LA SALUTATION ANGÉLIQUE
Jésiis-Christ mourant sur la Croix la donna pour mère à Saint Jean, et dans sa pcrsoiuie à tous les Chrétiens. Elle est donc notre mère : (juel nom plus tendre, plus touchant, plus ]>r()])rc à nous inspirer jjour elle les sentiîuents d'une cnlicre conhancc, et à nous faire espérer de sa part tous les secours dont nous avons hesoin ! Elle est sensihlc à nos misères, son cœur s'attendrit sur nos hesoius (juaud nous les lui exj)os()ns avec confiance. Jamais jx'isonne, dit saint licrnard, ne l'a invoquée sans ressentir les ellets de sa i)rolection.
Elle s'intéresse sin,i::ulièrement au salut des jeunes gens, dont elle connaît la faihlesse ; elle sait à comhien de dangers ils sont ex])osés ; elle voit les comhats (pie leur livre le démon, les pièges (pi'il leur tend, les efforts qu'il fait pour leur enlever leur innocence ; elle les protège d'une manière particulière quand ils ont recours à elle. Il y a mille exemples de personnes qu'elle a préservées des écueils de cet âge. Pour n'en citer qu'un seul, ce fut par l'assistance de cette Reine des Vierges que saint François de Sales, dans sa jeunesse, fut délivré en un instant d'une tentation dangereuse qui le tourmentait depuis longtemps.
2. Nous concevrons combien son intercession est puissante auprès de Dieu, si nous faisons attention qu'elle a sur lui tout le crédit d'une mère chérie : sa puissance n'a point de bornes, parce que l'amour de Jésus-Christ pour sa sainte Mère est infini. Son Fils, qui est tout-puissant, ne refuse rien à la meilleure, à la plus tendre des mères ; il partage, pour ainsi dire, son autorité avec elle : il n'est point auprès de Jésus-Christ de médiation ni de recommandation égale à celle de son auguste Mère ; il l'a établie l'arbitre de ses trésors, et la dispensatrice des grâces qu'il répand sur les hommes ; il veut que nous nous adressions à elle pour obtenir tout de lui.
3. Nous devons donc recourir à la très-sainte Vierge avec la confiance d'un enfimt qui se jette entre les bras de sa mère : ayons pour elle une tendre dévotion, et nous éprouverons que l'on ne réclame jamais en vain son secours ; invoquons-la dans les tentations et les dangei's : s'il s'élève quelque nuage dans notre esprit, si quelque passion agite notre cœur, dans nos perplexités, dans nos troubles, pensons à elle, ayons son nom dans la bouche
2. L'intercession de la très-painte Vierge est-elle bien puissante auprès de Dieu, et pour quels motifs ?^3. Comment devons-nous recourir à la très-sainte Vierge.
*• JE VOLS SALLE, IVLELNK DE CUALES
LA HALriATloN ANii^JJ^M.. .;.'*.';
ft pluH oncon^ (lims iiotn* ruMir; «'Ile iioiih conHolcra, <îll« ilissiprni nos doutes, rlh* niliiH*ni non ii^itiit ioim, vWa S(>u(ifinliji iiofrr laiMrHHi*. Si ihhim hoiuhhvh jii^trs, rllu nous aHi'i inini «lans lu viTtu, fllr nous Irrii jM-rh/'VoriT «'t croître dans la justicr. Si nous avons eu le nialiicur do tondxT dans <(url<|Uf prcli^i, recourons pi'onipt<*tnctit à ccttr nH^l•(• tir niisrricoiilf : clic est h* refuse des pA'licurH, <'ll(' nous rérouiMlina avec son (ils. Prions-la d'oKtenir pour nous la ^râci' d'une sincère «'onversion. l'ilhr <leniandera et obtiendra ces secours pui.s.^ants qui nous feront sortir de l'esclavage du démon cl rentrer dans la «louée liberté des enfants de l)ieu.
