé entre le cheval et la voiture, à la place occupée o^ dinairement par le siège du cocher. Un fourneau à coke chauffe une série dé tablettes horizontales et superposées en terre réfractaire; au moyen d'un soufflet fixe semblable i un soufflet de forge, on fait traverser ces intervalles disposés en zigzag par un courant d'air ou par de la vapeur d'eau. Cet air brûlé ou cette vapeur surchauffée sont conduits par un large tuyau à la partie supérieure de la chambre désinfectante, dont ils élèvent la température au degré voulu. Cet appareil est figuré en plan et en élévation dans le Dictionnary of sanitary appliances de W. Eassie (Sanitary Record, 1880.) •

L*un des appareils de Scott et Maguire dont nous avons déjà parlé (p. 446) est disposé sur roues et transportable i la main ; il se chauffe au gaz ou au charbon. Ses dimensions sont variables ; le plus petit modèle mesure 0"''',671, (61X9*X*i2*) î il P^ut être transporté au voisinage immédiat de la chambre infectée.

A ce point de vue, il présente quelque analogie avec celui que M. le D' Albenois, (1) de Marseille, a fait construire en 1881 pour la désinfection des vêtements des varioleux. A la suite des épidémies de variole qui ont sévi à

(/) Bulletin mêniuel d$ démographie de Marseille, jRnrier 1881, p. lOO, •t Rmie éfkifgUne et de police ianitaire, 30 avril 1881, p. 34S.

Marseille en ces dernières années, le service municipal avait décidé rincinération des hardes souillées par les varioleux; une indemnité pécuniaire était payée par la ville aux intéressés. Cette mesure resta sans efficacité, parce que les parents des malades ne remettaient que les vêtements hors de service, et gardaient les vêtements neufs quoique souillés par les varioleux ; en outre, on ne brûlait que les vêtements des individus qui avaient succombé, et •Nullement ceux des 3/4 des sujets atteints qui guérissaient. C'est alors qu'on recourut à la désinfection, et M. Âlbenois fit construire une étuve simple, portative, efficace. Elle se compose d'une caisse en tôle, garnie de bois, mesurant i",10Xl"X®"6^- Au-dessous de la paroi inférieure, se trouve un fourneau que Ton peut chauffer au charbon de bois ou au coke. La paroi inférieure porte un cadre grillagé sur lequel on dispose les objets à désinfecter : entre la paroi inférieure et ce cadre se trouve une rigole remplie de solution phéniquée que la chaleur évapore, de sorte que l'action d'une vapeur désinfectante s'ajoute à celle de la chaleur. Un thermomètre dont la boule est à l'intérieur de la caisse et la tige à l'extérieur, indique la température. Une petite cheminée donne issue à la vapeur et aux émanations provenant des effets. L'appareil ne coûte que 400 francs ; les gardiens de la paix, chargés de la désinfection, portent l'appareil à domicile et désinfectent sur place avec facilité les objets suspects. Sans doute le système est rudimentaire; mais il est simple, économique, et il permettra d'introduire dans la population les habitudes de désinfection, qui sont encore si peu répandues dans notre pays.

Au cours de la discussion qui eut lieu au congrès allemand d'hygiène publique à Stuttgard, le 16 septembre 1879, le D' Heussner (1) préconisa un moyen extrème-

(1) D» Frani HofmanD, Ueber DesinfeetioMmaairegein ; Berieht der AuMchussei ûber die siebenle Versammlung der deuUchen Ver$in$ fUr iàffenUUhe Gaundheittpflege zu Stuttgart pon 15 bU 17 sepiemlier 1879, Diutêche Viertelj. fur àtTGeêundh. T. XU, 1880, p. 41 à 5^.

410 DÉSINFECTION NOSOCOMIALE.

ment simple, qu'on emploie avec succès depuis longtemps à rhôpitaî de Barmen pour désinfecter la literie et les vêlements souillés. On introduit tous ces objets, même les matelas, dans une grande cuve en bois munie d'un coaverclft, et Ton projette, à l'aide d'un tuyau, Me la vapenr au centre de la cuve. Au bout de quelque temps {nad einiger Zeii)^ on retire tous ces effets, et Ton ne saurait croire, dit l'auteur, avec quelle rapidité ils deviennent secs. Il est regrettable que Heussner ne dise pas plus précisément combien de temps dure l'opération complète, quelle température atteint le centre des objets exposés, et quelle preuve on a que la désinfection a été bien réelle.

Lazarets de désinfection. Il ne suffit pas d'avoir adopté un type d'étuve, il faut Taménager, en assurer le fonctionnement, la garnir de ses accessoires. C'est cette installation complète qui mérite le nom de lazaret de désinfection.

Dans les Iles Britaniques, on trouve aujourd'hui dans presque toutes les grandes villes, et même dans beaucoup de petites, des institutions nommés Corporation disinfecting StalionSy affectées au service public de la commune. Indépendamment de l'étuve réservée à l'hôpital, on a établi dans un quartier reculé de la ville un véritable lazaret de désinfection. Lorsque l'officier sanitaire est informé, par la déclaration de la famille, du logeur ou du médecin traitant, de Texistence d'une maladie transmissible dans une maison particulière, il visite les locaux et prescrit des mesures d'isolement et d'assainissement, parmi lesquelles la désinfection du linge, de la literie, des vêtements qui ont servi au malade, est de rigueur. Dans certains cas, cette désinfection est faite d'office, mais souvent aussi les intéressés, les parents, envoient tout ce matériel suspect à la station. La rétribution est minime, parfois gratuite, et le service est assuré avec la même régularité que, chez nous,

celui de la voirie, ou plutôt- des bains et lavoirs municicipaux. Nous avons sous les yeux les noms de plus de vingt-cinq communes (Corporations) où cette institution fonctionne ; à Londres, il existe quatre ou cinq stations de ce genre. M. le D' Bâte nous apprend que sur 51 paroisses qui ont un service sanitaire organisé, 44 possèdent des appareils spéciaux de désinfection pour les vêtements et la literie.