\'A\ «pu'lcjue état que nous soyons, considérons les vertus ((ui ont éclaté en elle, surtout son humilité profonde et son inviolable pureté, et appliquons-nous à les pratiquer il son t\\eniple. Mn vivant ainsi nous Hérons du nombre de ses véritables enfants; elle sera notre nh**re ; et tant ipie nous serons sous sa sauvegarde nous ne périrons point.
4. lia plus exci^llente prière que nous ]>uissions adresser î\ la très-saint(* \'ierL::e, c'est celle dont l'K^lise fait un usaL;e si fré([U(Mit et qu'elle .i<»int ])i-es<[ue toujours à rOraisou Dominicale. Cette prière, si auguste dans sa simplicité, nous rappelle le souvenir du mystère de l'Incarnation ; elle renferme en peu de mots le plu.s parfait éloue delà très-sainte Vieri::e ; elle est propre à exciter notre contiance en iu)us fai.sant souvenir de ce ([u'elle peut auprès de Dieu et de ce que nous pouvons espérer de sa bonté pour nous. On appelle cette prière la Salutation Angélique, parce qu'elle commence par les })aroles que l'Ange Ciabriel adressa à la très-sainte Vierge (Ml lui annon(;ant le mystère de rincarnation : '' Je vous salue, o Vierge pleine de grâces, le Seigneur est avec vous, vous ète^ bénie entre toutes les femmes. '' Ces derniei-s mots furent répétés peu de temps après par sainte Elizabeth, dans la visite quelle re(;ut de la ]Mère de Dieu : elle y ajouta ceux-ci : • Et le fruit de vos entrailles est béni." Jj'Eglise y a joint les paroles qui suivent : " Sainte ^larie, ^lère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à Theure de notre mort. Ainsi .soit-il." En récitant cette prière, nous devons avoir l'intention de remercier l^ieu du bienfait de rincarnation. d'honorer la très-sainte Vierge, qui a eu une si grande part à ce mys-
4. Quelle est la plus parfaite prière que nous puissions adresser à Marie, et de (^uoi se compose-t-elle ?
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tère, et de lui témoigner la confiance que nous avons dans sa puissante intercession.
Je vous salue, ô Vierge sainte ! vous avez porté dans votre chaste sein l'Auteur même de la grâce, et vous avez reçu de la plénitude ((ui est en lui une surabondance de grâces qui vous a rendue la ])lus parfaite des créatures. Le Seigneur e^t avec vous par la présence la plus intinu' : c'est de vous, c'est de votre substance qu'il s'est formé un corps. Vous avez été comblée des bénédictions divines ; la terre s'accorde avec le ciel ])Our vous bénir. Le fruit de vos entrailles est la source de cette bénédiction qui s'est répandue sur tout l'univers, qui s'est communiipiée à toutes les nations. Sainte Marie, Mère de Dieu, vous voyez nos misères, vous êtes sensible à nos besoins ; priez pour nous maintenant : nous sommes pécheurs, obteneznous la grâce de la pénitence et le pardon de nos péchés ; obtenez-nous les vertus dont vous nous avez donné l'exemple, et surtout l'humilité et la pureté. Priez pour nous à l'heure de notre mort. Nous sommes vos enfants, redoublez les efforts de votre tendresse pour nous dans ce terrible passage du temps à l'éternité, soutenez-nous dans ce dernier combat ; fortifiez-nous contre les frayeurs de la mort, faites que nous expirions en prononçant les noms sacrés de Jésus et de Marie, présentez-nous vous-même au trône de votre Fils, qui sera alors juge, et obtenez-nous une sentence favorable.
Exemples. — La journée de Lépante sera un monument éternel du pouvoir de la Mère de Dieu, puisque c'est à elle que l'Eglise est redevable de cette fameuse victoire que les Chrétiens remportèrent sur les Turcs, l'an 1571. Sélim, fils de Soliman, s'étant rendu maître de l'île de Chypre, venait avec luie puissante armée fondrç sur les Vénitiens, et ne se promettait pas moins que l'empire de l'univers. Le saint pape Pie V, Philippe II, roi d'Espagne, et les Vénitiens, s'étaient joints ensemble pour repousser les efforts de cet ennemi commun. Quoique la partie ne fut i)as égale, les Chrétiens, qui s'appuyaient sur la protection de la sainte Vierge, ne doutèrent pas du succès de leur entreprise. Toute l'Europe était en prière. Les fidèles couraient en foule à Notre-Dame de Lorette pour y implorer l'assistance du Ciel par l'intercession de la Mère de Dieu. Don Juan d'Autriche, général de l'armée, fit vœu d'aller en personne visiter ce sanctuaire. Les Chrétiens obtinrent ce qu'ils demandaient : car^ les
LA HAIJrTATION ANOftLIQUK. Wi
fU'Ux flot If'H (Ml gîtant vtiiiH's jni\ niaiiiM lo 7 ortobre, h»H
(MiiH'inis |M'nlii'rii( dans rr coinliat, <[ni «Inni di'pniH hIx lu'iin 'S <lu iimtiii jiis(|ii'aii soir, (|iiarantc tnilli* li«*iiiiiir C'iMit Hci/.r pirrrs <lr ^;n»s caiinii vl «'oiil <'iiHjiiaiih- « nul» vriiH's ; ci'iil «|iiat rr viii^ls ^^alrirs r\ Hoixaiitc* dix banjurn inr«Mj( couiï't's i\ (oihI. INmr ce (|ni i>! il«* Don Juan <l\\u- Iriclh', ilrs i{\\r les alïiiirrs dont il l'iail chuv^O \v Ini \wr niii'cnt. il se mil en rlinnin au plus (orl de riiivrr pour acroniplir son vmmi, sans «pu' la i l'jiirm- dr la Maison pnl l'en (Mnprchi T.
( ''est j\ roecasioM <l«' crt h' Jhiiiih't <ph- lut «''lalilie. jiai le pape sainl Pic \'. I;i iVir xilrimcilr du Uosairc, tian.slërée par ( Irc.uoiic \lll :iii puniin I )inian<lic d'oclolMf. — Ifist. rcrlrHÎHHtit/nr.
— li'an lOs;;, les Turcs, licrs des sucées (pi'ils vcuniient de rcnijKUlci- sur les Impériaux, rcsohirent de iiousscr leurs complètes au-dcITi du I )aiud)c, cl niênu^ au-(lelà du Rhin. Déjà leurs innombrables bataillons se dirigeaient sur Vienne* ]K)ur en former le sièuc. Tout fuyait à leur approche, et rcmj)crcur lui-même, Léopold 1er, ne se sentant j)as en état d'arrêter ce torrent impétueux, avait quitté sa capitale awc précipitation. Il sortait par une des portes (piand les barbares approchaient de la porte opposée. Bientôt leur plan est formé, leur camp est assis, leurs batteries sont <lressées, et la tranchée, ouverte la veille même de 1* Assomption, est poussée avec une etirayante ra})idité. l*our comble d'infortune, le feu prend à une église et menace de gagner Pai-senal ; c'en était fait de toutes les munitions, et une explosion terrible allait annoncer des maux atl'reux et préluder à d'autres plus grands encore. Mais ]Marie, invcx^uée sans cesse et avec la plus grande conliance, n'abandonnera point ceux qui se jettent dans ses bras : le jour de l'Assomption le feu s'arrête tout à cou]>, et le courage renaît avec Tespérance dans les cœurs abattus.
Les Turcs cependant poursuivaient leur entreprise avec une incroyable activité ; leur formidable artillerie faisait ]»leuvoir jour et nuit sur la ville une grêle de bombes et de boulets ; leurs travaux, dès le 31 août, se trouvaient si avancés, que les soldats des deux ])artisse battaient dans le fossé avec les pieux des palissades. Vienne, ce boulevard de la cbrétienté, déjà i>resque réduit en cendres, allait tomber sous le joug de l'impiété ottomane. Mais que n'obtient pas une confiance véritable en la Mère de
35C LA SALUTATION ANfiÉLIQUE.