Comme exemple de cette installation en Angleterre, nous donnons la description de la station municipale de désinfection de Nottingham (Public disinfecting station for Nottingham borough) dont M. le D' Ransom a bien voulu nous adresser le dessin.

La station se compose d'une enceinte de 18 mètres de longueur sur 7°, 5 de largeur. A gauche et à droite se trouvent deux cours, avec remises pour les voitures de transport, et ayant chacune environ 6 mètres de largeur, sur 7°>, 5 de profondeur. Au mur de séparation des deux cours s'appuie un petit pavillon, contenant un fourneau pour brûler le contenu des paillasses souillées ou les objets de peu de valeur qui ne valent pas la peine d'être désinfectés. Au milieu de l'enceinte s'élève le bâtiment de l'étuve ; celle-ci est au centre, elle ouvre à droite et à gauche sur deux chambres servant de vestiaires et ayant chacune environ 4™, 5 de côté. L'ensemble se compose donc de deux moitiés symétriques, absolument distinctes et indépendantes ; à gauche arrivent le linge et la literie suspects; à droite, ils sortent purifiés. La seule communication a lieu par l'intérieur de l'étuve, qui est constamment chauffée. Des fourgons fermés vont chercher le matériel contaminé chez les particuliers ou dans les établissements publics (prisons, dépôts de mendicité, asiles de nuit, etc.J ; les employés exclusivement affectés au service de l'arrivée entrent par la porte de gauche, déchargent les colis sur les étagères dans la chambre qui précède l'étuve, et remisent

418 DÉStNFECntHI ROSOCOHIALE.

tears voitures sous ud hangar fermé au fond de la pre-

mière cour. Les objets sont successivement enfourna par

DtelNI^GTlON DES VÊTEMENTS, DE LA UTBRIE, ETC. 479 la porte d'entrée de l'étuve. Au boat de quelques heures, les employés du service de départ ouvrent de leur côlé la porte de sortie de l'étuve, et disposent les objets dans le vestiaire ; puis, des voitures remisées dans la deuxième cour et consacrées exclusivement aux transports vont restituer ce matériel purifié à leurs propriétaires.

On peut dire que ce système si simple ne laisse rien à désirer ; il est probable qu'on lave de temps en temps avec des liquides désinfectants les voitures qui vont chercher et apportent le matériel contaminé.

11 faut insister sur la nécessité de munir toute étuve de deux portes opposées, l'une servant à enfourner, l'autre à défourner les objets en traitement. Cette indépendance absolue du service d'arrivée et du service de départ s'impose, elle doit se traduire par un personnel et uo matériel eiKièrement distincts, n'ayant aucune communication et ne pouvant jamais dans la même journée passer d'un des deux services à l'autre. La commission de la Société de médecine publique en 1881 a particulièrement insisté sur cette séparation des services, et M. Herscher n'a pu faire mieux que de reproduire presque tous les détails du lazaret anglais, dans le modèle qu'il a figuré dans son rapport et que la Société a adopté.

A la suite d'un rapport de MM. Pasteur et Colin au Conseil d'hygiène et de salubrité de la Seine (11 juin 1881),le Préfet de police a prescrit la création à Paris d'un certain nombre de postes ou lazarets municipaux de désinfection munis d'étuves chauffées à la vapeur, à régulateur automatique, et élevant la température intérieure entre 100 et 110 degrés sur l'un des modèles que nous avons précédemment décrits. A l'heure où nous écrivons ces lignes ce projet est en pleine voie d'exécution, mais aucun poste n'est encore en fonctionnement, et il nous est impossible d'en donner une description de visu.

Nous devons ici une mention spéciale au lazaret de dé-

sînfection que M. le D' Petruchsky (1) a établi à Stetlin en 1810-11, pendant répidéraie de variole qui sévissait sur les troupes et les prisonniers réunis" en grand nombre dans cette place. La disposition était telle que le corps et h vêtements de rhomme étaient désinfectés en même temps et d'une façon complète.

L'appareil de désinfection (ftg\^) proprement dit se composait d'une chaudière à vapeur remplie d'eau phéniquée: la vapeur chargé d'acide phénique pénétrait dans un vasie cylindre métallique B, où l'on plaçait les habits du soldat : eo une minute, ces vêtements étaient profondement hume^ tés, pénétrés par une chaleur égale au moins à 100*, ei par l'acide phénique ; au bout de 2 minutes, on les retirait de l'un de ces cylindres et on les passait rapidement dans une étuve sèche (/^), chauffée au gaz ; au bout de 3 à 4 minutes la dessication était parfaite. Pendant ce temps, le soldat après s'être déshabillé dans une chambre voisine de l'entrée, avait passé sous une forte douche ou pluie d'eau chaude alcaline ou phéniquée ; au sortir de la douche, on lui rendait, par une lucarne située dans la chambre destinée à se rhabiller, les vêtements laissés 5 minutes auparavant au vestiaire et qu'on avait eo déjà le temps de désinfecter et de sécher. Après un court séjour dans une chambre à peine chauffée (8), l'homme sortait définitivement du lazaret ; 16 hommes et leurs vêtements pouvaient ainsi être désinfectés à la fois, et l'opération ne durait pas plus de 10 minutes pour Tescouade. Cette installation, improvisée dans des circonstances épidémiques spéciales pour toute une garnison, a fonctionné à la satisfaction générale, et cet exemple mérite d'être retenu et imité. Le dispositif adopté est excellent et peut servir de modèle pour les établissements de ce genre .