Diru ! T.o jour (le la Nativité, les ha>)itants et les soldats rrdoublrriMit leurs jirières, et le uu**ine jour, un avis extraordinaire d'un secours prompt et certain leur est donné. En effet, bientôt on voit sur les montagnes voisines flotter des étendards : (vétait le «i^rand Sobieski avec ses Polonais ; leur trouj>e est petite, il est vrai ; mais la faveur <lu Ciel, attirée ])ar la ])iété des sol^lats et du chef, va les rendre le lléau des barbares, les sauveurs de Vienne et de la Chrétienté. Le 12 au matin, Sobieski assiste à la INÎesse et la sert lui-même à genoux, les bras étendus en fornu^ de Croix : il communie, il se met lui et ses soldats sous la protection de la sainte Vierge, reçoit avec eux, au nom du souverain l'ont ile, une bénédiction solennelle, et, plein dUme ardeur et d'une confiance nouvelles, il s'écrie : " Marchons maintenant sous la protection toute-puissante de la ^lère de Dieu."
Bientôt la petite armée voit se déployer à ses yeux le vaste camp des infidèles, leurs nombreux escadrons, leur artillerie foudroyante. Saisis des premiers mouvements d'une crainte involontaii-e, les Polonais comprennent et avouent que Dieu seul ])eut leur donner la victoire ; mais ils l'ont i)rié avec foi ])ar rintercession de Marie, déjà ils sont exaucés. Le kan des Tartares, effrayé de la vigueur du premier choc, recule et s'enfuit avec précipitation ; il entraîne après lui le grand vizir, qui est forcé de le suivre et frémit de rage ; bientôt la déroute est complète ; la l)laine est jonchée de cadavres, le Danube engloutit dans ses flots des milliers de fuyards. Toutes les munitions, l'artillerie, l'étendard même de Mahomet, sont la proie du vainqueur.
Sobieski cependant fait son entrée dans Vienne avec l'empereur, et, plein de reconnaissance pour la grâce qu'il vient de recevoir, il entonne lui-même le Te Deinn. Depuis ce temps, ce religieux monarque fit toujours {)orter avec lui une image de Notre-Dame de Lorette trouvée miraculeusement ; on y voyait deux anges soutenant une couronne au-dessus de la Mère de Dieu ; ils portaient un rouleau où étaient écrits en latin ces mots : Par cette image de Marie, Jean sera vainqueur.
Et nous aussi, n'en doutons pas, malgré la fureur des ennemis de notre salut, nous serons toujours vainqueui'S, si nous avons recours à la Reine des cieux. — Hist. eccl.
HONHKIK l»l IN \ll < HIltTlKNNK. .'157
( iiAi'i I i:i i\ HoNiiKiK i)i; LA \ii iwnkvtKssy:.
1. Il n\>st ({Uc trop oïdiiiairc (le m- forincr iiiir faiiMHf* i^li'HMlt^ la vit' <'lnvliriiiu', <•! «Ir la n*^^ai<l<'r roiniiM* uim) vie tristr, ^riiaiih' fl (Irsa^iéjiMr. Kirii u'vM plus faux, ririi iTtsI plus iujusif <|Ur rt' préjuj^r si ré))an<lu muln* lu vt*rtu cl la piété. Il est injportaut, <'Ihms fnfauts, <!«• vous garantir «ie rrtte rnvur <lanp*n'usr, ou <U* voum (Irtnunpi r si vous y ^tir/. déjà <'U^'a^és ; il i'>\ important (le vous couvaiucrr <ju«' h* houhrur est le partage <l«* la vertu; si vous eu doutiez, éeoute/ le Saiul Msprit. (jui vous assure eu nulle endroits de l'iM-riture que la justicre, e'est-à-dire l'exacte <>hservation <le la loi de Dieu, ont toujours ae<'onipa^née de la j»aix de l'âini*, de ce îWiitinuiil délicieux que produit une lH>nne eonst-ience ; et. par consiMpirut, <|Ue la vertu, et la vertu seule, renci rhonnne véritublenuiit heureux.