(1) W. Rolh und Lex, Handbuch der militùr Gesundheitspflegej T. I. p. M4, planche I.

DÉSINFECTION DES^^^BMENTS, DE U LrTERIE, ETC. 461

I. Posic do garde. — ï. Cabinet <Ju môderin. — 3 ol t. Gardicnï. — 5. Salle où le) hommes se désbaliiUenl. — 6. Salle de douches chaulfée, avee chauiliiro ot serpentin en cuivre. — 1. Salle où les liommcï se rl.iibillenl. — 8 Salle d'ailenle & lempéralurc frairhe. — 9. l'oste et sortie. — 11). Salle (les visilei méiticales. - II. Éluvcs à vapeur lijjurées on B. — li. lïluve sèche pour sËchor Us vètemenls au sortit «lus chau> dières à vapeur.

VALLIN. — Des INFECTANTS.

êSà DÉSiNFECTlOf^ NOBOCOMIAliB..

Nous avons déjà dit que, malgré certaines expériences contradictoires de Schotte et Gartner,, de Koch et Gustave WolffhûgeK la dose de 20 grammes de soufre bruIé par mètre cube nous paraît, en général, suffisafitepour ditpuire les miasmes et la plupart des principes suspects ; la dose de 30 grammes et au delà n'est nécessaire- que dans des cas exceptionnels, quand la virulence est réelle. Nous devons rechercher ici quelle est l'action de l'acide sulfureux, produit de la combustion du soufre, sw les tissus et les parties accessoires des vêtements, lesboutons métalliques, garnitures, etc. Nous avons fait surce point un grand nombre d'expériences dont nous donnerons ici le résumé : ces expériences étaient faites dans une chambre cubant 50 mètres, bien close et servant habituellement à la désinfection du matériel d'un grand hôpital.

Action sur la couleur et lu résistance des tissus. — Des bandes de toile, de coton, de drap d'uniforme (bleu, gris, rouge), de flanelle, de couvertures de laine, furent déchirées dans une même pièce ; la moitié de chaque baiide fut soumise aux fumigations sulfureuses. Une moitié de chaque bande, laissée intacte, fut soumise à des tractions à l'aide d'un dynamomètre, et l'on inscrivit le nombre de kilogrammes sous l'effort desquels elle se rompait. L'autre moitié de la même bande était soumise aux fumigations sulfureuses, soit à l'état sec, soit après avoir été trempée dans Teau ; au bout de 48 heures d'exposition, on mesurait la traction nécessaire pour amener la rupture.

Ces expériences furent faites successivement après avoir brûlé 50 grammes, 30 grammes, et 15 grammes de soufre par mètre cube. Nous croyons inutile de reproduire ici pour chaque espèce de tissu et pour chaque dose de soufre les chiffres que nous avons relevés. Il suffit de dire que

nous n'avons pas, contrairement à notre attente, relevé la moindre différence dans la résistance, même après avoir exposé le tissu à une atmosphère où l'on avait brûlé 60 grammes de soufre par mètre cube. Il n'y eut de mémt aucune différence entre les bandes sèches et les bandes mouillées.

Il n'est pas douteux qu*en employant des doses de soofre beaucoup plus considérables, nous serions arrivé à détruire la solidité des tissus ; mais nous n'avons pas voulu dépasser les doses usitées dans la pratique de la désinfection.

Les résultats furent un peu différents en ce qui concerna la décoloration. Il est inutile de parler ici de l'action de l'acide sulfureux sur les tissus de soie, de coton et de fil : quand ces tissus sont teints et surtout mal teints, l'acide sulfureux en altère la couleur; cela est évident, puisque cet acide sert journellement dans l'industrie à blanchir, à décolorer les tissus. La soie résiste mieux que le coton, peutêtre parce qu'elle reçoit d'ordinaire des teintures plus soignées. Quand les étoffes sont humectées d'eau, la décoloration est notablement plus marquée.

Nous avons de préférence multiplié les expériences sur les tissus de laine, en particulier sur les draps d'uniforme usités dans l'armée.

Pour les draps d'uniforme, de couleur hleue et griM, qu'ils aient été secs et mouillés, et même avec la dose de 50 grammes de soufre par mètre cube, il n'est pas possible de distinguer les bandes exposées au soufre de celles qui ont été conservées comme échantillons.

Quand au drap rouge garance, il n'y a pas de différence appréciable après exposition pendant 48 heures à la dose de 15 grammes, à l'état sec ou à l'état mouillé.

Lorsque la dose de soufre a atteint 30 gramme.8, les bandes humectées ont déjà une teinte plus crue, un peu jaune, qui permet de les reconnaître; quand le drap eg( resté sec la différence n'est pas appréciable.

484 DÉSINFECTION NOSOCOMIALE.

Il en est tout autrement à la dose de 50 grammes : la bande de drap garance mouillée prend une teinte rouge jaune fort déplaisante et la confusion n'est pas possible à première vue : si le drap est resté sec la différence est moins évidente, mais elle est très nette et Thésitation est difficile.

L^odeur des objets de laine soufrés n'est persistante et désagréable que pour les couvertures de laine ; les draps perdent plus facilement cette odeur.

Action sur les métaux. Les boutons en cuivre des tuniques d'uniforme ont pris une teinte brune des plus prononcées et qui ne disparaissait que par un fourbissage complet.

Pettcnkofer, dans des expériences faites en iSlT pour le gouvernement allemand, a noté que les métaux brillants, excepté l'argent, n'étaient pas altérés par les fumigations au soufre. Nous avons obtenu un résultat tout différent. Des instruments de chirurgie en acier poli (bistouris, ciseaux), ont été laissés dans la chambre à désinfection par le soufre; ils ont pris une teinte grisâtre ou noirâtre et un aspect terne rappelant la rouille. Dans la salle de désinfection, les supports en fer, les verrous des portes, les clous, sont couverts de rouille et dans un état de dégradation manifeste. Cette altération est d'autant plus marquée que Tair était plus humide; l'oxydation du fer continue et augmente lonfftemps après que les opérations de désinfection sont terminées. Cette action est due évidemment à l'acide sulfurique qui tend à se former pendant la combustion du soufre, par Toxydation de Tacidc sulfureux. Les expériences que nous avons faites avec M. Marty (p. 245) démontrent en effet que la quantité d'acide sulfurique engendré est considérable: c'est là certainement un des inconvénients de la désinfection par le soufre.

Nous avons '^^ulu voir quelle était la diffusibilité, la force de pénétration des vapeurs sulfureuses, si ces vapeurs pouvaient atteindre les parties les plus reculées des paquets

DËSINF.ECTION DES VËTESEnTS, DE LA UTBAtK. ETC. 48S volumineux. Gartner et Schotte avaient tiré de leurs expériences cette conclusion que la désinfection est très difficilement obtenue quand les tissus sont épais, poreux, peu accessibles à l'air. Nous n'avons pas reproduit les expériences de ces auteurs, qui s'assuraient du résultat de la désinfection par la faculté que conservaien les tissua exposés de pouvoir, au sortir de la fumigation, inoculer les bactéries dont ils avaient été précédemment imprégnés à des liquides de culture préparés aseptiquement. Noua avons été arrêté par la difficulté d'une telle étude et par cette considération qu'il ne faut pas juger trop rigoureusement des résultats à obtenir, au point de vue de l'hygiène pratique, par la manière dont se comportent les prctorganismes quelconques de la putréfaction dans un bouillon d'épreuve. Nous avons montré que la dose de soufre de 20 à 30 grammes par mètre cube, en brùlatit, détruit l'inoculabilité des virus morveux et vénérien frais, etc. ; nous avons alors recherclié si les vapeurs sulAireuses pénétraient les parties les plus profondes des objets exposés.

Des carrés de papier bleu de tournesol ont été enfermés dans des enveloppes gommées et cachelé''S ; celles-ci ont été portées au centre de matelas recousus exactement apërs l'insertion ; d'autres ont été laissées au centre de traversins et d'oreillers de plumes, les uns suspendtis par un angle, d'autres superposés au nombre de trois; d'autres enfin ont été placées au milieu de couvertures de laine pliées en 32 plis, reposant à plat sur une table.

Dans la chambre cubant 46 mètres, toutes les issues étant bien fermées, nous avons fait brûler dans 5 plateaux en fer au total 3 kilogr. 300 gr. de soufre, soit 50 grammes par mètre cube. Au bout de 48 heures, la chambre fut ouverte; tout le soufre était brûlé, il n'en restait aucune trace.

Le papier de tournesol avait dans tous les cas passé au rose vif, ce qui prouve que l'acide sulfureux avait pénétré

486 DÉSINFECTION NOSOCOMIALB.

au centre même des matelas et des traversins superposés. Le même résultat fut obtenu dans plusieurs expériences semblables.

Il fut également obtenu en ne brûlant que i5 grammes de Sioufre par mètre cube, et cependant, dans un de ces derniers cas, le papier bleu de tournesol avait été placé dans une enveloppe de lettre bien cachetée ; celle-ci avait été fortement roulée et serrée dans une pièce d*ouate, puis enveloppée dans un grand carré de drap bleu d*unifornie roulé et serré fortement avec une corde ; ce paquet avait été porté au centre d'un traversin ; et celui-ci, après avoir été recousu, avait été placé sur une table et recouvert d*un oreiller rempli de plumes. Malgré tous ces obstacles à la pénétration du gaz, ce papier fut trouvé d'un rose vif.

Les vapeurs d'acide sulfureux sont donc très diffusibles, très pénétrantes et Ton peut à la rigueur purifier des matelas et des travei*sins sans être obligé de les défaire, ce qui est un avantage précieux au point de vue de la rapidité et de l'économie.

Nous devons toutefois reconnaître que ces expériences ont été tout récemment reprises par leD'G. Wolffhùgel (1), et qu'elles ont donné des résultats beaucoup moins satisfiaieants.

L'auteur opérait sur des balles de chanvre et de lin qui avaient été comprimées à la pressehydraulique, puis desserrées ; quand on se contentait de faire brûler 15 grammes de soufre par mètre cube d'espace, au bout de 6 heures Tacide n'avait pas pénétré les parties profondes, ce qui peut à la rigueur se comprendre. En opérant sur des paquets de vêtements en drap, de flanelle, d'ouate, de 30 à 60 centimètres de diamètre, l'action destructive pénétrait difficilement

(1) Wolffhùgel, Ueber den Werlh der schwefligen Saure ait Detimfee^ tiotumitUi {.Hittheilungen aus dem Kaiêerlichen Gesundheitsamte ; Berlin, rtSl, T. 1, p. ±i4, ei Revue d'hygiène et de police sanitaire, mars 188â,

DËSIXF8CTIHI ItBS VËTBHENTS, DB LA LtTEBlE, ETC. «1 au centre des paquets ; même au bout de 6 heures, les spores placées en ces points pouvaient après l'opéralîon ensemencer des liquides de culture. Nous rappelons que l'auteur «X péri mentait snrt«ut sarlesspores delaterre de jardin, le bacillus sublilis du foin, etc., c'est-à-dire sur les élémeols •dont la résistance aux ageyts de destruction est extrême, qui ne sont pas tués par l'ébullition prolongée pendant plusieurs heores, et qui ont fait très longtemps le désespoir de Tyndall, de Pasteur, de Panum, et de tous ceux qui ont étudié expérimentalement la t^énéralion dite spop tanée. Ces spores de la terre de jardin, du bacillus subtilis, résistent à ce point, que WolWhugcl ne réussissait pas à les stériliser, même après une exposition de 95 heures dans une atmosphère contenant jusqu'à 10 pour 100 d'acide «ulfureux (en volume), c'est à dire dans le produit de la combustion de plus de 140 gammes de souA% par mètre cube d'espace! On pourrait dire de la même façon que l'éhullition prolongée dans l'eau est incapable de désinfecter des vêtements souillés, parce que les spores charbonneuses ont pu résistera cette ébulliiion; faut-il pour cela nier l'action désinrcctante de l'eau bouillante?