Partout où il est parlé de la fhlélité à observer la loi de Dieu, il est aus>i j>arléde la paix, connue inséparable delajusiicr: et avec quelle éiuMi^ie, le Saint-Ksprit ne s'exj)li(jue t-il ])as sur cet article ! '• () mon lils î vou.s dit-il, soyez lidèlt» à pirder nie.s préceptes; ils seront pour vous une source de joie et de j)aix : celui (pli observe la loi du Seigneur fera sa demeure dans la paix." (Prov., xiii.) Remaniuez (pi'il ne dit pa.s seulement, il trouvera la paix, il jouira de la i)aix ; mais il fera sa demeure dans la paix, il y établira son séjour ; il y sera comme environné des avantages de la paix ; et cette paix sera une i)aix i)ro l'onde, une paix abondante, (pi'il compare à un Heuve dont les eaux salutaires ne tarissent jamais. De là cette joie vive et pure, ce plaisir intime, solide et durable, que goûtent les justes. Heureux donc riiomme qui met son atlection dans la loi du Seigneur! il sera comme un arbre (pii, planté sur le bord des eaux, ])orte un fruit excellent, et dont le feuillage ne se flétrit jamais. Ce sont les paroles mêmes du Prophète.
2. La promesse de Jésus-Christ, dans l'Evangile, n'est pas moins formelle ni moins positive ; il déclare eu termes clairs et précis que son joug est doux, et son far-
1. Dites queUe idée on se forme ordinairement de la vie chrétienne et montrez combien cette idée est fausse.
2. Comment l'Ecriture sainte décrit-elle les avantages de la fidélité à la loi de Diea?
,'V>8 BOn'mRÛR DK la vif CHRlfcTIENNK.
(Ipîui est 1/^<:;(M' ; «jiic rcux (jui le ijoitcnl v tioiivent la paix de rânie. C'est donc une vérité fondée sur la parole de Dieu, qu'une vie chrétienne est une vie heureuse, cjull n'y a de véritable, de solide bonheur que dans la lidélité î\ accomi)lir la loi de Dieu.
Cotte vérité est encore fondée sur l'expérience. Je vais vous (titer un témoin qui n'est i)oint sus[)ect, un témoin qui a éprouvé l'une et l'autre situation, celle du pécheur et celle de l'homme vertueux: c'est saint Augustiîi. Avant sa conversion, il avait mené une vie toute mondaine, une vie sensuelle; il avait passé un grand nombre d'années dans l'oubli de Dieu et dans le dérèglement des passions. Ka])i)elé enfin à la vertu, voici comme il s'ex- })lique dans le livre de ses Confessions: " Mon Dieu, vous avez rompu mes liens ; que mon cœur et ma langue vous louent à jamais de ce que vous m'avez fait recevoir votre Joug si aimable, et le fardeau si léger de votre loi. Combien ai-je trouvé de douceur et de plaisir à renoncer aux vains plaisirs du monde! combien ai-je ressenti de joie à abandonner ce que j'avais craint de perdre! Car vous qui êtes le seul véiitable plaisir capable de remplir une âme, en éloignant de moi tous ces faux plaisirs, vous entriez en leur place, vous qui êtes la véritable et souveraine douceur ; mon esprit était déjà délivi'é des chagrins cuisants que donne l'ambition, l'amour des richesses et le désir de se plonger dans la fange des voluptés criminelles, et je commençais à goiiter le plaisir de m'entretenir avec vous, ô mon Dieu ! qui êtes ma lumière, mon bien et mon salut."