Nous ne craignons pas de dire que malgré ces exceptions et des inconvénients (rouille des objets en fer, coloration noire du cuivre et de l'argent, altération faible des tissus teints, de coton, de Td et même desoie; décoloration des draps d'uniformes par les doses très élevées), malgré ces inconvénients, l'acide sulfureux est un désinfectant puissant et d'un emploi facile ; il donne moins de sécurité que la chaleur et que la vapeur portées à plus de 100 dogrés; il est bien des circonstances où il ne peut remplacer cette dernière, et réciproquement; mais il vient au second rang, immédiatement après elle, et l'hygiéniste serait désarmés'il rejetait ce précieux agent sous le prétexte qu'il n'est pas infaillible.'

488 DÉSINFECTION NOSOCOMIALE.

I m. — CHLORE, CHLORURES, ETC.

Nous ajouterons peu de chose à ce que nous avons déjà dit du chlore. Ce gaz altère profondément les étoffes aax doses que rexpérimentation a montrées capables de neotraliser les virus. Nous rappelons le résultat auquel est arrivé le D' 0. Doremus, à New- York ; la désinfection avait été si bien faite, et le dégagement de chlore avait été si abondant, que les draps abandonnés sur les lits tombaient en écailles au moindre attouchement! On est donc placé entre ces deux alternatives : ne pas détruire les principes infectants, ou détruire les tissus.

M. le professeur Regnault (1), rapporteur de la souscommission de désinfection à TAssistance publique en 1866, a montré que rhypochlorite de chaux est préférable au mélange de bioxyde de manganèse et d'acide chlorhydrique pour exécuter dans les hôpitaux des fumigations chlorées, rapides et énergiques. Voici la formule qui aurait le mieux réussi pour la désinfection des matelas et autres objets de literie, en cas d'épidémies puerpérales ou cholériques ; mais où était le contrôle ?

FUMIGATION CHLOREE POl'R DÉSINFECTION.

Chlorure do chaux sec 500 g^ramines.

Acide chlorhydnque, 1,000 —

Eau 3,000 —

Mélan^rez l'eau et l'acide dans une terrine en grès, d'une capacité de 8 à 10 litres, et, au moment de sortir de la salle, projetez dans ce mélange le chlorure de chaux préalablement renfermé dans un sachet de toile dont l'ouverlurc est soigneusement liée. Ces quantités de matiérM fournissent environ 45 litres do chlore.

Cette formule a été adoptée par le Formulaire des hôpitaux de Paris. Dix terrines semblables suffisent pour désinfecter 20 à 25 matelas contaminés ou suspects. La

(I) Regnault, Traité de pharmacie, 8« édition, 1875, t. II, p. 497.

DÉSINFECTION DBS VÉTEHENNS, DE LA LITERfE, EIC. U» pièce exactement close ne doit être ouverte qu'au bout de 48 heures.

En 1871, Payen indiquait dans une séance de l'Académie des sciences les moyens suivants, adoptés d'après lui par le service de l'Assistance publique, pour l'assainissement du mobilier et des objets de literie. Les matelas, avant d'âtre cartlés, sont soumis aux fumigations d'acide hypoazotique (on ne dit pas si les vapeurs altèrent ou non le crin et la laine); tous les objets en laine et le linge peuvent sans inconvénients être immergés, durant plusieurs heures, dans des cuves contenant une partie de chlorure de soude marquant 200° cblorométriqucs, et trois parties d'eau. Les lits de Ter peints à l'huile, les buffets, tables de nuil, sont soumis d'abord à la fumigation, puis lavés avec la solution de chlorure de chaux.

La notice n° 8 annexée à l'article 324 du règlement provisoire sur le service de santé dans les hôpitaux militaires français, contient les prescriptions suivantes en ce qui concerne l'emploi du chlorure de chaux, comme agent de désinfection des objets de fd et de coton.

■ Quant aux toiles des paiMajj«s et des mnlelas, elles doirant, commo Inuf les objets en toile, être di--tinfocii^e3, lavves et blinrhiot an moyen d'une solution de chlorure de rliaui (150 litres d'eau pour 1 kilugramme du chlorure}.

> Les objets co toile sont mis k tromper, pi^ro à pJAce. dans celle (olution; apr^ un quart d'heure d'immersicin, on tes foule ei on les passe une seconde fois dans une nouvelle solution faite au m^me titre que la prami6ro. Un les rinre en-iuile ft l'eau claire. A Htffaul do chlorure de cliaui, les effets en toile, linge do rorps ou objets de literie, doivent i\ra lavés A grande eau, puis lessivés et blanchis. ■

La quantité de chlorure de chaux indiquée dans cette notice, émanée sans doute du Conseil de santé de l'armée, de longues années avant les travaux de BRXter, contient ■ précisément la proportion de chlore reconnue par cet auteur être nécessaire pour détruire la virulence du vaccin, c'est-à-dire un demi-litre de gaz chlore par litre d'eau. Eli effet, 1 kilogramme de chlorure de chaux, marquant

(M DÉSINFECTION IfOSUCOHIALE.

au moins 80° chloroméln(|ueH, r^prûsetile 80 liin» de chlore i^aieux, ce qui pour 130 lili-es dVau, iloDoe un demi-litre par lilre.

Nous avons Tait quelques expériences pour savoir dans quelle DQB.surc cette diiutioo pouvait altérer la solidité on la couleur des tissus. Nous avons laissé des étolfc^tlc c-oidd. de soie, de laine plonger pendant un temps variable dans la solution indiquée, et noDS avon^ obtenu la résultat sot- ■vaut.

Solalion contenant 13 grammes de clilorui-c de chMa sec par litre d'eau : ^m

i" Immersion pendant une heure, sunne d'un lavagt^Ê grande eau ; ^|

Drap gris bleuté d'uniforine. — La leinu; blenAtre ■ notablement pâli.

Urap bleu de roi. ~ I-a teinte parait un peu louim foncée.

Drap garance d'uniforme. — Il a pris une teinte plus foncée, un peu vineuse, la différence est grossitsTcui appréciable ;

2° Immersion pendant 15 minutes, auivie d'un Ita

DÉSINFECTION CBS'TfiTBMENTS, I« LA LITERIE, ETC. «1 •et la nuance des étofl'es. En général, les éloffes de coton -et de toile sont fortement décolorées, même au beat d'un quart d'heure ; la soie résiste davantage, et plusieurs échantillons étaient presque intacts au bout d'une heure d'immersion. Le résultat dépend évidemment de la qualité de la teinture. La soliditj des bandes de calicot et de toile ne parait pas compromise, au bout d'une heure, à ^«ette dose.

La désinfection par l'immersion dans des liquides, admissible pour le lainage blancet le linge de corps, estdonc une opération compromettante pour les vêtements proprfrmentsdits ; les fumigations gazeuses, et surtout l'exposition •à la chaleur sont de beaucoup préférables-

Le règlement sanitaire de l'armée allemandedu S9avril 1869, dit que pour désinfecter le linge de corps et de lit souillé par les malades atteints de maladies contagieuses, on doit employer l'un des agents désinfectants ci-dessous, aux doses suivantes : acide phénique et sulfate de zinc, à 1 sur 120 ; chlorure de zinc, à 1 sur 240 ; l'immersion doit «durer de 12 à 36 heures. Ce dernier sel nous parait, ici «omme ailleurs, bien supérieur aux deux autres.

Tandis que Smith employait les acides en fumigations, John Dougall (1) les emploie eous forme de solutions aqueuses assez concentrées, et il a consacré un long travail à démontrer la supériorité des dèsinfeciants acides.

« L'acide chlorhydrique, à la dose de 1 partie d'acide « concentré pour 20 parties d'eau, est principalement em- « ployé pour désinfecter les selles typhoïdes, les literies « et le linge des personnes atteintes de maladies infec- « lieuses. »

Pour les selles, il fait verser par avance au fond du bassinunetassedecemclangeà5 0/0. II fait asperger avec cette solution les vêtements et les conserve humides pen-

(I) Jobn DougaU, do Glucow, Mjùifelian by ocwj {Britith mUical JnmtO, U Dor. 1819^ p. 7UJ.

493 DÉSINFECTION NOSOCOHIALE.

dànt 4 heures, ou simplement il les trempe dans la solition pendant 1 heure ; les tissus de laine résistent beiocoup mieux à l'action de Tacide que les tissus de coloi ou de toile. On lave ensuite à l'eau froide et ron bit bouillir pendant 1 heure dans Teau pure.

Nous avions peine à comprendre comment une solatki d'acide chlorhydrique à 5 0/0 pouvait ne pas altérer pwfondement les tissus, surtout les tissus de laine. Nos avons répété les expériences de Dougall : les morcean de drap de troupe, de couleur garance, qui avaient été plongés pendant 1 heure dans le liquide et qui avaieiK ensuite été lavés à grande eau, avaient pris en séchant dw nuance jaunâtre des plus désagréables ; leur résistance dynamométrique n'était cependant pas diminuée.

Dans la solution à 1 0/0, après immersion pendant m heure, le résultat était aussi mauvais ; la nuance garaiHX était devenue légèrement jaunâtre et la différence nétû douteuse pour personne quand les deux morceaux d'une même bande étaient placés à côté Tun de l'autre. Dougall dit cependant que les tissus de laine résistett beaucoup mieux que les autres, c'est ce qui nous a décide à ne pas poursuivre davantage nos exj)ériences.

Le National Board of Health de Washington (1) et le Conseil sanitairede Californie recommande d'immerger les serviettes, les mouchoirs, draps, couvertures, etc., ayant servi à un variolcux, dans 4 litres et demie d^eau bouillante contenant 250 grammes de sulfate de zinc, ou 15 grammes de chlorure de zinc, ou un mélange de 120 grammes de sulfate de zinc et de 60 grammes de sel commun. L'instruction ajoute que le cadavre du varioleux sera lavé avec une solution de force double, puis enveloppé dans un drap trempé dans le même liquide.

(1) Small-pox régulation in Califomia [National Board of Bealtk (Washington), 24Uéc6.ubre iSSl, p. 21tf el 25 février 1882, p. 319).

DÉSINFECTION DES VÊTEMENTS, DE LA LITERIE, ETC. 4fS i lY. — PRATIQUE DES OPÉRATIONS DE DÉSINFECTION.

Sous le bénéfice des indications qui précèdent, nous allons passer rapidement en revue de quelle façon il convient d'intervenir dans chaque cas particulier.