Vous l'entendez, chers enfants, une vie de péché et de désordres est un dur esclavage, où l'on est déchiré par des inquiétudes continuelles ; une vie vertueuse, au contraire, est une vie tranquille et pleine de consolations. Il est vrai qu'il faut se faire violence et résister à ses passions ; mais cette résistance cotite peu à une âme qui a goûté Dieu ; les sacrifices qu'il faut faire sont bien payés par le témoignage de la conscience et par l'espérance d'un bonheur éternel qui remplit l'âme de joie. Ce que St. Augustin avait éprouvé, tous ceux qui servent Dieu avec fidélité l'éprouvent comme lui. N'en connaissezvous pas plusieurs, de ces âmes fidèles à remplir leurs devoirs ? Voyez cette joie pure et innocente, cette gaieté simple et modeste, cette égalité d'humeur, qui les accompagnent partout. La sérénité de leur âme est peinte sur leur visage ; le calme profond dont ils jouissent^la paix
TH)NIIKÎ'U l»K Î.A VIK «IIUrîTIENNK. îi/»9
de leur r<Fur brill»^ pour uinnl dire «iir Uur front. N'en doutoz juiH : crculmo, crtti^ priix c«t l« fruit d« la vertu.
îî. Mais pouniuoi rrcourir i\ doH cxompIcH /«tningcrM ? VouH-niAnu», vous-niTMiir ii'iivrz-vourt pAHHcnti c(^ !K»nhc*ur
<pli JlCCOinpn^IH' Ijl vnlU ? I{llpprlrZ-V<»UHCCtt<' ^•p'Mpli; dr.
votn» J( iiinsHr où, tniichr «1«- Diru, vouh vouh /'•ti'.-» purillo d(^ touh's vos fuuti's ; où, iidinis pour la pn-niii^Ti» foin j\ la tahh' Hiiiutc, vous av4'/ /'prouvai couibiru In Sri^uiMir thI l)ou pour ceux <iui l'aiuH'ul . Alors votro Od'ur, d<'>;aj</^ (l(vs lirus <l('s ])assious, v<>lrr <Mi'ur, j»ur aux yeux dr I)i«-u, ue coûtait (pir lui, uf drsirait <pir lui, ur Houpirait (lur pour lui. |)(^ (pu'llr joiiMc (•<imu- uc fût -il pas alors inoiid/- î <(U('llo paix drlici('US(» rcuipliss^iit. alors voirc; îiuu^ ! cpTcl les ^»tairut. douctvs, ](»s laruu'S cpu» vous r^'paudii*/ daiisl»* seiu (l'uu si hou l*^ro ! «juc. vous di'sirit'Z alors d'<*'tre toujours <laus (•<•(. heureux élat, <le. u'eii sortir jauuiio 1 Avouez-le, reu<lez cet houiuia;j:e ;\ la H<'li^nou : jainain, uou, Jaiuais vous n'avez ]Kissé des nionieuts plus doux ; ce jour a C'té le plus ])eau de vos jours. Alors vous compreniez eettt^ vérité, ((ue Ton est heureux ([u'eu servant ]^^ Seigneur; alors vous étiez ]>éiiétré <h's sentiments qui animaient le !*rophète ((uand il disait : " Oui, mon Dieu, un seul jour passé i\ votre service, est bien préférable à des années entières passées dans la compagnie des pécheui-s."
Si vous avez conservé ces sentiments de piété, ce goût l)récieux de la vertu, bénissez-en le Seigneur : Vous entendez aisément tout ce (pii vient de vous être dit sur le bonheur de la vie chrétienne : si, au contraire, la vertu, qui autrefois avait pour vous tant de charmes, vous parait aujourd'hui im[)ortune, eimuyeuse, n'en accusez que votre intidélitô à remplir vos devoii-s. Si vous aviez marché constamment dans la voie de Dieu, vous auriez joui d'une paix inaltérable. Il vous reste une ressource, c'est de prendre luie généreuse résolution d'observer exactement la loi du Seigneur, et de vaincre les }>remiers dégoûts. Kevenez à votre Père : un soupir le désarme, une larme l'apaise. Bientôt vous sentirez dans votre âme ces consolations intérieures et ces délices ineÔables qui ont fait votre bonheur dans les jours de votre innocence.
Peut-on être malheureux en vous servant, ô mon Dieu, vous qui êtes la source de tous les biens? Non, Seigneur,