VÊTEMENTS. Tout individu qui entre à Thôpital doit immédiatement déposer ses vêtements au vestiaire ; ceux-ci, avant d'être rangés et étiquetés, doivent être désinfectés, pour détruire les parasites (poux, punaises, acarus de la gale, etc.), les virus (fièvres éruptives, etc.), ou les miasmes qu'il peuvent retenir dans leurs plis. Avec une étuve bien installée, un séjour pendant l heure, à une température de -|- 110** C, donnerait toute sécurité. A défaut d'étuve, ces vêtements doivent être passés au soufre (10 à 30 grammes par mètre cube d'espace) et séjourner dans le local à fumigations pendant 24 heures. Dans les prisons, les asiles, les dépôts, etc., la même mesure est indispensable ; un appareil à désinfection devrait toujours exister entre la porte d'entrée et le vestiaire.

Lorsque ces vêtements sont souillés par des déjections ou sont dans un état extrême de malpropreté, le passage à la chambre de désinfection par le soufre ou la chaleur est insuffisant; le lavage est indispensable. On a peine à comprendre que dans certains établissements que nous avons visités (1), on fasse un paquet des vêtements apportés par l'arrivant, t quel que soit l'état de sordidité dans lequel ils se trouvent >, et qu'après un court séjour dans le local de désinfection, on les emmagasine dans un vestiaire où il resteront pendant plus d'une année. Un pareil état de choses est intolérable et, quelle que soit la valeur d'un désinfectant, il ne peut remplacer le lavage, le plus élémentaire comme le plus indispensable des moyens de purification,

(I) E. VaHin, Des appareiU à d'sinfecUjn, [Bévue if hygiène et de pclice sanitaire, octobre 1819, p. 816).

4U. DÊSINFECTIOIf NOSOCOMIALE.

En Angleterre, quand les vêtements apportés à ThôpM par un malade sont trop sordides, on les détruit par le fei et on indemnise le porteur ou sa famille à Taide duoe petite somme. Depuis que les étuves à désiaiection se soat multipliées, on a trouvé avantage et économie à remplicer l'action destructive du feu par Taction épuratrîce deb chaleur limitée à + 120* C. Nous avons dit (p. 473) qui Marseille on a dû renoncer également à cette destruction par lé feu; les familles n'apportaient que les vêtements san? valeur et conservaient ceux qui étaient en bon état, bien que souillés par le principe contagieux ; on a recours maintenant à la désinfection obligatoire par une étuve portative. L'on vient de voir que les désinfectants chimiques, aux doses préconisées, altèrent facilement la couleur des tissus ou des étoffes teintes, mais compromettent plus difficilement leur résistance et leur solidité. Les étoffes de coton, de fil, de soie même, déteignent assez rapidement par les fumigations d'acide sulfureux et surtout par l'immersion dans l'eau chlorurée; les draps de couleur sont eux-mêmes atteints dans leur nuance quand la dose est trop forte. Au contraire, le linge de corps, ou le lainage blanc (couvertures, gilets de flanelle, etc), supportent sans aucun inconvénient le contact de ces agents chimiques. Pour lestissus teints, surtout ceux de fil et de coton, la chaleur nous paraît le seul moyen de désinfection qui ne soit pas compromettant. Les draps et laines de couleur supportent impuuément l'action des vapeurs produites par la combustion de i5à 30 grammesdesoufreparmètrecube. Cette dose ne doit pas dépasser 10 grammes, si l'on veut ne pas compromettre l'intégrité des robes de femmes, blouses d'hommes, pantalons en toile de couleur, etc.

Dans les maisons particulières, lorsqu'il survient un cas de maladie transmissible (variole, diphthérie), il faut désinfecter les vêtements portes par le malade ; un enfant ne peut retourner à l'école avec les vêtements qu'il |>ortait

DËSlNFECTlOIf DCS VfiTEHEirTS, DE LA. LITERIE, ETC. «Qt quelques joursavant. En attendant qn'il eiiste dans chaque quartier ou chaque vilte on lazaret de désinfection, des étuves publiques gratuites ou non, ou des étnves portatives qu'on fera venir chez soi, devant sa porte, comme on y fait venir un bain chaud, on peut improviser les ressources suivantes :

Dans un réduit, un placard profond ou une armoire, on suspend les vêtements suspects ; dans un coin éloigné et avec les précautions nécessaires pour éviter un incendie, on place un réchaud allumé qui chauffe à -{- 100° l'espace clos, ou bienony allume du soufre. Le moyen est, en somme, d'une application assez facile; uri thermomètre traversant la porte ou suspendu en dedans montre si l'on a atteint la température nécessaire.

A la rigueur on peut employer la clialeur d'un four de cuisine ou de boulanger, dont la chaleur est tombée à quelques degrés au-dessus de -j- 100°. Entemps d'épidémie, à la campagne, le four banal, quelques heures après la cuisson du pain, pourrait rendre de grands services pour désinfecter la literie ou les habits. Il faudrait vaincre une répugnance assez naturelle, quoique les dangers de souillure du four ne soient réellement pas admissibles.

LisGE SALE ET ii.NGE A PAN'SEaE>TS. Le lïngc salc et les linges à pansement salis ne doivent jamais séjourner dans les salles, dans les chambres des malades ni dans leur voisinage immédiat. Dans beaucoup d'hôpitaux d'apparence magnifique, en entrant dans des salles luxueuses, l'odoral est révolté par l'odeur qui se dégage des cabinets où l'on entasse le linge sale ou les pièces qui ont servi aux pansements. Dans l'antichambre de chaque service devrait s'ouvrir et se fermer hermétiquement l'orifice d'une trémie, d'un conduit incliné en planches ou ménage dans la muraille, par lequel le linge sale descendrait directement vers l'étuve ou le local de désinfection.

496 DÉSINFECTION NOSOCOMIALE.

En l'absence d'appareils de toute sorte, en temps d'épidémie ou pour certaines maladies contagieuses, on peut procéder comme il suit :

A la porte de la salle, on place un réservoir (baquet oc tonneau), rempli d'une des solutions désinfectantes cidessous : chlorure de chaux i kilogr. pour 300 \m d'eau; — chlorure de zinc, acide phénique ou sulfate (fe zinc, 2 à 10 grammes par litre; — acétate d'aluraioe. 2 grammes par litre. On y plonge, au moment même oè on les éloigne du malade, les draps, le linge de corps, etc., qu'il vient de souiller. Après une immersion d'une ou de plusieurs heures, on retire de l'eau ces objets, on les exprime rapidement, et on les porte à la buanderie. Noos avons utilisé avec profit un pareil système, à rambulance des varioleux installée au théâtre du Mans, en janvier 1871, de telle sorte que le linge souillé par les varioleux n'était plus exposé à contagionner le linge des habitants de h ville dans les bateaux à laver où il était porté.

Un bassin spécial doit être affecté au linge à pansements sali; le titre de la solution désinfectante peut alors être doublé. D'ailleurs, le hnge à pansement qui n'a pas encore seni doit être Tobjet d'une désinfection particulière. Avant d'être introduit chaque jour dans les salles, les compresses, les bandes, la charpie, — puisqu'on la conserve encore, — devraient avoir été portées pendant 1 heure dans Tétuve à désinfection qui nous semble Taccessoire indispensable d'un hôpital ; c'est le complément, ou plutôt Télémcnt de tout pansement antiseptique. La ouate, dont l'emploi se généralise, ne devrait jamais séjourner dans les salles: Iesp<b quets, cachetés encore et ficelés, devraient passer par Tétuve avant de servir à un pansement. Un jour viendra où cette pratique paraîtra aussi simple et aussi naturelle que celle qui consiste à chauffer le linge qu'on apporte à un baigneur; Tune n'est pas plus difficile que l'autre.

I}£SlNFECTtON DE lA LITBUE. 4vt

Matelas, literie. Trop souvent, après une maladieoirun décès, on se contente de faire carder les matelas, opération qui doit être considérée comme nulle au point de vue ■de la désinfection proprement dite, de la destruction des germes. li faut bien l'avouer, c'est à peu près la seule qui se fasse dans nos hôpitaux, et l'on citerait difficilement un établissement qui possède une installation où l'épuration se fasse par la vapeur, ou par des fumigations véritablement efficaces. Ce statu quo est intolérable, et cette réforme est une des premières qui s'imposent à ceux qui voudraient transformer notre hygiène nosocomiale.

Lorsque le cardage se fait dans des appareils mécaniques bien fermés, munis de ventilateurs et de tuyaux d'aspiration pour les poussières, il ne cause que peu de danger; les débris de laine, conduits par les cheminées d'appel, sont retenus dans une sorte de chambre filtrante qu'on débarasse toutes les semaines des poussières ténues, irritantes et infectes qui en tapissent les parois. H serait désirable de détruire ces poussières dans les tuyaux d'évacuation eux-mêmes ; si l'on pouvait en obtenir la destruction par le feu sans dégagement d'odeurs insupportables, ce procédé donnerait à ce point de vue une sécurité complète.

On peut se demander, en effet, ce que deviennent les poussières ainsi jetées dans l'atmosphère ; elles contiennent parfois des germes morbides qui peuvent se développer et engendrer des maladies, des inoculations peut-être, quand elles tombent sur un terrain favorable. Comment s'étonner après cela que certaines maladies contagieuses se développent sans qu'on puisse remonter à la source, et que fautil penser de l'opinion, aujourd'hui bien surannée, de la génération spontanée de cet ordre de maladies?

Dans une discussion récente à la Société de médecine

publique, M. Du Mesnil citait le cas suivant : les locataires

d'une maison très peiçlèe se plaignaient de l'odeur fétide

VuxiK. — DmovcctwiI' si

«A DÉSINFECTION NOSOGOMLILE.

(fui se dégageait d*un atelier d*épuration de matelas et objets de literie. Le locataire du rez-de-chaussée danà la cour, dont le logement était en face du local où Tob épurait les matelas, fut bientôt atteint de variole ; h femme fut atteinte à son tour; le mari mourut; trois ouvrières travaillant dans cette maison furent égafement atteintes de la variole (1). Le fait n*est-il pas concluant?

Au Congrès international d'hygiène, à Turin, en 1880. M. le D-^ Drouineau (2) a signalé le danger que fait courir à la voie publique Tindustrie des matelassiers ambulants qui viennent encore parfois carder les matelas en pleia air, dans les cours étroites au centre de nos maisoDS. M. Drouineau va jusqu'à demander que tout matelas qui circule sur la voie publique soit muni d'une étiquette comparable à la patente nette ou brute que doit présenter chaque navire. C'est aller un peu loin. Il nous a semblé suffisant de concentrer cette industrie gênante et malsaine dans des usines soumises à l'autorisation, par conséquent surveillées, et munies de tous les appareils nécessaires pour détruire les poussières suspectes.

Même dans une grande ville comme Paris, il n'existe qu'an nombre très restreint d'établissements où l'épuration de la literie se fasse d'une façon sérieuse et efficace : nous avons visité les plus importants de ces établissements, et nous y avons fait quelques observations qui peuvent avoir de l'intérêt.

Mais, auparavant, nous croyons devoir rappeler quelques faits empruntés à un important travail de M. Lefranc(3), pharmacien principal de l'armée.

(1) Bertillon, Un mode de propagation de la variole et de la diphthéri^; Discussion par MM. Vidal, Léon Colin, Vallin, Du Mesnil. (Revue d'hygiène et de police sanitaire^ 15 juin 1880, p. 470<.

(2) Drouineau, De la désinfection des objets de literie {Revue d'hygiène et de police sanitaire, 15 novembre 1880, p. 9G5; Discussion, loc. cil, p. 904).

( «\Lcfranr, Des laites de couchage au point de vue hygiénique (Recmii

Page 1